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    Chemin faisant...

    Bonjour à toutes et à tous,

    Nous avons tous lu un jour ou un autre un livre qui nous a touchés. Dans mon cas c’est l’Assommoir, je l’ai lu, lu et relu. Gervaise assommée par l’hérédité et les épreuves tombe dans l’alcool qu’elle dédaignait tant. Ce sera sa chute avant de mourir seule dans la misère sous une cage d’escalier tel un animal abandonné.
    Gervaise n’était pas un bon pseudo….

    Je me suis donc abstenue (le comble !) de ce choix un peu scabreux.

    Je pourrais pourtant m’identifier à Gervaise à certains égards, je n’ai jamais été attirée par l’alcool, les psychotropes ou autres drogues dites « douces », je les trouvais même méprisables. Et pourtant, chemin faisant, la vie m’a réservée ce qu’une vie réserve à bon nombre d’entre nous, des deuils, une séparation douloureuse, des déceptions, des manipulations, des responsabilités et beaucoup de solitude... J’ai tout absorbé, tout digéré….je ne me suis pas vautrée dans l’alcool, je me suis juste réservée des moments de détente, l’apéro du soir, seule ou en rentrant du taf comme des millions d’autres.

    Sauf qu’au fil des années, l’apéro est devenu un besoin et depuis quatre ou cinq ans, c’est devenu problématique, depuis quelques mois incontrôlable. Je ne suis pas une « ivrogne », je ne me jette pas sur le verre dès le matin, je n’ai pas eu de black-out, d’accident de voiture, ni vécu des situations embarrassantes, je picole, j’absorbe, je digère, je recommence…

    En fait, je cache ma consommation, je peux très bien boire en société mais ne finis jamais ivre morte, certes je bois plus que les autres mais peut-être est-ce le dernier sursaut de fierté, je cache et m’abstiens de m’enfiler d’autres verres. En fait, j’ai besoin de l’alcool pour atteindre le « sweet spot » je suppose mais ne supporte pas être totalement ivre à la vue de tous car je n’aime pas perdre le contrôle ou perdre les apparences.

    Sauf que le contrôle, je l’ai perdu depuis belle lurette, seule chez moi par contre, je peux, à midi ou le soir selon le jour de la semaine, boire une bière forte (8 à 10 degrés), puis une seconde, puis une troisième en un temps record et hop au lit. Je peux refaire le même schéma quelques heures après et ce, tous les jours.
    Et la dose ne cesse d’augmenter, d’autant plus que je suis en recherche d’emploi depuis peu, ce qui n’arrange pas la chose ! Depuis quelques mois, je tente de réduire ma consommation ou je m’abstiens plusieurs jours, mais ne cesse d’y penser pour ensuite me raisonner et me dire que je vais boire normalement, ça marche 24h et ça repart dès le lendemain.

    Je dois avoir des bouteilles d’avance ou n’hésite pas à foncer au supermarché pour m’acheter ma dose pour le soir juste avant la fermeture. Je crois que la fête est finie !…y-a-t-il eu une fête d’ailleurs? peut-être l’illusion d’un mieux-être, d’une coloration pastel de la réalité? L’alcool est devenu une bouée de secours crevée en pleine mer alors qu’il me suffirait d’apprendre à nager.

    Je ne suis pas abstinente mais lundi soir dernier, je suis allée à une réunion AA, il était tard et c’était loin de chez moi, j’étais très mal à l’aise, mais j’ai été bien reçue, l’un des membres m’a donné son numéro de téléphone et un livre « Vivre sans alcool ». J'ai honte...si honte mais ai commencé à le lire.

    Alors à ce stade, je sais ce que je dois faire, mais comment pas encore, du moins pas tout à fait…mon premier pas consiste à vous rejoindre.

    Je vous remercie de m’avoir lue.


    #2
    Salut Emmeline,

    Bienvenue ici. Tu y trouveras partages et expériences. Ce que tu nous décris, nous l'avons tous traversé à une vitesse plus ou moins rapide, avant que les premiers dommages physiques et sociaux n'apparaissent. Il est donc plus que temps d'y mettre un stop. Je ne connais pas de recours à l'alcool-béquille qui aille descrescendo..Fort possible qu'un jour, tu te fiches éperdument de ce que pensera l'entourage de ta conso.

    Les AA sont une aide ; tu devrais aussi en parler à ton généraliste ou à un addictologue ; les CSAPA sont formés aux addictions ; ne reste pas seule quoiqu'il s'en soit.

    Tu mets dans le mille en parlant de fête finie. Et tant mieux, parce qu'elle est illusoire et se termine dans un trou noir. J'ai été plus loin que toi dans la défonce et je m'en suis patiemment relevé. Avec l'abstinence, tu pourras t'ouvrir un nouveau chemin de vie. Avec des blessures et des souffrances moins vives.

    Courage !

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      #3
      Pour le sevrage proprement dit, c'est toujours mieux accompagne médicalement. Sinon vitamines B1 et beaucoup beaucoup d'eau

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        #4
        Bonjour et bienvenue.

        L'alcool comme refuge, je ne pense pas m'avancer trop si je dis que nous avons tous connu ça, au début. Puis la dégringolade...

        https://www.youtube.com/watch?v=HUngLgGRJpo

        Comment faire maintenant ?
        Facile. Ne pas boire le premier verre, rien qu'aujourd'hui.
        Pas si facile que ça, en fait ; le sevrage physique est une affaire assez vite expédiée, c'est la suite qui est compliquée. Retrouver ce que tu avais et/ou t'étais caché, le regarder en face et essayer de vivre avec. Ça demande de modifier pas mal de choses, dont la perception que tu as de toi-même. Mais ça vaut le coup ! Une journée "pourrie" à jeun est toujours bien moins douloureuse qu'une journée pourrie en allant à la bouteille, avec en "bonus" ses lendemains qui déchantent.

        Dernière modification par rur@lcoolique, 13/06/2019, 14h59. Motif: correction du lien
        fred, pas d'avoine

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          #5
          Un grand merci pour ces messages. J'ai appelé le CSAPA le plus proche de chez moi, je dois prendre un RDV avec une infirmière avant de rencontrer le médecin addictologue et/ou un(e) psychologue, mais pas de RDV avant fin Août!! J'ai essayé un CSAPA d'une ville proche, mais il est fermé cette semaine... j'ai pris donc un RDV avec mon médecin traitant, ça ne m'emballe pas du tout mais alors pas du tout.

          Tout d'abord parce que je ne me sens pas prête de lui parler de ma consommation d'alcool et surtout (j'ai lu et collecté des infos sur divers blogs), je ne désire pas partir sur la solution pilule magique (j'évite les médicaments autant que possible) et notamment le Baclofène dont tout le monde parle, j'ai peur si je lui avoue ma dépendance qu'il se débarrasse du problème avec une ordonnance standard. Peut-être ai-je peur aussi de sa réaction...en fait je n'en sais rien. La nuit porte conseil, je verrai demain.

          Bonne nuit

          Commentaire


            #6
            Hello nouvelle venue,
            Permettez que je vous bise...

            Euh, ah oui, pour une suite, si suite tu souhaites qu'il y ait, c'est en suivant cet hyperlien d'Indien chevauchant à l'aurore.
            Sinon, ce n'est rien .

            Bises farfadets et lutins.
            Dernière modification par Indianamou, 14/06/2019, 02h51.

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              #7
              Coucou.

              Je m'en vais lire la contribution de notre indien, mais un mot : il y a toujpurs l'option de te débrouiller seule, (c'est à dire avec quand -même un peu de soutien virtuel). Mais c'est plus facile si tu as aussi du sourtien I.R.L.

              Ne tardes pas trop, ça semble être le bon moment, mais tu n'as pas besoin de faire tous les choix dans l'heure, non plus. Commence doucettement et puis ça va suivre

              Et n'oublies pas que c'est possible, surtout !




              PS : les infirmières de CSAPA sont évudemment formées à lnaddictologie. La "mienne" m'a été d'une aide précieuse en faisant mouche à chaque fois, par des questions précises et "simples" auxquelles il me fallait en fait réfléchir longuement entre deux RdV. Le chemin de la liberté est un vaste labyrinthe et certaines ramifications, cachées ou "volontairement" oubliées, méritent d'être explorées tout de même...
              Dernière modification par rur@lcoolique, 14/06/2019, 06h02. Motif: Post scriptum, le bien nommé... (un romain ?).
              fred, pas d'avoine

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                #8
                Envoyé par Emmeline Voir le message
                Un grand merci pour ces messages. J'ai appelé le CSAPA le plus proche de chez moi, je dois prendre un RDV avec une infirmière avant de rencontrer le médecin addictologue et/ou un(e) psychologue, mais pas de RDV avant fin Août!! J'ai essayé un CSAPA d'une ville proche, mais il est fermé cette semaine... j'ai pris donc un RDV avec mon médecin traitant, ça ne m'emballe pas du tout mais alors pas du tout.

                Tout d'abord parce que je ne me sens pas prête de lui parler de ma consommation d'alcool et surtout (j'ai lu et collecté des infos sur divers blogs), je ne désire pas partir sur la solution pilule magique (j'évite les médicaments autant que possible) et notamment le Baclofène dont tout le monde parle, j'ai peur si je lui avoue ma dépendance qu'il se débarrasse du problème avec une ordonnance standard. Peut-être ai-je peur aussi de sa réaction...en fait je n'en sais rien. La nuit porte conseil, je verrai demain.

                Bonne nuit
                bonjour Emmeline


                le forum est une aide insuffisante, on ne peut pas faire l'économie d'un travail sur soi, mais y contribuer journellement permet de concrétiser un cheminement, et autorise une relecture sous tous les angles possibles
                Zola est ma première vraie découverte en lecture, et l'assommoir se démarque, avec germinal du reste de l'oeuvre, mais pour le trauma lié à l'alcool, je pense à Jack London, qui avait besoin de sa dose pour écrire, le cabaret de la dernière chance
                tu prends le problème à bras le corps, c'est la bonne route à suivre
                quoi de neuf, aujourd'hui?

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                  #9
                  Sans me substituer à un médecin, il me semble que la prescription type ressemblerait à : anxiolytiques et vitamines B1 pour qq jours + antidépresseurs voire somnifères pour certains.

                  J'ai testé le baclo pendant qq mois, mais au maximal légal (80 mg jour de mémoire, quand certains en prennent 240 jour). Plus d'effets indisérables que de bénéfices en ce qui me concerne (j'urinais au lit ..). Mais ça marche pour certains. Reste ouverte à ce sujet. Et tente de consulter un médecin expert en ce domaine. Pour comprendre le produit, tu as les vidéos de Philippe Jaudy (un de ses promoteurs).

                  Lâche le morceau auprès du médecin. Tu te sentiras soulagée de tomber le masque et seras surprise de l'aide qu'on veut bien t'accorder.

                  Commentaire


                    #10
                    Philippe Jaury pas Jaudy

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                      #11
                      Bonjour, il faut rester ouvert à tous les outils, l'important c'est de trouver sa petite boite à soi, bonne journée
                      arrêt avec soins pour moi, le 18 février 2014

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                        #12
                        Un grand merci pour vos contributions, j'ai regardé la vidéo de Philippe Jaury (la conférence de 2015), c'était intéressant et j'en ai profité pour regarder une vidéo sur l'alcoolisme des femmes et là c'était poignant. Une jeune femme d'une trentaine d'années qui est allée à l'hôpital puis en cure soit environ 7 semaines. Elle rentre chez elle et veut tester un verre de bordeaux ou bourgogne (peu importe) dans un café, elle replonge en quelques jours!

                        Ce qui m'a marqué a été sa réaction lors des réunions animées par des alcooliques abstinents depuis des années (dont un 20 ans), elle ne comprenait pas qu'on ne puisse plus toucher à l'alcool après le sevrage et considérait les abstinents comme une secte. Une autre femme mariée abstinente qui replonge après 6 mois d'arrêt, soutenue par son mari lors de son hospitalisation et une autre enfin sous Baclofène, ce qui semble avoir marché après presque un an, mais les effets secondaires étaient impressionnants! Mais en fait c'est un traitement à vie pour ceux qui désirent continuer à boire ou être "indifférents" pour reprendre le terme de Jaury.

                        Bref tout cela pour dire que regarder ses vidéos m'ont permis de lâcher le morceau cet après-midi avec mon médecin que je vois très rarement. Je n'ai pas lâché le mot alcoolique, mais lui ai avoué que je ne maîtrisais plus ma consommation d'alcool et que je désirais arrêter, voilà... pas de jugement de sa part, il a pris ma tension, m'a prescrit une boite de Valium, un demi comprimé 2 fois par jour, une boite d'imovane en cas d'insomnie et m'a conseillée de contacter le CSAPA. Je les appelle lundi.

                        J'ai suivi les conseils de J365 et j'ai acheté un complexe de vitamines B (je n'ai pas trouvé la B1 seule à ma pharmacie), j'ai pris également des minéraux (Planton). Donc voilà, entre la lecture de certains témoignages, le livre "vivre sans alcool" (le programme du 24h) et le visionnage des vidéos. J'ai franchi le premier pas, je n'ai pas bu aujourd'hui, comme ça à la veille d'un week-end, c'est pas très malin mais c'est pas pire que "lundi je m'y mets!". Mes seuls symptômes ont été une très grande soif en fin d'après-midi et un mal de tête carabiné, il est là bien installé! Je ne vais pas en dire plus, je suis fatiguée, le valium sans doute. Je vais me coucher.

                        Je vous souhaite une bonne soirée.

                        Commentaire


                          #13
                          Oui, boire beaucoup (et sucré, souvent) est indispensable en début de sevrage.

                          Courage, il y aura des moments difficiles, mais pas si longtemps que ça en fait.

                          Dernière modification par rur@lcoolique, 14/06/2019, 21h08.
                          fred, pas d'avoine

                          Commentaire


                            #14
                            Bonsoir,

                            rur@lcoolique je m'en suis aperçue dès aujourd'hui, j'ai eu très soif mais vraiment très soif. Je m'étais achetée hier après la pharmacie des jus de fruits frais sympas, j'en ai bu toute la journée coupés avec de l'eau gazeuse, et chose fabuleuse, j'ai cuisiné ce midi.

                            Je me suis levée ce matin en me disant que je ne boirai pas aujourd'hui et j'ai tenu, la journée a été plutôt moyenne très fatiguée ce matin, je m'étais endormie facilement mais la nuit était moyenne également, je me suis levée tard, un peu tendue mais assez gérable, j'ai pris des vitamines B, du magnésium et de la teinture mère d'aubépine et de valériane. Comme mentionné, je me suis beaucoup hydratée dès le levé. Ma journée était chargée, elle est donc passée vite mais vers la fin de la journée, j'ai eu le déclic "récompense" (=alcool), j'ai pris un demi-valium et me suis promenée une vingtaine de minutes. Par contre j'ai eu une faim de loup ce soir, pizza, salade et jus de pomme. Donc c'est pas le nirvana mais j'ai réussi mes 2 journées sans alcool (ce que j'ai déjà fait dans le passé mais pas avec le même état d'esprit). Je termine en beauté avec mon petit mal de tête...

                            Pour revenir sur le sujet du déni mentionné dans le fil de discussion anti-pollution, j'ai pris le temps de faire un test en ligne sur ma consommation d'alcool, alors voilà le résultat:

                            Capture.JPG

                            J'ai beau faire des pirouettes, qui dit dépendance dit alcoolisme, je ne vous ai pas rejoins pour rien.
                            Mais en fait, c'est pas tant les chiffres qui me parlent, mais plutôt comment en moins de 8 ans, je suis passée d'une quasi absence d'alcool (sauf repas de famille et sorties qui n'étaient pas légion) à cette dépendance au produit.

                            Bonne nuit à tous

                            Commentaire


                              #15
                              Bonjour Emmeline, je viens de te lire, nous sommes nombreux à avoir fait un chemin semblable.
                              Tu sembles déterminée, c'est bon signe!
                              Pour la Junk bouffe, le sucre... n'y accorde pas trop d'importance , oui tu vas compenser l'absence d'alcool par d'autres choses au moins au début. Il sera toujours temps d'y penser plus tard. Pour l'instant, le seul sujet, c'est pas d'alcool aujourd'hui.

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