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Le livre noir de la psychanalyse

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    #16
    Re : Dans le quotidien du médecin

    ...
    Dernière modification par Clairenciel, 13/10/2005, 08h49.

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      #17
      Re : Dans le quotidien du médecin

      Envoyé par Clairenciel
      Bonsoir, Docteur

      J'entends bien ce que vous dites. Là où je suis troublée, c'est que j'ai donné des exemples tout à fait concrets auxquels il n'y a eu aucun écho. Je ne me reconnais en "bouffeuse de psychanalystes" que du fait de leurs réactions que je trouve abusives à ce livre.
      Bonjour,

      L'écho, c'est la répétition du même bruit

      Le problème pour un véritable débat, c'est que chacun doit donner un peu de lui, essayer de construire un dialogue. Copier des articles n'est pas un dialogue. Je pense que vous auriez eu plus de réponses si vous aviez parlé de vous et de votre expérience.

      Personnellement, si j'étais un partisan de la psychanalyse, je ne me risquerais pas facilement à poster dans cette discussion tant je la sentirais hostile. C'est ce que voulaient dire Aloès et Pandore : il y a débat et débat.

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        #18
        Re : Dans le quotidien du médecin

        Envoyé par d_dupagne
        Le problème pour un véritable débat, c'est que chacun doit donner un peu de lui, essayer de construire un dialogue. Copier des articles n'est pas un dialogue. Je pense que vous auriez eu plus de réponses si vous aviez parlé de vous et de votre expérience.
        Bonjour

        ne risque-t-on pas, en confrontant expérience contre expérience, de conclure que "ça marche pas chez tout le monde; à chacun son chemin"?

        Je suis plutôt entourée de gens qui aiment bien "se prendre la tête" comme on dit, et j'en connais quelques-uns qui ont commencé une psychanalyse (une vraie). Certains sont devenus très casse-pieds à toujours chercher le pourquoi du comment de tel acte, tel geste, telle parole, tel rêve qu'ils auraient eu. Je trouve cette démarche narcissique et pénible pour l'entourage qui se trouve noyé dans une logorrhée verbale incessante.

        J'ai personnellement été en thérapie d'inspiration analysante et je ne recommencerai jamais. Ca a été une souffrance sans fin et sans but. Le pire, c'est que ces professionnels ont toujours une réponse à vos sentiments négatifs (résistance, transfert etc), mais jamais ils ne se remettent en question, jamais ils ne vous aident: toujours il faut aller plus loin dans le gouffre, et trouver en soi le moyen d'en sortir. C'est quand même un comble! J'ai beaucoup appris sur le processus de l'analysant, les différentes étapes qu'il traverse pendant sa première année d'analyse, mais finalement bien peu sur moi, et bien peu sur les moyens d'aller mieux.
        Au bout d'un an de ce régime, j'étais dans un état de désespérance tel, que j'ai payé (très cher) un hypnotiseur qui m'a redonné confiance en moi et dans la vie. Je n'ai pas spécialement confiance en l'efficacité de l'hypnose, mais cet homme a juste su dire ce que j'avais besoin d'entendre à ce moment-là (et puis il y a le rituel, certainement important aussi). Il m'a aussi écoutée, car même là, on parle de soi!

        Ma conclusion sur l'analyse (et dérivés) est que c'est dangereux et que ce n'est pas adapté à tout le monde. D'ailleurs je me demande bien à quel profil de personne c'est adapté. On fait trop croire aux gens que tout ça sont des thérapies... D'ailleurs seules la France et l'Argentine y croient. Bizarre.

        Le meilleur moment dans une analyse, c'est quand on l'arrête.
        Nausica, administratrice du forum

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          #19
          Re : Dans le quotidien du médecin

          ...
          Dernière modification par Clairenciel, 13/10/2005, 08h49.

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            #20
            Re : Le livre noir de la psychanalyse

            Bonjour Clairenciel,

            Je suis interressé par le livre noir, mais je n'ai pas trop envie de me farcir un ouvrage de 800 pages.
            Aussi, j'ai pensé à lire les mensonges freudiens, et j'aurais voulu connaitre les differences entre cet ouvrage et le livre noir.

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              #21
              Re : Le livre noir de la psychanalyse

              Bonsoir,

              C'est une bonne idée de partager le forum psy entre réfléxions et soutien, mais qui est soutenu, va refléchir, donc bonne idée d'extraire cette discussion.
              Qquand j'ai lu l'article du "nouvel obs" sur ce livre noir, cela a confirme que d'un cotê les psys, qu'ils soient psychanalistes ou comportementalistes seront toujours politiquement corrects et que de l'autre, ce n'est pas d'eux que viendra la révolution.(s'il devait en avoir une bien sur )
              Je me suis rendue à la fnac pour découvrir ce livre et aprés, au moins 2 heures sur place (histoire de ne pas investir sans avoir gouté la marchandise), je me suis dis que c'etait une stratégie commerciale, ce qui est plus valorisant qu'une fausse guérre qui n'en finit pas de tourner en rond :
              Les convaincus de la psychanalyse resteront dans la psychanalyse, les autres resteront dans le comportementalisme et dans tout cela, l'ex-futur déprimé malheureuux devra toujours chercher , négocier les tarifs, etudier le dossier du futur thérapeute pour verifier qu'il n'appartient pas à une secte ou un mvt obscur, pour obtenir la possibilité de commencer une thérapie.La psychanalyse éclaire des situation comme le font d'autres courant en sciences humaines (médecine comprise)
              Lles formations cognitivistes ou en art thérapie de la sorbonne sont trés chéres et donnent accés à un diplôme de sciences cognitives ou d'art thérapeute qui permet d'exercer en commercial et sans être médecin (tiens cela ressemble à la psychanalyse) à condition d'avoir les moyens de créer son entreprise
              Paraléllement à cela ,se développe du coté de la consultance et du coaching la future concurente(enfin à voir) avec écoles et diplômes à l'appui, le coaching de vie
              Conclusions, si je suis dans un état depressif je crois que ma première démarche sera d'abord d'aller voir un psychiatre (avec une consultation entre 40 et 60euros maximum) ou mieux à l'hopital (mais là je pense que ma deprime sera déjà passée à une depression en raison des delais) reste alors les urgences psychiatriques....
              Ces polémiques demeurent et plus le temps passe plus la population consomme des anxiolitiques ou des anti depresseurs .
              Iil serait peut être temps de s'interroger sur d'autres modéles que ceux de nos ancétres. l'orientation psychanalitique ou cognitiviste ne sont pas incompatibles si l'objectif du thérapeute vers le patient ?, client ?...est defini
              (même si l'objectif est de ne pas en avoir d'ailleurs) et que la richesse mais surtout le pouvoir ne sont pas les maîtres du travail avec la souffrance.
              Marypom
              Dernière modification par marypom, 02/10/2005, 19h46. Motif: orthographe
              " Dans ces temps de tromperies universelles, dire la vérité devient un acte révolutionnaire " G. Orwell

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                #22
                Re : Le livre noir de la psychanalyse

                ...
                Dernière modification par Clairenciel, 13/10/2005, 08h50.

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                  #23
                  Re : Le livre noir de la psychanalyse

                  Bonjour Marypom,
                  Envoyé par marypom
                  Conclusions, si je suis dans un état depressif je crois que ma première démarche sera d'abord d'aller voir un psychiatre (avec une consultation entre 40 et 60euros maximum) ou mieux à l'hopital (mais là je pense que ma deprime sera déjà passée à une depression en raison des delais) reste alors les urgences psychiatriques....
                  ça, ce sont les options entre lesquelles tu peux choisir aujourd'hui.

                  Dans un futur assez proche, il n'y aura plus suffisamment de psychiatres pour assurer les soins psychiatriques (diminution prévue de 30 à 40 % du nombre de psychiatres d'ici 2025 - source http://www.sante.gouv.fr/drees/etude...-pdf/er352.pdf ).

                  Pour assurer les soins psychiatriques, les pouvoirs publics devront alors se tourner vers d'autres professionnels de santé, comme les psychologues, pour assurer les psychothérapie des personnes les plus démunies, par exemple sur prescription des psychiatres. Les psychothérapies ainsi "prescrites", et remboursées en tout ou partie par l'assurance maladie, devront être impérativement des psychothérapies très codifiées, ce qui est le cas par exemple des thérapies comportementales et cognitives (objectifs et nombre de séances fixés à l'avance).

                  Les autres psychothérapies, celles qui ne sont pas codifiées, dont par exemple la psychanalyse, seront du domaine privé, à la charge du patient.

                  Cordialement.
                  Dernière modification par Pandore, 03/10/2005, 13h22.
                  Pandore

                  « Les mots sont des planches jetées sur des abîmes, avec lesquelles nous traversons l’espace d’une pensée...»
                  Paul Valéry



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                    #24
                    Re : Le livre noir de la psychanalyse

                    "[QUOTE=Pandore]Bonjour Marypom,

                    , ce qui est le cas par exemple des thérapies comportementales et cognitives (objectifs et nombre de séances fixés à l'avance).

                    Les autres psychothérapies, celles qui ne sont pas codifiées, dont par exemple la psychanalyse, seront du domaine privé, à la charge du patient."

                    oui c'est bien car c'est un peu trop difficile d'évaluer ce qui n'est pas evaluable je ne savais pas que les psychiatres etaient si menacés merci
                    marypom
                    Dernière modification par marypom, 03/10/2005, 18h21.
                    " Dans ces temps de tromperies universelles, dire la vérité devient un acte révolutionnaire " G. Orwell

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                      #25
                      Re : Le livre noir de la psychanalyse

                      Bonjour à tous,

                      Pour votre information :

                      Le livre noir de la psychanalyse dans les médias, au programme:


                      dimanche 9 octobre à 12 h sur France INTER, Mikkel Borch Jacobsen sera reçu chez Patricia Martin pendant une heure

                      lundi 10 octobre I TV (chaîne info CANAL +) à 10h30 dans “ça vous regarde” Annie Gruyer, présidente de Mediagora passe avec Pierre Grimbert

                      lundi 10 octobre dans LE FIGARO, débat avec Christophe André, psychiatre TCC

                      le journal télévisé de 20 h (mardi 11, mercredi 12 ou jeudi 13) sur France 2, Jean Cottraux, psychiatre TCC, filmé dans son Unité à Lyon

                      En attente, un dossier dans MARIANNE de P. Petit


                      Bon week end !

                      Agnès

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                        #26
                        Re : Le livre noir de la psychanalyse

                        Bonjour,

                        Dans le Monde du 6/10 une tribune de Serge Tisseron. Son accusation étant diffamatoire, Laurent Beccaria, directeur des Arènes envoie son droit de réponse qui ne sera peut-être pas publié. Je le mets en dessous du lien afin que la lumière soit faite partout où c'est possible. Ce message se trouve également dans le post "dans la presse" sur le forum Santé psy.

                        Agnès

                        http://www.lemonde.fr/web/article/0...6-695924,0.html

                        A l’intention de Jean-Marie Colombani

                        DÉMENTI AUX ACCUSATIONS DE SERGE TISSERON

                        Le Monde a publié une tribune libre de Serge Tisseron intitulé « Le livre noir de la psychanalyse la main dans le sac ».
                        Sur deux colonnes, Serge Tisseron appuie sa charge sur une citation «totalement inventée», « dont il est indiqué en note qu’elle est extraite de [son] livre ».
                        Et l’auteur de sous-entendre que ceux qui dénoncent les mensonges et falsifications de Freud dans le Livre Noir de la psychanalyse sont eux-mêmes des menteurs et des falsificateurs.

                        Je m’étonne que Le Monde ait publié ce texte sans vérifier cette assertion auprès de l’éditeur du livre ou de Didier Pleux, l’auteur du chapitre. Un simple coup de téléphone aurait permis de ramener l'erreur de la page 492 à ses justes proportions. Cette citation n’est en rien inventée : l' « Ibid. » de la note 72 ne renvoie pas à l'ouvrage de Tisseron cité dans la note précédente, mais à un passage d’un ouvrage de J-C. Liaudet cité à la page précédente. Nulle « invention » de citation, comme l'écrit Serge Tisseron, car non seulement le passage existe bel et bien dans le livre de Jean-Claude Liaudet (Dolto expliqué aux parents), l’Archipel, 1998, mais en outre, il est de la main de Françoise Dolto.

                        Serge Tisseron trouve que cette citation “relève d’un jargon absurde”. Nous transmettons le compliment aux héritiers de son auteure, Françoise Dolto.

                        Le livre noir de la psychanalyse est un ouvrage qui compte 1.352 notes. Que le correcteur du Monde qui n’a jamais commis un Ibid décalé jette la première pierre à celui des Arènes.

                        Je suppose que Le Monde inaugure par cette tribune une nouvelle page hebdomadaire, où tous les auteurs qui décèlent une coquille dans un livre qui ne leur plait pas auront la liberté de le traîner dans la boue. Je lui promets un bel avenir. A moins qu’il ne s’agisse pour votre journal de persévérer dans le dénigrement d’un ouvrage qui a déjà eu droit à quatre « tribunes libres » incendiaires, sans que les droits de réponse ou les voix dissonantes, qui ont pourtant été envoyé au Monde, aient le même honneur.

                        Laurent Beccaria, Directeur des éditions Les Arènes

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                          #27
                          Re : Le livre noir de la psychanalyse

                          ...
                          Dernière modification par Clairenciel, 13/10/2005, 08h51.

                          Commentaire


                            #28
                            Re : Le livre noir de la psychanalyse

                            Bonsoir,

                            Aujourd'hui, un excellent article dans La Croix :

                            http://www.la-croix.com/article/inde...860&rubId=5547

                            10-10-2005


                            Qui a peur de Sigmund Freud ?

                            Depuis la rentrée, le débat sur l'efficacité des psychothérapies a rebondi de façon spectaculaire avec la publication d'un «Livre noir de la psychanalyse»

                            Freud aurait tout faux ! La «théorie de la séduction», expliquant les problèmes de certaines femmes par des abus sexuels subis dans l’enfance ? Une invention basée sur de faux souvenirs «extorqués» par Sigmund à ses patientes, sur la base de la suggestion. La «découverte» de la sexualité infantile ? Une re-découverte plutôt, inspirée au père de la psychanalyse par les sexologues de son époque et non, comme il l’a prétendu, par son auto-analyse. La «guérison» exemplaire de Bertha Pappenheim, la célèbre Anna O. des Études sur l’hystérie ? Un échec total. Etc., etc. Freud aurait menti sur toute la ligne et la psychanalyse serait au mieux, une aventure existentielle, au pire, une vaste escroquerie.

                            La charge émane de 35 auteurs de compétences diverses (historiens des sciences, physiciens, philosophes, psychiatres, sexologues, éditeurs) dont les contributions, réunies dans Le livre noir de la psychanalyse (1), forment pas moins de 800 pages. Celles-ci visent à démontrer que la psychanalyse est une construction imaginaire qui n’a jamais fait ses preuves et dont les victimes se compteraient «par milliers».

                            La déferlante de critiques qui ont accueilli l’ouvrage à sa sortie, début septembre, est à la hauteur de la violence du propos, qui s’apparente plus à une démolition en règle qu’à une recherche objective de la vérité. La méthode est simple : elle consiste à ne retenir d’un dossier que ses points noirs, ses dérives, avérées ou non, graves ou anecdotiques, et à les empiler bout à bout, en un long réquisitoire. Pour clore définitivement le débat.



                            Oui, Freud a eu des échecs


                            Tout n’est pas faux pourtant dans ce brûlot, et l’on ne peut se contenter de le rejeter en bloc sous prétexte qu’ «on n’attaque pas la psychanalyse». Oui, les fondements théoriques initiaux de la psychanalyse ne sont plus tous valables aujourd’hui. Oui, Freud a eu des échecs. Oui, il s’est prévalu de guérisons qui n’en étaient pas. Non, le père de la psychanalyse n’était sans doute pas l’homme probe, désintéressé, vertueux, bref le quasi-saint qu’en ont fait ses thuriféraires. Mais les critiques alignées ici sont-elles toutes de bonne foi ? «Il est injuste de reprocher à Freud des erreurs qu’il a lui-même en grande partie admises, explique Patrick Guyomard, psychanalyste. Par ailleurs, beaucoup d’observations cliniques remontent à un siècle : personne aujourd’hui n’entreprendrait les ‘‘Cinq psychanalyses’’ de la même manière !»

                            Reste le plus dévastateur : les témoignages de victimes disant tout le mal que la psychanalyse leur a fait. Oui, certains soi-disant professionnels ont fait des dégâts, analysant à tort et à travers, confondant interprétation et agression, etc. «Des patients ont été abîmés, il ne faut pas le nier», poursuit Patrick Guyomard. Mais juge-t-on une pratique à ses dérives ? Une profession à travers ses brebis galeuses ? Peut-on sérieusement imaginer que des milliers de personnes à travers le monde, qui sont souvent aussi des médecins, utilisent une technique inefficace ? Dans quel but ?

                            Autant dire que l’enjeu du livre est ailleurs, dans la bataille qui oppose les thérapies cognitivo-comportementales (TCC, thérapies basées sur la modification du comportement) à la psychanalyse, et qui a éclaté en plein jour il y a deux ans.

                            Retour en arrière : en octobre 2003, l’Assemblée nationale adopte, à l’initiative du député UMP Bernard Accoyer, un amendement visant à réglementer la pratique des psychothérapies, afin de protéger les patients de dérives psychosectaires. Les psychanalystes, qui ne font pas que des «cures types» (NDLR : dans lesquelles le patient est allongé sur le divan), mais pratiquent aussi des entretiens en face à face, lesquels relèvent de la psychothérapie, montent au créneau. Pas question, disent-ils en substance, d’accepter une quelconque évaluation de la profession par les pouvoirs publics. Si toutes les pratiques «psys» ne se valent pas, le sérieux et l’ancienneté de la psychanalyse, son caractère particulier lui confèrent une place à part, qui doit être reconnue. Des arguments qui seront entendus par le gouvernement et les parlementaires (2).



                            "Tous les résultats sont faussés"


                            Quatre mois plus tard, nouveau coup de théâtre. Une expertise collective de l’Inserm (La Croix du 9 février 2004) conclut, après avoir comparé trois approches thérapeutiques, à la supériorité des TCC dans le traitement de la plupart des troubles mentaux. Mais rapidement, le caractère scientifique de l’expertise, fondée sur la compilation d’un millier d’articles de la littérature internationale, est dénoncé. «Les études en question, pour pouvoir mettre un résultat en évidence, ont travaillé sur des patients ayant un trouble unique, avec une technique standard. La thérapie était prescrite, et les patients placés de façon aléatoire dans l’un des trois groupes thérapeutiques», explique le docteur Jean-Michel Thurin, psychiatre et psychanalyste, qui a participé à l’expertise, avant de se désolidariser de ses conclusions. «Dans ces conditions, qui n’ont rien à voir avec le déroulement réel d’une psychothérapie, on ne peut rien prouver. Tous les résultats sont faussés.» Devant l’ampleur de la contestation, Philippe Douste-Blazy, alors miniytre de la santé, prenant fait et cause pour les psychanalystes, prend une décision peu banale : il désavoue l’expertise et la retire du site Internet du gouvernement.

                            Depuis lors, c’est la guerre entre les tenants des TCC et les psychanalystes. Pour les TCC, l’enjeu est bel et bien de conquérir le «marché» de la santé mentale en décrédibilisant le concurrent, c’est-à-dire en l’accusant d’inefficacité. Mais «sur quoi porte l’idée de l’efficacité ?», relève Bernard Brusset, psychiatre et psychanalyste. «On ne peut contester que les TCC sont efficaces, mais dans certaines indications et avec certaines limites. Et ce que ne disent pas ceux qui les pratiquent, c’est qu’une TCC est souvent associée à la prise de psychotropes. Donc on ne sait pas si l’amélioration du patient est due à la thérapie ou au médicament.»

                            Martine Maurer, psychothérapeute formée à la psychanalyse et travaillant dans une clinique de santé mentale, pense elle aussi qu’on ne peut pas appliquer la même technique à tous les patients. «Le choix de la thérapie dépend de l’état du patient et de sa capacité à élaborer, à parler de ce qui lui arrive. Dans un trouble isolé de la conduite alimentaire par exemple, je propose d’abord une thérapie brève, pour obtenir une récupération du poids. Nous avons aussi beaucoup de patients suicidaires avec lesquels il faut commencer par une thérapie de soutien, et non par un travail analytique d’introspection, etc. La première exigence n’est pas de défendre mordicus une technique, mais de s’interroger sur ce qui est le mieux adapté à tel ou tel patient.»



                            Tout se passe en France comme si on voulait tout maîtriser


                            Or en France, tout se passe comme si l’on n’avait de cesse de vouloir tout maîtriser. On risque ainsi de passer d’un engouement pour la psychanalyse à la conviction que les TCC sont la seule approche valable. «On n’arrive pas à admettre, poursuit Martine Maurer, qu’en matière de santé mentale, le pourcentage de guérison est faible.» Et qu’il n’existe pas – qu’il n’existera sans doute jamais – de méthode miracle capable de débarrasser définitivement l’humanité de toute souffrance psychique.

                            Au-delà du débat sur l’efficacité des psychothérapies et leur évaluation (lire ci-contre), ce sont en fait deux visions de l’homme qui s’affrontent. L’une qui s’attache, comme elle le dit elle-même, à «l’ici et maintenant», à «la sélection avec le patient de problèmes concrets à résoudre» ; l’autre qui «prend en compte la dimension du sujet et du sens», (Bernard Brusset), ou qui, comme le dit P.Guyomard, «ne se limite pas au symptôme, mais s’intéresse au rapport de l’homme au temps, à la société, aux autres».

                            Marianne GOMEZ

                            (1) Sous-titre : « Vivre, penser et aller mieux sans Freud », Éditions Les Arènes, 830 p., 29,80 €.
                            (2) À ce jour, les décrets d’application relatifs à ce dispositif ne sont toujours pas parus.

                            ***



                            COMMENTAIRE


                            Attention, fragile! Par Dominique Quinio

                            Les violents mouvements de balancier donnent le tournis à ceux qui les observent. Ainsi, n’est-on pas en train de brûler ce qu’on a adoré ? Des ouvrages, des rapports paraissent, qui dénoncent les ravages de la psychanalyse : ils lui reprochent d’être non seulement inefficace mais dangereuse pour certains des patients qui y ont été soumis. Jugements en noir et blanc, aussi entiers que ceux que proféraient, naguère, les partisans du tout-psy. Il faudrait désormais proclamer la mort de Freud.

                            La maladie psychique déroute ceux qui la vivent, ceux qui en sont les témoins chez leurs proches et ceux qui essaient de la soigner. Elle a des symptômes que l’on peut traiter mais, derrière les symptômes, se cache un mal-être que la psychothérapie essaie de dénouer par un retour sur le passé de la personne. Rude quête, presque infinie, jamais aboutie, qui peut bouleverser et déboussoler. Accompagnée par un soignant indélicat, maladroit ou incompétent, elle peut faire des dégâts. Ce sont ces dérives, réelles, qu’ont mises en lumière les auteurs du Livre noir de la psychanalyse. D’aucuns, dès lors, préconisent d’y renoncer, de s’en tenir aux traitements des symptômes, de se contenter du visible et d’essayer de le changer, sans fouiller trop profond dans l’invisible, l’intimité de la personne.

                            Pourquoi faut-il opposer des méthodes au lieu de, pragmatiquement, les conjuguer ou les alterner ? Ce que d’ailleurs font beaucoup de thérapeutes, selon les cas et les moments, en France et aux États-Unis par exemple. Et ne doit-on pas, pour rassurer patients et société (le grand public ne sait pas ce qui se cache sous les vocables, ou les titres ronflants, qui est qui, qui fait quoi), accepter l’idée d’une « évaluation » des psychothérapies ? Les critères d’efficacité ne sont certes pas faciles à établir. Mais il semble nécessaire que les psychothérapeutes, amenés à « travailler » sur le plus profond de l’humain et avec des personnes infiniment fragiles, acceptent d’être observés, « évalués »(peut-on dire contrôlés ?) afin de rétablir une confiance indispensable, aujourd’hui ébranlée.
                            Pandore

                            « Les mots sont des planches jetées sur des abîmes, avec lesquelles nous traversons l’espace d’une pensée...»
                            Paul Valéry



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                              #29
                              Re : Le livre noir de la psychanalyse

                              Bonjour, je découvre aujourd'hui ce forum. Initialement, je cherchais des informations sur les mycoses...et me voilà dans le débat lié à un livre dont je n'ai même jamais entendu parler, "Le livre noir...".(Eh oui, parfois comme ça je me dis que je vis sur une autre planète !) En vous lisant tous (presque), je me suis laissée prendre au jeu et j'ai eu envie d'écrire ici ce que je pensais de la psychanalyse.
                              Il y a quelques années, je me suis sentie très mal, je pleurais quasiment chaque jour, tout prenait de grosses proportions, je me trouvais toujours nulle, bête, insipide, etc. Après quelques mois de ce régime (j'ai perdu pas mal de poids, je dormais beaucoup et bien mais j'étais toujours fatiguée, je continuais à pleurer) je suis allée voir un psychiatre à l'hôpital, qui a été ravi de me diagnostiquer une dépression et de me donner des antidépresseurs. Je lui disais que j'aurais plutôt aimé parler, il m'a dit qu'il fallait avoir meilleur moral que le mien pour me mettre à réfléchir (sinon je continuerais de voir tout en noir) et que connaître la cause des choses ne suffisait pas à guérir. Son exemple : si vous vous cassez la jambe en glissant sur une peau de banane, il ne suffit pas de le savoir...
                              Donc j'ai pris pendant quelques mois des antidépresseurs et puis j'ai insisté pour faire plus : le psychiatre m'a donc envoyé à un autre médecin du service pour une "psychothérapie analytique". Ainsi j'ai appris qu'il existait deux sortes de psychothérapies, l'autre étant comportementale, ciblée sur un problème comme parler en société, le vide, etc...
                              J'ai suivi très régulièrement (1 fois par semaine) la psychothérapie pendant un an et demi je pense, et c'est moi qui ai voulu y mettre fin, car je sentais que j'aurais toute ma vie des questions existentielles qui dépassaient le cadre de cette psychothérapie. Je suis toujours venue à la séance en parlant de mon comportement et de la manière dont je ressentais les choses, regrettant que je souffre si facilement de mille et une choses, que j'aie du mal à réagir, à m'adapter, etc. Mais par exemple, à la mort d'un proche, je n'en n'ai quasiment pas parlé car cela soulevait des questions d'ordre spirituel et que j'avais le sentiment qu'il n'y avait que moi pour inventer (créer) des réponses à ces préoccupations-là. Mon interlocuteur parlait peu, des fois je crois qu'il somnolait. Il pouvait sourire de certaines choses que je racontais, mais a toujours eu un comportement très mesuré, sans émotions. Parfois évidemment je me demandais ce qu'il pensait et comment il me voyait, mais je ne voulais pas que cela devienne important dans ma tête. Il ne m'a jamais donné d'opinion directe, n'a jamais été dogmatique. Il m'a peut-être appris, par son écoute et ses rares questions ou relances, une méthodologie pour aborder un problème. Souvent j'y pense encore, et je sens que j'ai acquis quelques mécanismes de pensée, ou d'appréhension d'une situation. Quand j'ai voulu arrêter, il m'a dit d'accord, que l'on allait le faire dans quelques mois si j'y tenais. A la dernière séance, il m'a dit "où allez-vous pleurer maintenant ?" (car je continuais à pleurer presque à chaque séance en parlant de choses qui m'avaient blessée - ces mêmes choses je pouvais en parler très normalement avec d'autres personnes, mais là, dans le bureau, les souvenirs et les ressentis reprenaient toutes leurs forces). Je ne savais pas, et sans doute maintenant je ne pleure plus, sauf si je me mets à écrire pour moi. Je ne souhaite pas être amenée à reprendre une psychothérapie analytique ou une psychanalyse car je pense que c'est un pari trop risqué (même si je suis bien contente d'en avoir fait une) : je me suis rendue compte, à y repenser, que chaque mot par lui dit tournait encore dans ma tête, et que ça aurait pu faire très mal s'il s'était montré plus bavard, plus direct, et s'il avait affiché ses propres opinions. Pour moi, c'était une relation importante entre deux personnes, mais je savais très bien qu'il était là pour son métier, qu'il était payé pour m'écouter, qu'il avait plein de gens dans son bureau avant et après moi. Que sa personne était très importante dans la relation, et qu'en même temps il devait le moins montrer de lui. Souvent depuis je me demande : mais comment fait-on pour choisir un psychalanyste ? car je sens que notre évolution est vraiment liée à l'interlocuteur (pour le meilleur et pour le pire...). Je ne sais pas si ce message entrera dans les critères du forum sur le Livre noir, je l'envoie quand même.

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                                #30
                                Re : Le livre noir de la psychanalyse

                                Envoyé par diapo
                                Je ne sais pas si ce message entrera dans les critères du forum sur le Livre noir, je l'envoie quand même.
                                Bonjour

                                merci pour votre témoignage; ça change des longs copiés/ collés
                                Nausica, administratrice du forum

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