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Sentiment océanique

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    Sentiment océanique

    Bonsoir à tous,

    ​​​​​​Est-ce que cette notion parle à certains ? C'est-à-dire est-ce que vous tendiez à ce "sentiment d'unité avec le tout" lors de vos prises d'alcool ?

    Voir une courte présentation ici : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Sent...oc%C3%A9anique

    Moi, ça me parle assez et son corollaire, souligné par Comte-Sponville : "tout le reste, pour quoi faire ?"

    Bonne soirée

    #2
    Merci pour le lien. Moi ce sentiment je l ai eu sans prise d alcool de maniere bien plus forte. apres un jeune par exemple. je crois que l alcool empeche d atteindre ce vrai sentiment et en procure un autre moins vrai, plus banal et terre a terre.

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      #3
      Je l'ai expérimenté avant mon alcoolisme également. Et j'ai pu avoir l'impression de rechercher cet état avec les prises d'alcool. Etat factice comme tu l'as bien dit. Je me demandais si ce sentiment était connu parmi vous.
      ​​​​

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        #4
        Envoyé par J365 Voir le message
        Bonsoir à tous,

        ​​​​​​Est-ce que cette notion parle à certains ? C'est-à-dire est-ce que vous tendiez à ce "sentiment d'unité avec le tout" lors de vos prises d'alcool ?
        D'abord j'ai toujours pensé que la recherche de ce sentiment océanique, de cette impression, de cette illusion de dédifférenciation et de fusion, est l'un des moteurs les plus profonds et les plus puissants de l'alcoolisme sévère.
        Mais comme dit Vidal l'alcool n'y mène nullement, sauf parfois dans de courtes périodes au cours d'une certaine phase d'alcoolisation dont le souvenir devient un piège mortel.
        L'alcool est un moyen fallacieux et autodestructif de parvenir à ce qui n'est, selon moi, de toute façon qu'une illusion.


        Et pour répondre à ta seconde question, en ce qui me concerne, oui, enfin pas exactement.

        Dans mon cas, j'avais l'envie de fuir ce monde qui m'apparaissait tel qu'il me paraissait impossible pour moi (et d'autres) de jamais pouvoir y vivre normalement paisiblement, de pouvoir m'y adapter, d'y "réussir" dans une quelconque acception de la notion de "réussite" qui soit partagée par au moins une autre personne que moi, d'y devenir et d'y être considéré comme un mec normal, ordinaire, comme les autres (je n'emploie ici pas du tout au sens péjoratif le terme "ordinaire" ni l'expression "comme les autres "), d'y obtenir un jour le droit d'y exister comme tout être vivant (dont aucun n'a d'ailleurs jamais demandé à se matérialiser) sans que j'aie, préalablement, achevé l'une des deux tâches prométhéennes suivantes :

        - me métamorphoser en ultime profondeur, me changer du tout au tout dans toutes mes dimensions
        et/ou
        - mener à terme une révolution radicale qui bouleverse les fondements de valeurs, les systèmes juridiques, politiques, économiques, éthiques
        de toutes les sociétés couvrant la planète.

        A défaut de croire pouvoir y arriver, seul ou collectivement, il ne me restait qu'une chose à faire : disparaître, me dissoudre, m'unir au tout de l'univers visible et invisible, retrouver la plénitude connue entre la conception et la naissance et dont, je crois, l'expérience a marqué nos cellules et au-delà, ce qui se traduit par l'aspiration inconsciente de chacun, à retrouver ce "paradis originel perdu".

        Ce processus qui a présidé au marquage initial de toutes les parts premières de notre être est à l'origine, je crois, du "sentiment océanique" ou quel que soit le mot utilisé, par exemple, celui "d'exaltation" selon Paul Denis dont le petit livre "de l'exaltation" figure dans ma bibliothèque depuis qu'il est sorti

        https://www.cairn.info/de-l-exaltati...2130620235.htm

        https://www.cairn.info/destructivite...55-page-61.htm

        https://www.cairn.info/resultats_rec...enis+exaltatio n+

        En ce qui me concerne, tout gosse, j'ai été à un fifrelin de choisir de passer définitivement, de l'autre côté du miroir mais je l'ai connu ce côté, à la foire de Liège, souvenir précis j'en suis sorti par une intervention immédiate brutale violente volontariste de mon père.
        Sans lui, je serai depuis tout gamin affublé de l'étiquette de schizophrène grave ou, plus à la mode, d'autiste ou peu importe le mot, mais j'aurais passé ma vie mentalement ailleurs, protégé de l'enfer que je croyais être pour moi (et d'autres) le monde, la société, la vie.Tout en étant apparemment quand même un peu ici parmi vous, et j'aurais été conduit de traitements en traitements, d'institutions en institutions, sans jamais guérir.

        Face à cet échec, j'ai essayé la religion, les philosophies surtout asiatiques, le marxisme, l'Amour, d'autres utopies.
        Nouveaux échecs, malgré des moments de ressentis de plénitude sans alcool.
        J'ai alors trouvé dans l'alcool une porte de sortie, une trappe ouvrant à l'autre monde, où on ne trouve pas de danger ni menace trop angoissants ou désespérants, alcool parfois combiné avec d'autres voies, intellectuelles, affectives, mentales.

        Comment ne pas céder à l'attraction, comment ne pas céder au phantasme d'assomption narcissique, comme l'appelle Janine Chasseguet-Smirgel, à propos du moteur d'adhésion aux idéologies totalitaires ?

        En acceptant pleinement notre incomplétude et en découvrant le monde tel qu'il est au-delà des courants informatifs ambiants, en allant au fond des choses, chacun dans la mesure de ses moyens, en sachant que les rêves ne sont que des rêves et en ayant le courage (et la joie aussi) de la lucidité active, par le moyen de la Raison.
        Le désenchantement du monde est la voie royale du triomphe des Lumières… ceci écrit sans sombrer dans une nouvelle exaltation pré-puérile !

        "What a Wonderful World" Louis Armstrong

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          #5
          Hello Ronald,

          Pas eu le temps encore de relire calmement ton message et de lire les références associées mais ce dont tu témoignes dans la 1ere partie me parle beaucoup. J'y reviendrai.
          Dernière modification par J365, 21/05/2019, 15h06.

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            #6
            J'ai senti également (et ressent toujours) une forme d'inadaptation au monde professionnel et social (y compris en amitié). Résultat d'une sensibilité particulière ou plutôt, comme tu dirais, d'une incapacité à dégager et assumer son noyau propre. Avec une conscience aiguë de l'injustice et de la domination sociale : sur le plan prof., j'aurais pu me tailler une voie royale (j'ai toujours quitté mes jobs de mon propre chef) mais quelque chose grinçait, me débectait dans la réussite sociale telle qu'elle se représentait à moi. Un père ouvrier/immigré et une enfance en Seine Saint Denis ont aiguisé une forme de distanciation critique sur l'univers social qui m'a beaucoup coûté (situation matérielle, jouissance, réseau). Ça me semblait inconcevable de se contenter de se servir sur la bête (immonde) et de recevoir avec le sourire les gratifications symboliques et matérielles de la réussite, en bon soldat de la perpétuation de la domination.

            On est proche du cas d'école du transfuge social. Voir le poignant film Ressources humaines.

            Et bref, l'alcool a constitué une ligne de fuite pour reprendre ton idée. Pour gérer tension, frustration, incompréhension, impasse, etc.

            Je m'arrête là pour aujourd'hui :-)
            Dernière modification par J365, 22/05/2019, 08h29.

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              #7
              Envoyé par J365 Voir le message
              Bonsoir à tous,

              ​​​​​​Est-ce que cette notion parle à certains ? C'est-à-dire est-ce que vous tendiez à ce "sentiment d'unité avec le tout" lors de vos prises d'alcool ?

              Voir une courte présentation ici : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Sent...oc%C3%A9anique

              Moi, ça me parle assez et son corollaire, souligné par Comte-Sponville : "tout le reste, pour quoi faire ?"

              Bonne soirée
              Bonsoir!

              Ah! Mais c'est vraiment intéressant et ça me parle, oui, ça me parle vraiment cette histoire de "sentiment océanique", "d'unité avec le tout", bref, d'exaltation. Je n'avais jamais vraiment fait le lien avec l'alcool alors que c'est évident! J'ai pris conscience de plusieurs mécanismes à l'oeuvre dans mon alcoolisme (auto-destruction, auto-punition, besoin de me fuir) mais je n'avais pas spécialement mis le doigt sur celui-là, alors que, bon sang mais c'est bien sûr!

              Et c'est marrant parce que j'y ai repensé il y a quelques jours, je me revois un soir il y a des années, seule dans ma cuisine, mes enfants dormant dans leur chambre, assise devant mon verre et ma bouteille de pinard, et je ressentais ce délicieux "sentiment océanique", je l'entretenais au fur et à mesure des verres que je descendais. Pourquoi ce soir-là, particulièrement, je ne sais pas, c'était un soir vraiment comme les autres, peut-être un manque de sommeil plus fort. Mais ça a dû se produire d'autres fois quand je buvais.

              Depuis que je ne bois plus, j'ai ressenti souvent ce sentiment dans plusieurs situations : quand je me sens libérée d'un poids, par exemple quand j'ai terminé un travail compliqué ou qu'un problème est résolu. Je le ressens aussi quand je décide de m'accorder un peu d'attention et de bienveillance : quand, dans le bouillonnement des journées, je commence à tourner chèvre et que je me dis: "du calme, respire, n'oublie pas d'être douce avec toi-même". Parfois aussi, c'est fortuit et ça me "tombe dessus". Comme c'est bon, je prends, sans plus m'interroger.

              Je trouve aussi très intéressante la citation de Freud dans le 2e lien que Ronald a mis dans son message. L'exaltation provoquée par la satisfaction du surmoi, qui fait qu'une contrainte qu'on s'impose peut être exaltante alors qu'elle n'est que frustrante lorsqu'elle provient de l'extérieur. Outre que je m'y retrouve complètement, je me demande si elle n'explique pas le fameux nuage rose des débuts de l'abstinence et la difficulté à en redescendre. D'où, sans doute, l'intérêt de renouveler souvent l'engagement conscient à ne pas boire, au besoin chaque jour.

              Et je me dis qu'il est logique, dans notre foutu fonctionnement de sapiens qui ne peut pas se contenter de bouffer, dormir et se reproduire, d'avoir la tentation de provoquer ce sentiment à la demande, en usant de produits. Sauf que ça ne marche pas comme ça.

              Question pour finir : je suis à peu près certaine que mon chat a un sentiment d'unité avec le tout, c'est l'impression que j'ai quand je le regarde. Mais en est-il conscient?

              Bonne soirée!

              La Mouette



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                #8
                Pour ma part ce sentiment je le retrouve lorsque je fais des sports de glisse (roller, snowboard, ski, escalade, kitesurf,...) c'est d’ailleurs un des moteurs qui me pousse dans ces sport. Le cerveau est alors occuper fortement a anticipé le futur immédiat et laisse un part de contemplation.

                Pour ma part l'alcool ne m'a pas amener vers ce sentiment sensation, un peu comme si le cerveau s’éteignait progressivement mais complétement.



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                  #9
                  Bonjour La Mouette et hrdr

                  En ce qui me concerne, il existe 3 mondes.

                  Le sentiment océanique relève du premier vécu. Son souvenir est lointain et profond, parfois totalement inconscient. Il est baigné de la béatitude liée à l'illusion de sécurité absolue, à l'ignorance de l'espace, du temps, de la finitude et de la mort, à l'ignorance de l'existence de l'autre et du différent de soi, à l'inexistence encore de l'insatisfaction résultant de la tension entre le désir et son imparfaite réalisation.
                  C'était la vie intra-utérine et puis aussi un peu les périodes justes postérieures qui ont autorisé une espèce de fusion, cependant sous menace, avec le sein/la mère.

                  Le second monde est d'abord vécu concomitamment à la découverte du réel hors soi-même, de l'espace et du temps, et de la frustration.
                  C'est le nid familial ou ce qui en tient lieu.

                  Le troisième est le monde extérieur. La perception que nous en avons doit être suffisamment débarrassée des filtres acquis au cours de nos deux vies antérieures pour ne pas s'en trouver trop altérée.
                  En raison de la prégnance de cette altération, certains, même parmi les gens apparemment les plus sains, ne le découvrent jamais.
                  "What a Wonderful World" Louis Armstrong

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