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Revue de Presse

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    Revue de Presse

    Ici nous allons regrouper toutes les infos nouvelles concernant l'alcool.
    Les lois, les médicaments, les recherches scientifiques, et autres .

    Si un article vous parait important pour cette rubrique, vous le soumettez a Toutatix ou a moi par MP, avec la source de votre article.

    Si vous avez envie d'en parler par la suite ouvrez une discussion.

    Merci a tous pour votre participation.
    Un bout de vie

    L'alcool c'est pas un problème

    #2
    Re : Revue de Presse

    Bachelot ” qui restreint la vente d'alcool dans les stations-service,
    divise le chiffre d'affaires des boutiques et provoque la colère.





    M ais il n'y a plus de rosé au frigo ? » Depuis début août, la station-service Total « Le Relais de la Sèvre », avenue de La Rochelle, applique la loi Bachelot. Et plusieurs fois par jour, le couple de gérants et leurs deux employées qui se relaient à la caisse doivent l'expliquer aux clients déçus, voire très mécontents.
    « Il y a plusieurs volets, explique Fabrice Le Verger, cogérant de cette SARL : on nous interdit de vendre de l'alcool aux mineurs, cela nous l'acceptons et nous le trouvons normal. On nous interdit aussi de vendre des boissons alcoolisées réfrigérées (bière, vins blanc et rosé). Mais le gros problème, c'est l'interdiction de vendre à partir de 18 h, jusqu'à 8 h du matin : nous faisions l'essentiel de nos ventes entre 18 h et 22 h. » Le chiffre d'affaires de la boutique a déjà plongé : « divisé par trois le 15 août, par rapport à 2008 ».
    Fabrice Le Verger et Cécile Dagnaud jugent cette loi inefficace. Les stations vendent 1 % de l'alcool bu en France, et discriminatoire. Les grandes surfaces peuvent vendre jusqu'à leur fermeture, et les autres commerces de détail peuvent toujours mettre la bière et le muscadet au frigo : « Certes, beaucoup de gens viennent chez nous en voiture, reprend Fabrice Le Verger. Mais vont-ils à vélo au supermarché ? » « Ici, nous faisons du dépannage, poursuit sa compagne, les clients viennent chercher quelques bières pour l'apéritif, ou une bouteille de vin pour le repas, sans avoir à faire la queue au supermarché. Et chez nous, ils n'en remplissent pas un chariot. »
    La colère est d'autant plus vive que l'application de cette loi a été précipitée et peu médiatisée : « Personne ne l'attendait pour cet été. » Du coup, les deux gérants n'ont pas encore de rayonnage adapté, qu'ils puissent fermer à partir de 18 h. Pour l'instant, ils tirent un rideau devant les bouteilles et affichent un message d'information. Plus ou moins bien perçu : « On se fait insulter. Une cliente a failli agresser une de nos employées, c'est un autre client qui est intervenu pour la calmer et la faire sortir », explique le couple.

    Des emplois menacés

    Cette nouvelle loi est-elle légale ? Sur les forums internet, la question alimente de vives discussions entre pompistes, qui parlent d'action en justice contre le texte. Avec un argument économique de poids en pleine crise : la baisse du chiffre d'affaires des boutiques pourrait causer le licenciement économique d'une partie des salariés. Une menace qui pèse sur des milliers d'emplois disséminés en France.





    http://www.lanouvellerepublique.fr
    Un bout de vie

    L'alcool c'est pas un problème

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      #3
      Re : Revue de Presse

      ALCOOL ET CANCER

      **************

      Source : Etats généraux de l'alcool : Alcool, enjeux sanitaires et sociaux (fiche rédigée par l’Institut National du Cancer (INCa) et le réseau National Alimentation Cancer Recherche (NACRe).)

      Extrait :"[...]A/ L’alcool est-il cancérogène ?

      Oui, l’alcool est cancérogène pour l’homme et la femme. Depuis plusieurs décennies, les études épidémiologiques ont montré clairement que la consommation de boissons alcoolisées augmente le risque de cancers, certains parmi les plus fréquents 1, 2, 3.

      La littérature scientifique montre que le risque de cancer augmente avec la dose d’éthanol apportée par les boissons alcoolisées, sans effet de seuil. Autrement dit, même une consommation modérée d’alcool augmente le risque de cancers 4. "

      **************

      Source : Institut National du Cancer : Communiqué de presse du 11 décembre 2007

      Extrait :"[...]
      L'alcool impliqué dans de nombreux cancers chez l'homme comme chez la femme

      Les experts qui ont travaillé sur ce rapport ont examiné les cancers pour lesquels la relation avec la consommation d'alcool fait l'objet d'un consensus international. Il s'agit des cancers des voies aérodigestives supérieures (VADS) telles que la bouche, le pharynx, le larynx et l'œsophage, du cancer du foie, du cancer du sein ainsi que du cancer colorectal.


      L'augmentation du risque de cancer des VADS due à la consommation d'alcool est clairement démontrée. Par exemple, le risque de cancer de la cavité buccale est multiplié par six chez les personnes qui ont une consommation élevée par rapport aux personnes abstinentes2. Par ailleurs, pour ces cancers, l'alcool et le tabac ont des effets synergiques, la combinaison alcool-tabac se traduisant par une multiplication des risques.


      La consommation de boissons alcoolisées augmente aussi le risque de cancer du foie, généralement après le développement d'une cirrhose alcoolique. Les études récentes montrent également une association entre la consommation d'alcool et le risque de cancer colorectal dans les deux sexes et le risque de cancer du sein chez la femme. Pour le cancer du sein, le risque croît de 10 % lorsque la consommation moyenne d'alcool par jour augmente de 10 g (un verre)3,4.



      Bien que l'augmentation du risque soit plus modeste que pour les cancers précédents, en raison de l'incidence très élevée de ces cancers en France (36 000 cas de cancers colorectaux et 42 000 cas de cancers du sein au cours de l'année 2000), la prévention ciblée sur ce facteur de risque contribuerait également à réduire fortement l'incidence et la mortalité des cancers liés à l'alcool."


      Télécharger le rapport (.pdf)

      **************

      Source : Ligue Nationale contre le Cancer : Alcool et cancer

      Extrait : "[...]
      Les données concernant la relation entre cancer et alcool sont principalement basées sur des études épidémiologiques, et l'on dispose aujourd'hui de suffisamment de preuves du potentiel cancérigène des boissons alcoolisées.

      La consommation d'alcool est associée de façon dose-dépendante à une augmentation de l'incidence de plusieurs types de cancers. Tous les types de boissons alcoolisées semblent impliqués, ce qui indique un rôle étiologique de l'alcool ou de ses métabolites.

      Outre l'éthanol, les boissons alcoolisées contiennent d'autres substances issues de la fermentation ou de la préparation qui sont elles aussi mises en cause dans le processus de cancérisation : aldéhydes, esters, cyanures et alcools autres que l'éthanol, auxquels il faut ajouter certains aditifs et contaminants (terpènes, phytotoxines…)."

      **************

      Source : Programme National Nutrition Santé : Brochure réalisé en janvier 2009 à destination des médecins.

      Extrait :"[...]
      CONCLUSIONS
      La consommation de boissons alcoolisées augmente le risque de plusieurs cancers (de 9 à 168 % par verre consommé par jour, selon les localisations).

      Le risque augmente avec la quantité totale d’alcool consommée.

      L’augmentation est significative dès une consommation moyenne d’un verre par jour,
      qu’elle soit quotidienne ou concentrée sur certains jours de la semaine.

      Quel que soit le type de boisson alcoolisée, il existe un risque.

      Étant donné la consommation élevée de boissons alcoolisées en France, il est important d’inciter les consommateurs à réduire leur consommation et de prendre en charge les buveurs dépendants.

      RECOMMANDATIONS
      > En matière de prévention des cancers, la consommation d’alcool est déconseillée, quel que soit le type de boisson alcoolisée (vin, bière, spiritueux…).

      > Il convient de ne pas inciter les personnes abstinentes à une consommation d’alcool régulière, même modérée, car toute consommation d’alcool régulière est à risque.

      > En cas de consommation d’alcool, afin de éduire le risque de cancers, il est conseillé de limiter la consommation autant que possible, tant en termes de quantités consommées que de fréquence de consommation. En cas de difficulté, envisager un accompagnement et éventuellement une prise en charge.

      > Les enfants et les femmes enceintes ne doivent pas consommer de boissons alcoolisées. "

      Télécharger la brochure (.pdf)

      **************

      Dans la presse :

      * Nouvel Obs / Sciences et Avenir : 4 août 2009 : Alcool et cancer, le lien se confirme

      Extrait : "Les personnes qui consomment des quantités importantes de bière ou d’alcools forts courent un risque beaucoup plus élevé de développer un cancer que la population en général, d'après une étude réalisée par un groupe d'épidémiologistes et de chercheurs sur le cancer, de Montréal.

      Selon leurs résultats, les personnes dans la catégorie des grands consommateurs d'alcool (celles qui boivent au moins une fois par jour) augmentent par sept leur risque de développer un cancer de l'œsophage, ont 80 pour cent plus de risques de développer un cancer du côlon, et ont un risque d'apparition d'un cancer du poumon accru de 50 pour cent. "

      ****

      * Le Figaro : 18 février 2009 : Un seul verre d'alcool augmente les risques de cancer

      Extrait : "[...]C'est une mauvaise nouvelle pour tous ceux qui aiment boire, juste un peu, et qui pensent être «raisonnables». Les études les plus récentes montrent en effet qu'il n'y a pas de consommation d'alcool sans risque de cancer. Ainsi, le seul fait de boire un verre de vin par jour majore ce risque de 9 % à 168 % selon la localisation. Mardi, les Pr Dominique Maraninchi, directeur de l'Institut national du cancer, et Didier Houssin, directeur général de la santé, ont présenté une brochure destinée aux médecins et consacrée aux recommandations alimentaires pour prévenir le cancer. Ces recommandations, basées sur un rapport international de 2007 qui a analysé plus de 7 000 enquêtes scientifiques, insistent sur le lien entre alcool et cancer. Environ 10,8 % des cancers chez l'homme et 4,5 % chez la femme sont dus à l'alcool."
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        #4
        Re : Revue de Presse


        Alcool et cancer le lien se confirme


        NOUVELOBS.COM | 04.08.2009 | 12:54


        Une étude canadienne montre que les plus gros consommateurs d’alcool ont beaucoup plus de risques de développer un cancer.





        Les personnes qui consomment des quantités importantes de bière ou d’alcools forts courent un risque beaucoup plus élevé de développer un cancer que la population en général, d'après une étude réalisée par un groupe d'épidémiologistes et de chercheurs sur le cancer, de Montréal.

        Selon leurs résultats, les personnes dans la catégorie des grands consommateurs d'alcool (celles qui boivent au moins une fois par jour) augmentent par sept leur risque de développer un cancer de l'œsophage, ont 80 pour cent plus de risques de développer un cancer du côlon, et ont un risque d'apparition d'un cancer du poumon accru de 50 pour cent.

        Au total, les chercheurs ont découvert des liens statistiquement significatifs entre la consommation importante de bière et de spiritueux et six types de cancer différents. « Nous avons relevé un risque plus élevé de cancer de l'œsophage, du côlon, du foie, du pancréas, du poumon et de la prostate », précise le Dr Andrea Benedetti, de l'Université McGill à Montréal, principale auteure de l’étude. « Les cancers de l'œsophage et du foie représentaient les risques les plus élevés. »

        Les chercheurs ont utilisé des données recueillies à l'origine pour une importante étude sur le cancer lié au travail, effectuée à Montréal dans les années 1980. Leurs résultats ont été publiés dans le numéro courant du bulletin Cancer Detection and Prevention. En détaillant les données concernant les buveurs modérés ou les buveurs de vin on ne retrouve pas les mêmes effets délétères.

        Cette étude arrive au moment ou les experts Français s’affrontent à propos de la dangerosité du vin. Au début de l’année, l’Institut national du cancer (INCa) avait dans une brochure à destination des professionnels de santé émis un avis négatif concernant toute consommation régulière d’alcool. Alors que jusqu’à présent, le petit ballon de rouge quotidien avait plutôt bonne presse.

        A la suite de cette publication, Roselyne Bachelot, la ministre de la santé, avait saisit le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) pour savoir s’il fallait modifier les recommandations officielles qui déconseillent actuellement plus de deux verres par jour chez les femmes et trois chez les hommes. Le HCSP a répondu, dans un avis publié en ligne le 24 juillet : pour ses experts il n’y a pas lieu à modification car les effets de l’alcool à petites doses sur la naissance d’une pathologie cancéreuse sont mal documentés. Et surtout, ajoute le comité, il faut tenir compte des éventuels effets protecteurs de l’alcool sur d’autres pathologies comme les maladies cardiovasculaires. Le débat est donc loin d’être clos.

        En 2007, la fraction des cancers attribuables à la consommation d’alcool en France a été estimée à 10,8 % chez l’homme et à 4,5 % chez la femme pour l’année 2000 (IARC, 2007). Selon ce même rapport, la consommation de boissons alcoolisées est la deuxième cause évitable de mortalité par cancers, après le tabac. Les français consomment en moyenne 12,9 litres d’alcool pur par habitant et par an (un verre de vin, un pastis ou un demi de bière correspondent à 10 grammes d’alcool pur).


        J.I.
        Sciences-et-Avenir.com

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          #5
          Re : Revue de Presse

          Proposition de loi en Belgique Prop. loi Ch. Defraigne/D. Tilmans ALCOLOCK janvier 2009

          extrait[...]


          1
          Déposée par Mme Christine Defraigne et Mme Dominique Tilmans


          DEVELOPPEMENTS

          La conduite sous l’influence de l’alcool a été identifiée par la Commission européenne
          comme l’une des principales causes d’accidents mortels avec les excès de vitesse et la nonutilisation
          de la ceinture de sécurité.
          Selon le « European Road Safety Observatory », les experts attribuent 25 à 45% des accidents
          de la route à la consommation d’alcool. La Belgique n’échappe malheureusement pas à ce
          constat.
          Le secrétaire d'Etat à la Mobilité et l'Observatoire pour la sécurité routière ont dévoilé, fin
          2008, le bilan intermédiaire des contrôles effectués pendant la période des fêtes. Ces données
          proviennent de tous les postes de circulation de la police fédérale et de la quasi-totalité des
          zones de police locales. Ces services de police ont effectué plus de 116.000 tests d’haleine, ce
          qui représente une augmentation considérable par rapport à la même période l'an dernier.
          Le test s'est avéré positif pour 4, 8 % des conducteurs. Il s’agit d’un résultat en légère baisse.
          L'année passée, 5,2 % des tests étaient positifs. En revanche, le nombre de retraits immédiats
          de permis demandés par les parquets a fortement augmenté et est passé de 1.311 l'an dernier à
          1.833 cette année (+ 39,8 %).
          Si le pourcentage de conducteurs positifs a légèrement régressé à l’occasion des contrôles
          ciblés, il n’en va pas de même des contrôles de routine ou à la suite d'un accident. En ces cas,
          le pourcentage de conducteurs positifs est, en revanche, en hausse par rapport à 2007.
          L’alcool est un fléau qu’il ne faut pas négliger. Selon une enquête publiée par l’Institut
          scientifique de santé publique publiée en 2001, 10 % de la population masculine belge
          consommait trop d’alcool. Par consommation excessive, l’Institut entend toute consommation
          entraînant des problèmes pour l’individu et/ou son entourage, tels que des problèmes
          familiaux ou relationnels, des problèmes au travail, le fait de boire en cachette, des trous
          noirs… Ces consommateurs ne sont pas considérés comme des alcooliques mais bon nombre
          d’entre eux risquent de le devenir.
          En ce qui concerne, les accidents de la route liés à l’alcool, deux facteurs peuvent être mis en
          exergue. Il s’agit de l’âge du conducteur et des croyances erronées sur les effets de l’alcool.
          En effet, la catégorie d'âge la plus touchée par les accidents mortels est celle des 18 à 34 ans,
          tant en semaine que le week-end (430 tués, soit 40 %, dont 116 tués pendant les nuits de
          week-end). Près d'un tiers des accidents surviennent le week-end. Trois quarts des accidentés
          perdent la vie en dehors des agglomérations, notamment à proximité des lieux de sortie.
          On peut, dès lors, regretter que les contrôles organisés sur le terrain soient effectués la plupart dutemps
          en agglomération alors que les situations les plus dangereuses se situent rarement là.[...]

          http://www.dominiquetilmans.be/downl..._janv_2009.pdf


          Dernière modification par iseulta, 26/08/2009, 09h58.
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            #6
            Re : Revue de Presse


            « Après l'alcool festif vient l'alcool béquille, puis l'alcool guillotine »
            « Le dernier pour la route » de Hervé Chabalier


            Par Béatrice ARVET • Correspondant LS • 20/09/2009 à 08h09


            À l'occasion de la sortie du film* éponyme, les éditions Robert Laffont réédite le journal tenu par Hervé Chabalier tout au long de la cure de désintoxication qu'il a suivie après des décennies d'alcoolisme.
            Une vie intégralement soumise à cette dépendance, qui avait fini par prendre possession de l'individu tout entier, régissant le corps dès le réveil avec le petit blanc sur le zinc pour atténuer les tremblements, et dominant l'âme quand toutes les compromissions devenaient possibles pour continuer à s'imbiber. “ Le pire, c'est cela, se trahir soi-même, chaque jour, ne plus se respecter, savoir que l'on se ment, et s'en accommoder ”. Hervé Chabalier confie avec une sincérité touchante, ses peurs, ses souffrances et les minables accommodements avec une maîtresse qui avait pris les commandes de sa vie. Donner le change quand on est trop timide, assumer sa culpabilité dans les blessures personnelles, conjurer la peur dans les pays en guerre, maîtriser le stress pour assumer une activité foisonnante…, ce témoignage dépasse le cadre de l'intime, pour renvoyer à un processus qui touche à leur insu de nombreux individus.

            Derrière les mots, il y a toujours le recul, l'œil malicieux et la lucidité qui rendent compte d'un destin aussi riche en succès qu'en drames et transforment le récit en expérience humaine passionnante, que l'on soit concerné ou non par le problème. Au moment où les alcooliers signent leur victoire auprès de toute une génération, en faisant preuve d'une imagination particulièrement manipulatrice sous prétexte de lui “apprendre à gérer l'alcool” (en réalité à consommer plus avec mini shot, boissons douces, sponsoring des soirées d'étudiants, open bars…), Il est aussi urgent de faire campagne contre les ravages de l'alcool que ceux du tabac ou de la drogue. Ce livre, empreint d'humanité et de générosité relève aussi de ce combat.
            * “Le dernier pour la route” de Philippe Godeau avec François Cluzet et Mélanie Thierry sort le 23 septembre






            http://www.lasemaine.fr/2009/09/18/-...erve-chabalier

            ----------------------------------------------------------------------
            Comment se libérer de l'alcool



            Alors que sort mercredi 23 septembre le film « Le Dernier pour la route », les médecins soulignent que la clé du succès du combat contre l'alcoolisme est souvent une prise en charge étalée dans le temps


            François Cluzet dans le Dernier pour la route, film sur le combat contre l'alcoolisme (photo Wild Bunch Distribution).

            Comment sortir de l’alcool ? Responsable du pôle psychiatrie et addiction à l’hôpital Louis Mourier de Colombes, le professeur Jean Adès semble plutôt content qu’on vienne lui poser la question. Heureux de constater qu’avec la sortie du film Le Dernier pour la route , les médias s’intéressent subitement à la prise en charge des personnes alcoolo-dépendantes. En 2004, le professeur Adès avait déjà apprécié le livre-récit du journaliste Hervé Chabalier dont est aujourd’hui tiré le film.

            Sa volonté de dire les choses sans faux-fuyants et surtout de casser les tabous autour de la maladie alcoolique. « Même s’il y a eu des progrès ces dernières années, il y a toujours autour de ce sujet beaucoup de honte, de culpabilité. Dans notre société, l’alcool est un produit hédonique, convivial, totalement inscrit dans le tissu social. Et les alcooliques dérangent car ils viennent casser cette belle image », explique le professeur Adès.

            Les médecins qui soignent les addictions rappellent d’abord une évidence : pour cesser de boire, il faut en avoir envie. « Le premier travail, fondamental, porte sur la motivation de la personne. On ne peut rien faire sans le patient lui-même », souligne le docteur Alain Sarda, médecin-chef du centre de cure et de post-cure Gilbert-Raby à Meulan (Yvelines). "Un delirium tremens peut être mortel"


            Au départ, cette motivation n’est pas toujours évidente. Car c’est souvent à la demande d’un tiers, surtout le conjoint, parfois l’employeur, que le patient se retrouve un jour dans un service d’alcoologie. « Il faut alors évaluer son désir d’arrêter et, si besoin, utiliser une thérapie ‘‘motivationnelle’’ pour l’engager dans le soin », explique le professeur Adès.

            Ensuite, la prise en charge se fait en ambulatoire, c’est-à-dire dans le milieu de vie de la personne. Avec des consultations très régulières de l’équipe soignante, sans hospitalisation. Mais en cas d’échec de l’ambulatoire, ou pour les patients d’emblée très dépendants, une cure avec hospitalisation peut s’avérer nécessaire. En moyenne, celle-ci dure entre 2 et 4 semaines.

            Comme en ambulatoire, les premiers jours sont consacrés à la prise en charge du syndrome de sevrage, c’est-à-dire des troubles pouvant survenir après un arrêt brutal de la consommation d’alcool. En état de manque, la personne peut d’abord présenter une forte anxiété puis, en cas de grande dépendance, développer un delirium tremens.

            « Cela peut se traduire par une exacerbation des tremblements, un état d’agitation, des hallucinations et une forte déshydratation. Il faut vraiment faire attention car un delirium tremens, dans certains cas, peut être mortel », explique le docteur Claudine Gillet (CHU de Nancy), secrétaire générale de la Société française d’alcoologie."L’addiction, c’est quand le plaisir devient une souffrance"


            Pour gérer ce cap, les médecins utilisent deux types de médicaments. Les premiers sont des benzodiazépines, le plus souvent du valium, qui vont réduire l’anxiété et les complications du sevrage. « Ensuite, on peut prescrire des médicaments anti-appétence qui vont réduire le ‘‘craving’’, l’envie de boire. Ces produits ne font pas de miracle mais peuvent aider le patient », indique le professeur Adès.

            Après le sevrage physique, qui dure en général une semaine, il faut ensuite s’attaquer à la dépendance pyschologique, en essayant d’en comprendre les mécanismes. « L’addiction, c’est quand le plaisir devient une souffrance, qu’on ne peut plus contrôler sa consommation et que l’inconvénient devient plus important que le bénéfice, indique le professeur Michel Reynaud, chef du département de psychiatrie et d’addictologie de l’hôpital Paul-Brousse à Villejuif.

            « Toutes les addictions signent le détournement des mécanismes naturels de gestion du plaisir et des émotions, poursuit-il. Au départ, l’alcool, ça fait du bien, et c’est pour cela que les gens en prennent. Puis arrive un moment où la vie se met à tourner uniquement autour de ce produit et le plaisir devient obsessionnel. »"L’enjeu pour le patient est d’apprendre à s’affirmer"


            Pour aider le patient, les soignants misent alors sur des thérapies cognitives ou comportementales délivrées lors de séances individuelles ou en groupes de malades. L’objectif est de permettre une modification des comportements, en particulier lors des situations à risque.

            « L’enjeu pour le patient est d’apprendre à s’affirmer dans certaines circonstances pas forcément simples à gérer : par exemple, sa capacité à demander un verre d’eau dans un pot d’entreprise où tout le monde boit de l’alcool. Et plus largement, à vivre dans une société où la consommation d’alcool est un élément de la culture largement valorisé », souligne le docteur Sarda. Un constat partagé par Micheline Claudon, psychlologue dans le service d’alcoologie de l’hôpital Bichat à Paris.

            « Par exemple, on va dire au patient : demain, vous allez faire vos courses. Pensez-vous vous sentir agressé par les publicités pour les foires aux vins ? On peut aussi parler de l’approche de Noël, des fêtes de fin d’année. Ou de choses plus intimes, commel’anniversaire d’un deuil particulièrement douloureux. Le but est d’apprendre aux patients à entrer en contact avec leurs émotions, à mettre des mots dessus. Et surtout de leur faire comprendre qu’avant, ils utilisaient l’alcool pour ne pas permettre à ces émotions de s’exprimer. »Est-il possible de retrouver une consommation modérée ?


            Au terme de cette cure, les patients, à peu près stabilisés, peuvent poursuivre un suivi ambulatoire. Pour les plus fragiles, une post-cure de deux à trois mois peut s’avérer nécessaire pour continuer ce travail de séparation avec l’alcool. « Il faut bien comprendre que la cure, à elle seule, ne va pas tout régler. C’est un point de départ. La clé du succès, c’est un suivi régulier dans le temps », insiste Micheline Claudon.

            En général, les médecins sont réticents à donner des pourcentages de réussite. « Globalement, on estime qu’à un an, environ 30 % à 40 % de gens ne boivent plus. Mais cela ne veut pas dire qu’ils ne feront pas de rechute », répond le professeur Adès, tandis que le docteur Sarda divise les patients en trois catégories. « Environ un tiers arrive à s’arrêter pour de bon. Un tiers va connaître des phases d’abstinence et de rechute et un tiers va continuer à boire, y compris pendant les soins. »

            Reste une question, parfois la première que posent les malades alcooliques : est-il possible de retrouver un jour une consommation modérée ? « C’est une question très discutée dans le milieu de l’alcoologie, répond le professeur Adès. Mais aujourd’hui, la majorité des spécialistes estiment que cette consommation contrôlée est très difficile à obtenir. Simplement, parfois, il faut agir par étapes car certains patients, au début, n’imaginent pas vivre un jour sans une goutte d’alcool. Dans ce cas, on peut faire le pari de la consommation contrôlée mais dans la très grande majorité des cas, ils se rendent compte qu’ils n’y arrivent pas. Et que la seule solution est le sevrage total. »
            Pierre BIENVAULT et Maryline CHAUMONT



            http://www.la-croix.com/article/inde...4167&rubId=788
            Dernière modification par iseulta, 22/09/2009, 23h16.
            Un bout de vie

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              #7
              Re : Revue de Presse

              INCIDENCE DE LA CONSOMMATION D'ALCOOL SUR LES ADOS



              (Consommer précocement de l'alcool augmente la vulnérabilité génétique à la dépendance)

              Source : Alcohol Clin Exp Res. 2009 Sep 17 vu sur : Inserm Instituts thématiques / Alcool
              Auteurs : Agrawal A, Sartor CE, Lynskey MT, Grant JD, Pergadia ML, Grucza R, Bucholz KK, Nelson EC, Madden PA, Martin NG, Heath AC

              Extrait :"[...]La précocité de la consommation d'alcool est un facteur clairement identifié de dépendance ultérieure à l'alcool: plus on consomme de l'alcool de façon précoce, plus on est à risque de devenir dépendant à l'âge adulte.
              Plusieurs études ont permis d'avoir une idée de la taille de cet effet. Notamment, deux études épidémiologiques de grande ampleur soulignent que consommer de l'alcool avant l'âge de 15 ans multiplie par un facteur allant de 1,3 à 1,6 le risque de devenir dépendant ultérieurement par rapport à une consommation plus tardive. En fait chaque année passée à ne pas s'initier à la consommation d'alcool à l'adolescence diminue le risque de devenir dépendant de 14%.[...]"

              (communiqué par Chéana)

              Commentaire


                #8
                Re : Revue de Presse

                Santé: Tous égaux?


                Might physicians be restricting access to liver transplantation for patients with alcoholic liver disease?


                (Transplantation hépatique pour cirrhose alcoolique : certains médecins restent réticents.)

                Source : J Hepatol. 2009 Oct;51(4):707-14. vu sur : Inserm Instituts thématiques / Alcool
                Auteurs : Perut V, Conti F, Scatton O, Soubrane O, Calmus Y, Vidal-Trecan G.

                Extrait :"[...]L'abus d'alcool reste la première cause de cirrhose en France. Dans les formes graves de la maladie, la transplantation hépatique est parfois le seul recours. Le pronostic à long terme des patients transplantés pour une cirrhose alcoolique est très bon et au moins équivalent à celui des autres hépatopathies. On devrait légitimement s'attendre à ce que la cirrhose alcoolique soit la première indication de greffe de foie en France. C'est loin d'être le cas : en 2007, seuls 24,0 % des nouveaux inscrits sur liste d'attente pour une greffe hépatique l'étaient pour une maladie alcoolique du foie (MAF). Comment expliquer ce paradoxe ? Dans un contexte de pénurie de greffons, les médecins considèrent-il que les buveurs excessifs méritent moins que les autres patients d'accéder à la greffe ?
                Pérut et coll. des services de Santé Publique et de Chirurgie de l'Hôpital Cochin à Paris ont voulu explorer cette hypothèse par une enquête menée auprès d'un échantillon de médecins français.[...]"

                (communiqué par Chéana)

                Commentaire


                  #9
                  Re : Revue de Presse

                  j'ai lu ça dans mon journal,Ouest France, et je vous le livre tel quel.Bon c'est pas sur l'alcool mais pas mal de gents ici sont concernés amha





                  société

                  Cannabis: si on essaie une fois, devient-on accro ?

                  jeudi 03 décembre 2009

                  10 % des consommateurs de cannabis deviennent dépendants.
                  Photo : Reuters




                  Les jeunes Français sont parmi les plus gros consommateurs en Europe. Hier, à la Sorbonne à Paris, des experts ont analysé les effets de la « fumette ».

                  Un parterre de lycéens. Face à eux, un médecin, un psychiatre, une infirmière scolaire, un policier des stups, une juge... pour débattre du cannabis. 550000 Français en consomment quotidiennement, 42% des jeunes de 17 ans y ont goûté. Chiffre d'affaires: unmilliard d'euros par an. Même si, depuis 2005, la consommation baisse.

                  Une première question fuse des bancs des lycéens: « Si on essaie une fois, va-t-on devenir accro ? » Réponse du docteur Jean Costentin: « Quand on pousse la porte du cannabis, on ne sait pas si l'on va être happé. Une minorité sera infichue de s'en détacher. »

                  10% des consommateurs deviennent dépendants. 32000 personnes ont été accueillies l'an dernier dans des centres spécialisés.

                  Déclencheur de schizophrénie

                  « Cette drogue a énormément évolué, assure Costentin. Par le jeu des sélections génétiques, la puissance du principe actif, le THC, le tétrahydrocannabinol, a été multipliée par huit. » Une fumette contient huit fois plus de goudrons cancérigènes que la cigarette. Et elle s'attaque à la libido: « Le cannabis se stocke dans les testicules, qui fabriquent moins de testostérone. Mesdemoiselles, les fumeurs sont de mauvais amants... » Rires dans la salle.

                  Une lycéenne s'inquiète: les effets sont-ils irréversibles? « Non. Le cannabis est essentiellement psychotoxique. Il ne crée rien d'irréversible. »

                  Mais le témoignage du psychiatre Xavier Laqueille a de quoi inquiéter. Après avoir procuré une sensation d'ivresse et d'euphorie, le cannabis perturbe la mémoire, l'attention. « Il peut se compliquer d'anxiété, de démotivation. » Avec d'évidentes conséquences scolaires.

                  Il est aussi accusé d'être un déclencheur de schizophrénie : bouffées délirantes, hallucinations, repli, bizarreries du comportement.Plus la consommation a débuté tôt, plus le risque est avéré.

                  Autre inquiétude, les accidents de la route. Cannabis plus alcool font très mauvais ménage : on leur attribue 300 morts sur la route par an.

                  Commentaire


                    #10
                    Re : Revue de Presse

                    communiqué par Cheana


                    Le phénomène addictif : mieux le connaître pour mieux le combattre



                    Source : Rapport du Sénat : Rapport d'information n° 487 (2007-2008) de Mme Anne-Marie PAYET (Sénateur de la Réunion), fait au nom de la commission des affaires sociales, déposé le 23 juillet 2008

                    Extrait :"[...]
                    Pr. Philippe Batel : Monsieur le président, mesdames et messieurs les sénateurs, pour répondre à la question de la définition de l'addiction, une brève perspective historique et sémantique : « addiction », initialement, est un terme juridique qui désignait, au Moyen-Age, la peine que le Parlement pouvait infliger à un débiteur qui ne pouvait payer son créancier. Il y avait alors contrainte par corps et donc déjà dans cette notion l'idée que la sanction était le fait de rester attaché non seulement à un lieu mais aussi à une dette qu'il fallait rembourser.
                    Ce terme est passé de l'autre côté de la Manche ; il s'est médicalisé autour de la question d'être « addicted » et donc, en gros, dépendant.
                    Au cours de ces quelques siècles durant lesquels ce mot a traversé les différents champs juridiques, sociaux puis médicaux, une sorte de radicalisation s'est opérée autour d'un concept qui n'est pas tout à fait superposable, celui de la dépendance. On en parlera probablement beaucoup en répondant à vos questions mais cela pose un léger souci.
                    Comme l'une de vos questions très pertinentes le suggère, utiliser des produits, les consommer, avoir des comportements qui peuvent engendrer une dépendance peut entrer dans un champ très large qui s'appelle l'addiction mais très souvent, parce qu'il est désigné par ce mot « addiction », qui est comme une sorte de synonyme à celui de dépendance, ceci génère des représentations à mon avis excessivement dommageables.
                    [...]

                    Pr. Martine Daoust - Je désirerais ajouter quelque chose. Je ne reviendrai pas sur ce terme d'addiction. M. Batel en a très bien parlé. Je suis également présidente de la société française d'alcoologie, qui affiche clairement sa thématique.
                    Ce terme d'addiction, tout le monde s'en empare. Il y a une vingtaine d'années, personne ne le connaissait. Maintenant, des marques de produits de beauté ont même donné le nom d'addict à leurs produits. Cela veut dire que l'on a fait de l'addiction un grand bazar où l'on met un peu tout. Je crains fort - et les membres de ma société, que je représente aujourd'hui, également - qu'avec ce terme, on ne noie un peu le poisson. Cela évite de parler de la problématique alcool. On met tout dans l'addiction, ce qui permet de ménager les susceptibilités diverses et variées et évite de parler des problèmes qui fâchent réellement !
                    Je voulais le souligner. L'addiction est quelque chose de progressif ; cela aboutit à la dépendance. Il y a différentes étapes mais l'addiction, c'est aussi la problématique alcool et quand on a mis la problématique alcool dans l'addiction, cela évite de parler d'alcool et c'est tout à fait dommageable pour tout le reste des questions que vous avez posées : les politiques publiques, le nombre de personnes, etc. On a ensuite du mal à s'y retrouver. Je regrette que l'on n'ait pas de mots sur la problématique et qu'on la noie ainsi !
                    [...]

                    Pr. Marc Valleur : Je pense que Mme Payet sait que l'alcool peut être chez les jeunes une drogue extrêmement dure ; à la Réunion, on en a l'exemple, même si le zamal est aussi une drogue assez puissante et utilisée par de très jeunes gens.

                    C'est pourquoi je pense que la vraie définition clinique des addictions est le fait pour un sujet de vouloir réduire ou de vouloir cesser une conduite mais de ne pas y arriver, ce qui est un peu la définition classique, en alcoologie, de la perte de la liberté de s'abstenir.
                    Secundo, pour rejoindre Philippe Batel, la dimension de maladie addictive, qui concerne les centres spécialisés, n'est qu'un des éléments qui doit être pris en compte par la santé publique.
                    On sait depuis longtemps qu'en matière d'alcool, l'abus ou l'usage nocif a des conséquences pour la société au moins aussi importantes que la dépendance à l'alcool.
                    Il est évident que le syndrome alcoolique foetal n'a pas besoin que la femme soit complètement dépendante pour exister, que les bagarres du samedi soir, les accidents de la route ne nécessitent pas une maladie addictive. C'est pareil pour le jeu d'argent, qui est une addiction beaucoup plus variable. Les gens vont être complètement noyés dans le jeu pendant six mois à un an de leur vie et certains vont réussir à se reprendre mais ils peuvent en sortir surendettés pour vingt, trente ans, avec des problèmes judiciaires et légaux terribles.
                    Un jeune peut faire l'expérience d'une injection de drogue sans devenir dépendant et avoir, pour le restant de ses jours, le Sida ou l'hépatite C. Les problèmes d'abus ou d'usage nocif sont donc aussi importants que les problèmes de maladie addictive.
                    [...]

                    Pr. Jean Pierre Michel : Je n'interviendrai pas sur le droit mais sur le jugement moral. Je suis frappé par le fait que le jugement que l'on porte sur les addictions dépend du milieu culturel dans lequel on se trouve.
                    Pourquoi, en France, est-on assez laxiste sur la consommation d'alcool ? Pourquoi condamne-t-on beaucoup l'usage du cannabis dont, à mon avis, la dangerosité est encore à démontrer ? Pourquoi accepte-t-on les jeux d'argent, de poker sur toutes les chaînes de télévision avec des artistes que l'on devrait condamner pour participer à de telles émissions ? Ce jugement que porte la société ne freine-t-il pas la prise en charge des maladies addictives ?
                    [...]

                    Pr. Philippe Batel : Je laisserai Roger Nordmann répondre à votre question sur la dangerosité du cannabis. Je partage son avis selon lequel il n'y a plus débat sur la dangerosité du cannabis. C'est un produit potentiellement dangereux. La question de hiérarchiser la dangerosité des drogues, mission confiée par Bernard Kouchner à un pharmacologue il y a quelques années, dont il s'était sorti comme il avait pu, est une question compliquée sur laquelle on pourra revenir.
                    Un mot sur la thématique générale de votre intervention, qui est celle des représentations et qui m'apparaît essentielle. Il y a quelque chose autour des addictions qui, bien évidemment, engage la question morale parce que c'est une maladie auto-induite. Les Anglo-Saxons appellent cela « self afflicted » : « Je m'inflige ma propre maladie ». Cela va probablement renvoyer, dans notre référentiel culturel, à des choses qui ne sont pas acceptables. La preuve, c'est ce que l'on dit des sujets dépendants : « C'est une question de volonté », en sous-entendant au fond : « Il l'a bien cherché, c'est de sa faute ! ».
                    Il y a là quelque chose qui fait que le malade est un acteur direct de ses symptômes et de sa propre maladie.
                    Cependant, cette notion, il faut arriver à l'élargir sur le fait qu'il y a plein d'autres maladies auto-induites et qui sont pourvoyeuses de morbidité mais aussi de mortalité. L'exemple le plus important est celui de l'hypertension artérielle ou de l'obésité. L'image que l'on a des gros ou des dépendants à la cocaïne n'est pas la même.
                    Cette auto-induction de la maladie génère non seulement la représentation de la société mais aussi des soignants, beaucoup d'entre eux ne s'investissant pas dans le traitement ni dans son repérage parce qu'ils ont le sentiment qu'ils ne peuvent rien faire.
                    [...]

                    Pr. Martine Daoust : Je voudrais rebondir sur deux questions qui me paraissent très importantes à propos des jeunes. On a quand même une évolution de la connaissance ; par exemple, on sait que plus la consommation de produit est précoce - c'est très vrai pour l'alcool mais aussi pour les autres substances - plus dure sera la dépendance. Elle sera solide, robuste, on aura du mal à la traiter et on voit arriver sur le marché des jeunes adolescents qui présentent tous les signes de dépendance. Ceci est très bien décrit pour l'alcool en France et dans les pays Anglo-Saxons. Il existe vraiment un risque. On est en train de laisser nos jeunes se plomber la vie sur le plan sanitaire pour des années.
                    En outre, l'offre est très agressive dans les milieux de jeunes. Dans ma fac, je vois des affiches de publicité pour les soirées étudiantes avec des offres de bière au mètre et de vodka au mètre ! La bière au mètre est plus chère que la vodka au mètre ! C'est ahurissant !

                    Mme Marie-Thérèse Hermange : Il faut lancer un appel !

                    Pr. Martine Daoust - J'ai été chargée par mon préfet de mettre en place une action de lutte contre l'alcool en Picardie. J'ai rencontré les brasseurs de France, le groupe LVMH qui vend de la vodka.
                    Je leur ai dit que je ne voulais plus voir cela sur ces territoires, qu'il n'était plus acceptable d'avoir ces offres aussi agressives auprès des jeunes. Il est sûr que leur travail consiste à vendre. On voit bien qu'il y a aussi un lobby alcoolier. Cela représente une économie majeure pour la France. Les produits alcoolisés, c'est le premier poste d'exportation sur le plan économique. On est vraiment dans un système qui ne tourne pas rond mais il n'empêche que les jeunes sont en danger et si l'on ne fait pas quelque chose, on est en train de leur plomber la vie sur le plan sanitaire de façon dramatique !

                    Pr. Roger Nordmann : Je suis totalement d'accord avec ce que vient de dire Mme Hermange. L'Académie de médecine s'est plongée récemment sur ce problème des conduites d'alcoolisation chez les jeunes. Pourquoi ? Il y a une évolution dans la façon de boire. Les jeunes, maintenant - heureusement une petite fraction - recherchent l'ivresse. Autrefois, l'ivresse arrivait également lorsque les jeunes buvaient trop mais c'était un accident. Aujourd'hui, selon le mode anglo-saxon du « binge drinking », c'est l'un de leurs buts : être ivres aussi vite que possible pour planer, pour oublier les problèmes.
                    En fonction de ces nouvelles modalités, nous avons émis, le 5 juin de l'année dernière, un rapport sur les conduites d'alcoolisation des jeunes avec quinze recommandations. Mme Bachelot m'a dit personnellement en tenir largement compte dans les recommandations en cours d'élaboration ou qui sont faites.
                    Ces recommandations portent sur un certain nombre de points et concernent tout d'abord l'accessibilité. Comme l'a dit Philippe Batel ou Mme Daoust, il est certain que les industriels poussent à la consommation des jeunes et notamment des étudiants. Les étudiants sont invités à des soirées où les boissons alcooliques sont libres, moyennant un droit d'entrée minime.
                    Pour essayer de contrer ces poussées des industriels et des viticulteurs, j'ai été nommé membre du conseil de modération et de prévention. Beaucoup de nos collègues impliqués dans la santé ont refusé d'y participer étant donné que la représentativité des professions de santé est très limitée. Cela fait dix-huit mois que ce conseil se réunit. Je ne perds pas l'espoir d'arriver quand même à faire comprendre aux producteurs qu'ils doivent accepter des limites à la publicité !

                    M. Nicolas About, président : Vous nous rassurez ! J'étais un peu inquiet compte tenu de la composition...

                    Pr. Roger Nordmann : Je le suis fortement mais les professionnels préconisent d'apprendre aux jeunes à bien boire !
                    [...]

                    Mme Anne-Marie Payet : Mes questions s'adressent au professeur Nordmann et rejoignent celle de Marie-Thérèse Hermange concernant les structures de prise en charge adéquates.
                    Le professeur Nordmann a déclamé que la France dispose de structures adaptées dans le rapport qu'il a rédigé récemment. C'est aussi une des préoccupations d'Hervé Chabalier, qui disait dans son livre que, pour une population de deux millions d'alcoolodépendants, il n'existe à Paris et en Ile-de-France que deux cent quarante lits réservés à l'alcoologie.
                    La possibilité d'accueil décroît tous les ans. A Saint-Cloud, les lits sont passés de quarante-cinq en 1960 à vingt-cinq lits sur le papier, mais il n'y en a effectivement que quinze. Trois services d'alcoologie ont fermé en cinq ans en région parisienne, à Sèvres, Rambouillet et Dennemont. Pour une première consultation, comme le disait le professeur Batel, le malade doit parfois attendre entre trois semaines et six mois.
                    Le fait que la maladie alcoolique ne soit pas prise en charge à 100 % par la sécurité sociale ne révèle-t-il pas un manque d'intérêt de tous - peut-être même du monde médical et du grand public - pour ce type de pathologie considérée comme honteuse ?
                    [...]

                    Pr. Michael Stora : Je voulais évoquer l'idée que l'addiction reste une lutte anti-dépressive et que, paradoxalement, la France reste le premier pays consommateur de psychotropes au monde.
                    Beaucoup de mes collègues vont aider les personnes prises par une forme d'addiction en leur donnant des psychotropes. Se pose ici la question de savoir si l'on n'entre pas dans un cercle étonnamment vicieux : n'y a-t-il pas une autre forme d'addiction qui se met en place ? Je m'adresserai plus aux médecins sur le devenir d'un patient lorsqu'il prend du Prozac pendant plus de vingt ou trente ans, etc.
                    C'est important de le dire puisqu'on attaque ici certains lobbies. Le lobby pharmaceutique est aussi très important.
                    Je m'interroge aussi sur certaines conduites à risques, comme le chaos éthylique. François Marty a beaucoup travaillé sur ce sujet. Les jeunes boivent non pour être ivres mais pour perdre connaissance. Cela dit bien ce que cela veut dire : on perd une forme de pensée.
                    [...]

                    M. Alain Gournac : En ce qui concerne les pots dans les grandes écoles, une circulaire est sortie mais les pots continuent. Dernièrement, les filles sortaient complètement ivres d'un pot d'une grande école dont je peux vous donner le nom.
                    Je partage tout à fait vôtre avis : ils boivent pour se détruire. Ils appellent cela le TGV : Tequila Gin Vodka. Ils le font chez moi. Ils ont cassé une plage entière que l'on avait préparée pour l'été !
                    J'interviens surtout à propos de l'alcool et des femmes enceintes. Je suis très inquiet. Y a-t-il un risque ensuite pour l'enfant ? Bien souvent, ces femmes enceintes mélangent d'ailleurs alcool et tabac. Il ne s'agit donc pas que des jeunes. Il y a aussi cette catégorie importante des femmes enceintes.

                    Mme Sylvie Desmarescaux : On est tous conscients de ce qu'ont pu dire les intervenants mais je me pose toujours la question de ce qui est fait derrière.
                    Hier soir, j'ai entendu que le premier film présenté à Cannes serait d'une grande violence. Où s'arrête-t-on ? On parle de la responsabilité des parents : beaucoup d'autres autour sont également responsables !
                    On a parlé d'adolescents mais on est dans un monde beaucoup plus jeune : à douze-treize ans, les jeunes sont déjà atteints par ces addictions. J'ai été très choquée ce week-end durant lequel s'est tenue, dans ma commune, une grande fête de la bière au cours de laquelle était organisé le concours du plus gros buveur.
                    Le seul responsable derrière tout cela est le lobbying. Les parlementaires sont sans arrêt sollicités par ces entreprises. Tout le monde en est conscient mais quand et comment arrêter ? Je me rappelle des coups que l'on a pris, par courrier comme oralement, après le dépôt d'un amendement que j'avais cosigné avec Anne-Marie Payet à propos des bouteilles d'alcool.
                    Comment peut-on stopper cette machine infernale si tout le monde en est conscient, que ce soit le monde médical ou le monde des parents ?
                    [...]

                    Mme Annie Jarraud-Vergnolle : Je suis sénatrice d'un département du pays basque et confrontée aux cocktails qui se prennent dans les boîtes frontalières.
                    Ces cocktails sont mortels. Beaucoup de jeunes décèdent ou sont récupérés par l'hôpital de Bayonne. On a énormément de mal à les traiter parce qu'on ne sait pas exactement ce qu'ils prennent de l'autre côté. Ce sont des cocktails qui mélangent médicaments et alcool. L'histoire du TGV est connue chez moi également.
                    Nous sommes une région très touristique et nous avons, pendant toute la période estivale, des jeunes qui sont les premières cibles et les premières victimes. Ils viennent des autres régions de France essentiellement pour absorber ces cocktails. En ce sens, je me demande si, en tant que parlementaires, nous n'avons pas un rôle à jouer dans le vote de lois pour essayer de jouer sur la législation européenne, tout en sachant que la législation en Espagne n'est pas la même que chez nous en ce qui concerne les conduites à risques.
                    En second lieu, en termes d'information, on a essayé, avec Médecins du Monde, de prévoir un bus qui puisse aller dans ce genre de fête pour tenter de contrôler les consommations, ce qui n'est pas facile. Ne faudrait-il pas le faire plus tôt et faire en sorte qu'il y ait une information par le biais de structures comme « hôpital-ville », chez nous, qui est constitué d'un certain nombre de médecins psychiatres et d'infirmiers psy qui peuvent intervenir dès le collège, la consommation se faisant de plus en plus jeune ?
                    En termes législatifs, ne faudrait-il pas que l'on intervienne au niveau publicitaire ? Chez nous, il y a de grandes fêtes sur les plages de la côte basque qui sont organisées par Ricard, qui ne vend pas d'alcool mais qui organise des fêtes pour les gamins, des rencontres sportives. C'est en fin de compte un détournement de la publicité pour l'alcool. Je ne sais pas ce que vous en pensez.
                    [...]

                    Pr. Martine Daoust : Je voudrais revenir sur ce qui vient de se dire. On est parti sur la problématique « addiction ». J'ai essayé de replacer l'alcool dans l'addiction en disant que c'est un produit spécifique et je m'aperçois finalement que tout le monde parle de la problématique alcool parce que c'est ce qui impacte énormément sur la vie quotidienne des jeunes, de la population, de la sécurité, de l'organisation de la ville, de l'organisation des fêtes. C'est vraiment un problème de vie en société, de vie de la cité.
                    Il existe de grandes carences en ce qui concerne la prise en charge. A Amiens, il y a des gens qui meurent parce qu'on n'a pas assez de lits de sevrage. Il faut les sevrer tout de suite et il n'y a ni lits, ni places.
                    Toutefois, les champs sanitaire et médicosocial, contre vents et marées, ont quand même développé des outils de prise en charge, des procédures, des référentiels. Globalement, les milieux sanitaire et médical se sont bien organisés, se sont bien structurés, ont des réponses pour la prise en charge. Finalement, la problématique addiction et alcoologie reste une problématique qui sort du champ sanitaire. C'est une problématique qui concerne le politique, les prises de décisions et la gestion des lobbies.
                    Enfin, en tant que personnel de soins, personnel de santé, médecin ou appartenant au champ médicosocial, on sait comment faire, on sait traiter mais ce qui se passe avant, ce n'est plus de notre ressort. Si je puis me permettre, c'est votre travail ! Mme Payet a beaucoup oeuvré pour le message sur les bouteilles d'alcool mais il y a un moment où l'histoire nous échappe et c'est à vous d'y aller ! On a ce qu'il faut, on a des référentiels, on a beaucoup travaillé, on sait prendre les malades en charge, il y a des échecs mais pas plus que pour les rhumatismes. C'est une pathologie chronique, récidivante, comme toutes les autres. On sait s'en débrouiller, avec des moyens que l'on n'a pas mais, vraiment, on n'est pas aidé !

                    Pr. Philippe Batel : Un mot à propos de la question du nombre.
                    Je suis toujours très ennuyé quand un journaliste me demande quel est le nombre de malades de l'alcool dans notre pays. Je ne sais pas répondre à cette question et je trouve inadmissible qu'un pays qui est capable d'injecter beaucoup d'argent dans la recherche - et parfois dans la recherche d'un risque virtuel - ne soit pas capable de financer une étude générale à grande échelle qui réponde à cette question. C'est pourtant essentiel : comment adapter une politique publique si on ne connaît pas, à la base, le nombre de sujets qui souffrent du problème ?
                    Cela dit, ne dramatisons pas ! Il y a aussi un organisme public, l'OFDT, avec des épidémiologistes de très haut niveau capables de mesurer des phénomènes d'utilisation de produits, y compris de produits illicites puisqu'on sait que plus un produit est illicite, moins on a d'informations sur son usage et c'est bien dommage !
                    J'insiste : s'il y a vraiment de l'argent à injecter, c'est bien dans un état des lieux des consommations afin d'avoir surtout un instrument qui bouge très vite.
                    L'usage des cocktails, que l'on appelle nous le multi-usage, est essentiellement mu par les effets d'attente : le sujet va se servir des différents produits psychotropes pour compenser les effets de l'un ou de l'autre ou pour pouvoir les accentuer et entrer dans une dynamique qui va lui permette de sombrer dans le chaos.
                    J'envie beaucoup les Anglo-Saxons qui ont su mettre sur la table l'argent qu'il faut, il y a plus de vingt ans - et ils l'ont refait il y a cinq ans - pour interroger l'ensemble des sujets d'une population générale et faire le point sur l'usage des produits.
                    Cela coûte cher dans un premier temps mais, à long terme, je pense que c'est extrêmement payant car cela permet de repérer cette question essentielle des sujets dits à risques et surtout des co-usages et d'adapter les politiques publiques.
                    [...]

                    Pr. Roger Nordmann : Je pense effectivement que les études épidémiologiques sont fort importantes mais je tiens à signaler leurs limites. Dans le cas de l'alcool, il n'est plus question de « maladie alcoolique », comme on disait autrefois. En réalité, il y a un continuum entre le fait de boire sans complication apparente - l'usage - et les usages nocifs, les usages à risques et les alcoolodépendants.
                    Il sera extrêmement difficile de chiffrer la catégorie intermédiaire qui nous interpelle tous parce qu'il y a peut-être parmi nous quelques-uns qui en font partie sans s'en rendre compte. Quel chiffre de sujets ayant des problèmes avec l'alcool sera-t-il-donné ? Il sera très difficile à établir.
                    En ce qui concerne l'évolution des consommations, les études sur l'alcoolisation régulière des jeunes diffèrent totalement. Certaines disent qu'il y a une diminution ; d'autres disent qu'il y a une augmentation. Quand on regarde les chiffres de près, cela tient au fait que certaines études comparent les chiffres actuels avec 2000, d'autres avec 2002. Ces études sont donc toujours très relatives.
                    En ce qui concerne l'intervention de Mme Daoust, je pense que le problème d'un soutien politique est fondamental et je voudrais simplement en donner un exemple précis. Nous avons préconisé, dans le rapport sur les jeunes dont j'ai déjà parlé, de réduire à 0,2 g par litre l'alcoolémie maximale non répréhensible pour ceux qui ont un permis de conduire probatoire.
                    Je pense qu'une telle mesure, qui existe dans beaucoup de pays voisins, européens et extra-européens, aurait pour conséquence de diminuer la mortalité chez les jeunes. Par ailleurs, il y a deux ou trois jours, des études ont démontré la fréquence des handicaps liés aux accidents de la route. On n'en tenait pas compte autrefois. Or, ces handicaps frappent surtout les jeunes qui circulent en deux roues. Lorsqu'on a préconisé une telle mesure, Mme Petit, chargée de la sécurité routière, a estimé que ce n'était pas à l'ordre du jour. Je pense que c'est une mesure qui devrait être discutée. C'est une question de courage politique et je pense, contrairement à ce qui a été dit, que l'opinion publique, préparée par ce qui vient d'être dit sur les handicaps, pourrait se mobiliser. Ce serait un signe fort vis-à-vis des jeunes.
                    Je pense que les personnes comme M. Bur ou Mme Payet, qui ont toujours lutté pour limiter les addictions, pourraient se saisir d'un tel problème parmi d'autres.

                    M. Nicolas About, président : Nous avons beaucoup de mal, nous, parlementaires, face à l'alcool. Il y a un préjugé favorable à celui qui boit : c'est un brave homme, un homme qui aime la bonne chère, qui est plutôt un bon vivant, un être souriant. Ceux qui ne boivent pas sont un peu des pisses vinaigres. Il y a là quelque chose de sympathique et un problème économique monstrueux. Je dois dire que, pour l'instant, la commission des affaires sociales lutte beaucoup mais est souvent retoquée par ceux qui ont les contraintes d'argent.
                    On ne désespère pas ; l'exemple de l'amendement d'Anne-Marie et de Sylvie montre que l'on peut y arriver !
                    [...]

                    Pr. Martine Daoust : On ne peut dire qu'il existe un gène de l'alcool, contrairement aux articles que l'on voit sortir tous les quatre matins. Ce sont des pathologies, y compris l'addiction, extrêmement complexes et multigéniques. C'est certainement un facteur qui se surexprime parmi d'autres en fonction de l'environnement, de la précocité de l'exposition mais on ne peut cerner cela à la génétique.
                    Quant à la prévention, je viens de travailler avec le préfet de Picardie sur l'état des lieux de ce qui se fait dans ce domaine. On ne peut dire qu'il n'y a pas de prévention. Énormément de choses se font. Tout le monde finance de la prévention. Beaucoup d'argent public y est consacré dans les régions, les départements, le GRSP, mais le problème majeur est qu'il n'y a aucune évaluation de l'efficacité des actions mises en œuvre. On voit bien qu'il y a des ratés, parce que la problématique perdure et même s'amplifie !
                    Il faut faire de la prévention, la faire précocement et qu'elle soit adaptée. Il n'est pas acceptable que n'importe qui entre dans les écoles pour raconter n'importe quoi, délivrer n'importe quel message aux enfants ! On n'adresse pas le même message à l'élève de sixième, à l'adolescent de seconde ou au jeune de terminale ! Il faut adapter la prévention, avoir des méthodologies d'évaluation des outils, des outils lisibles, visibles, labellisés par un organisme.
                    Enfin, il faut surtout évaluer pour savoir si ce que l'on a fait a servi à quelque chose, s'il ne faut pas ajuster le tir en permanence.
                    Certains messages sont inacceptables ! J'ai vu le problème dans les écoles de Picardie. Il faut arrêter d'envoyer tout le monde y raconter n'importe quoi ! De plus, cela ne sert à rien ! Les enfants s'en moquent ! En Picardie, vingt et un gendarmes se consacrent à plein temps à la prévention. C'est hallucinant ! Il vaudrait mieux les mettre à la sortie des boîtes de nuit !
                    [...]

                    Pr. Martine Daoust : J'approuve ce que vient de dire Philippe : comment changer de comportement mais aussi changer l'image du produit ? On a vu qu'il est possible de changer les comportements quand on a renforcé le contrôle sur les routes à coup de radars et d'éthylotests. Bien sûr, tout le monde a tenu le même discours. L'Inpes a beaucoup communiqué, les politiques ont communiqué ; boire ou conduire, il a bien fallu choisir !
                    Les restaurateurs et les cafetiers se sont immédiatement insurgés : « On ne va plus vendre ! », etc. Mais, dans les deux mois qui ont suivi, on s'est mis à vendre du vin au verre, ce qui était totalement impensable auparavant, y compris du bon vin ! Je suis bourguignonne : en Bourgogne, on distribue du Pommard au verre et ce n'est pas un sacrilège : un verre de Pommard reste très bon et on n'est pas obligé de vider la bouteille !
                    On peut arriver à modifier de façon massive un comportement. Je ne sais pas si c'est bien ou non, mais on peut essayer de travailler pour que tout le monde tienne le même discours et qu'on ait partout le même langage.
                    Vous nous avez interrogés sur la recherche. On n'en a pas parlé. Philippe l'a un peu évoquée. Peut-on se donner les moyens d'avoir une recherche et des fonds dédiés à la recherche à la hauteur de la problématique de santé publique ?
                    Le nouveau directeur général de l'Inserm, M. Sirota, quand on lui a parlé du budget de l'Inserm consacré à la recherche sur l'alcool, a éclaté de rire et il a eu raison ! Les Américains ont des budgets cent fois supérieurs et ils ont les mêmes problèmes. Est-ce que l'on se donne les moyens ? Je n'ai pas la réponse. En tant que directeur de laboratoire de recherche, il est clair que si l'on avait plus de sous, on irait plus vite. Va-t-on une fois se donner les moyens d'avoir un budget équivalent à la problématique ?
                    Philippe a parlé du Téléthon ; on ne peut pas faire un « Alcoolthon », j'en suis consciente mais que faire pour la recherche fondamentale, la recherche clinique, comment optimiser la prise en charge ? Tout cela, on n'en sait rien. Va-t-on donner les moyens d'avoir une étude pour connaître le nombre de consommateurs ? On a des outils d'évaluation. Si on y met les moyens, on va y arriver ! Les Anglo-Saxons l'ont fait, essayons de le faire, que l'on sache au moins répondre à cette question ! Il y a des tas de questions sans réponse, on ne se donne pas les moyens d'y répondre. On saupoudre un petit peu tout, si bien qu'au total, on ne fait rien !
                    [...]

                    Pr. Roger Nordmann : Beaucoup d'excellentes choses ont été dites par mes collègues Daoust et Batel. Je pense qu'il y a possibilité de changer la représentation des produits mais c'est un processus très long.
                    Il peut cependant aboutir. Le meilleur exemple est celui du tabac. Au moment où Claude Evin a établi sa loi, tout le monde ignorait à peu près les conséquences du tabagisme ou du moins personne ne voulait les reconnaître.
                    Des dizaines d'années après, nous arrivons enfin à ce que ce problème soit bien perçu par la population. Seule réserve concernant le succès : nous commettons en même temps un crime contre l'humanité car les producteurs de tabac, au lieu de pouvoir le vendre en Europe ou dans les pays occidentaux, le diffusent largement vers les pays du tiers monde en émergence ; si l'on ne fait rien, il y aura un milliard de décès au cours des cent ans à venir !
                    Ce problème est me semble-t-il en voie de résolution au niveau français mais, au niveau mondial, c'est autre chose.
                    En ce qui concerne l'alcool, je pense aussi qu'une très grande différence de perception est en train de voir le jour. Elle a débuté il y a longtemps mais s'est concrétisée grâce aux états généraux de l'alcool qui se sont tenus il y a environ un an et ont montré que les jeunes surtout commencent à percevoir l'alcool différemment.
                    Pourquoi ce problème est-il encore plus difficile que celui du tabac ? Tout le monde est d'accord pour dire que le tabac est nocif et qu'il n'y a guère de plaisir à fumer, sauf au début, sauf si on est addict. Avec l'alcool, il y a le fameux problème des effets dits bénéfiques et du paradoxe français. Ce n'est pas le lieu et je ne dispose pas non plus du temps pour dire ce que j'en pense mais il est certain que le paradoxe français soulignait largement les bons effets du vin. Louis Pasteur a préconisé le vin car, à l'époque, il n'y avait pas d'eau potable. Tout ceci rend le problème de l'alcool beaucoup plus difficile mais il est en cours d'évolution et je pense que l'on peut maintenant définir un certain nombre de points précis.
                    Après les généralités excellentes qui ont été énoncées, je voudrais énumérer quelques désirs que nous aurions et qui concernent notamment les politiques.
                    Parmi les priorités, je verrai l'éducation à la santé, dont on a déjà parlé, aussi précoce que possible, plus que ne le préconisent les textes actuels et si possible par des formateurs bien formés, en collaboration avec des jeunes, ceux-ci étant sensibles aux messages délivrés pas des jeunes et non par des personnes beaucoup plus âgées.
                    Il y a un problème d'étiquetage. Mme Payet a réussi à faire passer un amendement fondamental mais le sigle qui est actuellement sur les bouteilles est ignoré par 90 % des personnes que j'ai interrogées. Il n'y a malheureusement pas eu de définition de la taille de ce sigle, ni de sa couleur. Il a beau exister, il passe pratiquement inaperçu. Je pense donc que les parlementaires devraient légiférer à nouveau pour clarifier ce problème.

                    M. Nicolas About, président : Il faut faire passer l'idée auprès du ministre car c'est lui qui a le pouvoir du décret. On ne peut pas faire figurer dans la loi la taille du pictogramme.

                    Pr. Roger Nordmann : Un autre problème me paraît important : il convient que l'information sur le contenu en alcool d'une boisson alcoolique soit claire. Actuellement, qu'en est-il ? Dans une grande surface près de chez moi, j'ai trouvé quatorze variétés de bière contenant entre 8 et 42 g d'alcool par canette !
                    Certaines canettes font 15 degrés et contiennent 60 cl. Nous avons donc demandé à l'Académie de médecine que soit systématiquement indiqué sur tout conditionnement de boisson alcoolique le contenu en unités alcool. Les unités alcool sont bien définies. Les verres standards utilisés actuellement dans les messages pour la population sont très trompeurs car ils diffèrent de pays à pays. Or, nous voulons des mesures européennes, voire mondiales. En outre, qui boit dans des verres standards, en dehors des cafés ou des restaurants ?
                    Il nous paraît fondamental que soit indiqué clairement non pas seulement le volume, le pourcentage et le contenu mais la quantité d'unités alcool. C'est une mesure qui me paraît devoir être préconisée très rapidement.
                    Nous pensons qu'il faut également un certain nombre de mesures pour diminuer l'accessibilité dans les libres services ouverts à la consommation et à l'achat d'alcool jusqu'à 22 heures...

                    M. Nicolas About, président : Et la vente aux mineurs de moins de dix-huit ans !

                    Pr. Roger Nordmann : En effet, ainsi que le parrainage de toutes les manifestations festives.[...]
                    "


                    Quelques intervenants de la Table Ronde :
                    Pr. Philippe Batel : psychiatre, chef de l'unité fonctionnelle de traitement ambulatoire des maladies addictives à l'hôpital Beaujon
                    Pr. Martine Daoust : directrice du groupe de recherche sur l'alcool et les pharmacodépendances de l'INSERM
                    Pr. Nordmann : président de la commission addictions de l'Académie nationale de médecine
                    Pr. Stora : psychanalyste et psychologue clinicien, fondateur de l'observatoire des mondes numériques en sciences humaines
                    Pr. Valleur : psychiatre, médecin chef de l'hôpital Marmottan.
                    Dernière modification par toutatix, 07/12/2009, 06h32.

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                      #11
                      Re : Revue de Presse

                      Réveillon Alcool : les Français hésitent sur la conduite à tenir

                      Source : Gérard Laudinas, Pierre Bruynooghe et François Barrere, Midi Libre, 31 décembre 2009, Le Dossier (2e cahier).

                      Extrait :"Si 90% des Français comptent boire de l'alcool, ce soir, pour le traditionnel réveillon de la Saint-Sylvestre, 51% ne savent pas comment ils vont gérer leur nuit d'ivresse et le retour au bercail en voiture, selon un sondage TNS direct pour la Prévention routière.
                      Ce 31 décembre au soir, 90% des Français consommeront de l'alcool, principalement du champagne et du vin, et 66% au moins trois verres.
                      Les deux-tiers des Français ne pensent pas se déplacer, privilégiant la fête chez eux, mais 22% des sondés envisagent d'utiliser un véhicule personnel, dont 12% en tant que conducteur, un score plus élevé encore que chez les plus jeunes et en province. Au total, la question de l'alcool et de la conduite va se poser pour 43% des Français, soit parce qu'ils vont se déplacer en voiture, soit parce que leurs invités vont le faire (58% des personnes se déplaçant vont parcourir plus de 10km et 10% plus de 50 km).
                      Mais interrogés sur la manière dont ils vont gérer la question de l'alcool et de la conduite à l'issue du réveillon, 51% des Français répondent spontanément qu'ils n'ont pas pris de disposition particulière. Parmi ceux qui prévoient qu'ils boiront trop, 20% envisagent de dormir sur place, et 14% de désigner un "capitaine de soirée" (celui qui ne boit pas prend le volant). En revanche, modérer sa consommation ne rallie que 3% des sondés...
                      Lorsqu'on leur suggère certaines solutions, ils privilégient le fait d'attendre que l'alcool s'élimine pour reprendre le volant. Or, seul un Français sur trois connaît le temps nécessaire pour éliminer l'alcool (au moins 1 à 2 heures par verre consommé) et 16% pensent pouvoir reprendre le volant après une nuit de sommeil, quelle que soit la quantité d'alcool ingérée.
                      Les sondés estiment à 76% que les contrôles d'alcoolémie sur les routes devraient être "plus nombreux que d'habitude car il faut une grande fermeté à cette occasion", mais 24% pensent qu'il faudrait une "certaine tolérance".
                      Pour éviter des drames, la Prévention routière et Assureurs préventions ont déployé une campagne intitulée "Pour les fêtes, le plus beau des cadeaux, c'est de rentrer en vie".
                      Un site www.rentrerenvie.fr donne des conseils et astuces pour ceux qui reçoivent, ceux qui sortent, ainsi que des informations sur les dangers de l'alcool et des drogues au volant.
                      Enfin, hier mercredi, des bénévoles de la Prévention routière sont allés dans certaines grandes villes à la rencontre d'automobiliste auxquels ils ont distribué des éthylotests."
                      Un bout de vie

                      L'alcool c'est pas un problème

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                        #12
                        Re : Revue de Presse

                        bonjour


                        voici un lien qui parait intéressant :

                        http://www.ofdt.fr/ofdtdev/live/prod....html#aff_rech



                        et celui-ci aussi


                        http://www.letelegramme.com/ig/gener...010-734667.php
                        bonne lecture

                        gérard
                        Dernière modification par toutatix, 13/01/2010, 15h01.

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                          #13
                          Re : Revue de Presse

                          Je vous soumets cet article, mais restez prudents!!!


                          Alcoolisme: le dogme contesté de l'«abstinence»



                          Le Dr Philippe Batel va expérimenter une nouvelle approche thérapeutique déjà controversée par ses confrères alcoologues..../....

                          Les résultats seront-ils publiés s'ils sont négatifs?
                          Bien évidemment. L'étude devrait être terminée en octobre 2010 et les résultats publiés en 2011. Si l'essai est concluant on peut envisager une commercialisation dans cette indication en 2013.


                          http://www.slate.fr/story/16655/alco...ce%C2%BB-sante


                          Cette étude ne fait pas l'unanimité, il faut donc en tenir compte. Batel ne détient pas La vérité mais il a quand même fait des "tests" sur pas mal de malades.


                          En France, le Dr Philippe Batel (Unité de traitement ambulatoire des maladies addictives, Hôpital Beaujon, Assistance Publique – Hôpitaux de Paris) va à son tour expérimenter une nouvelle et dérangeante appro che thérapeutique ; une approche d’ores et déjà controversée par ses confrères alcoologues.

                          http://revue.medhyg.ch/infos/article.php3?sid=3641
                          Un bout de vie

                          L'alcool c'est pas un problème

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                            #14
                            Re : Revue de Presse

                            a lire ou pour ceux qui résident dans la région:




                            Parents, enfants et alcool ne font pas bon ménage

                            mardi 06 avril 2010

                            • « Pour les trois-quarts des enfants, la première consommation se fait dans le milieu parental. Plus elle est précoce, plus il y a de risques », constate le docteur Catherine Farges-Treillard.

                              Fotolia






                            Le cocktail est-il explosif ? L'association Vie Libre organise une conférence-débat, vendredi 9 avril,pour y voir plus clair. Les explications d'une addictologue.

                            Pourquoi ? Comment ?Une conférence sur quel thème ?
                            L'association Vie Libre organise une conférence-débat le vendredi 9 avril, à 20 h 30, à la salle de la Métairie des Herbiers sur le thème : parents, alcool, enfants. Cette associationherbretaise lutte pour la guérison et la promotion des victimes de l'alcoolisme. Interviendra le docteur Catherine Farges-Treillard du service d'addictologie de l'hôpital de Cholet.
                            Quoi de neuf sur le front de l'alcoolisme ?
                            Depuis cinq ans, deux phénomènes nouveaux s'accélèrent. C'est le constat de Catherine Farges-Treillard: « Les modes d'alcoolisation ont changé. Les jeunes recherchent des effets très rapides avec l'association alcool et drogue. Ce phénomène, d'abord urbain, s'est propagé dans les campagnes et dans toutes les catégories de population. C'est comme si on était obligé de faire la fête-défonce tous les samedis soirs. » Ce phénomène touche des tranches d'âge de plus en plus jeunes et la permissivité parentale a tendance à se banaliser.
                            Pourquoi les jeunes se mettent-ils en danger ?
                            « Les jeunes ont besoin de prendre des risques pour construire leur personnalité, constate Catherine Farges-Treillard. Aujourd'hui, ils sont confrontés à des messages paradoxaux : on les invite à être autonomes et en même temps, on les maintient dans une situation de dépendance matérielle, avec la difficulté de trouver un emploi et un logement. »
                            Qui initie les enfants à l'alcool ?
                            Lors de la conférence, Catherine Farges-Treillard commentera une donnée statistique internationale : « Pour les trois-quarts des enfants, la première consommation se fait dans le milieu parental. Plus elle est précoce, plus il y a de risques. Les parents ont du mal à interdire. Mais l'adolescence se construit dès l'enfance. » Il s'agit donc derassurer les parents dans leur rôle : « Ils ne doivent pas avoir peur d'un clash avec leurs enfants. » Cettequestion du respect d'un cadre pour la construction du jeune sera l'un des éléments du débat du 9 avril.
                            Alors, que faire docteur ?
                            Le message: « Arrête de boire » ne suffit pas. Dans son service, le docteur Farges-Treillard en fait l'expérience tous les jours. « Il s'agit de donner envie aux jeunes de se construire autrement sans se mettre en danger avec l'alcool. » Il faut en parler avec l'enfant. Mais comment lui dire qu'il boit trop ? Comment établir quelques limites avant qu'il ne soit trop tard ? Vendredi prochain, le praticien du service d'addictologie donnera des éléments de réflexion. Mais les réponses viendront également des parents présents dans la salle.
                            Vendredi 9 avril, à 20 h 30, à la salle de la Métairie, aux Herbiers. Gratuit.


                            Plus d'informations dans le journal Ouest-France



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                              #15
                              Re : Revue de Presse

                              Chéana vient de me faire passer cet article fort intéressant je vous le livre donc illico



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                              "La nouvelle arme des juges face aux dangers de l'alcool"

                              Source
                              : Midi Libre, vendredi 12 février 2010, Deuxième cahier, Le Dossier

                              Extrait :"[...]
                              Six mois de prison avec sursis pour homicide involontaire : c'est à cette peine qu'est définitivement condamné M... G....., un formateur au CFA d'Avignon. Dans un arrêt rendu le 12 janvier, la Cour de Cassation vient de mettre un terme à un long cheminement devant les tribunaux et cette décision pourrait bien provoquer un big bang juridique.

                              Avec cet arrêt, les juges ont, en effet, les moyens d'étendre à la sphère privée la responsabilité d'un accident de la route provoqué par une consommation d'alcool.

                              Le 16 décembre 2005, on fête l'arrêt des cours au CFA d'Avignon. M... G..... a accepté de participer à l'organisation du repas de fin d'année. Il a notamment acheté du pastis et du vin.

                              A 17h, le jeune Antonin D..., qui prépare un brevet "métiers d'art" en ébénisterie, quitte le CFA au volant d'une voiture. Arrivé à Cavaillon, son véhicule se déporte et heurte un poids lourd qui arrive en face. Antonin D... meurt à l'âge de 18 ans. L'analyse de son sang montrera que le taux d'alcoolémie est de plus de 2 grammes par litre.

                              En mars 2008, poursuivi par la famille de la victime, M... G.....est condamné par le tribunal correctionnel d'Avignon. Le juge pénal estime alors que l'enseignant a commis "des fautes caractérisées contribuant à créer la situation de danger à l'origine du décès." Après une audience en novembre 2008, la cour d'appel de Nîmes adopte la même position dans un arrêt très carré, rendu en janvier 2009.

                              Pour les magistrats de la chambre des appels correctionnels, la culpabilité de M... G..... est acquise car le prévenu "a tout à la fois commis des actes positifs et volontaires (achat de boissons alcoolisées et introduction de ces boissons dans l'établissement) et des imprudences ou négligences (...) qui constituent par leur accumulation une faute caractérisée."

                              La cour d'appel épingle aussi l'enseignant du fait de son rôle éducatif. Elle souligne en outre qu'il ne pouvait prétendre n'avoir pas eu connaissance "du risque de particulière gravité encouru par Antonin D... alors que les méfaits de l'alcool y compris chez les jeunes majeurs sont connus et donnent régulièrement lieu à des campagnes de sensibilisation."

                              En clair, l'enseignant est coupable du délit d'homicide involontaire lié à "une faute caractérisée qui exposait autrui à un risque d'une particulière gravité qu'il ne pouvait ignorer."

                              Le prévenu, qui conteste toujours sa culpabilité, tente alors un ultime recours devant la Cour de cassation. Elle vient de rejeter son pourvoi.

                              Le bâtonnier Guy L...., qui représente la famille de la victime, se réjouit de cette décision : "A notre connaissance, c'est la première fois qu'un arrêt fixe avec autant de précision une obligation de vigilance et de prudence." Selon l'avocat, "les responsabilités individuelles peuvent maintenant être engagées en cas de violation d'une obligation de prudence et de sécurité." Autrement dit, la décision qui frappe l'enseignant avignonais peut resserrer davantage la responsabilité de ceux qui permettent ou facilitent la consommation d'alcool quand elle est suivie d'un accident grave."

                              Auteur de l'article extrait du dossier : Hocine Rouagdia



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