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Alcoolisme et problèmes psy ?

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    Alcoolisme et problèmes psy ?

    Bonjour à toutes et tous,

    Comme dit dans un autre fil, la dernière intervention de Vik m'a fait ressortir une question qui me taraude.

    On entend toujours dire ici et ailleurs, par les professionnels de santé, addictologues, psychiatres...et ce n'est pas vrai que pour l'alcool, mais c'est ici le sujet qui nous préoccupe, que le fait de devenir dépendant à l'alcool est forcément lié à des problèmes psychologiques.

    "Si tu bois tellement, c'est que tu as des problèmes non résolus, liés à l'enfance, à ton couple, à ta personnalité, enfouis dans ton passé, ta naissance, la faute à tes parents, ta soeur, ton frère, le curé de ta paroisse (lol), la bonne du curé (re-lol), une tante sado-maso (re-re-lol)..."

    Donc si je fais un résumé...Une personne bien dans sa tête ne deviendrait jamais dépendante à l'alcool ? Ou à d'autres substances psychotropes ?

    J'en doute un peu...

    A vos claviers.

    Bises les amis.
    Dernière modification par SENCHA, 11/09/2018, 13h51.

    #2
    Bonjour Sencha,

    Je ne suis pas psy, mais je pense que s'anesthésier avec l'alcool cache une souffrance. Quelque chose d'enfoui, dont on a pas forcément conscience, mais qui n'est pas réglé et avec lequel on vit. Un traumatisme, une maltraitance, des parents toxiques, quelque chose en tous cas qui a fait de nous des personnes fragilisées, en manque de quelque chose d'important qui empêche de vivre sereinement. D'ailleurs, j'ai remarqué à quel point quand on ne boit plus d'alcool on est perdu et à quel point la réalité nue n'est pas simple. C'est souvent là que l'on fait appel à un psy pour tenter de comprendre cette souffrance. On ne boit pas par hasard. Est-ce qu'une personne bien dans sa tête tombera dans l'alcoolisme ? je n'en sais rien. Je pense qu'elle n'ira pas chercher le pansement alcool pour fuir la réalité. Si elle vit bien sa réalité, elle n'y pensera certainement pas. Mais rien n'est sûr. Ce n'est que mon sentiment et je peux me tromper. Bises.

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      #3
      Bonjour, je dirais non mais je pense qu'on a une grande ssensibilité, surtout que l'on est pas bien dans la vie que l'on vit, ça peut venir de l'enfance ou pas, le fait de parler à un psy fait que tout seul avec son aide tu trouves les réponses pour que tu sois plus en accord avec toi même, bonne aprem
      arrêt avec soins pour moi, le 18 février 2014

      Commentaire


        #4
        Bonjour,

        Je trouverais interessant que des personnes qui ne soient ni en souffrance, ni tres sensibles, ni traumatisees MAIS alcooliques s'expriment sur le sujet, car personnellement je n'en connais pas, pourtant il en existe surement...Et dans ce cas, comment en sont-elles arrivees a la dependance?

        Commentaire


          #5
          hello Sencha, tu pourrais trouver des pistes en déterminant s'il s'agit d'un alcoolisme primaire, ou d'un alcoolisme secondaire. c'est assez complexe, et complet. Je ne connais personne qui soit vraiment bien dans sa teuté

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            #6
            Salut Sencha,

            Moi ce qui me taraude, c’est pourquoi tu te pauses la question

            Problème psychologique, ça ne veut pas dire grand chose, non ? … Enfin, j’aurais tendance à dire que tout le monde en a… et qu’à ce titre personne n’est totalement « bien dans sa tête ». Je pense que tout le monde va plus ou moins bien, plus ou moins souvent. Ce qui m’a toujours gêné, et c’est peut être ça qui te titille, c’est la réduction d’un problème à une seule cause, une explication ultime (qu'en plus tu ne connais pas). Et non, je ne crois pas qu’il y ait toujours des trucs horriblement pourris, des traumatismes sanglants derrière chaque alcoolique… au même titre que tous les gens qui ont vécus des trucs tout pourris ne deviennent pas alcooliques.

            La façon dont je vois les choses, c’est qu’à un moment dans notre histoire, il y a la rencontre entre une souffrance (quelle qu’en soit l'origine, la nature et le degré) et un produit qui vient l’apaiser ou tout du moins la mettre à distance. Je mettrais sur le même plan un ado qui prend un verre en soirée pour calmer son anxiété, un gamin qui bloque sur son jeu vidéo pour ne pas penser à ses parents qui divorcent, Dr House qui prend du Vicodin pour soulager ses douleurs à la jambe…

            Je dirais qu’après cette première rencontre, ça sera… « voire plus si affinités » … et là, je pense que ça dépend :
            - du produit lui-même et de sa puissance addictive (je ne sais pas si c’est comme cela qu’on dit, doit y avoir un terme pour ça!)
            - de composantes génétiques… merci papa, merci maman et grand papa et grand maman
            - de tes propres composantes psychologiques, tes vulnérabilités, tes freins psychologiques, tes défenses (je connais des gens qui ne supporte pas d'avoir l'impression de "perdre le contrôle" et qui ne peuvent pas boire plus de 3 gorgées de vin 2 fois par an, alors que d'autres adorent tout ce qui va amener des états de conscience modifiés, du saut à l'élastique au LSD)
            - du contexte social et de la tolérance sociale à la présence et à la consommation du produit (société, milieu professionnel, amis, famille…) et là, pour la gnôle en France on est servi… C’est certainement pour ça qu’il y a 50 000 morts par an à cause de l’alcool et 50 à cause de l’héroine.
            … mais aussi :
            - de la persistance de la souffrance: c’est normal d’être effondré si tu as perdu un être cher, mais c’est pas normal que cette souffrance ne s’atténue pas… et là on peut aussi parler des traumatismes non résolus et des cadavres dans les placards.
            - des autres ressources à ta disposition pour faire face à cette souffrance : un entourage aidant et structurant, des activités qui te ressourcent et encore, tes propres composantes psychologiques (capacités à faire appel aux autres, estime de soi…), ta situation sociale…

            À partir de là, si tout se répète, que rien ne change dans l’équation, tu te mets sur des rails et ce n’est probablement qu’une question de temps pour devenir plus ou moins dépendant … En plus, le produit lui même va commencer par foutre un bordel sans nom dans une bestiole qui ne va déjà pas terrible ! (ta femme te quitte, tu perds ton boulot, tu ne vois plus tes amis, tu deviens de plus en plus dépressif, t'as honte de toi, les souris mangent tes chaussons et les pigeons te ch… dessus )

            Après… j'imagine (j'espère) que les parcours des personnes alcooliques ont été étudiés en long en large et en travers et qu'il y a de la littérature scientifique, étayée et tout et tout sur la question.
            Jouis et fais jouir, sans faire de mal ni à toi, ni à personne, voilà je crois, toute la morale.Chamfort

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              #7
              Déjà,

              merci à tous pour vos réponses.

              Je ne cherche pas à m'éclairer sur cette drôle de question pour moi, pour m'analyser ou comprendre ma relation à l'alcool. Je sais que pour moi, il y a d'abord eu, dès le premier verre, la première fois, un "coup de foudre" pour le produit. Pas au sens gustatif, mais justement sur l'effet. Sans chercher dans ma prime jeunesse à l'utiliser comme une aide ou un pansement, simplement l'effet immédiat, relaxant, apaisant, la tête qui tourne, la légèreté, etc...m'a amené à vouloir y revenir. Vient sûrement ensuite le pendant gustatif qui n'est peut-être que le véhicule de tout cela. Puis est venu de manière implicite une accoutumance qui m'a fait consommé des quantités plus grandes et insidieusement une "utilisation" de l'ensemble de ces effets pour "dissoudre" des angoisses, des anxiétés, des stress, etc...Pour faire court.

              Non, ce que je me demande, mais vraisemblablement nous ne pourrons y répondre, puisque le psychologique et le physiologique semblent étroitement liés lorsqu'il s'agit de drogues et que chaque individu a forcément ses propres démons; ce que j'aimerais comprendre c'est pourquoi l'on cherche toujours à "lier" l'alcoolisme à un mal-être? C'est sûrement mal exprimé, mais pour faire simple, est-ce qu'il est possible pour un être humain, si il existait, "parfait", de résister à la dépendance à l'alcool ou plus simplement de ne pas multiplier les "surconsommations" si les effets primaires de l'alcool lui plaisaient avant tout ? Ou si forcément on irait dans le même schéma qui consiste à augmenter les quantités pour toujours retrouver les mêmes effets ?

              Un peu comme quelqu'un qui aime la vitesse et qui doit toujours rouler plus vite, ou voler plus vite, pour faire monter son adrénaline. Il n'en est pas forcément dépendant.

              Est-ce que le processus chimique "dopamine, thp...", déclenché, entretenu par la consommation d'alcool doit-il toujours être ramené à des problèmes "existancielles" ?

              Je crois que mon cerveau devient un peu lourd à cette heure, je vais donc aller le reposer un peu...Bonne nuit les petits.

              PS : d'un autre côté, je connais des gens qui auraient sûrement des raisons de picoler et qui s'arrêtent au bout du troisième verres parce qu'ils ne supportent pas plus...
              Dernière modification par SENCHA, 11/09/2018, 20h07.

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                #8
                Salut Sencha,

                En fait, je me pose exactement les mêmes questions que toi !

                Je n'ai aucun problème dans ma vie, hormis la récente rupture avec ma compagne, mais je consommais déjà avant.. donc le problème ne vient pas de là.
                Je sais que je suis de nature anxieux et peut être trop sensible au moindre problème, mais de nombreuses personnes sont dans le même cas sans avoir besoin d'alcool pour calmer les angoisses.

                J'ai eu mon premier rendez-vous avec une psy il y a 3 semaines, je devais la revoir avant hier, mais j'ai du reporter à cause d'une contrainte imprévue au travail.
                Ca m'a déçu car j'aimerai vraiment voir ce que cela pourrai m'apporter, car comme je lui ai expliqué à la première consultation, je n'ai pas eu de problèmes traumatisant dans mon enfance, je suis bien avec ma famille, j'ai une vie sociale et professionnelle.. etc..

                J'ai l'impression que l'on est dans la même situation, l'alcool est pour nous un anxiolytique, qui nous détend et nous apaise, c'est ce que j'ai dit pour mon cas à mon médecin addictologue.
                Je vais le revoir jeudi, je vous tiendrai au courant des conseils qu'il va m'apporter.

                Maxime

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                  #9
                  Envoyé par vik Voir le message
                  Et non, je ne crois pas qu’il y ait toujours des trucs horriblement pourris, des traumatismes sanglants derrière chaque alcoolique…

                  ce que tu écris tel que tu l'écris, on ne peut que le partager
                  mais, hypothèse interrogative, ne l'écris-tu pas de façon incontestable justement pour éviter de te trouver face à ce que tu subodorerais sans, volontairement, en prendre pleinement conscience… vu que ce serait bien trop douloureux, voire insupportable, de le voir crûment, toujours vivant et agissant en toi… Quoi donc ? Beh cela que tu aurais vécu lors de ce qui reste, essentiellement, mais pas seulement, en tes tréfonds inconscients, une sorte d'éternel début des temps… et de fondement branlant, si pas désespérant, de ton existence ???

                  cette interrogation me vient du fait que tu aurais pu écrire qqch que tu savais être plus juste, comme par exemple : "je crois qu'il y a souvent (et non toujours) des trucs horriblement pourris, des traumatismes (pas du tout sanglants mais au contraire généralement parfaitement occultés) derrière beaucoup d'alcooliques (et non chaque alcoolique)" mais que tu ne l'as pas fait, comme si tu voulais balancer cette hypothèse sans oser l'envisager sérieusement

                  au même titre que tous les gens qui ont vécus des trucs tout pourris ne deviennent pas alcooliques.

                  le fait incontestable que ni tous les traumatisés graves évidents ni tous les malheureux qui ont vécu un début d'existence où leurs besoins affectifs primordiaux ont été négligés (mais arriver à exhumer ce pan d'histoire perso enfouie est déjà une odyssée en soi) ne deviennent alcooliques pour autant, ça ne change rien au fait que là pourrait bien se cacher l'origine de leur mal-être et de leur alcoolisme

                  ce n'est pas pcq d'autres traumatisés graves et d'autres handicapés psycho-affectifs, invalidés par un manque basique du même ordre, ont emprunté d'autres voies que l'alcoolisme pour adoucir leurs souffrances et/ou tenter de combler leur sentiment obscur de vide central, qu'il faut rejeter toute prise en considération d'une racine traumatique, parfois d'une racine historique archaïque, de notre maladie alcoolique,
                  maladie qui est un des symptômes d'une maladie plus profonde et plus globale de la personnalité quand elle résulte du dérapage de notre automédication par l'alcool

                  puisque pour beaucoup d'entre nous, les premiers temps de consommation excessive, anormale, d'alcool, étaient destinés, consciemment, à rendre notre vie moins insipide, plus supportable ou moins insupportable. Ainsi :

                  La façon dont je vois les choses, c’est qu’à un moment dans notre histoire, il y a la rencontre entre une souffrance (quelle qu’en soit l'origine, la nature et le degré) et un produit qui vient l’apaiser ou tout du moins la mettre à distance.


                  oui et l'alcool comme médicament n'est pas non plus toujours néfaste
                  je constate par exemple que la seule de mes soeurs qui ne soit pas devenue alcoolique ni esclave d'autres addictions, est la seule qui soit devenue officiellement psychotique et désormais soignée à vie comme telle

                  si rien ne change dans l’équation, tu te mets sur des rails et ce n’est probablement qu’une question de temps pour devenir plus ou moins dépendant … En plus, le produit lui même va commencer par foutre un bordel sans nom dans une bestiole qui ne va déjà pas terrible ! (ta femme te quitte, tu perds ton boulot, tu ne vois plus tes amis, tu deviens de plus en plus dépressif, t'as honte de toi, les souris mangent tes chaussons et les pigeons te ch… dessus )


                  rire jaune, m'enfin, ça, ça va sans dire même si ça ne fait pas d'mal de le répéter pour ceux qui n'ont pas encore bien pris la mesure de ce mécanisme infernal, de ce processus dont on ne peut sortir que rarissimement sans abstinence totale et définitive


                  Après… j'imagine (j'espère) que les parcours des personnes alcooliques ont été étudiés en long en large et en travers et qu'il y a de la littérature scientifique, étayée et tout et tout sur la question.
                  Que non, que non, malheureusement
                  il y a eu d'énormes progrès en neurosciences et en psy des profondeurs ces dernières décennies mais on est très très loin de posséder un corpus étiologique scientifiquement fondé qui ait l'assentiment de tous les alcoologues ni même d'ailleurs d'une majorité de spécialistes, par ailleurs encore trop séparés par les murs de leur spécialité, par le noyau de leur formation, par leurs convictions subjectives sous-jacentes.


                  "What a Wonderful World" Louis Armstrong

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                    #10
                    Coucou, super Ron tu expliques bien ce que je pense profondément, oui les symptômes cache un désordre de la personnalité, dans le sens où on encaisse certaines émotions au départ, passionnant
                    arrêt avec soins pour moi, le 18 février 2014

                    Commentaire


                      #11
                      Envoyé par SENCHA Voir le message
                      On entend toujours dire ici et ailleurs, par les professionnels de santé, addictologues, psychiatres...et ce n'est pas vrai que pour l'alcool, mais c'est ici le sujet qui nous préoccupe, que le fait de devenir dépendant à l'alcool est forcément lié à des problèmes psychologiques.

                      "Si tu bois tellement, c'est que tu as des problèmes non résolus, liés à l'enfance, à ton couple, à ta personnalité, enfouis dans ton passé, ta naissance, la faute à tes parents, ta soeur, ton frère, le curé de ta paroisse (lol), la bonne du curé (re-lol), une tante sado-maso (re-re-lol)..."

                      Donc si je fais un résumé...Une personne bien dans sa tête ne deviendrait jamais dépendante à l'alcool ? Ou à d'autres substances psychotropes ?

                      J'en doute un peu...

                      A vos claviers.

                      Bises les amis.
                      Bonjour Sencha,

                      Je vais essayer de t'apporter mon point de vue. Effectivement, je peux affirmer qu'il y a une grosse part de vérité dans le fait que pour un grand nombre de personnes qui tombent dans la dépendance, voire dans un alcoolisme destructeur, il y a un ou plusieurs facteurs qui sont liés à des problèmes psychologiques. Parfois, ils ne sont pas facile à déceler parce qu'il est possible que cela remontent à l'enfance ou à l'adolescence. Je dirais que dans un cas sur deux il faut creuser profondément en soi pour trouver les causes.

                      Maintenant, je vais t'exposer un autre fait qui à mes yeux reste un facteur important de l'alcoolisme en France, mais aussi dans le monde. Nous n'avons pas tous connus ou rencontrés de problèmes graves dans notre vie, ou alors ils ne sont que mineurs. La vrai problématique, c'est que nous vivons dans une société ou l'alcool est banalisé et perçu comme un facteur d'intégration. Alors certes, ce n'est pas une obligation de consommer de l'alcool, mais on va dire que pour être dans la norme, pour être accepté et se sociabiliser convenablement, c'est toujours mieux quand on consomme de l'alcool. On est dans la normalité.
                      Je pense surtout au point de départ, au lycée et par la suite quand on devient étudiant. On tombe alors dans une routine malsaine parce que l'on est jeune, que l'on veut faire la fête et être comme les autres.
                      Je pense que tant que la société ne prendra pas conscience que l'alcool est une drogue dur qui tue lentement et qu'il faut limiter sa consommation, tant que nous ne ferons pas évoluer les mentalités là-dessus, alors oui, beaucoup de personnes comme toi Sencha vont se réveiller un jour avec le sentiment d'être tombé dans une dépendance, et je pense que dans ton cas, c'est encore plus frustrant, car il faut parfois des dizaines d'années avant de s'en rendre compte. Au moins, tu as le mérite de le reconnaître, de l'assumer et de battre pour tes convictions. Ce n'est pas donné à tout le monde.

                      Je t'embrasse

                      Commentaire


                        #12
                        Je suis assez d'accord avec toi, M3RO87, et c'est ce que j'essayais maladroitement d'expliquer hier soir; on peut très bien tomber dans la dépendance par le biais d'une routine malsaine, ne vient qu'ensuite le détournement des effets anxiolytiques...

                        Pour faire court, car je dois retourner bosser.

                        Commentaire


                          #13
                          Bonsoir Sencha et les autres!

                          Question intéressante.

                          Je pense qu'il y a effectivement une souffrance derrière chaque alcoolique. Sauf que cette souffrance n'est pas forcément la cause de l'alcool, elle peut aussi en être la conséquence, ou être entretenue par l'alcool alors qu'elle aurait pu s'atténuer ou être résolue autrement.

                          Je prends l'exemple de la timidité ou de la difficulté à communiquer. Avant l'alcool, j'avais cette difficulté. Je la surmontais comme je pouvais, en prenant sur moi, en évitant certaines situations, et en m'habituant à d'autres. Puis, miracle, l'alcool m'a permis de me sentir diserte, intéressante, sûre de moi, etc., en toutes circonstances. Sauf qu'au bout de x années de pratique, ce qui était simplement une difficulté est devenu une vraie souffrance lorsqu'il s'agissait de l'aborder sans alcool, alors qu'il est probable qu'en murissant, qu'en me faisant éventuellement aider, je m'en serais accommodée sans avoir besoin d'une drogue.

                          Pourquoi suis-je moi devenue dépendante alors que ma meilleure copine, qui avait les mêmes difficultés, ne l'est pas devenue? Parce que l'alcool avait manifestement davantage de prise sur moi que sur elle. Les drogues ne font pas le même effet à tout le monde, ni d'ailleurs tout au long de la vie. Cette même copine m'a raconté, très récemment : "j'ai pris une fois de l'Ecstazy, et j'ai trouvé ma drogue. C'était génial, j'ai adoré. Je me suis donc dit "plus jamais", car je savais que sinon, ce serait foutu". Sauf qu'elle avait déjà 40 ans, à l'époque. Et une capacité à mesurer le danger et les conséquences que je n'avais pas à 15 ans. Et puis, je trouvais ça classe, de boire.

                          Donc l'effet des drogues est différent d'une personne à l'autre, d'une époque à l'autre, mais aussi la dépendance elle-même. J'ai un autre pote qui adorait l'alcool quand on était jeunes. On s'est pris des belles cuites ensemble. Dans notre vie d'adulte, on a continué à boire des bons vins et alcools en quantité déraisonnable chaque fois qu'on se voyait. Mais lui n'est jamais devenu alcoolique. Pourquoi? Je ne sais pas.

                          Il y a certes l'explication qui m'a été donnée pendant ma cure au Calme. La fameuse THP, substance dont la composition chimique est proche de celle de l'opium, et que le corps produit quand on lui inflige de trop grandes quantités d'alcool trop souvent. C'est cette substance qui rendrait dépendant de manière irréversible. Mais il semblerait que là aussi, ce mécanisme se déclenche de manière très inégale selon les individus. Pratiquement dès les premières consommations excessives chez certains, et jamais chez d'autres. Pour ma part, je pense être devenue alcoolique très vite.

                          Pour résumer, je pense qu'alcoolisme rime toujours avec souffrance, mais sans qu'il y ait forcément un lien de cause à effet entre une souffrance initiale et une dépendance qui s'installerait ensuite. Ensuite, le mécanisme de la dépendance joue de manière très différente d'une personne à l'autre.
                          Mais au final, je pense qu'une fois la dépendance installée, tous les alcooliques sont confrontés aux mêmes difficultés : d'abord stopper la dépendance en ne reprenant pas le premier verre (il n'existe à ce jour pas d'autre solution efficace); puis soigner sa souffrance, qu'elle soit la cause ou la conséquence d'une alcoolisation prolongée.

                          Bonne soirée!

                          La Mouette

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                            #14
                            Merci La Mouette,

                            Je pense que tu as bien résumé le fond de ma pensée, mais avec des mots justes que je n'arrivais pas à mettre dans l'ordre pour faire des jolies phrases ! Merci.

                            Commentaire


                              #15
                              Bonjour Sencha, je me souviens de ce premier verre c'était un panaché j'avais 15 ou 16 ans, ça été tout de suite géniale, j'ai connu aussi l'héroïne c'était presque aussi incroyable comme sensation, finit ensuite impossible de sortir sans boire, je me suis pris des mine tout de suite, aucun moment à partir du soir sans alcoolj'ai 20 ans mes parents achètent un bar le pied, je sais ce que je vais faire vivre la nuit
                              arrêt avec soins pour moi, le 18 février 2014

                              Commentaire

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