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Aux fous !

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    Aux fous !

    Bonsoir

    Qu'est ce que c'est que cette folie que de laisser poser des étiquettes avec des maladies touchant au psychisme sur des jeunes enfants ?! :
    "Suicidaire", "pré-psychotique", "bipolaire", "hyperactif" etc etc...

    Comment se fait-il que l'ordre des médecins laisse passer celà ?

    Le temps où il était enfant est-il tellement éloigné de l'ordre des soignants qu'il ait pu oublier combien de telles étiquettes, imprimées trop tôt sur un enfant, peuvent le marquer à vie en le faisant s'identifier à son étiquette ?!

    Que des professionnels mettent des étiquettes sur des maladies psy d'adutes ou d'adolescents, d'accord : Les adultes ou adolescents sont suffisemment grands et adultes justement, pour accepter ou refuser ce genre d'étiquettes.
    Mais sur des enfants qui adhèrent à ce qu'on leur dit...!

    Je suis ahurie de voir combien les gens sont robotisés au point de ne pas faire la différence entre le temps de l'enfance et le temps de l'adulte, le psychisme d'un enfant et le psychisme d'un adulte.

    Ca me ferait presque peur, un monde pareil...Si je ne savais pas que mes enfants et d'autres en sont à l'abri.

    Poulou

    #2
    Re : Aux fous !

    Envoyé par Poulou
    Bonsoir

    Qu'est ce que c'est que cette folie que de laisser poser des étiquettes avec des maladies touchant au psychisme sur des jeunes enfants ?! :
    "Suicidaire", "pré-psychotique", "bipolaire", "hyperactif" etc etc...

    Comment se fait-il que l'ordre des médecins laisse passer celà ?

    Le temps où il était enfant est-il tellement éloigné de l'ordre des soignants qu'il ait pu oublier combien de telles étiquettes, imprimées trop tôt sur un enfant, peuvent le marquer à vie en le faisant s'identifier à son étiquette ?!

    Que des professionnels mettent des étiquettes sur des maladies psy d'adutes ou d'adolescents, d'accord : Les adultes ou adolescents sont suffisemment grands et adultes justement, pour accepter ou refuser ce genre d'étiquettes.
    Mais sur des enfants qui adhèrent à ce qu'on leur dit...!

    Je suis ahurie de voir combien les gens sont robotisés au point de ne pas faire la différence entre le temps de l'enfance et le temps de l'adulte, le psychisme d'un enfant et le psychisme d'un adulte.

    Ca me ferait presque peur, un monde pareil...Si je ne savais pas que mes enfants et d'autres en sont à l'abri.

    Poulou
    Ben si le diagnostic est clair, je ne vois pas pourquoi on ne devrait pas appelé la maladie par son nom... quand un enfant à un cancer, on ne lui dit pas qu'il a un rhume des foins, hein ?
    Et puis si les medecins ne diagnostiquaient pas les maladies, on les accuserait d'incompetences... "mais comment se fait il que mon medecin ait mis 15 ans à diagnostiquer la maladie de mon fils alors qu'il a le meme comportement depuis ses 3 ans?!? " : c'est un discours courant je crois... et ben là, c'est fait !
    Le diagnostic est posé...

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      #3
      Re : Aux fous !

      Bonjour Poulou,
      Envoyé par Poulou
      Bonsoir

      Qu'est ce que c'est que cette folie que de laisser poser des étiquettes avec des maladies touchant au psychisme sur des jeunes enfants ?! :
      "Suicidaire", "pré-psychotique", "bipolaire", "hyperactif" etc etc...

      Comment se fait-il que l'ordre des médecins laisse passer celà ?
      Les étiquettes n'ont de raison d'être que dans le cadre d'une relation thérapeutique, d'un traitement, ou d'une stratégie éducative. C'est un outil permettant aux soignants d'adapter un traitement à une personne.

      Oui il est nécessaire d'aider un enfant suicidaire ou angoissé. Oui il est heureux que l'on puisse maintenant aider un enfant qui a un trouble de l'attention avec hyperactivité à mener sa scolarité, parce que de nos jours quand on n'a pas acquis certaines bases à l'école, on est gravement pénalisé. Oui les parents d'enfants autistes connaissent des progrès dans la prise en charge de leurs enfants quand le diagnostic est posé assez tôt pour leur permettre de mettre en place l'éducation et les soins nécessaires.

      Maintenant, que les étiquettes soient utilisées hors de ce contexte, dans les médias ou autres, c'est discutable. C'est peut-être ça que tu veux dire ?

      Cordialement,
      Pandore

      « Les mots sont des planches jetées sur des abîmes, avec lesquelles nous traversons l’espace d’une pensée...»
      Paul Valéry



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        #4
        Re : Aux fous !

        Bonjour,

        "Les étiquettes n'ont de raison d'être que dans le cadre d'une relation thérapeutique, d'un traitement, ou d'une stratégie éducative." je partage cet avis..
        Pour les autres moments, est-ce que seules les répercutions quotidiennes de la maladie ne pourraient être nommées: par exemple dire que quelqu'un a des difficultés d'accessibilités ne présume ni de sa vision, ni de ses capacités locomotrices ni d'autres choses et évite peut-être le collage d'étiquettes.

        forumement votre

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          #5
          Re : Aux fous !

          Bonjour Valérie,
          Envoyé par v@lérie
          Pour les autres moments, est-ce que seules les répercutions quotidiennes de la maladie ne pourraient être nommées: par exemple dire que quelqu'un a des difficultés d'accessibilités ne présume ni de sa vision, ni de ses capacités locomotrices ni d'autres choses et évite peut-être le collage d'étiquette
          Les étiquettes, normalement, c'est du langage fait pour être parlé entre soignants, et justement elles sont faites pour qu'ils puissent nommer en un seul mot toute une liste de symptômes, et se comprendre rapidement. Quand le trouble est compliqué, la liste de symptômes et de dysfonctionnements est très longue... Il faut bien se rendre compte que pour une seule "étiquette psy", il y a des milliers et des milliers de bouquins de spécialistes écrits sur le sujet !

          Mais ce qui est surtout un peu dangereux, c'est que ces étiquettes, dans le domaine des problèmes psychiques, sont passées dans le langage courant, alors que bien souvent la compréhension des problèmes qui sont derrière les étiquettes n'a pas suivi. Et certaines personnes en recherche d'identité se fabriquent une personnalité avec leur étiquette "psy", ce qui risque de les figer, de les empêcher d'évoluer. Une étiquette "psy" ne résume pas quelqu'un, heureusement !
          Pandore

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          Paul Valéry



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            #6
            Re : Aux fous !

            Bonjour pandore,

            "Mais ce qui est surtout un peu dangereux, c'est que ces étiquettes, dans le domaine des problèmes psychiques, sont passées dans le langage courant,"
            ce que vous voulez dire c'est qu'au bout d'un moment les termes ne veulent plus dire la même chose pour le commun des mortels et pour le monde médical ? cela peut donner lieu à de fausses interprétations et des malentendus mais en même temps la banalisation d'un terme peut "entre personnes lambda" permettre de ne pas stigmatiser une maladie. Cela peut aussi mettre il est vrai la personne qui en souffre réellement en décalage et sa maladie peut être prise "à la légère" par un entourage mal informé.
            Le dilemme est entier : est-ce que je préfère être traitée de "mytho" par quelqu'un qui saura vraiment ce que c'est ou par ma copine de bureau ???

            Commentaire


              #7
              Re : Aux fous !

              Envoyé par v@lérie
              Bonjour pandore,

              "Mais ce qui est surtout un peu dangereux, c'est que ces étiquettes, dans le domaine des problèmes psychiques, sont passées dans le langage courant,"
              ce que vous voulez dire c'est qu'au bout d'un moment les termes ne veulent plus dire la même chose pour le commun des mortels et pour le monde médical ? cela peut donner lieu à de fausses interprétations et des malentendus mais en même temps la banalisation d'un terme peut "entre personnes lambda" permettre de ne pas stigmatiser une maladie.
              Je ne suis pas certaine que la vulgarisation des étiquettes et la mise en scène des problèmes psychiques à la télévision permettent vraiment de déstigmatiser la maladie psychique.
              Cela peut aussi mettre il est vrai la personne qui en souffre réellement en décalage et sa maladie peut être prise "à la légère" par un entourage mal informé.
              Oui, c'est une des conséquences possibles.
              Le dilemme est entier : est-ce que je préfère être traitée de "mytho" par quelqu'un qui saura vraiment ce que c'est ou par ma copine de bureau ???
              Là je crois que c'est vraiment une question personnelle. Perso je préfère que ma copine de bureau de soit au courant d'absolument rien. Mais ça c'est valable pour moi parce que je peux faire en sorte que rien ne se remarque, et puis c'est dans mon caractère d'agir comme ça.

              Pour d'autres maladies, une solution peut être d'informer les collègues de ses problèmes, en expliquant précisément la pathologie. Dans mon entreprise, certaines personnes l'on fait. Mais là aussi ça dépend vraiment de l'entourage, certains milieux sont plus ouverts que d'autres. Et ça dépend aussi du contexte économique de l'entreprise : c'est sûrement plus facile quand tout va bien qu'en période de licenciements, plus facile dans l'administration que dans une petite PME, plus facile dans une bonne ambiance que dans un milieu où il y a du harcèlement moral, etc.
              Pandore

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              Paul Valéry



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                #8
                Re : Aux fous !

                Envoyé par Pandore
                Mais ce qui est surtout un peu dangereux, c'est que ces étiquettes, dans le domaine des problèmes psychiques, sont passées dans le langage courant, alors que bien souvent la compréhension des problèmes qui sont derrière les étiquettes n'a pas suivi. Et certaines personnes en recherche d'identité se fabriquent une personnalité avec leur étiquette "psy", ce qui risque de les figer, de les empêcher d'évoluer. Une étiquette "psy" ne résume pas quelqu'un, heureusement !
                Bonjour

                C'est celà, précisément qui me choque profondément lorsqu'il s'agit d'enfant : Un enfant ne peut pas, psychologiquement parlant, parce que son entendement n'est pas prêt ni mature pour celà, recevoir une étiquette psy (c'est à dire sans rapport physique avec la réalité) sur son compte sans s'identifier à cette étiquette :
                S'identifier à comment on le nomme est le propre d'un enfant !
                Un enfant est un être sans identité préalablement établie, au départ, non ?
                C'est le propre de son état d'enfant, d'attendre du monde extérieur qu'il l'identifie ou s'il ne l'identifie pas, l'accompagne à devenir pleinement lui même, non ?
                Et c'est pour ça que je crie "aux fous".

                On sait bien qu'un enfant à qui on dit qu'il est nul, beau, vaillant, méchant...y croit et développe des comportements qui adhèrent à ce qu'on lui renvoie de sa personne.
                C'est bien connu, ça, non ? Vous en avez bien fait l'expérience, certains pour ne pas dire tous, dans vos propres vies, depuis votre enfance, de cette caractéristique, non ?

                Ca m'étonnerait fort qu'un enfant dont le psychologue statue qu'il est pré-psychotique, qui en parle à sa maîtresse (entre autre trés certainement), n'ait pas vent de cette étiquette, et qu'on puisse la lui cacher bien longtemps.
                Un enfant à les oreilles qui savent entendre ce genre de "détail", même si l'on veut être prudent sans jamais le prononcer devant lui, ce qui me paraît impossible dans le cas d'un soin psy, qui plus est.

                Expliquer à un enfant qu'il est atteint d'un cancer, qu'il doit se faire des piqûres régulièrement parce qu'il a été diagnostiqué diabétique, qu'il a des allergies et lui expliquer ce qu'est une allergie, ses conséquences, d'accord : Ce sont des problèmes "Physiques".
                Mais comment voulez-vous expliquer à un enfant ses éventuels problèmes psychologiques ou psychiatriques lorsqu'il est capable de les entendre ?!(contrairement à un enfant autiste qui est dans son monde et qui s'en fiche pas mal de savoir s'il est autiste, pré-psychopathe, suicidaire ou chanteur de blues; Sachant que l'important, pour un enfant autiste, c'est de l'aider à sortir de son monde, ou d'entrer avec lui dans le sien. Le "nom" de sa maladie lui important peu).

                Vous imaginez un petit garçon de 4 ans agressif (comme de nombreux petits garçons d'ailleurs), en décalage par rapport à l'éducation (comme de nombreux enfants d'ailleurs), à qui l'on voudrait expliquer que son comportement correspond au fait qu'il est pré-psychotique ?
                Qu'on va essayer de le soigner avec des médicaments qui vont le rendre doux comme un agneau, qui vont lui permettre de bien apprendre à dessiner, à peindre, comme tout le monde, et à surtout ne plus faire de vagues auprés de ses petits camarades, parce qu'il est pré-psychotique justement ?

                Vous n'avez pas l'impression que quelque chose fonctionne à côté de sa plaque, là ?

                C'est ce que tu as écrit en quote qui me fait crirer aux fous, et justifie mon post, Pandore, ce n'est que celà, justement parce qu'"un enfant est une personne en recherche d'identité".

                Tout le reste, je m'en fiche.
                Mais de ce danger d'identification à un âge où un être est en recherche d'identité, l'ordre des médecins, il me semble, ne s'en soucie pas comme il devrait.

                Poulou

                P.S. : Autant en tant qu'adulte, le fait que je nomme mon problème d'alcool "maladie alcoolique" m'a aidée à m'identifier, à déculpabiliser et à m'en sortir, autant si l'on m'avait diagnostiquée "malade alcoolique" étant enfant, je serais peut-être restée bloquée à vie dans cette maladie sans forcément boire d'alcool, mais en m'identifiant à tout ce qui fait le propre d'un malade alcoolique : Egocentrisme, tics, tocs, orgueil surdimmensionné, manque de confiance, fermeture aux autres etc etc...
                Pas trés rigolot comme vie, pour moi...
                Dernière modification par Poulou, 22/05/2005, 14h32.

                Commentaire


                  #9
                  Re : Aux fous !

                  Bonjour Poulou,

                  Vous avez un problème avec le fait qu'un enfant de 4 ans puisse présenter des symptômes prépsychotiques. Il n'est selon vous pas encore mature psychologiquement...

                  Pourtant la psychanalyse a montré que les principales étapes du développememnt psychologiques se faisaient au cours des toutes premières années de la vie. A 4 ans, le processus est sinon terminé déjà bien avancé, ce qui explique que l'on puisse déjà diagnostiqué des symptômes présychotiques chez un enfant de cet âge. C'est à cet effet qu'il existe du reste des "pédopsychiatres".

                  Désolé de vous décevoir, mais le "paradis enfantin"où les enfants sont remplis d'innocence n'est pas aussi vert que vous ne le croyez. Les enfants aussi peuvent être atteints de maladies psychologiques !

                  Cordialement,

                  Commentaire


                    #10
                    Re : Aux fous !

                    [QUOTE=Pinback] Les enfants aussi peuvent être atteints de maladies psychologiques !

                    QUOTE]

                    Rebonjour

                    Qu'est ce que vous appelez "maladies psychologiques" Pinback...?

                    Commentaire


                      #11
                      Re : Aux fous !

                      [QUOTE=Poulou]
                      Envoyé par Pinback
                      Les enfants aussi peuvent être atteints de maladies psychologiques !

                      QUOTE]

                      Rebonjour

                      Qu'est ce que vous appelez "maladies psychologiques" Pinback...?
                      "Maladie psychiatrique" si vous préférez mais je ne vous crois pas assez bête pour ne pas avoir compris vous-même de quoi il s'agissait...

                      Commentaire


                        #12
                        Re : Aux fous !

                        Bonjour Poulou,
                        Envoyé par Poulou
                        S'identifier à comment on le nomme est le propre d'un enfant !Tout le reste, je m'en fiche.
                        Mais de ce danger d'identification à un âge où un être est en recherche d'identité, l'ordre des médecins, il me semble, ne s'en soucie pas comme il devrait.

                        Poulou

                        P.S. : Autant en tant qu'adulte, le fait que je nomme mon problème d'alcool "maladie alcoolique" m'a aidée à m'identifier, à déculpabiliser et à m'en sortir, autant si l'on m'avait diagnostiquée "malade alcoolique" étant enfant, je serais peut-être restée bloquée à vie dans cette maladie sans forcément boire d'alcool, mais en m'identifiant à tout ce qui fait le propre d'un malade alcoolique : Egocentrisme, tics, tocs, orgueil surdimmensionné, manque de confiance, fermeture aux autres etc etc...
                        Pas trés rigolot comme vie, pour moi...
                        Ah, Poulou, là tu vas m'obliger à parler de moi...

                        Depuis que je suis toute petite j'ai déjà les symptômes, ou les caractéristiques si tu préfères, de l'état limite ou trouble de la personnalité borderline.

                        Tu penses bien que mes parents n'avaient pas la moindre notion de psychologie... donc quand j'étais petite on me "nommait" ...avec les mots qu'on avait en stock c'est à dire pas grand chose : j'étais la "méchante", celle qui avait toujours "mauvais caractère", pas de coeur, égoïste, la teigne... tout ça bien avant l'âge de 4 ans. Tu parles d'identification à des étiquettes : je ne te dis pas dans quel genre d'identification je suis encore aujourd'hui.

                        Le soir, j'étais angoissée. "On" me disait : "si tu continues à pleurer, je vais te flanquer une baffe, tu pleureras pour quelque chose !". Le matin j'étais angoissée, et très souvent je vomissais : "on" supprimait le petit déjeuner, ce qui comme chacun sait est le meilleur moyen d'éviter les vomissements. Jamais personne n'a parlé au médecin d'un quelconque problème, et pour cause : personne ne consultait jamais de médecin.

                        J'ai pu accéder au soin, et j'ai pu entendre nommer les symptômes quand j'ai été en âge d'aller moi-même toute seule en consultation au Centre Médico-Psycho-Pédagogique à 15 ans, sur recommandation de l'infirmière et de l'assistante sociale du lycée. Sinon, avant, pour moi mes symptômes c'était ma méchanceté intrinsèque, un point c'est tout.

                        Je suis loin d'être la seule à avoir vécu cela, et je suis persuadée que malgré la médiatisation de certains troubles, bon nombre d'enfants sont encore étiquetés de bien des noms : mauvais caractère, fainéantise, n'arrivera à rien, on n'en fera rien, mauvaise graine...

                        Est-ce que tu préfères ces étiquettes-là ? Personnellement, je tire de mon expérience la conclusion que ces étiquettes sont bien nocives et bien adhésives, et probablement beaucoup plus répandues dans la vraie vie (pas celle de la télé) que les "étiquettes psy".
                        Pandore

                        « Les mots sont des planches jetées sur des abîmes, avec lesquelles nous traversons l’espace d’une pensée...»
                        Paul Valéry



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                          #13
                          Re : Aux fous !

                          Envoyé par Pandore
                          Le soir, j'étais angoissée. "On" me disait : "si tu continues à pleurer, je vais te flanquer une baffe, tu pleureras pour quelque chose !". Le matin j'étais angoissée, et très souvent je vomissais : "on" supprimait le petit déjeuner, ce qui comme chacun sait est le meilleur moyen d'éviter les vomissements. Jamais personne n'a parlé au médecin d'un quelconque problème, et pour cause : personne ne consultait jamais de médecin.

                          Est-ce que tu préfères ces étiquettes-là ? Personnellement, je tire de mon expérience la conclusion que ces étiquettes sont bien nocives et bien adhésives, et probablement beaucoup plus répandues dans la vraie vie (pas celle de la télé) que les "étiquettes psy".
                          Bonsoir Pandore

                          Je ne préfère aucune étiquette sur un enfant à part quelques "étiquettes" positives et justifiées lorsqu'on parle de lui et devant lui pour qu'il puisse se sentir valorisé et puisse s'appuyer sur ses points positifs.

                          Entre nous (et aprés j'arrête de parler de ça, sinon je vais me mettre mal), tu penses que la petite fille que tu étais qui se sentait angoissée au point d'en vomir son petit déjeuner, d'en pleurer, sans être la petite fille dont l'accusaient ses parents, avait besoin d'être étiquetée borderline, d'être soignée, ou elle traduisait à sa manière l'ambiance familiale auprés d'un père alcoolique et d'une mère autoritaire et froide (je me souviens de comment ta mère est rentrée à pied avec toi et sans un seul mot de la clinique aprés ta tentative de suicide, adolescente) ?!

                          Entre nous, tu ne penses pas que cette petite fille, en étant angoissée, en vomissant et en pleurant, n'avait pas plutôt des réactions saines parce qu'en accord avec l'ambiance familiale, et ne justifiait pas d'être soignée, mais justifiait plutôt d'être placée auprés de personnes qui auraient pu mieux répondre à son besoin naturel d'équilibre, d'attention et de paix dont tout enfant de cet âge a besoin pour grandir en confiance ?
                          Ou alors que ses parents se remettent en question...?

                          Honnêtement, tu penses que la petite fille que tu étais était "malade borderline" ?

                          Poulou

                          Commentaire


                            #14
                            Re : Aux fous !

                            Envoyé par Poulou
                            Honnêtement, tu penses que la petite fille que tu étais était "malade borderline" ?
                            Mes problèmes n'avaient évidemment pas été diagnostiqués comme tels, pour les raisons expliquées plus haut. Ce diagnostic ne m'a été communiqué que très récemment. Sinon, avant d'avoir ce diagnostic concernant les problèmes de fond, j'ai été soignée pour les symptômes occasionnés par ce trouble : dépression et angoisse principalement, mais aussi troubles du comportement, anorexie, phobie sociale, claustrophobie, etc. etc.
                            Je ne préfère aucune étiquette sur un enfant à part quelques "étiquettes" positives et justifiées lorsqu'on parle de lui et devant lui pour qu'il puisse se sentir valorisé et puisse s'appuyer sur ses points positifs.
                            Oui, ça me semble évident. Et une étiquette médicale n'a d'intérêt que dans un contexte médical. Cela ne saurait résumer une personne, ni dans le domaine des troubles somatiques, ni dans le domaine des troubles psychiques.
                            tu penses que la petite fille que tu étais qui se sentait angoissée au point d'en vomir son petit déjeuner, d'en pleurer, sans être la petite fille dont l'accusaient ses parents, avait besoin d'être étiquetée borderline, d'être soignée, ou elle traduisait à sa manière l'ambiance familiale auprés d'un père alcoolique et d'une mère autoritaire et froide (je me souviens de comment ta mère est rentrée à pied avec toi et sans un seul mot de la clinique aprés ta tentative de suicide, adolescente) ?!
                            Entre nous, tu ne penses pas que cette petite fille, en étant angoissée, en vomissant et en pleurant, n'avait pas plutôt des réactions saines parce qu'en accord avec l'ambiance familiale, et ne justifiait pas d'être soignée, mais justifiait plutôt d'être placée auprés de personnes qui auraient pu mieux répondre à son besoin naturel d'équilibre, d'attention et de paix dont tout enfant de cet âge a besoin pour grandir en confiance ?
                            Ou alors que ses parents se remettent en question...?
                            A vrai dire je ne pense jamais comme ça. Pour moi le passé ne peut être refait : avec des si et des mais... Mes parents n'étaient pas capables de remise en question, ils n'auraient pas su agir comme tu le préconises.
                            Entre nous (et aprés j'arrête de parler de ça, sinon je vais me mettre mal)
                            Pourquoi une discussion sur ce thème risquerait-elle d'être perturbante ? Tu as ta vision de certaines questions, j'ai la mienne, nous échangeons et je trouve ce dialogue intéressant.

                            Bonne nuit
                            Pandore

                            « Les mots sont des planches jetées sur des abîmes, avec lesquelles nous traversons l’espace d’une pensée...»
                            Paul Valéry



                            Commentaire


                              #15
                              Re : Aux fous !

                              Envoyé par Pandore

                              Posté par Poulou
                              Honnêtement, tu penses que la petite fille que tu étais était "malade borderline" ?


                              Mes problèmes n'avaient évidemment pas été diagnostiqués comme tels, pour les raisons expliquées plus haut. Ce diagnostic ne m'a été communiqué que très récemment. Sinon, avant d'avoir ce diagnostic concernant les problèmes de fond, j'ai été soignée pour les symptômes occasionnés par ce trouble : dépression et angoisse principalement, mais aussi troubles du comportement, anorexie, phobie sociale, claustrophobie, etc. etc.


                              Citation:
                              tu penses que la petite fille que tu étais qui se sentait angoissée au point d'en vomir son petit déjeuner, d'en pleurer, sans être la petite fille dont l'accusaient ses parents, avait besoin d'être étiquetée borderline, d'être soignée, ou elle traduisait à sa manière l'ambiance familiale auprés d'un père alcoolique et d'une mère autoritaire et froide (je me souviens de comment ta mère est rentrée à pied avec toi et sans un seul mot de la clinique aprés ta tentative de suicide, adolescente) ?!
                              Entre nous, tu ne penses pas que cette petite fille, en étant angoissée, en vomissant et en pleurant, n'avait pas plutôt des réactions saines parce qu'en accord avec l'ambiance familiale, et ne justifiait pas d'être soignée, mais justifiait plutôt d'être placée auprés de personnes qui auraient pu mieux répondre à son besoin naturel d'équilibre, d'attention et de paix dont tout enfant de cet âge a besoin pour grandir en confiance ?
                              Ou alors que ses parents se remettent en question...?


                              A vrai dire je ne pense jamais comme ça. Pour moi le passé ne peut être refait : avec des si et des mais... Mes parents n'étaient pas capables de remise en question, ils n'auraient pas su agir comme tu le préconises.

                              Pourquoi une discussion sur ce thème risquerait-elle d'être perturbante ? Tu as ta vision de certaines questions, j'ai la mienne, nous échangeons et je trouve ce dialogue intéressant.

                              Bonne nuit
                              Bonsoir Pandore

                              Allez, exprés pour toi, j'essaie de faire un gros effort sur moi même pour ne pas me mettre mal à l'aise car nous ne parlons pas du tout sur le même plan; Et tu l'as trés justement reconnu lorsque tu écris "a vrai dire je ne pense jamais comme ça".
                              Je voudrais que tu "essaies" de penser autrement que ce que tu as l'habitude de penser justement, et que tu t'ouvres à une autre manière, celle avec laquelle je suis en train de te parler
                              Ma façon de parler ne veut pas refaire le passé, elle te parle de toi, de la petite fille que tu étais.
                              Peu m'importe que la petite fille que tu étais n'aie pas été placée, que ses parents ne se soient pas soignés ou remis en question, je parle à l'adulte en toi, là, Pandore, à l'adulte en toi qui peut regarder la petite fille qu'elle était sans que celà veuille dire pour autant qu'on veuille refaire son passé.

                              On peut regarder en arrière sans vouloir refaire le passé.

                              Et lorsque je demande à l'adulte d'aujourd'hui si "honnêtement, elle pense que la petite fille qu'elle était et qui angoissait, vomissait, et pleurait, était "malade"", je ne te demande pas des explications sur comment ou quand ces troubles ont été diagnostiqués et soignés, je te demande si "toi", l'adulte d'aujourd'hui, lorsque tu te remémores l'enfant que tu étais à l'époque, lorsque tu te remets en pensée dans sa peau, dans sa réalité, dans son contexte familial dysfonctionnel, que tu te remémores ses angoisses, ses pleurs, ses envies de vomir, tu penses honnêtement, que cette petite fille était malade d'être dans un état pareil, alors qu'elle était entourée d'adultes qui ne pouvaient que susciter un tel état.

                              Je ne sais pas comment t'expliquer plus clairement ou plus simplement ce que je veux te dire...

                              Un exemple de dessin animé :
                              Une jeune gazelle sent la présence non loin d'elle d'un lion et d'une lionne.
                              Ses prédateurs se rapprochent d'elle lentement...
                              La jeune gazelle a trés peur, est angoissée, "pleure" aprés sa mère, en vomit presque de frayeur.
                              Tu vas dire que cette jeune gazelle fait preuve d'un comportement de malade, ou a un comportement en relation avec ce qu'elle est en train de vivre ?

                              C'était ça, ma question, lorsque je te demandais si toi, l'adulte d'aujourd'hui, tu pensais réellement, que la petite fille que tu étais à l'époque avait un comportement de malade, un comportement pathologique, lorsqu'elle était angoissée, pleurait ou avait envie de vomir tant elle était angoissée.
                              Ou si son comportement, au lieu de pathologique, n'était pas plutôt "normal et naturel", vu le contexte familial dans lequel cette petite fille grandissait.

                              Pourquoi je te pose cette question Pandore ? :
                              Ce n'est pas pour juger ou chercher à refaire un passé révolu.
                              C'est pour que tu voies que tu étais une enfant NORMALE, contrairement à ce que tu ne veux pas reconnaître, j'ai l'impression.

                              J'ai l'impression que tu veux voir tes angoisses, tes pleurs et envies de vomir comme des réactions pathologiques de malade bipolaire, alors que moi, j'y vois des réaction d'enfant normal en milieu dysfonctionnel.

                              Ca change tout....

                              Parce que peut-être que si tu veux bien voir enfin que tu étais normale, mais que ton environnement ne l'était pas, tu pourras enfin faire la paix avec ton passé, t'aimer, t'apprécier, te protéger, et surtout te réhabiliter à tes propres yeux...

                              Un enfant sans retard mental, qui angoisse, pleure, agresse, parle trop, vomit de peur, est constemment agité, n'est pas forcément un enfant malade...C'est un enfant qui réagit à un problème qui demande à être identifié.
                              Mais au lieu de chercher à identifier le(s) problème qui induit les angoisses, les pleurs, l'hyperactivite ou hyperbavardage etc, on cherche à changer le comportement de l'enfant...

                              J'étais trés angoissée étant petite, puis adolescente, puis adulte.
                              Cette angoisse, je le sais aujourd'hui, ne venait pas du fait que j'étais malade, elle provenait du fait que j'étais née dans une atmosphère chaotique qui suscitait l'angoisse.
                              Qu'est ce que ça change dans mon angoisse de comprendre celà aujourd'hui ? :
                              Ca change qu'au lieu de prendre des médicaments pour calmer mon angoisse, (ma mère me donnait du sirop Fénergan, entre autre, pour soigner ma "nervosité", quand j'étais toute petite), j'évite comme la peste les situations et les fréquentations suceptibles de me plonger dans l'angoisse.
                              J'ai appris à reconnaître les gens et les situations qui me plongent dans l'angoisse, ce qui me permet de les éviter.
                              J'ai identifié l'origine de mes angoisses, je n'ai pas cherché à les faire disparaître en me laissant croire plus longtemps que nécessaire que j'étais malade, alors que j'étais normale...

                              Affectueusement et amicalement

                              Poulou

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