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Mon témoignage...1 an sans tabac!

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    Mon témoignage...1 an sans tabac!

    1 an sans tabac!

    Ca fait un bien fou! me voila un dino. J'espère que je ne vais pas m'éteindre, maintenant que ma petite flamme est rallumée!

    Voici venu le temps des bilans. Putain...1 an comme dirait l'autre.
    Ces 12 derniers mois m'ont permis d'apprendre énormément de choses.

    Apprendre sur moi-même, le tabac, la santé etc...

    Je me rappelle encore le quotidien de cet (autre) homme qui se laissait vivre doucement, inconscient du danger qui le guettait, au bord du précipice!

    J'essaie d'analyser les raisons qui m'ont poussé à prendre les choses en mains et je me souviens de ce début Janvier 2006, un peu avant d'arrêter le tabac...

    Début 2006, les fêtes sont passées, je monte sur la balance, la clope au bec, et elle accuse 105 kg, qui sont coupables. Condamnés à errer dans le carcan du légumage informatique. Il est temps de faire quelquechose...mais quoi?

    Arrêter le tabac...ouais...j'y pense vaguement...surtout le matin au réveil quand une violente quinte de toux me fait cracher des trucs colorés. une série d'alertes pulmonaires m'a obligé à ralentir sérieusement ma consommation, qui est passée de 20 à 8 clopes par jour. Je viens tout juste de me remettre difficilement, au bout de 18 mois, d'une pleurésie aggravée d'une infection pulmonaire et j'ai toujours la clope au bec. Le tabac est réellement un poison qui est en train de bouffer la santé de mes poumons.

    Perdre 20 kg...ouais...aussi...j'y pense! Je ne les ai pas vu arriver ceux-la...et cette saleté de balance qui m'affiche 3 chiffres! j'avais des tas de muscles partout qui faisaient la fièreté de ma femme quand elle les identifiait (elle adore les papouilles) et maintenant je ressemble à un culbuto. Le jouet musical à l'air jovial, que l'on bouscule et qui revient invariablement à sa position initiale.

    Sauf que je n'ai pas l'air jovial. j'ai l'air triste, le teint livide. Il faudrait que je reprenne l'exercice me dit un médecin. L'exercice?...Lequel?...Je ne peux plus pratiquer les sports de combats, ni les arts martiaux, ni le Hockey sur glace. Il me reste encore une bonne explosivité mais je ne peux plus prendre appui sur un genou défaillant, détruit lors d'une rencontre avec une voiture un peu trop pressée.

    - Travaillez l'endurance...qu'il me dit!

    J'ai mis 2 ans pour quitter les béquilles et 10 ans avant de pouvoir marcher sans boiter et surtout sans souffrir, alors les randos de 50 km ca ne me dit plus trop! Le vélo? ca m'étonnerait que je puisse appuyer comme je veux avec le genou droit. Le jogging, interdit pour cause médicale, toujours à cause de ce genou. Il me reste la natation, l'aviron et quelques bricoles.

    Voilà le tableau de mon état d'esprit en ce début d'année 2006
    Fumeur, presque obèse et grabataire!
    Rien de bien réjouissant.

    Mais les événements vont se bouculer, m'obligeant à prendre une décision vitale, un virage déterminant.

    Fin janvier
    -----------
    une violente douleur dans le dos, au niveau du nerf sciatique, me paralyse et me fait atrocement souffrir, au point de ne plus respirer correctement. Le pouls s'emballe, le souffle manque, un voile noir passe devant moi et les secours arrivent juste avant que je perde connaissance. Premier contact avec le masque à oxygène.
    Une fois stabilisé au service d'urgence de l'hopital, on me garde toute la nuit en observation, l'alerte a été chaude. C'était une simple douleur due a un manque d'exercice, la douleur typique du sédentaire. Seulement, la respiration est incorrecte, haletante (même au repos) et trop rapide. La saturation n'est bonne qu'au repos. Elle s'effondre au moindre effort. Je suis sous monitoring, j'ai des fils et des tuyaux partout. On m'enlève le masque à oxygène à ma demande (ca pue la conserve la-dedans) mais on me recommande de ne pas bouger, je suis d'accord.
    J'en profite pour me relaxer et faire le vide dans mon esprit. Ce genre d'exercice de concentration a toujours fait baisser mon rythme cardiaque et me permet de mieux m'endormir. J'y arrive tellement bien que je déclenche une alarme (Fc < 60) et une équipe rapplique en vitesse. Fausse alerte, ils sont un peu paranos dans les hostos mais on ne peux pas leur en vouloir, c'est pour la bonne cause. J'explique que c'est du à la relaxation. Une infirmière vient me voir et me fait un ECG. Je connais, j'en ai passé des dizaines mais j'étais en bonne santé à l'époque. Entre temps, les résultats d'examens reviennent, effectués d'urgence. Qui a dit que l'attente est interminable à l'hosto?
    Un cardio vient me voir avec les résultats de l'ECG.

    - Vous êtes sportif, vous!
    - Pas depuis 15 ans et je fume, vous m'avez bien regardé?
    - Il n'y a qu'un sportif pour me faire des tracés pareils! (Les sportifs d'endurance ont un tracé ECG très particulier, reconnaissable pour un cardiologue)
    - Je suis un pur sédentaire, j'aime pas me faire insulter!
    - Vous devriez refaire de l'exercice et arreter de fumer, votre coeur est celui d'un sportif!
    - Ca me fait une belle jambe (surtout la droite!)!

    on me laisse ressortir le lendemain matin avec une liste d'examens à faire, surtout dirigés vers les poumons.

    Le 13 fevrier au soir:
    ----------------------
    Je me couche mais je ne peux plus respirer en position allongée. Il n'y que assis que je respire correctement, librement. J'irai consulter demain, il y a vraiment un problème. Tout cela attise ma curiosité et je passe la nuit sur internet à me renseigner sur les méfaits du tabac au niveau des poumons. Pour moi, le lien était clair depuis le début. Tout ce que je lis et apprend ne n'incite pas à fumer de toute la nuit. A chaque fois qu'une envie de fumer me prenait, j'avais sous les yeux une photo, un témoignage ou un article m'incitant plutôt à continuer de lire. Je passe ainsi ma première nuit de défume, termes que j'ai découvert sur le forum Atoute.org que je lis sans intervenir pour l'instant. Au petit matin, je me couche en annoncant la bonne nouvelle à ma femme, ravie. Je conserve cependant le paquet de clopes et tout le matériel, pas sûr de tenir vraiment le coup longtemps. Je veux pouvoir reprendre quand j'en aurai envie sans courir de droite à gauche en cherchant mon précieux poison. Il n'existe aucune limite à la connerie humaine et, ce n'est certainement pas moi qui arrivera à en fixer une!

    Fin Fevrier:
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    15 jours sans tabac. Je tiens le coup mais suis un peu à cran, insomniaque. Je ne sais pas si c'est le manque de tabac ou le manque de sommeil mais j'ai les nerfs à vif. Je sens que je vais devenir violent, que je vais exploser à la moindre étincelle. J'ai toujours des problèmes de respiration, parfois, alors que j'ai arrêté le tabac, je ne comprend pas et ca m'angoisse. Par précaution, le toubib me file un paquet de cachetons contre l'angoisse, un somnifère et un tranquillisant après m'avoir demandé si j'avais des tendances suicidaires.
    Me suicider? quelle drôle d'idée! Suicider quelqu'un qui m'énerve oui, mais pas moi-même! C'est pourtant ce que je faisais avec le tabac!
    Ma femme me dit que je ne suis plus capable de marcher 5 minutes. Elle a peut être raison mais ces propos sont blessants. Je relève le défi et sors faire le tour du paté de maison (600m) en moins de 5 minutes. complètement vidé, je m'écroule au retour, incapable de prononcer la moindre parole, je suis en apnée complète et je sens que je vais mourir sans même savoir pourquoi. Je n'arrive plus à reprendre mon souffle, je deviens livide et je vire au bleu. Ma femme a déjà appelé les secours qui arrivent très vite et j'ai encore droit au masque à oxygène.
    Le verdict tombe à l'hosto. Les poumons sont touchés par un problème sévère sans qu'ils sachent quoi exactement. Une histoire d'échange gazeux qui foire, qui explique pourquoi je suffoque dès que je me remue. L'air arrive bien dans les poumons mais ne passe plus en quantité suffisante dans le sang. Il faudra attendre le résultat des examens pour être fixés. On me félicite de l'arrêt du tabac mais le tabac est vraiment le moindre de mes soucis. C'est très grave et il y a même de très fortes chances pour que le tabac soit la cause de mes problèmes respiratoires (99%). J'ai peut-être arreté à temps, mais peut-être trop tard aussi! Je suis hypoxique (manque d'oxygène dans le sang pour irriguer le coeur et le cerveau). Chaque cigarette fumée m'a enlevé, comme tout fumeur, un peu de vie. Interdiction formelle de faire le moindre effort soutenu. on me recommande chaudement de reprendre l'exercice mais très progressivement sans jamais être essoufflé. Je réponds que je suis suivi par un médecin du sport. celui-ci vient à mon chevet (à 2h du mat) et m'explique que dorénavant je vais vivre avec une bouteille d'oxygène en me montrant le modèle portatif qui devra me suivre partout dehors. C'est hors de question! j'y arriverai autrement et refuse en bloc toutes leurs solutions médicamenteuses! Je commence à élaborer un plan de survie avec mon toubib! Ca y Est, j'ai enfin compris qu'il fallait combattre ma condition. Comme ils ne peuvent pas me soigner, pas la peine de rester plus longtemps. Je m'en sortirai avec l'aide du toubib. On fait un "deal" ensemble. En reprenant l'exercice très progressivement. On commence par des marches lentes de 10 minutes, je ne peux pas faire plus ou alors il faudra me résoudre à utiliser cette saloperie de bouteille! C'est hors de question!

    Debut Mars:
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    3 semaines sans tabac. Je commence à me sentir mieux. Pourtant, un soir, la respiration me manque, sans raison. Je fais toujours mes exercices de respiration et la marche lente. J'ai l'impression de me noyer et je n'ai pas envie de mourir. J'ai arreté de fumer bordel! j'ai du mal à parler, j'appelle le SAMU qui envoie un véhicule d'urgence et insiste lourdement pour me tenir au téléphone jusqu'à l'arrivée de l'ambulance. Encore droit au masque à oxygène. pendant le transport, Je suis à moitié inconscient mais j'entend le medecin qui s'énerve après l'hopital, demandant un plateau technique, un truc dans ce genre (??). en observation encore pour la nuit, je sors le lendemain. Ils me rappellent de ne pas forcer, d'y aller très progressivement.

    Mi-Mars:
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    1 mois sans tabac, c'est une page de ma vie définitivement tournée. Je demande à ma femme, qui avait planqué tout le matériel, de tout balancer sans regrets. Maintenant je suis sûr que je ne replongerai jamais plus dans ce poison. jusque là je tenais le coup, sans trop savoir pourquoi ni comment. Mais maintenant, j'en suis certain, le tabac ne viendra plus jamais frapper à ma porte. Tout simplement, j'ai envie de vivre. Une envie farouche et indescriptible. Quelque chose qui vient du plus profond de mon être et qui transcende mon inconscient. C'est encore plus fort que l'instinct! C'est cette énergie du désespoir qui permet de soulever des montagnes et relever n'importe quel défi, même colossal. Je n'ai jamais été du genre à me laisser marcher sur les pieds sans montrer les crocs. J'ai toujours affronté mes ennemis bien en face, plantant mes yeux dans les leurs jusqu'au KO final. Le tabac est le pire adversaire que j'aie jamais affronté. Le plus puissant et le plus sournois, toujours prêt à exploiter la moindre faille, le moindre moment de doute. Mais j'aurai sa peau car sinon, c'est lui qui aura la mienne. C'est une lutte sans merci à l'issue fatale, question de survie.
    Je me suis remis à la marche, tout doucement, à la vitesse d'une limace. Je sens bien que dès que je force l'allure je suffoque. Mes progrès sont très lents, j'arrive à faire 4 km mais en presque 1h. J'en ai marre de me trainer, je force un peu l'allure, tant pis, mon corps suivra et puis c'est tout!
    Seulement, il ne me suit plus. Il a trop encaissé sans broncher, maintenant il se révolte et me le fait sentir brutalement. Une violente douleur dans la cage thoracique déclenche la panique dans la maison et je manque d'air. Je suis encore en apnée et les secours tardent à arriver. Je sors dehors, face au vent pour avoir un maximum d'air en attendant. J'ai encore droit à ce satané masque à oxygène. Une fois stabilisé, Les médecins se fachent et veulent absolument me garder contre mon gré. Moi aussi, je me fache, j'en ai marre de tout ce cirque autour de moi. J'arrache les perfusions et envoie valser la potence à l'autre bout de la pièce, Je me leve d'un bond, serre les poings et menace tout le monde de faire un massacre s'il refusent de me laisser sortir. J'ai encore assez de force pour me battre furieusement et c'est à leur tour de changer de couleur. Ma femme arrive à désamorcer la situation, elle est très douée pour cela, tout rentre dans l'ordre.
    Tout le monde se calme, moi le premier, je me fais tout petit et m'en veux terriblement de m'être emporté, je n'ai rien contre eux mais la situation m'échappe et je n'aime pas ca! Le pneumo m'explique que j'ai une pneumopathie interstitielle aigue, syndrome de machin-truc. Je lui demande de me parler "cash".

    - Quelles sont mes chances de survie?
    - On ne peut pas vraiment savoir..bla bla...bla bla...ca depend surtout de vous! vous allez combattre?
    - Non docteur...je vais guerir!

    Maintenant je sais ce que j'ai et je suis plus détendu. Pour combattre son ennemi il faut d'abord le connaitre. Il existe une petite chance de s'en sortir et j'ai bien fait d'arreter de fumer, c'etait la premiere chose à faire. Ma femme pleure discrètement. Elle craint une issue fatale. Les alertes ont été chaudes ces derniers temps et elle craque.
    ca me ramène 16 ans en arrière, 27 mai 1990, le jour de mon accident en moto contre une voiture trop pressée. j'avais perdu plus de la moitié de mon sang et j'avais la jambe fracturée et le genou en vadrouille. Les chirurgiens ont hésité pour m'amputer quand ils ont vu ma constitution physique et que mon coeur tenait parfaitement le coup. Il y avait une petite chance de me sauver la jambe et ils ont pris le risque en reconstruisant ce qui restait. L'intervention dure plus de 3h. A mon reveil, le chirurgien vient me voir et me dit qu'il en a chié, qu'il n'a jamais vu des os aussi durs que les miens. Je lui répond que j'ai quand même réussi à avoir une fracture et que donc, ils ne sont pas si durs que ca! Je lui conseille de faire un peu de musculation et quand j'aborde la question de faire un peu de sport (j'avais pratiqué le Hockey sur glace pour me défouler et le Taekwondo pour me relaxer et apprendre à me concentrer), il me répond que je ne pourrai jamais plus marcher. Je l'ai envoyé promener et j'ai promis à ma femme que je réussirai. Il m'a fallu deux ans d'efforts et de souffrances pour y arriver mais j'y suis arrivé!
    L'histoire se répète avec les poumons mais, si on peut se passer d'une jambe et même des deux, on ne peut pas se passer des poumons.

    Ses larmes me bouleversent. C'est la femme avec laquelle j'ai décidé de finir ma vie mais, pas si vite. Je lui promet de faire le maximum pour m'en sortir encore une fois. L'espoir vient colorer ses joues et j'ai même droit à un beau sourire. Nous nous battrons ensemble, main dans la main, et surmonterons cette épreuve...comme les autres!

    Avril:
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    Je marche deux fois par jour, entre 30 min et 60 min au total, toujours à petite allure. Je n'ai pas l'impression que ce soit efficace mais je continue ce que j'appelle ma ré-education fonctionnelle. Je suis parfois obligé de m'arrêter pour reprendre un peu de souffle et laisser le temps à mes poumons de se recharger en oxygène. La capacité thoracique est bonne, c'est l'échange au niveau du sang qui ne se fait pas suffisamment. Au moindre signe d'essoufflement je dois m'arreter assez longtemps (10-15 min) avant de reprendre ma marche. j'ai confiance en mon toubib mais je pense que les progrès tardent à arriver. J'aurais pu éviter tout cela en m'abstenant de fumer après tout!
    Un banal contrôle routier se transforme en épreuve de spirométrie. Je n'ai jamais réussi à souffler d'un coup dans le ballon à cause du tabac. J'implore l'indulgence du fonctionnaire en lui disant que je suis un ancien fumeur et il me tend le bidule. Je prend une grande inspiration, souffle dans le tuyau et entend peu après un violent claquement. Merde! J'ai pété son machin! Ca va être ma fête! Finalement, je n'ai rien cassé mais j'ai soufflé assez fort pour bloquer brutalement le clapet. Incroyable, il me reste encore de l'air dans les poumons et je ne suis même pas essouflé! c'est la première fois que je souris à un controle routier. Je commence à penser que le traitement du toubib est efficace. aucun médicament, à part les tranquillisants, mais beaucoup de méthode et d'acharnement, ca commence à payer.

    Mai:
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    Je monte sur la balance qui m'affiche 92kg. en début d'année je fais 105kg et 102 juste avant d'arreter le tabac. Je suis incrédule et je me sers de la balance comme punching-ball. Elle ne tarde pas à rendre l'ame. Je vais aussitôt en chercher une neuve (modèle médical très précis) qui m'affiche...la même chose: 92kg. Mince! j'ai perdu tant que ca? Tous les défumés prennent des kilos et moi j'en perd. C'est vrai que je fais attention à ce que je mange mais je ne suis aucun régime. pas grave! il m'en reste encore 7 à perdre. Le médecin m'explique que, dorénavant il faudra perdre 1 kg maximum par mois. Je marche de plus en plus, tout est un pretexte à la marche. Je pose la voiture n'importe ou et je marche, tellement que des fois j'oublie ou j'ai garé la voiture. Ce qui fait beaucoup rire ma femme!

    Juillet-Aout:
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    Presque 6 mois sans tabac, que j'oublie. Je marche de plus en plus et de mieux en mieux, je m'en rend à peine compte mais, je ne dois plus m'arrêter pour reprendre mon souffle.
    entre 1h et 2h chaque jour, surtout le matin. Mon systeme capillaire se reconstruit peu à peu et les échanges gazeux sont bien meilleurs au niveau du sang. Mais je ne dois toujours pas forcer, sous peine de manquer de souffle à nouveau. Seulement, le seuil est reculé, je le vois bien. J'ai des trajets de 10 kms à flanc de falaise et je profite de la canicule pour ajouter la natation à mon exercice. Entre 1km et 2km chaque apres-midi. Je m'apercois que la natation me fait progresser plus vite que la marche. J'en parle au toubib qui me dit que c'est normal mais qu'il fallait commencer par la marche afin de préparer un organisme qui a "hiberné" si longtemps. Le toubib est vraiment étonné par mes facultés de récupération. Il me dit que les progrès sont considérables. Ca fait plaisir à entendre mais, je lui répond que j'en suis à 3h d'exercice par jour et que, aucun hopital, ni centre de rééducation, ne proposerait ce programme. Ca le laisse sans voix, il pensait que j'en etais à encore à 30 min. quand je lui parle de mes kilos à perdre il répond que ce n'est pas le problème et qu'il est même possible que j'en gagne à nouveau mais uniquement du muscle. A partir de cet instant il prefère mesurer mon taux de graisse, membre par membre, prétextant que la balance n'est plus adaptée à mon cas. Je me demande comment si peu d'exercice (3h par jour) pourrait me faire du muscle sans forcer. Il trouve mon corps athlètique et mon mode de vie sportif, en profite pour modifier mon alimentation. il dit qu'un sportif (moi???) n'a pas les mêmes besoins alimentaires qu'un sédentaire. alors, ca y est? je ne suis plus un sédentaire?

    Septembre:
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    Ma santé progresse encore. Lors d'une épreuve de spirométrie, je colle le temoin bien au fond de l'instrument de mesure. La capacité thoracique est bonne, bien au dessus de la norme moyenne, c'est l'oxygenation qui fait toujours défaut. La marche et la natation m'ont fait beaucoup de bien mais la mer commence à être froide fin septembre et la piscine va me paraitre vraiment très petite en comparaison. j'ai l'intention de me remettre au vélo. Le toubib est d'accord mais me connaissant, il me conseille plutôt un VTT/VTC car c'est moins rapide qu'un vélo de course, je serais moins tenté d'appuyer. J'y vais très cool et commence par des sorties de 30 min à petite allure sur du plat. Je ne dois me mesurer à aucune côte pour l'instant et c'est frustrant mais j'écoute mon toubib, je sais qu'il a raison.

    Octobre:
    --------
    Je fais des trajets de plus en plus long avec le vélo mais ca devient difficile de trouver un parcours plat. Ma normandie est vallonnée et le maximum que j'ai trouvé c'est 16 km aller/retour. Ca représente déjà une heure par jour mais ca ne me suffit plus. Contre l'avis médical, je décide d'attaquer ma première côte. Je suis équipé d'un cardiofréquencemètre (CFM) pour mesurer les pulsations cardiaques et je ne dois pas dépasser 90% et rester absolument en zone aérobie mais je ne connais pas mon seuil. La cote fait 6 ou 7% mais elle est très courte (300m), prudent, je met le petit braquet et j'attaque. arrivé en haut je dois m'arreter, à bout de souffle. le CFM affiche 91%, ma vue se trouble et je suis en apnée complète. Ca ne va pas plaire au toubib, ça! Je sens que ca va mal et me donne 2 min montre en main pour reprendre assez de souffle avant d'appeler le SAMU et me mettre la honte avec le vélo. Au bout de 2 min ca va mieux sans être encore la pleine forme mais j'ai franchi un autre cap. désormais, j'attaquerai systèmatiquement toutes les côtes qui se présenteront à moi. je les monte toutes, une par une et en petite vitesse, posant pied à terre lorsque le CFM affiche plus de 90% mais je les franchis. Le toubib n'est pas trop chaud mais je fais ce que je veux, c'est moi qui décide et, si je veux progresser, je dois faire des cotes, c'est psychologique.

    Novembre:
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    9 mois sans tabac, déjà! Je me rend chez le toubib en vélo avec le vent de face. Je m'en fous, je décide d'appuyer. Je vais souffrir mais ce n'est pas le vent qui gagnera, c'est moi! Je parcours 10 km en 30 min. Le CFM s'affole et affiche 87% (FC 158). Je dois être à la limite de la zone aérobie et je manque un peu de souffle sans pour autant trop souffrir. Manque de chance, le toubib me voit arriver en vélo et ca ne lui plait pas du tout. J'ai un toubib spécial, qui passe son temps à me refréner tout en m'encourageant à faire du sport. c'est du sport le vélo? Il me prend immédiatement, en urgence, avant l'heure du rendez-vous et m'ausculte longuement. en 2 ou 3 min le pouls est déjà redescendu en dessous de 80 et la tension est basse (12/7). Les poumons reconstruisent lentement leur système capillaire. L'entretien chez le cardiologue m'apprend, après avoir effectué des tonnes d'examens, (elle va être contente la sécu) que je "souffre" d'un syndrome du coeur d'athlète. Je croyais que c'était une maladie grave. Pas du tout! C'est même un excellent signe que le coeur s'adapte parfaitement à mes nouvelles exigences. La FC au repos est de 46 mais à 20 ans elle était de 39. Quand j'étais sédentaire elle était de 62, ce qui était déjà "bon" mais pas pour un ancien sportif. J'ai toujours du mal à me considérer comme un sportif. Le parfait état de mon coeur est directement lié à l'entrainement intensif que je pratique. Par intensif, il faut comprendre en durée, pas en intensité. Entre 10 et 12h par semaine en zone d'endurance les progrès sont assez rapides. Le médecin les trouve considérables.

    Decembre:
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    10 mois. Je ne pense plus du tout au tabac! J'utilise le vélo d'appartement de ma femme quand je ne peux pas sortir. Mais je suis obligé de mettre la résistance presque au maximum si je veux transpirer. Les sensations sont très différentes d'un vrai vélo. La résistance se coince, j'appuie fermement et je casse une pédale. Ca ne va pas être pratique de pédaler d'un seul côté. C'est vraiment de la gnognotte, ce machin! Je cours remplacer l'engin et prend un modèle haut de gamme, en acier, beaucoup plus solide et plein de fonctions diverses, dont l'affichage de la FC et la fonction ergomètre qui mesure la puissance. Je vais pouvoir comparer avec le vélo du cardiologue qui me valide à 270w. Le nouveau vélo affiche pratiquement la même chose à moins de 5% près. Désormais, je pourrais me mesurer tout seul à la maison. Ma femme ne fera pas la différence avec l'ancien, se contentant de pédaler. Une sortie en vélo avec un copain cycliste se transforme en calvaire pour lui. Il pratique depuis des années et possède un bon niveau mais je le largue systématiquement à chaque côte. Je suis obligé de l'attendre ou carrément d'aller le rechercher quand je trouve le temps trop long. Je suis pourtant beaucoup plus lourd et plus agé que lui, au moins 10kg et 5 ans. Il semble ne pas dépasser 200w alors que je frôle les 300w (minimum requis pour commencer à s'amuser). Mon programme d'entraînement (10-12h par semaine) commence vraiment à porter ses fruits. C'est la première fois que je me mesure à un sportif, pas un compétiteur mais un mec qui s'entretient bien. Je viens de franchir un nouveau cap. Le forum atoute.org commence à me poser beaucoup de questions sur mes méthodes d'entraînement. Je redistibue ce que j'ai patiemment appris avec mon médecin du sport au fil des mois. Cela m'amuse énormément car, il y a encore quelques mois, j'avais un masque à oxygène sur le nez et mon pronostic vital était plutôt réservé!

    Janvier:
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    Je monte sur la balance qui affiche 88 kg. J'ai perdu et stabilisé 17 kg en 1 an. Cela peut paraitre petit mais, contrairement aux régimes divers, ce sont des kilos qui ne reviendront pas car brûlés réellement au lieu d'être masqués. L'impédancemètre du toubib confirme avec 17% de matière grasse. Il me reste encore 3 ou 4 kg à faire fondre mais cela sera vraiment très difficile sans un régime diététique spécifique. J'aimerais bien descendre vraiment mon poids mais le toubib dit que je me rapproche de ma limite métabolique (???). Je connais des cyclistes qui pèsent moins de 70 kg. le toubib me repond la dessus qu'ils ont des petites ossatures. Et alors? mon squelette ne pèse pas 20 kg tout de même! C'est vrai qu'ils ont les bras épais comme des cure-dents mais leurs cuisses sont plus fines que les miennes et ils y mettent plus de 300w, ce qui est mon maximum.
    J'enrage, je dois rester avec mon poids stable pendant 3 ou 4 mois, le temps pour le corps de s'adapter. Il en met du temps cui-la. j'en profite pour monter les cotes sur le grand braquet (42/18). c'est plus dur mais la vitesse moyenne augmente bien. Le vélo, avec son braquet maxi de 42/11 commence à me limiter. Je n'arrive pas à dépasser 45 km/h, sauf dans les descentes. Je commence à penser à un vélo de course. Je fais seulement du 20 de moyenne avec des dénivelés jusqu'à 10%, donc assez loin des 30 km/h de moyenne requis mais j'ai envie de m'amuser un peu, mettre la gamelle, emmener du 52/11 et monter dans les tours. Mais je dois rester en aérobie, sauf petits sprints de 20 sec avec au moins 15 min de récup active entre deux.

    Fevrier:
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    Ca y est, j'ai tenu une année entière. A la reflexion, ca me laisse totalement froid. J'aurais même du arrêter plus tôt au lieu d'attendre le dernier moment. Je n'aurais même du commencer à fumer ce poison. Je ne suis pas encore sorti d'affaire mais les progrès sont énormes en 1 an. Ma VO2max est passée de moins de 30 à presque 50, qu'elle frole! C'est un très bon chiffre pour mes 42 ans, presque digne d'un sportif, qui l'aurait cru il y a seulement 1 an? Mon mode de vie est radicalement changé, je fais 5 repas par jour avec un "régime" alimentaire adapté à mon cas, 3000 Kcal par jour, hors entrainement. Je consomme beaucoup de fruits frais et secs (2kg par semaine) et de légumes (soupe tous les jours), 120 gr de viande/poisson par jour, du foie de morue le matin. Une viande rouge par semaine ou des abats pour le fer (coeur et foie de veau/boeuf, boudin). Beaucoup de produits laitiers sauf le beurre pour leur richesse en calcium (OS et muscles). Et les inévitables glucides 2 ou 3 fois par jour, matin et midi, parfois le soir. Pendant les sorties à vélo, je dois consommer une barre de complément alimentaire par heure si la FCmax <70%, 2 par heure au dela! Ca devient un peu compliqué de faire juste un peu de sport! Je rajoute la natation à mon activité mais de manière plus...sportive. Fini les longueurs à la vitesse d'une grand-mère. quand je regarde des photos datant de 1 an je ne me reconnais plus. L'arret du tabac a vraiment changé ma vie et mon apparence.
    Je lorgne du côté des vélos de course. Ma santé presque revenue me permet de penser à m'amuser un peu. fini le tabac, finie la vie sédentaire. Maintenant c'est 2h de sport par jour, pas énorme mais c'est un rythme qui me convient. J'en connais bien qui regarde la Télé pendant 3h.
    non vraiment, la vie a changé, levé à 5h, couché à 21h, un sommeil de bébé!

    Maintenant la vie, je la vois en rose. Comme mes poumons?

    La défume continue...

    14 février 2007:
    ---------------
    Pour fêter l'année de défume, je m'achête un vélo. Un vrai vélo de course de compétition, tout en carbone, moins de 8kg. Si les chonos sont mauvais, faudra accuser le bonhomme mais pas le vélo. Le toubib insiste lourdement pour que je fasse monter un plateau de 30 dents, en triple. Ca ne lui suffit pas, il me fait encore des misères avec le pignon qu'il veut voir monté à 27. Je voyais un vélo en 39/25 et 52/12. A cause du toubib je me retrouve avec un vélo de randonneur (30/39/52 - Cassette 12-27). L'avenir lui donnera raison, comme toujours. Le genou commence à donner des signes de faiblesse avec un début d'arthrose. Je peux continuer à pratiquer mais en soulageant les articulations, donc petit plateau . Le vélo est une vraie fusée malgré tout et je me sens bien avec. Sur du plat, j'atteins les 45-46 km/h pendant 2km mais je ne peux guère plus. C'est quand même grisant car uniquement obtenu grace à la force musculaire. Au dessus de 30, on entend plus que le sifflement du vent dans les oreilles et c'est agréable!

    Mars 2007:
    -----------
    Le vélo de course change vraiment par rapport au VTC que je garde pour rouler sous la pluie. J'en bave un peu mais mes progrès sont encore plus rapides. Je commence à fréquenter un club cycliste (avec le secret espoir de l'intégrer) et sympathise même avec un des entraîneurs, ancien coureur. Il me distille des conseils très précieux. J'abandonne la fixation sur ma moyenne horaire qui est trop élevée par rapport aux jeunes (ca veut déjà dire que je pourrais les suivre à l'entrainement) pour me concentrer sur la qualité de l'entrainement. Il y a un an, je n'étais même pas capable de marcher sur 1km en allure soutenue. Je commence à faire des sorties de plus de 100 km (4h-5h de selle). Pendant une année entière mon coeur a subi un entrainement foncier d'excellente qualité, grace à mon toubib. J'en ressens maintenant les bénefices et j'ai droit depuis peu au fractionné leger!

    Avril 2007:
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    Ma technique cycliste progresse, mon endurance aussi, ainsi que ma puissance. L'ergometre me renvoie maintenant 420w. Je suis un peu surpris, meme si c'est mon maximum et qu'il faut 2 minutes pour reprendre le souffle, c'est beaucoup. Mon coeur me fait des miseres. Pendant les séances de fractionné, il refuse de monter dans les tours. Ou alors il faut vraiment que j'appuie comme un malade, ce qui devient douloureux (acide lactique). des que j'arrete de pedaler, les battements descendent tres vite, trop vite. C'est vraiment rageant! De plus, j'ai un problème avec le franchissement de seuil. des que je manque d'air, je panique. C'est le souvenir de l'an dernier, ca mettra du temps à disparaitre. Je prend conseil auprès du toubib qui répond que c'est un excellent comportement cardiaque, la preuve d'un entrainement foncier de très grande qualité (merci, j'avais pigé!). Pour les séances au dessus du seuil, il faut patienter. Faut d'abord que je m'habitue au manque d'air (facile à dire) et puis les filières énergétiques sont plus complexes qu'en aérobie. Une séance par semaine en zone 4 suivie d'une journée de repos ou récup en zone 1. Je ne sais pas comment il a deviné mais il me dit qu'une séance de fractionné ne dure pas une heure complete en zone 4 mais 10 min pour moi, suivies de 2 min de recup.

    Mai 2007
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    Je me sens en pleine forme. Le gros travail foncier m'a bien préparé. J'arrive à des trajets de 160 km sans souffrir. Je décide d'une grande séance au seuil à 85% FCmax pendant 3h. Je règle le cardio sur 90% et je monte sur le vélo.
    La séance se passe vraiment bien, le vélo a des ailes, moi aussi. L'analyse ultérieure des données montrera que je développe 320w en moyenne dans les côtes et 210w sur le plat. Pour la première fois, je ne ralentis plus quand le cardio sonne l'alarme (>90% FCmax). Comme je sais que les battements du coeur diminuent très vite je m'inquiète pas, j'aurais du mettre l'alarme à 95% FCmax car c'est la vraie zone de danger. La route me renvoie un autre visage, tout défile très vite et c'est assez grisant! Pas la vitesse mais cette sensation que tout va bien.
    Pendant une descente, je me dis que ca va trop vite (>50 km/h) je décide de ralentir. Ce n'est pas dans les descentes que l'on augmente sa vitesse moyenne mais dans les montées. La pente est sévère (>10%) sinueuse et gravillonnée. Tout cela sent le danger et je ralentis.
    Une voiture déboule au milieu de la route, face à moi, pendant que je freinais déjà (un coup de pot). J'arrive à l'éviter mais la manoeuvre me déséquilibre et je pars sur le côté. Je sais que je vais taper mais je me concentre pour réduire la casse. Je parviens à éviter de justesse un premier mur mais le vélo est toujours difficile à controler. j'ai réussi à réduire encore la vitesse mais elle reste trop élevée. La roue avant heurte un muret de pierre à 35 km/h (données du gps) et je m'envole, perdant totalement le contrôle.
    La course s'arrête dans le fossé rempli de terre qui finit d'amortir ma chute.
    Le vélo est complètement détruit. La roue avant en forme de noeud gordien, la roue arriere en 8, la chaine est sortie cassée, même le pédalier est tordu.
    Une pédale est cassée, la chaussure droite en piteux état. La fourche gauche est en miette et pliée a droite. Le cadre est tordu et on voit les fibres de carbone.
    Quand je vois l'état du vélo, je me demande dans quel état je dois être!
    Je suis un peu sonné mais conscient, pour une fois les jambes n'ont rien.
    Mon bras droit se balance dans le vide comme un pendule et me fais signe qu'il a mal.
    Je regarde et l'épaule est luxée. Je chope le coude et remets tout en place. Sur le moment la douleur est tres forte mais c'est mieux ensuite. Moins pire quoi!
    je décide de me relever doucement mais je manque de tomber dans les pommes. j'attend quelques minutes pour recuperer un peu. aucune hemorragie apparente et pas d'autres degats a part les doigts cassés.
    Je suis content je m'en sors bien, aucun diagnostic vital en jeu. Ce ne sont que des fractures sans plaies, rien n'est ouvert.
    Aucune voiture ne s'arrete pour m'aider. Je finis par me relever et trottine jusqu'a un petit commerce qui, me voyant arriver alerte de suite les secours, c'est que je dois pas être tres beau à voir
    Lorsque les pompiers arrivent, je tiens à peine debout, obligé de m'assoir. je me sens très faible et j'ai froid. Je dois être en état de choc. chaque manipulation de leur part manque de me faire tomber dans les pommes, tellement la douleur est intense. Comme le pronostic vital n'est pas en jeu, ils n'insistent pas. Ils m'emballent bien dans le matelas coquille avec une couverture de survie, et hop, dans le fourgon!
    Une fois à l'hosto, que je commence à connaître, une infirmière vient me prendre ma tension et le pouls. Elle me demande ensuite si je suis sportif et je lui répond par l'affirmative. C'est dingue, ca! A chaque fois que je vais à l'hosto, les toubibs ou les infirmières me demandent si je suis sportif apres avoir pris le pouls et la tension et jamais aux autres. J'ai fini par en connaitre la raison. Les métabolismes des sportifs sont très différents de ceux des sédentaires. Leur pouls au repos est très souvent en dessous de 60 et leur tension basse. Les tracés ECG sont aussi spécifiques et très reconnaissables.
    A l'âge de 20 ans, mon pouls avait été relevé à 39 au repos à l'hopital et, le toubib m'avait demandé directement quel sport je pratiquais, au lieu de me demander si je pratiquais. il a été surpris quand je lui ai répondu que je ne pratiquais aucun sport, à part le Hockey-sur-glace et le Taekwon Do.
    Les constantes relevées à l'hopital sont souvent plus élevées à cause du stress induit par la situation ou le lieu (effet blouse blanche) donc, un pouls et une tension basse dans ces conditions sont le fait d'un métabolisme sportif ou d'un problème cardiaque important. D'ou la question!

    Je lui désigne l'appareil de mesure. 11/6 de tension et pouls à 60 (un peu haut mais ca doit etre la douleur ou le choc). saturation à 98%, je sais que tout est ok. Elle me fait un grand sourire et va me chercher une couverture pendant que je patiente.
    je sais pas pourquoi mais les femmes aiment bien les sportifs. au moins ca fait plaisir de voir des grands sourires, c'est agréable!
    Jusqu'au moment de la sortie, ma chambre a été le théâtre d'un véritable défilé de jeunes femmes. C'est plaisant mais assez irritant quand même, je ne suis pas Brad Pitt. qu'est ce quelles ont? Le défilé s'est arrêté avec l'arrivée de ma femme
    les clichés des radios sont mauvais, les toubibs voient mal et prescrivent un scanner mais celui-ci tombe en panne a cet instant. les chirurgiens sont prêts mais veulent une image précise avant d'opérer. ils me renvoient chez moi pour le week-end avec un traitement antalgique à la morphine (anti-douleurs) jusqu'a la réparation du scanner.
    je reviens passer le scanner le lundi matin et il revèle que tout est cassé mais reste bien en place. aucune esquille ne se promène et aucune hemorragie a part un enorme hematome. les doigts sont dans le meme état. les os sont seulement félés et pour les toubibs c'est qd meme une fracture mais il n'y a pas besoin d'ouvrir. le chirurgien me montre l'endroit de l'impact et les lignes de forces qui en resultent. il me demande comment j'ai remis l'epaule en place (un scanner c'est tres precis ca montre tout). ben j'ai tiré dans l'autre sens tiens! il y a une legere elongation des tendons mais 3 semaines de repos complet avec immobilisation devraient en venir à bout. je leur precise que je ne veux pas de platre à cause de la fonte musculaire et ils me filent une espece d'echarpe amovible que je dois mettre imperativement la nuit pour dormir sinon je peux l'enlever la journee si je reste tranquille. le chirurgien me montre les mouvements que je ne dois pas faire (rotation) et ceux que je peux faire mais sans jamais forcer (translation).
    ils me repondent que je suis du genre solide et que je devrais recuperer rapidement. ca c'est grace au sport. les sportifs ont un métabolisme different des sédentaires. les traitements ne sont pas les memes. les besoins non-plus.
    a part en competition, le sport n'apporte que des benefices sur la santé generale.

    Juin 2007
    ---------
    L'arret du sport est très difficile à vivre pour moi. Ca me manque terriblement!
    A cause de mon bras en echarpe, pas moyen de faire du vélo, ni de natation, juste de la marche mais c'est douloureux.
    J'arrive quand meme à faire au moins 10km par jour (2h) en serrant les dents.

    Juillet-Aout 2007
    =============
    Les toubibs m'ont prescrit de la rééducation et je finis par trouver le cabinet idéal. Entierement dédié au sport et au fitness. il se tient sur 3 étages et est tenu par une montagne de muscles. Cela change des chochottes en blouse blanche dont on a peur de serrer la main pour ne pas leur broyer les phalanges. cela dit, comme tous mes doigts sont cassés/fêlés sauf deux. C'est plutot moi qui suis broyé.

    J'en ai pour 2 mois, à raison de 3 séances par semaines mais j'en fais autant à la maison. J'explique au kiné que j'ai envie de reprendre le plus vite possible eet que ce n'est pas la peine de me menager.
    Tout le rez-de-chaussé est envahi par une masse grouillante de sédentaires en vrac qui chialent déjà avec des poids de 500g. certains sont des fumeurs et, je sens cette odeur immonde, imprégnée dans leurs vêtements.
    La kiné et le sport, c'est la même chose. seule l'intensité change.
    Préparation, échauffement, exercice, etirements.
    j'ai l'habitude et le kiné veille seulement à ce que je ne brûle pas les étapes.
    en serrant bien les dents, je récupère tout ma mobilité en 2 mois.
    Mission accomplie!
    Dernière modification par Philou-50, 04/08/2008, 10h16. Motif: ---
    Ma défume cahotique...
    Défumé depuis le 13.02.2006


    #2
    Re : Mon témoignage...1 an sans tabac!

    Waouh! manifique ce récit! quelles épreuves, surmontées avec sagesse et opinitreté.

    Quel courage, et quelle rage de vivre.

    Merci c'est vraiment très tonique à lire, on se sent meilleur et prêt à se battre, à lutter pour garder notre indépendance au tabac.

    Merci Philou

    Commentaire


      #3
      Re : Mon témoignage...1 an sans tabac!

      J'en perds les mots, c'est extraordinaire ce que tu as fait. Respect et bisous
      déclopée depuis 15/10/06

      Commentaire


        #4
        Re : Mon témoignage...1 an sans tabac!

        alors là bravo!!! rien à dire c'est super.... felicitation

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          #5
          Re : Mon témoignage...1 an sans tabac!

          Et beh !

          Beau témoignage, et bravo pout ta ténacité, t'est un philippe, comme moi

          Nan sans déc. t'as fait fort sur ce coup là, perso je suis beaucoup plus feignasse que toi côté sport...

          Commentaire


            #6
            Re : Mon témoignage...1 an sans tabac!

            super, super....??

            c'était quand même chaud au départ...

            Pas vraiment eu le choix, peut-on réellement parler de courage?

            J'ai du choisir entre la vie et la mort et devinez un peu ce que je choisis...hein...?
            Ma défume cahotique...
            Défumé depuis le 13.02.2006

            Commentaire


              #7
              Re : Mon témoignage...1 an sans tabac!

              Envoyé par Le Meuh
              Et beh !

              Beau témoignage, et bravo pout ta ténacité, t'est un philippe, comme moi

              Nan sans déc. t'as fait fort sur ce coup là, perso je suis beaucoup plus feignasse que toi côté sport...
              je suis une grosse feignasse...
              le vélo, la natation et la rando j'aime ca.
              je préfère 2h de sport à 30 min de courses dans les magasins
              Ma défume cahotique...
              Défumé depuis le 13.02.2006

              Commentaire


                #8
                Re : Mon témoignage...1 an sans tabac!

                Un énorme bravo pour ton courage, ta détermination, ta gniac et tes tripes...
                C'est sans doute le témoignage le plus fort que j'ai eu à lire jusqu'à présent sur Atoute. Félicitation Philou, tu es un exemple de volonté et tu prouves que le sport (et je dis bien "sport" ) est une alternative à ce foutu poison...
                Je te souhaite de continuer encore longtemps sur cette voie.

                Commentaire


                  #9
                  Re : Mon témoignage...1 an sans tabac!

                  Envoyé par Philou-50
                  je suis une grosse feignasse...
                  le vélo, la natation et la rando j'aime ca.
                  je préfère 2h de sport à 30 min de courses dans les magasins
                  Quelque part moi aussi...

                  Commentaire


                    #10
                    Re : Mon témoignage...1 an sans tabac!

                    Envoyé par Le Meuh
                    Quelque part moi aussi...
                    Moi aussi mais qui les fera????
                    déclopée depuis 15/10/06

                    Commentaire


                      #11
                      Re : Mon témoignage...1 an sans tabac!

                      Envoyé par poison
                      Moi aussi mais qui les fera????
                      Ben ma femme, qui d'autre...

                      Commentaire


                        #12
                        Re : Mon témoignage...1 an sans tabac!

                        Envoyé par Loots
                        Un énorme bravo pour ton courage, ta détermination, ta gniac et tes tripes...
                        C'est sans doute le témoignage le plus fort que j'ai eu à lire jusqu'à présent sur Atoute. Félicitation Philou, tu es un exemple de volonté et tu prouves que le sport (et je dis bien "sport" ) est une alternative à ce foutu poison...
                        Je te souhaite de continuer encore longtemps sur cette voie.

                        Merci Loots et salut à toi!

                        Ca me touche beaucoup venant de ta part, toi qui prépares dans l'ombre un marathon! Je dis respect à toi
                        Je t'embrasse pas parceque t'es un mec mais je te serre bien fort la paluche!
                        tu m'arrête si je te broie les phalanges, hein!
                        Le courage je l'ai puisé dans la rage de vivre et maintenant je suis devenu un sportif, j'ai encore du mal à m'y faire.
                        Ca fait rire mon toubib et ma femme qui me ramène des survètements quand je lui demande des pantalons (perdu 3 tailles en 1an, de 50 --> 44).

                        Que ferait-on sans nos femmes? Nous n'existons que grâce à elles et pour elles
                        Ma défume cahotique...
                        Défumé depuis le 13.02.2006

                        Commentaire


                          #13
                          Re : Mon témoignage...1 an sans tabac!

                          Envoyé par Philou-50
                          Merci Loots et salut à toi!

                          Ca me touche beaucoup venant de ta part, toi qui prépares dans l'ombre un marathon! Je dis respect à toi
                          Je t'embrasse pas parceque t'es un mec mais je te serre bien fort la paluche!
                          tu m'arrête si je te broie les phalanges, hein!
                          Le courage je l'ai puisé dans la rage de vivre et maintenant je suis devenu un sportif, j'ai encore du mal à m'y faire.
                          Ca fait rire mon toubib et ma femme qui me ramène des survètements quand je lui demande des pantalons (perdu 3 tailles en 1an, de 50 --> 44).

                          Que ferait-on sans nos femmes? Nous n'existons que grâce à elles et pour elles


                          et en plus il est lucide

                          Commentaire


                            #14
                            Re : Mon témoignage...1 an sans tabac!

                            Envoyé par Le Meuh
                            Ben ma femme, qui d'autre...
                            Bin oui quelle question stupide....
                            déclopée depuis 15/10/06

                            Commentaire


                              #15
                              Re : Mon témoignage...1 an sans tabac!

                              C'est une magnifique leçon de ténacité, de persévérance, et en même temps un récit d'espoir, puisque d'une situation presque déclarée sans possibilité d'amélioration par les toubibs,tu en arrives à une renaissance sur tous les fronts : la jambe, les poumons, le poids...

                              Merci Phil50 pour ton témoignage!!

                              MARCIA

                              Commentaire

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