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chlorure de potassium : une fin inhumaine ?

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    chlorure de potassium : une fin inhumaine ?

    bonjour

    Certains médecins dénoncent cette mort comme inhumaine et cruelle. Qu'en pensez vous ?
    Dernière modification par minou8, 24/04/2008, 04h32.

    #2
    Re : chlorure de potassium : une fin inhumaine ?

    Envoyé par minou8
    Certains médecins dénoncent cette mort comme inhumaine et cruelle. Qu'en pensez vous ?
    Bonjour

    L'injection de chlorure de potassium provoque un décès immédiat, en quelques secondes. C'est un véritable assassinat. Je l'ai fait une fois quand j'étais interne à l'hôpital, face à une patiente démente, grabataire, pleine d'escarres, qui hurlait de douleur jour et nuit. Je ne le referai pas. Nous avons la sédation, qui permet d'endormir et de soulager le patient, en attendant une mort qui n'apparaît pas directement liée aux produits administrés (même si il a bien sûr un lien indirect).

    __________

    Il faut être particulièrement idiot ou incompétent pour prétendre que le sevrage des benzodiazépines et plus difficile que le sevrage de l'héroïne.

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      #3
      Re : chlorure de potassium : une fin inhumaine ?

      Envoyé par d_dupagne
      Bonjour

      L'injection de chlorure de potassium provoque un décès immédiat, en quelques secondes. C'est un véritable assassinat. Je l'ai fait une fois quand j'étais interne à l'hôpital, face à une patiente démente, grabataire, pleine d'escarres, qui hurlait de douleur jour et nuit. Je ne le referai pas. Nous avons la sédation, qui permet d'endormir et de soulager le patient, en attendant une mort qui n'apparaît pas directement liée aux produits administrés (même si il a bien sûr un lien indirect).
      bonjour doc, je suis de dijon et j'ai été très touchée par le problème de Chantal... mon papa a un cancer généalisé et souffre beaucoup, il subit opération après opération pour réparer ses os...Mais pour lui je crois qu'imaginer finir en étant "aidé" n'est pas envisageable...Un voisin de ma mère est à un stade encore plus grave, et refuse ses traitements car il en mare.
      Peut on espèrer un jour etre, comme les belges ou les suisses prets à aider aux départs ou devrons nous toujours faire ça proprement en famille (!) ou seul avec tout ce que l'on trouve sous la main...
      j'ai des tas de cas autour de moi ou la mort n'a eut rien de digne et j'espère que si j'en suis un jour à décider pour moi, je sois encore en état de le faire moi meme (sans faire appel à des lois incertaines comme chantal)

      Merci pour votre site, il m'a beaucoup aider après mon opération quand je me trouvais seule chez moi à souffrir. J'y ai trouvé beaucoup de gens prets à partager les bons moments comme les mauvais de leur vie et aussi beaucoup de farfelus. C'est ça la vie
      Dernière modification par d_dupagne, 03/04/2008, 14h56. Motif: quote

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        #4
        Re : chlorure de potassium : une fin inhumaine ?

        Envoyé par d_dupagne
        Bonjour

        L'injection de chlorure de potassium provoque un décès immédiat, en quelques secondes. C'est un véritable assassinat. Je l'ai fait une fois quand j'étais interne à l'hôpital, face à une patiente démente, grabataire, pleine d'escarres, qui hurlait de douleur jour et nuit. Je ne le referai pas. Nous avons la sédation, qui permet d'endormir et de soulager le patient, en attendant une mort qui n'apparaît pas directement liée aux produits administrés (même si il a bien sûr un lien indirect).
        Rappelons que c'est un composant du cocktail d’injection létale utilisé dans certains états américains pour la peine de mort.
        Une première perfusion de thiopental de sodium, barbiturique à effet très rapide, a pour objet de rendre le condamné inconscient. Certains ne s'endorment pas.
        Puis il est injecté du bromure de pancuronium, un paralysant musculaire qui bloque le diaphragme empêchant la respiration et évitant les convulsions. Mal dilué, il peut provoquer des brulures veineuses très douloureuses...
        Finalement, on "termine" le supplicié avec du chlorure de potassium qui provoque un arrêt cardiaque par fibrillation ventriculaire...

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          #5
          Re : chlorure de potassium : une fin inhumaine ?

          Alors pourquoi cette pratique est courante dans nos hopitaux en France ?





          __________________________________________________ ____
          Il n'y aura bientot plus que les baleines pour croire ce que l'on dit sur les psychotropes sur atoute.
          Dernière modification par minou8, 03/04/2008, 21h46.

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            #6
            Re : chlorure de potassium : une fin inhumaine ?

            Envoyé par minou8
            Alors pourquoi cette pratique est courante dans nos hopitaux en France ?
            Je n'ai pas cette information. La sédation est largement pratiquée. L'assassinat au chlorure de potassium ne l'est quasiment plus. Je vous ai dit l'avoir pratiqué quand j'étais jeune médecine à l'hôpital. Je ne l'ai plus jamais revu dans les 7 ans que j'ai passés ensuite dans différents services.

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              #7
              Re : chlorure de potassium : une fin inhumaine ?

              Bonjour Doc,

              Je comprends votre position et je comprends aussi pourquoi les hôpitaux ne l'utilisent plus. Du coup le terme "assassinat" fait-il référence à la brutalité de la méthode ?
              Parce que là, il s'agissait d'une euthanasie. Brutale, certes, mais ni d'un meurtre ni d'un assassinat, il s'agissait de soulager la patiente qui souffrait le martyre et pour qui on ne pouvait plus rien faire. Ou ai-je mal compris ?

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                #8
                Re : chlorure de potassium : une fin inhumaine ?

                Envoyé par satine
                Bonjour Doc,

                Je comprends votre position et je comprends aussi pourquoi les hôpitaux ne l'utilisent plus. Du coup le terme "assassinat" fait-il référence à la brutalité de la méthode ?
                Bonjour

                Oui, administrer un produit qui tue dans la minute est un assassinat, même si on peut toujours le légitimer.


                Parce que là, il s'agissait d'une euthanasie. Brutale, certes, mais ni d'un meurtre ni d'un assassinat, il s'agissait de soulager la patiente qui souffrait le martyre et pour qui on ne pouvait plus rien faire. Ou ai-je mal compris ?
                Tuer quelqu'un est toujours un assassinat, ou un meurtre.

                Le soulager et l'endormir au risque de le tuer est une approche très différente, même si le résultat est le même in fine.

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                  #9
                  Re : chlorure de potassium : une fin inhumaine ?

                  Envoyé par satine
                  Bonjour Doc,

                  Je comprends votre position et je comprends aussi pourquoi les hôpitaux ne l'utilisent plus. ...
                  Qui serait le " préposé "

                  Déjà il est extrement difficile de signer l'ordonnance...

                  Tant que çà reste au niveau des mots, des idées, des discussions passionnantes, mais le passage à l'acte ?

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                    #10
                    Re : chlorure de potassium : une fin inhumaine ?

                    Je partage le point de vue du Dr dupagne concernant les modalités de la fin de vie. Derrière cette expression très bureaucratique il existe des réalités cruelles , autant pour les malades en fin de vie que pour les soignants, quoi qu'on en dise.
                    Dans les veines de mon père, à sa fin, il y a eu un cocktail administré, destiné à le faire entrer en coma artificielle pour qu'il ne souffre plus. Il est mort 2 semaines aprés peu ou prou, en ne souffrant plus ou immensément moins que d'ordinaire, la pompe à morphine étant devenue obsolète à ce stade. Je n'aurai JAMAIS pu lui injecter pentothal + KCL... en clair, je n'aurai pas pu assassiner mon père.
                    Car in fine, comme le dit DDD, soulager quelqu'un en l'endormant pour éviter qu'il ne souffre et l'achever comme une bête en souffrance, n'est pas la même chose, il y a un monde éthique entre les deux, cette éthique qui fait de nous des gens civilisés. Si d'aventure en France il serait légalement reconnu de pouvoir achever vieux, grabataires et malades comme des chiens, nous serions témoins directement de la décadence de notre civilisation.
                    C'est ainsi, dans l'histoire de l'humanité, que les plus grandes et brillantes réunions d'esprits se sont éteintes... dans l'eugénisme et tous ses aspects tentaculaires, euthanasie comprise.

                    Commentaire


                      #11
                      Re : chlorure de potassium : une fin inhumaine ?

                      Envoyé par Dr Hy2.0
                      Rappelons que c'est un composant du cocktail d’injection létale utilisé dans certains états américains pour la peine de mort.
                      Une première perfusion de thiopental de sodium, barbiturique à effet très rapide, a pour objet de rendre le condamné inconscient. Certains ne s'endorment pas.
                      Puis il est injecté du bromure de pancuronium, un paralysant musculaire qui bloque le diaphragme empêchant la respiration et évitant les convulsions. Mal dilué, il peut provoquer des brulures veineuses très douloureuses...
                      Finalement, on "termine" le supplicié avec du chlorure de potassium qui provoque un arrêt cardiaque par fibrillation ventriculaire...

                      Même si les produits utilisés pour pratiquer l'euthanasie sont semblables à ceux utilisés pour la peine de mort, je ne pense pas que l'on puisse faire cette comparaison.

                      Le condamné à mort est en pleine santé. Et il faut le mettre à mort immédiatement. Quitte à ce que cela prenne de longues minutes de souffrance.

                      Lors d'une euthanasie, j'imagine qu'un médecin ayant pour objectif premier que la personne ne souffre plus, a tout loisir de choisir un autre produit plongeant la personne dans l'inconscience, si le premier ne marche pas. Et il semble d'ailleurs que très souvent on ne doive pas administrer le KCl.

                      http://64.233.183.104/search?q=cache...r&ct=clnk&cd=5
                      Dernière modification par castor, 24/04/2008, 00h00.

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                        #12
                        Re : chlorure de potassium : une fin inhumaine ?

                        Envoyé par ImmerZone
                        Je partage le point de vue du Dr dupagne concernant les modalités de la fin de vie. Derrière cette expression très bureaucratique il existe des réalités cruelles , autant pour les malades en fin de vie que pour les soignants, quoi qu'on en dise.
                        Dans les veines de mon père, à sa fin, il y a eu un cocktail administré, destiné à le faire entrer en coma artificielle pour qu'il ne souffre plus. Il est mort 2 semaines aprés peu ou prou, en ne souffrant plus ou immensément moins que d'ordinaire, la pompe à morphine étant devenue obsolète à ce stade. Je n'aurai JAMAIS pu lui injecter pentothal + KCL... en clair, je n'aurai pas pu assassiner mon père.
                        Car in fine, comme le dit DDD, soulager quelqu'un en l'endormant pour éviter qu'il ne souffre et l'achever comme une bête en souffrance, n'est pas la même chose, il y a un monde éthique entre les deux, cette éthique qui fait de nous des gens civilisés. Si d'aventure en France il serait légalement reconnu de pouvoir achever vieux, grabataires et malades comme des chiens, nous serions témoins directement de la décadence de notre civilisation.
                        C'est ainsi, dans l'histoire de l'humanité, que les plus grandes et brillantes réunions d'esprits se sont éteintes... dans l'eugénisme et tous ses aspects tentaculaires, euthanasie comprise.
                        Personnellement, je ne voudrais pas de ce coma artificiel. Et préférerait pouvoir choisir une mort calme, chez moi.

                        Une loi sur l'euthanasie permet un contrôle.

                        Sans loi, l'euthanasie se pratique de toute façon. Et les dérives sont possibles.

                        castor

                        Commentaire


                          #13
                          Re : chlorure de potassium : une fin inhumaine ?

                          Envoyé par castor
                          Personnellement, je ne voudrais pas de ce coma artificiel. Et préférerait pouvoir choisir une mort calme, chez moi.

                          Une loi sur l'euthanasie permet un contrôle.

                          Sans loi, l'euthanasie se pratique de toute façon. Et les dérives sont possibles.

                          castor
                          J’ai bien aimé le happening très significatif après la mort de cette femme condamnée qui réclamait le droit à mourir. Une autre bonne femme a réclamé le même droit dans un journal régional quelques jours après son décès, prétextant d’une grave maladie incurable et dégradante. Les membres de l’Association de la maladie en question ont fait savoir qu’ils ignoraient que leur sort allait inévitablement être de devenir grabataires et le toutim, que certains, malades depuis très longtemps, ne l’étaient pas et que rien médicalement ne leur garantissait un tel avenir. Bref que cette personne se projetait dans une vision en quelque sorte totalitaire de son affection et en déduisait un « droit à mourir » complètement infondé, car ne reposant sur aucune réalité effective.
                          Cette personne réclamait ce qu’on peut appeler l’euthanasie, c’est-à-dire la mise à mort d’un condamné à mort.
                          Mais elle n’était pas condamnée à mort ; c’est ce que commentait l’Association.
                          De plus, elle ne l’était pas objectivement, puisqu’elle ne faisait que projeter quelque chose qui pouvait lui arriver (Je vais devenir comme ceci et comme cela) mais qui ne lui était pas arrivé. Elle n’était donc que suicidaire.
                          Je crois que les médecins font très bien la différence entre les deux, sans qu’il soit besoin de lois ou de circulaires. Que cette dame condamnée aurait pu mourir discrètement de la main de son généraliste sans que personne ne lève l’oreille si elle n’avait souhaité porter un message au monde et qu’à l’inverse, cette dame juste malade aurait sans doute besoin de coups de pied au cul pour cesser de s’apitoyer sur son sort.

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                            #14
                            Re : chlorure de potassium : une fin inhumaine ?

                            Envoyé par Sybille
                            Elle n’était donc que suicidaire
                            .

                            cette dame juste malade aurait sans doute besoin de coups de pied au cul pour cesser de s’apitoyer sur son sort.


                            Salut Sybille,
                            Coups de pieds au cul parfois très utiles dans la vie, mais dans le cas d'une suicidaire pas trop .
                            Mon avis cependant : si suicidaire la société n'a pas pour moi à cautionner l'euthansie. Chacun est libre de se donner la mort tout seul. Pourquoi faire appel à la société pour cela.
                            Ca ouvre un débat plus large : l'euthanasie doit elle etre vue différemment si la maladie est "physique" versus si elle est "psychologique" ?
                            Pour moi oui..
                            Mais j'ai peu d'éléments en mon esprit là pour argumenter.
                            Je n'ai pas d'opinion définitive à ce sujet.
                            A part que pour moi, en tant que psychotique stabilisée par les médicmaents adéquats, jamais je ne revendiqerais l'euthanasie, car considere qu'un éventuel suicide ne regarderait que moi si un jour c'était à l'ordre du jour.
                            Dernière modification par Rapsody, 24/04/2008, 10h58.

                            Commentaire


                              #15
                              Re : chlorure de potassium : une fin inhumaine ?

                              Envoyé par Rapsody
                              .



                              Salut Sybille,
                              Coups de pieds au cul parfois très utiles dans la vie, mais dans le cas d'une suicidaire pas trop .
                              Mon avis cependant : si suicidaire la société n'a pas pour moi à cautionner l'euthansie. Chacun est libre de se donner la mort tout seul. Pourquoi faire appel à la société pour cela.
                              Ca ouvre un débat plus large : l'euthanasie doit elle etre vue différemment si la maladie est "physique" versus si elle est "psychologique" ?
                              Pour moi oui..
                              Mais j'ai peu d'éléments en mon esprit là pour argumenter.
                              Je n'ai pas d'opinion définitive à ce sujet.
                              A part que pour moi, en tant que psychotique stabilisée par les médicmaents adéquats, jamais je ne revendiqerais l'euthanasie, car considere qu'un éventuel suicide ne regarderait que moi si un jour c'était à l'ordre du jour.
                              Bonsoir,
                              A part une mère maniaco dépressive qui m’a pourri la vie (expérience connotée et par personne interposée), je n’ai aucune expérience de la maladie « psychologique », comme vous dites.
                              Pour des raisons que j’ignore (et peu importe), j’ai pour le moment échappé à tous les pathologies psychologiques généralement associées à la maladie physique grave, au handicap et le toutim.
                              Ca m’arrive de péter un câble quelques heures quand mes labos sont trop angoissants, les douleurs trop dures, qu’il faut retourner pour la millième fois à l’hosto, etc. Pas plus.
                              Mon unique vécu de l’intérieur fut une bouffée délirante par overdose de cortisone (merci les toubibs) ; très instructif car j’ai mieux compris ce que ce que signifie ne rien « y » pouvoir. Très instructif aussi de voir ce qui sort quand les barrières sautent...
                              Mais bon, vous l’imaginez, je n’ai pas remis le couvert.
                              Ce pourquoi en général j’évite de parler des maladies autres que les bons gros machins bien tangibles et que, vous avez raison de réagir, la théorie du « coup de pied au cul » est sans doute nullissime.
                              Comme vous, je trouve que le suicide est affaire intime et que ce n’est pas à la société de l’organiser, même implicitement.
                              Pour avoir vécu des situations très limites au plan de la survie, je sais par contre que des gestes se font, des évidences s’établissent, autour des lits de souffrance et que de fait l’euthanasie se pratique.

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