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Aliénation sociale

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    Aliénation sociale

    L'aliénation sociale est un thème central dans la Revanche du Rameur.

    Un bon papier sur le sujet ici http://www.choixdecarriere.com/pdf/6...ejours2006.pdf

    #2
    Re : Aliénation sociale

    Envoyé par d_dupagne
    L'aliénation sociale est un thème central dans la Revanche du Rameur.

    Un bon papier sur le sujet ici http://www.choixdecarriere.com/pdf/6...ejours2006.pdf
    Excellent!

    "la description des nouvelles formes de la domination à partir de la clinique conduit à identifier comme primum movens l’évaluation individualisée des performances et son couplage avec les normes de la qualité totale."

    Mais où donc vas-tu chercher de tels documents?

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      #3
      Re : Aliénation sociale

      Envoyé par d_dupagne
      L'aliénation sociale est un thème central dans la Revanche du Rameur.

      Un bon papier sur le sujet ici http://www.choixdecarriere.com/pdf/6...ejours2006.pdf
      j'ai beaucoup apprécié dans ce papier le passage où il montre qu'on empêche souvent les salariés de faire correctement leur travail, et que c'est une des causes premières de leur souffrance

      ça me touche car, dans certaines grandes sociétés, on a beaucoup pratiqué cela, tout en faisant passer le message (par tout un tas de médias, au minimum, peu curieux) selon lequel la cause de nombreuses dépressions était la surcharge de travail (sur le thème "ah ces fainéants de français"), alors qu'en fait, c'était quasiment l'inverse : soit on retirait leur travail aux gens, soit on les empêchait pratiquement de le faire correctement !

      et bien sûr, cette propagande largement relayée, et dévalorisante, ne faisait qu'augmenter la gravité des choses...
      Dernière modification par d_dupagne, 23/01/2013, 06h11.

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        #4
        Re : Aliénation sociale

        Envoyé par jm14d
        j'ai beaucoup apprécié dans ce papier le passage où il montre qu'on empêche souvent les salariés de faire correctement leur travail, et que c'est une des causes premières de leur souffrance

        ça me touche car, dans certaine grande société, on a beaucoup pratiqué cela, tout en faisant passer le message (par tout un tas de médias, au minimum, peu curieux) selon lequel la cause de nombreuses dépressions était la surcharge de travail (sur le thème "ah ces fainéants de français"), alors qu'en fait, c'était quasiment l'inverse : soit on retirait leur travail aux gens, soit on les empêchait pratiquement de le faire correctement !

        et bien sûr, cette propagande largement relayée, et dévalorisante, ne faisait qu'augmenter la gravité des choses...
        Dans la médiagraphie, j'ai aussi indiqué le livre de Christophe Dejours : La souffrance au travail qui est remarquable sur le sujet.

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          #5
          Re : Aliénation sociale

          Envoyé par d_dupagne
          Dans la médiagraphie, j'ai aussi indiqué le livre de Christophe Dejours : La souffrance au travail qui est remarquable sur le sujet.
          merci de la référence

          bon, je vais commencer par lire le vôtre, qui doit m'être livré demain, et après j'enchaînerai

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            #6
            Re : Aliénation sociale

            Rappel des trois aliénations de François Sigaut et passage du livre qui les évoque en les rapprochant du film Matrix :


            François Sigaut a séparé l’aliénation en trois composantes dont la simplicité rivalise avec la pertinence. Il met en place trois acteurs : vous, les autres, et la réalité.

            1) Si vous ne voyez pas la réalité telle qu’elle est, mais que les autres la voient correctement, c’est l’aliénation mentale. Vous êtes fou.



            2) Si vous ne voyez pas la réalité telle qu’elle est et que les autres ne la perçoivent pas non plus : c’est l’aliénation culturelle. Vous êtes dans une secte ou dans un État surendetté dont vous achetez les obligations en tout confiance.



            3) Mais si vous voyez la réalité telle qu’elle est, et que ce sont les autres qui ne la voient pas, l’aliénation sociale vous guette.



            Vous êtes alors dans la position du rameur qui sent que quelque chose cloche dans le bateau, mais dont le sentiment est nié par les autres rameurs et par le barreur.

            Généralement, la soumission naturelle à l’autorité protège la santé mentale du rameur qui rame sans se poser de question et reste dans une aliénation culturelle supportable. Un homme qui est capable d’électrocuter un sujet au nom de la science dans l’expérience de Milgram est d’accord pour ramer seul si une autorité lui présente cette situation comme normale.

            L’homme social au contraire perçoit l’aberration de la fable du rameur et, s’il n’a pas le courage de se révolter, ou si la structure parvient à le briser, sa santé mentale est en grand danger. Non seulement on lui demande de ramer, mais on lui ordonne parfois de maltraiter les autres rameurs. Il devient, dans la réalité et sous une vraie contrainte, le tortionnaire de l’expérience de Milgram, alors qu’il fait partie du petit pourcentage de sujets qui refuseraient d’augmenter le courant malgré l’injonction du faux savant.

            Les hommes et les femmes qui sont touchés par l’aliénation sociale sont de plus en plus nombreux. La perte des repères sociaux, l’absurdité de la fonction ou de la méthode imposée, le sentiment d’échec conduisent alors le rameur à la dépression. Le suicide au travail devient un geste signifiant, un cri de révolte qui tente de donner un sens à la terminaison d’une vie qui n’en avait plus.

            Une société dominée par la corruption et la dés/organisation, où le fonctionnement démocratique n’est plus qu’un paravent destiné à masquer des structures hiérarchiques avides, devient une machine à broyer qui détruit les êtres les plus lucides : ceux qui sont les plus atteints sont les êtres sociaux ; ceux qui par malheur portaient justement en eux des solutions pour tourner la société vers le futur en relativisant l’individualisme. Le masque positif sous lequel avance la destruction de l’humain participe en grande partie à l’aliénation, en empêchant la colère de pouvoir se cristalliser sur un adversaire qui reste masqué.

            L’origine des grands succès du cinéma est parfois liée à leur résonance avec notre imaginaire collectif. Le film Matrix, version moderne de la «caverne» de Platon, met en scène l’aliénation culturelle et l’aliénation sociale. Les «agents» de la Matrice symbolisent les grands cabinets de consultants dont ils reproduisent l’uniforme, l’uniformité de pensée et l’uniformisation du travail qu’ils encouragent. Les rebelles, représentés par Néo, sont ceux qui perçoivent l’anormalité de leur quotidien et qui décident de lutter contre l’aliénation sociale. Ils vont se regrouper pour combattre cette Matrice aliénante qui est partout et n’apparaît pourtant jamais en tant que telle.

            Vidéo en français. En anglais



            Le choix entre la pilule bleue ou la pilule rouge proposées à Néo dans le film symbolise celui, douloureux, déjà décrit par Platon :
            - L’aliénation culturelle, avec les contraintes d’une domination acceptée mais une vie tranquille et sans histoire. Nous ramerons pour les dominants qui nous jetteront les miettes des ressources qu’ils accaparent. Nous lirons une information biaisée. Nous voterons pour les marionnettes manipulées par des hiérarchies capitalistes. Notre espoir se résume à ce que nos enfants puissent un jour accéder à ces lieux de pouvoir, de valorisation massive de leurs occupants.
            - L’aliénation sociale, avec une conscience aiguë mais douloureuse du dysfonctionnement de la gouvernance de l’homme par l’homme. Nous savons depuis Henri Laborit que l’avenir de l’homme, c’est-à-dire de nos gènes au sens large, suppose la mise au pas de l’organisation hiérarchique actuelle fondée sur la valeur. Nous voyons plus loin, plus large. Cette position est très inconfortable : soit nous entrons en résistance, ce qui n’est pas simple, soit la souffrance nous envahit, avec son cortège de maladies et le risque suicidaire qui l’accompagne : la fuite ultime hors de la Matrice.
            Dernière modification par d_dupagne, 21/02/2012, 06h07.

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              #7
              Re : Aliénation sociale

              Envoyé par Haribodoc
              Excellent!

              "la description des nouvelles formes de la domination à partir de la clinique conduit à identifier comme primum movens l’évaluation individualisée des performances et son couplage avec les normes de la qualité totale."

              Mais où donc vas-tu chercher de tels documents?
              Tenez ! J'en ai trouvé une autre je crois : les profs de langue se font évaluer et s'auto-évaluent sur une grille européenne, ils ont même appelé ça la GRILLE !
              Dérision ou étourderie, ou bien l'art d'aliéner les dominés n'a même plus besoin de faux-nez ? ;+D

              http://bit.ly/xCQGpa

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                #8
                Re : Aliénation sociale

                Bonjour

                Intéressant documentaire sur Arte hier soir : "Malades du travail". Itw de Marie Pézé entre autres.
                http://www.arte.tv/fr/6410380.html

                Pas vu ce documentaire mais beaucoup entendu parlé :
                "Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés"
                http://www.dailymotion.com/video/x5f...e-b_shortfilms
                D'après le livre de Pezé et inspiré des travaux de Dejours ?

                Je tache de réunir quelques "trucs" pour ma cousine qui subit un harcèlement à son travail… Elle s'isole car elle bosse dans le Public (secteur santé) et n'arrive plus à voir comment se dépatouiller avec la mutation (ou suppression ?) de son poste.
                Lire et se renseigner pour se défendre, c'est bien, mais je crains qu'elle soit si déprimée qu'elle ne sache plus vers quel recours (ou aide concrète) se tourner, ni même comment s'organiser efficacement.

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                  #9
                  Re : Aliénation sociale

                  Envoyé par hachedeuzo
                  Pas vu ce documentaire mais beaucoup entendu parlé :
                  "Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés"
                  http://www.dailymotion.com/video/x5f...e-b_shortfilms
                  Bonjour,

                  En plus du documentaire que vous citez, il y a quelques films de fiction qui ont traité de l’aliénation sociale.

                  "Ressources Humaines" de Laurent Cantet (film français de 1999) :
                  http://www.allocine.fr/film/fichefil...ilm=21127.html

                  http://


                  "Elle est des nôtres" de Siegrid Alnoy (film français de 2003) :
                  http://www.allocine.fr/film/fichefil...ilm=47715.html


                  Elle est des nôtres - Bande annonce FR par _Caprice_" target="_blank">http://
                  Elle est des nôtres - Bande annonce FR par _Caprice_


                  "Violence des échanges en milieu tempéré" de Jean-Marc Moutout (film français de 2004) :
                  http://www.allocine.fr/film/fichefil...ilm=28735.html


                  Violence des échanges en milieu tempéré - Bande... par _Caprice_" target="_blank">http://
                  Violence des échanges en milieu tempéré - Bande... par _Caprice_


                  "Le couperet" de Costa Gavras (film français de 2005) :
                  http://www.allocine.fr/film/fichefil...ilm=57679.html

                  http://


                  "De bon matin" de Jean-Marc Moutout (film français de 2011) :
                  http://www.allocine.fr/film/fichefil...lm=182996.html

                  http://


                  "Louise Wimmer" de Cyril Mennegun (film français de 2012) :
                  http://www.allocine.fr/film/fichefil...lm=179183.html


                  Louise Wimmer Bande-annonce par toutlecine" target="_blank">http://
                  Louise Wimmer Bande-annonce par toutlecine


                  Et tout récemment (sorti ce mercredi), "La mer à boire" de Jacques Maillot :
                  http://www.allocine.fr/film/fichefil...lm=189184.html

                  http://


                  Il y en a sûrement d'autres, mais ce sont les films qui me viennent spontanément à l'esprit.
                  Dernière modification par Valérianne, 30/06/2012, 09h03.

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                    #10
                    Re : Aliénation sociale

                    Merci, j'en avais vu quelques zun !

                    Je me souvenais aussi de ce téléfilm "De gré ou de force" avec à la fin le "dégraisseur" qui somatise…

                    Téléfilm de Fabrice Cazeneuve (1998) : "Désireux de fermer l'une de ses filiales sans payer d'indemnités de licenciement, un grand groupe fait appel à un "mercenaire" des ressources humaines, chargé de pousser à bout les employés... jusqu'à ce que démission s'en suive. Une comédie grinçante rythmée comme un thriller."
                    + d'infos :
                    http://archives.arte.tv/societe/mobb...text/thema.htm

                    Le film à voir sur :
                    http://www.dailymotion.com/playlist/...1#video=x3gsnv

                    Et dernièrement, le documentaire de Didier Cros "La Gueule de l’emploi"(émission « Infrarouge »)
                    Déjà quand on voit les méthodes de recrutement... On tombe des nues quand on découvre finalement quel est le poste et le salaire.

                    http://lemonde-emploi.blog.lemonde.f...e-recrutement/

                    Revoir ce docu (cliquer sur le 2ème écran, resté en ligne RTBF)
                    http://www.tuxboard.com/la-gueule-de-lemploi/

                    Malheureusement, je vois quelques personnes "vidées" par leur hiérarchie ou collègues, et s'imaginer se mettre à leur compte (en auto-entrepreneur) pour éviter d'avoir un patron.

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                      #11
                      Re : Aliénation sociale

                      Je crois qu’il faut faire attention à ne pas tomber dans les logiques victimaires.
                      La dialectique bourreau/victime relève du psychologisme et aboutit à un constat en forme d’impasse, puisqu’il s’agit d’organisation socio-économique, pas de dynamique individuelle (sauf à penser qu’une société est une juxtaposition d’individus, évidemment).
                      Ce n’est pas l’esprit du livre de DD qui cherche à analyser et démonter la mécanique ; pas à nous dire que nous sommes de pauvres petites choses.
                      On peut faire la démonstration de l’inefficacité du système en place, on peut aussi s’attaquer directement à sa bêtise crasse, en le désacralisant.
                      Les lettres de non motivation de Julien Prévieux (http://www.previeux.net/pdf/non_motivation.pdf) ou le site de J.M. Ribes (http://www.ventscontraires.net/) sont de bons exemples, je trouve.
                      Complémentaires à La revanche du rameur

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                        #12
                        Re : Aliénation sociale

                        Envoyé par Haribodoc
                        Excellent!

                        "la description des nouvelles formes de la domination à partir de la clinique conduit à identifier comme primum movens l’évaluation individualisée des performances et son couplage avec les normes de la qualité totale."

                        Mais où donc vas-tu chercher de tels documents?
                        Les trois plate-formes Cairn, Persée et Revues.org (complémentaires) sont des mines en SHS. Les moteurs de recherche fonctionnent (presque), rareté sur des sites officiels. L'actualisation est systématique, ce qui permet de suivre la recherche au fur et à mesure et on retrouve à l'inverse tous les textes "historiques" fondamentaux des disciplines ...

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                          #13
                          Re : Aliénation sociale

                          Envoyé par Sybille
                          Les lettres de non motivation de Julien Prévieux (http://www.previeux.net/pdf/non_motivation.pdf)

                          Chef d'oeuvre ! Avec en plus quelques lettres de réponses pertinentes de certaines entreprises.

                          Commentaire


                            #14
                            Re : Aliénation sociale

                            Perso, je suis fan d'un petit livre de Laurent Mercier, "lettres de motivations", paru chez Zulma en 1998 : http://www.zulma.fr/livre-lettres-de-motivation-10.html - drôle, irrévencieux, partant parfois dans l'absurdité la plus folle...

                            Commentaire


                              #15
                              Re : Aliénation sociale

                              Je ne suis qu'un modeste aide-soignant travaillant dans une petite MR/MRS de 60 lits et je vie tous les jours la situation d’aliénation sociale: il semble que je soit le seul à voir ou à vouloir voir que les soins que nous apportons aux résidents sont soit insuffisants, soit mal ciblés, soit voir mal-vaillants, bien sûr tout cela est fait "pour leur bien" mais nous les poussons vers une dépendance de plus grande envers les soignants (par ex: mise en place de consentions pour éviter les chutes qui les rendent incapable de marchés seuls). C’est gens sont petit à petit dépossédé de leur autonomie, de leur vie.
                              De plus la charge de travaille à été depuis un certain temps augmentée (ils disent mieux répartie) grâce à l’installation d’un contrôle qualité verticale à l’aide de caméras placées dans les lieux communs de vie (couloirs, bureau, cuisine, salle à manger). Caméras que le directeur définit comme son TF1 à lui. Ces caméras lui ont permis de « redéfinir » les taches de chacun, il a donc ajouté au travail des aides-soignants toute une série de tâches de nettoyages (vaisselle du souper, linge, nettoyage des couloirs) dans le but bien sûr de rentabiliser chaque minute de présence dans l’entreprise
                              Cette double situation m’a conduit progressivement à un questionnement : comment répondre aux demandes légitimes des résidents en remplissant toutes les tâches assignées dans le temps qui m’est défini et j’ai répondu à cette question en me recentrant sur résident. J’ai divisé mon travail en deux zones une essentielle (apporter les soins nécessaires et utiles aux résidents) et l’autre accessoire et parfois mal faites je l'avoue (vous aurez compris : les nettoyages) cette décision n’a pas été sans créer chez moi un certain sentiment de culpabilité du au fait de ne pas répondre entièrement aux consignes données
                              Je me suis ouvert du mal aise dans lequel je me trouvais à ma chef hiérarchique, mon infirmière-chef, qui m’a simplement répondu : « qu’on ne pouvait pas faire autrement et que si j’en avais trop eh bien on allait m’en enlever un peu pour le donner à un autre soignant » en un mot vider le sac de jean pour remplis le sac de Paul et dès que Paul ira mieux on lui remplira son sac à nouveau. Elle n’a même pas entendu que je parlais de soins viciés mal donnés aux résidents (vite, vite, vite) elle n’a entendu que organisation et remise en cause de son travail. J’ai donc dans un second temps approfondi mon action par une demande au ministère de tutelle (je sais c’est mal !) et maintenant je suis sur le départ, car, d’après le directeur, je suis un élément dangereux qui n’a pas joué le jeu.
                              Dernière modification par andre l'aide-soignant, 23/11/2012, 09h02.

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