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T'as oublié mon pauvre Vincent

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    Re : Re: Re : Re: Re : Re: Re : T'as oublié mon pauvre Vincent

    Envoyé par re-belle
    on peut aller mal sans alcool ...
    Oui, mais on va toujours mal avec.

    Mais ceci mériterait un autre fil, sur la parentalité, un autre débat.
    Sur la parentalité et l'alcoolisme oui, ce serait bien.

    Commentaire


      Re : Re: Re : Re: Re : Re: Re : T'as oublié mon pauvre Vincent

      Envoyé par Marguerite II

      Oui, mais on va toujours mal avec.
      'Videmment, pour paraphraser S. ...

      Commentaire


        Re : T'as oublié mon pauvre Vincent

        Il me semble important de clarifier certaines choses ici même.


        1) Je vais très bien dans ma vie. J'ai trouvé mon chemin. Ce fil a été ouvert, non pas pour me soulager, mais pour clarifier certaines choses aux malvoyants du forum qui ne lisent que ce qu'ils veulent.

        2)Je suis parfois dur dans mes propos, mais j'offre toujours une piste de réflexion à la personne à qui je m'adresse. Il y a toujours matière à réflexion même dans mes propos durs. Mes écrits ne sont jamais(ou très très rarement) gratuits.

        3)Je n'évite jamais les questions, mais plutôt les personnes.

        4) Ce fil n'est pas privé, donc tout le monde a le droit de poster, mais j'ai également le droit de ne pas vouloir converser avec certains membres du forum.

        Commentaire


          Re : T'as oublié mon pauvre Vincent

          Alors ce petit voyage ? raconte ? suis curieux comme la voisine qui me reluque tondre en mini-short-camouflage-moule-boulles derrière son volet ....

          Commentaire


            Re : T'as oublié mon pauvre Vincent

            Envoyé par Us and Them
            Alors ce petit voyage ? raconte ? suis curieux comme la voisine qui me reluque tondre en mini-short-camouflage-moule-boulles derrière son volet ....

            parce que tu le vaux bien US , je confirme


            Commentaire


              Re : T'as oublié mon pauvre Vincent

              Envoyé par optima
              J'avais compris depuis le premier message

              peut-être parce que je suis intelligente
              Salut Opti,

              tu me rassures. Je commençais à émettre des doutes sur ma capacité à écrire des phrases en français. Sujet+verbe+complément!!!

              Merci de ton passage et de ta présence.

              Envoyé par chris0821
              D'un autre cote, il a le mérite d'avoir de la constance dans la sobriété ....lui
              Merci mon cher Chris. C'est effectivement au moins une chose qu'on ne peut pas me reprocher.
              Y a des fois, je me demande si je ne suis pas responsable du dernier tsunami au Japon.
              Disons qu'en tout cas, je mets vraiment tout en oeuvre pour que mon abstinence se passe au mieux.

              Bises.

              Envoyé par re-belle

              et un peu marre d'entendre les mêmes choses qui perso ne me mènent pas à grand chose,
              De ce que j'ai lu ce soir sur ton topic, ça ne te mène pas non plus vers l'abstinence. Tu dis avoir acté les écrits, ce serait bien d'agir maintenant.
              Les remarques qui t'ont été faites ce soir sur ton fil sont tout bonnement excellentes et judicieuses. Alors si tu n'acceptes pas les miennes, j'en prend définitivement acte, mais ait au moins la décence d'écouter les autres. Parce que là, j'ai l'impression que Vincent, c'est le bouc-émissaire, mais en fait il n'y a pas grand monde que tu écoutes à part toi-même.
              Tu serais super bien dans ta peau, je ne tiendrais pas ce discours, mais apparemment, de ce que tu écris, c'est loin d'être le cas.

              Réagis avant qu'il ne soit trop tard. T'as qu'une vie.

              Envoyé par p'tite maman 02
              Bonsoir EDV ,

              j'ai pas compris En quoi Vincent n'est pas arrivé et cherche son chemin ? Je trouve que son post est clairement le contraire !
              Il me semblait également, mais tu sais: pour lire, il faut d'abord ôter les oeillères.

              Bises et merci de ton message.

              Envoyé par INUKSHUK
              Time out please ! Vincent, c'est Vincent, moi c'est moi. Notre maladie est commune. En dehors de ça, nous avons chacun une vie et nous nous respectons.
              Salut Inuk, comme dit en MP, nous nous respectons et nous apprécions mutuellement. T'inquiètes, faut pas chercher plus loin.

              Amicalement.

              Envoyé par Gwenlan
              Et hop, encore un tacle...
              T'en as beaucoup en réserve comme ça?
              Attention mode orgeuil:

              j'ai joué de nombreuses années en CFA2. Les tacles, j'ai appris à les éviter.

              Bises à toi.

              PS: Désolé pour le 07, mais je en vais pas pouvoir changer.
              Envoyé par iseulta

              Je te lis un peu plus depuis quelques jours, et tu as l'air d'en vouloir a Vincent, j'ai pas trop envie de faire l'avocat mais tu pousses pas un peu la?
              Salut Iseulta,

              merci d'avoir modéré.
              Bises à toi.
              Envoyé par Dica
              Bonsoir,


              personnellement, je trouve très moche ce déchaînement sur un fil dont l'auteur est absent pour la semaine et ne peut donc répondre.
              Merci de prendre soin de mon fil pendant mon absence.

              Je t'avoue que je m'attendais à ce que ça parte en live de toute façon......Mais pas aussi rapidement.

              Bises.

              Envoyé par Smooth'
              Bonsoir,

              Je te rejoins entièrement.
              Salut ma petite Smooth', je te fais la même réponse qu'à Dica.

              Merci de ta présence.

              Bises.

              Envoyé par COMOCO
              Bonjour,

              Bien que Vincent soit absent .. (bonne semaine Vincent, tu vas avoir de la lecture à ton retour !), il n'est pas interdit d'alimenter son fil.

              Donc je souhaite "corriger " l'interpretation de EDV suite à mon post:

              Je parlais du "ton", de la forme, et non pas du fond, qq fois employé par les personnes citées ( bon nuk veut plus qu'on le cite ..)

              Et je crois que c'est ce qui a été "reproché" à Vincent . Et il a dit qu'il en prenait acte. Une des raisons pour laquelle il a ouvert ce fil témoignage.

              Personne n'a été parfait, et le reconnaitre, ben, c'est le contraire de l'arrogance ....

              Corinne
              Merci Comoco de cette réponse si clairvoyante qui peut s'adapter à tous. Oui, on a commis des erreurs, on apprend à vivre avec et surtout on reconstruit.

              Prend soin de toi.

              Envoyé par krystoff
              Si Vincent ne pouvait plus assumer certaines taches ou devoirs, il a assumé ce qui lui incombait, tout mettre en oeuvre pour se soigner.
              Merci Krystoff, c'est le genre de phrase qui fait chaud au coeur quand tu la lis.
              J'espère avoir fait tout mon possible en terme de soins pour ne pas rechuter un jour.

              Bises

              Envoyé par pinocchio
              Pt1, va falloir attendre 7 mois ????

              Très bonne suite à toi, Vincent,
              j'ai hâte de lire la suite et la longue promenade en forêt,
              de Vincennes à Brocéliande !!




              Mais, à la lecture, ce qui me gêne le plus, c'est quand
              les râpeux sont rejoints par les piquants,
              puis les coupants,
              puis les hachoirs...
              Là, ca fait quand même un peu... ??... la revanche du tiroir de cuisine ?
              -Mais non ,rassure toi, dans quelques jours, le 07 octobre sera pondu. Je suis en vacances.
              Content que ça te plaise.

              -Je comprend ton allusion en parlant de hachoir etc etc....
              Il est vrai que même quand un propos n'est pas forcément dur, mais qu'il vient s'ajouter à déjà beaucoup d'autres bien salés. Ca peut faire beaucoup pour la personne qui les reçoit. Je te promets d'y faire attention dorénavant.

              Envoyé par Us and Them
              Alors ce petit voyage ? raconte ? suis curieux comme la voisine qui me reluque tondre en mini-short-camouflage-moule-boulles derrière son volet ....


              Bon, c'était vraiment génial mais épuisant. 50 gosses bourrés de caféine et taurine à gérér de 06h00 à 23h00 ....Whaouuuuuuh!!!!
              Par contre, j'ai kiffé grave les visites qu'on a fait. Ce fut des plus intéressant et enrichissant à tous points de vue.
              Le mémorial de Verdun et la cathédrale de Reims m'ont vraiment remué les tripes. L'un pour le côté triste et historique de la chose. L'autre pour raisons personnelles.

              Bises
              Dernière modification par Vincentb, 07/04/2012, 07h15.

              Commentaire


                Re : T'as oublié mon pauvre Vincent

                Le 07 octobre 2010



                Ca fait déjà deux semaines que je n'ai pas rebu d'alcool. Depuis le 21 septembre.
                Ma place a été réservé à la clinique des Bruyères. Deux jours auparavant, je suis allé acheter mes billets de train.
                Je n'en ai parlé à personne autour de moi sauf, bien sûr, à mon épouse. Je tremble encore un petit peu. Rien de méchant. Par contre, même si j'ai retrouvé une élocution à peu près normale, j'ai encore tendance à mal articuler mes mots, donc je parle lentement. Pour tout dire, ça m'inquiète un peu. J'ai un peu peur de ne jamais retrouver une élocution normale. Mais ce n'est pas ma préoccupation première en ce jour, qui reste me sortir de cet enfer.
                Ca fait deux semaines que je lis abondamment ATOUTE, sans me cantonner à mon topic. Je crois que c'est vraiment important de voir les parcours des autres. Sinon, c'est l'autruche qui reprend dessus et le nombrilisme dont l'alcoolique connaît tous les mécanismes. J'interviens un peu sur les différents topics, mais je découvre surtout tout ce qui m'a manqué dans mon parcours: les mécanismes de la maladie alcoolique. Je ne suis jamais rassasié, j'ai soif de tout apprendre sur cette maladie, je me documente autant que je peux.

                La veille au soir, j'ai couvert de câlins ma fille et ma femme. Elles vont tellement me manquer pendant 28 jours. Ma fille est encore un peu distante(elle le sera encore pendant quelques temps à mon retour), ma femme est triste de me voir partir, mais elle est contente que je me soigne. Elle m'a même demandé si c'était nécessaire que je parte puisque je n'ai rien bu depuis deux semaines. Je lui répond que si je veux guérir, j'ai besoin de m'isoler et réfléchir, travailler sur moi-même. Je crois qu'elle reprend confiance en moi.



                04h30

                -Driiiiiiiing, driiiiiiiing, driiiiiiiiiing

                J'ai la tête un peu dans le fion, du fait que j'ai passé une bonne partie de la nuit sur Atoute. Mon sommeil est encore loin d'être correct. Il mettra à peu près 9 mois pour se remettre d'aplomb.

                Je prend ma douche, je vérifie une dernière fois toutes mes affaires. J'embrasse le coeur serré ma Laurence qui sanglote. Je ne pleure pas car pour être franc, je suis tellement impatient d'entamer ma vraie renaissance. Je sais par expérience que je vais déjà pleurer comme une madeleine dans le train.
                Je suis tenté par aller réveiller mon bout de chou qui dort paisiblement. Mais je me ravise, car Laurence a besoin de repos et si je réveille la petite, elle ne se rendormira pas. Ca fait deux jours que je lui explique que je vais partir, mais que je vais revenir en pleine forme, que je penserai à elle tous les jours etc etc.....



                05h00

                Le taxi arrive. Je pars à la gare avec 4 sacs et valises. Je suis chargé comme un mulet!!!
                -Bonjour, on va bien à la gare?
                -Oui, oui.
                -Vous partez en voyage?
                -Non, je pars me soigner. Je suis alcoolique, je pars en cure(ça calme, à 05h30 du mat').
                -......?!?!?!....!!!????
                -Oui, j'ai décidé de revivre.
                -Ah, c'est terrible l'alcoolisme. Mon beauf' en est atteint. C'est un vice dont il est difficile de sortir.

                Je suis à deux doigts de l'étrangler. Mais, je comprends tout le chemin qu'il reste à parcourir en France pour la prévention de la maladie alcoolique.

                -Ce n'est pas un vice, mais une maladie.
                -Ouais, j'en ai entendu parler, mais je n'y crois pas trop. Quand on ne veut pas boire, on ne boit pas. C'est bien ce que vous faîtes, vous allez être guéri en rentrant.
                -Nan, je ne serai pas guéri. La cure n'est que le début de mon chemin(Merci Atoute). Excusez moi, mais je suis fatigué et je n'ai pas trop le courage de parler de tout ça.


                En fait le gus m'énerve et je n'ai pas envie de passer 1/4 d'heure à convaincre une huître.

                J'arrive à la gare.

                -Voilà Monsieur. 12,30 euros s'il vous plaît.
                -Voilà.
                -Au revoir. Soignez vous bien. (aurait-il compris????)
                -Au revoir. Bonne fin de journée!



                Mon train est à l'heure. Train en direction de Paris gare de Lyon via Dijon. Je composte mon billet et m'achète un croissant.
                Je monte dans le train.



                05h15

                Le train part. Je me fais la, réflexion qu'il y a peut-être d'autres alcooliques qui partent en cure. Bah, non à priori je serai le seul.
                J'arrive à Dole et j'envoie un SMS à mes parents et mes frères et soeurs.

                "Bonjour à tous. Je pars en cure pour me soigner. Je vous demande de ne pas m'appeler pendant un mois. Ai vraiment besoin d'être seul. Je vous aime toutes et tous tellement. Je vous embrasse très fort. Je souhaite un joyeux anniversaire en avance à Nina-Rose car je n'appellerai pas pour le jour J".
                J'ai encore le SMS dans la mémoire de mon tél.

                Ca y est je me met à pleurer. Je revois tellement de scènes d'enfance qui avant me faisait pleurer dans l'alcool et m'emprisonnaient un peu plus dans la boisson. Aujourd'hui, ce sont devenues des larmes libératrices car elles ne sont plus masquées par un produit.



                09h00

                Après avoir changé de train à Dijon. Je me retrouve à la gare de Lyon. Je dois prendre le métro pour aller gare Montparnasse.
                La dernière fois que je suis venu dans cette gare, je faisais le trajet inverse complétement alcoolisé. Je venais d'être licencié et j'étais allé rendre la voiture de fonction au siège de Saint-Malo. C'était il y a 5 mois! J'avais bu du ricard dans un hôtel miteux à Paris et j'avais été malade tout le lendemain dans le TGV.



                10h05

                Mon TER pour Evreux part enfin. J'ai crapahuté dans la jungle des travailleurs parisiens qui partent au travail. Mes 4 sacs étant très difficiles à manier, j'ai un peu fait chier tout le monde dans le métro.
                J'ai demandé plusieurs fois mon chemin pour être sûr de ne pas me tromper de chemin. Au lieu de tout faire moi-même, j'ai demandé de l'aide. Ca peut paraître bête, mais j'ai demandé de l'aide. Je suis en train de changer complétement de mentalité. C'est assez révélateur!



                11h20

                J'arrive à Evreux et je cours pour sortir du train. mon médecin qui connaît bien les lieux m'a dit qu'il n y a guère de taxis à Evreux, donc je me dépêche d'en choper un.

                -Bonjour. Vous allez où?
                -A la clinique des Bruyères à Brosville.
                -Je m'en doutais, mais je n'étais sûr de rien. Oui le jeudi, c'est le jour d'arrivée, alors on est habitués. Belle saloperie tout de même. Vous allez voir le coin est super sympa.
                -Oui, je sais je suis déjà venu il y a 3 ans et demi.
                -Ah, vous avez rechuté. C'est bien de reprendre le traitement.

                Le gars est vraiment sympa. Je prendrai d'ailleurs son numéro pour qu'il vienne me chercher le jour du départ.

                -A dans un mois. Vous allez être transformé. J'aime beaucoup voir les gens que j'ai déposé aller beaucoup mieux au retour. C'est vraiment touchant. On a presque l'impression d'avoir contribué à leur guérison.

                Vraiment sympa le chauffeur!!!! Ca me met du baume au coeur.

                Entre temps mes parents et frères et soeurs m'ont tous envoyé un SMS touchant. Ils m'aiment tous. C'est sûr. Ca fait du bien de se sentir encouragé et aimé par ses racines.



                11h45

                La secrétaire m'accueille avec une infirmière.

                -Bonjour Monsieur.
                -Bonjour; je suis Monsieur Vincent, le docteur A a réservé une place pour moi et on m'a dit d'arriver avant midi.
                -OK.

                On règle tous les formalités administratives. Des visages ravinés, des gens qui tremblent comme des feuilles et des personnes en blouse blanches. Voilà ma première impression de la cure.
                Une petite étincelle que j'éteins immédiatement me fait dire "putain ,je ne suis pas avancé à ce stade quand même....Et si je n'étais pas à ma place???"
                Une petite voix intérieure me répond gentiment "espèce de gros con, tu veux que je te remontre une photo de toi il y a 15 jours???? T'es venu pour te soigner ou pour admirer le fait que tu ne sois pas aussi ravagé physiquement??? C'est vrai que tu parles super bien, tu ne tremblais pas des bras, des jambes y a 15 jours!!!!!"
                C'est bon, j'ai compris le message. Il ne me quittera plus pendant toute la cure.

                L'infirmière me guide à ma chambre. Individuelle. Il est verni le Vincent.



                12h15

                Je descend manger. Je fuis un peu les regards du réfectoire. J'ai l'impression d'être au tribunal. Je me trompe lourdement. Ils ne cherchent qu'à me dire "t'es au bon endroit mon gars, t'as fait le bon choix!!". C'est ce que je chercherai à faire également quand je serai devenu un "ancien de la cure". Ce que je prend pour des regards inquisiteurs ne sont en fait que des regards de soutien et d'encouragement de la part des anciens.

                Les chambres sont bruyantes, la bouffe est moyenne, mais je ne suis pas mandaté par le guide Michelin pour faire un tour de France des meilleurs cures de désintoxication alcoolique. Je suis là pour me soigner, donc je ne fais pas le difficile. J'ai vu des gens qui quittaient la cure à causes des raisons pré-citées: j'ai trouvé ça inadmissible. Et je continue de le penser.

                Je suis assis à une table de quatre. Mais nous ne sommes que trois. En face de moi une petite dame qui a arrosé sa venue en cure à grands coups de rosé tremble tellement qu'elle n'arrive pas à manger. Je lui glisse discrètement qu'elle devrait manger son yaourt. La petite cuillère, ça passe mieux.
                On ne se présente pas. Mais on sent chez chacun d'entre nous une grande détresse. Les sanglots intérieurs reviennent. Trop de souffrances chez moi, chez les autres, c'en est trop: je craque arrivé dans ma chambre en regardant les photos de ma femme, ma fille et ma chienne que j'ai mis en face de mon lit.


                14h00

                "Toc toc????"

                -Oui, entrez.
                -Monsieur Vincent, vous allez voir le médecin dans 5 minutes, vous venez avec moi?
                -Oui, bien sûr!

                J'attends dans la salle d'attente accompagné d'une dizaine de patients. Vient mon tour.

                -Bonjour, je vois que vous êtes envoyé par le docteur A. Comment va t-elle?
                -Beaucoup mieux que moi!!!
                Le doc rit un peu.
                -Je vois que vous êtes déjà venu. C'est la bonne, cette fois?
                -Oui, la première fois, j'avais arrêté de boire. Là, je viens pour arrêter l'alcool.
                -C'est la même chose, non?
                -Absolument pas. Vous allez des fois sur Atoute?
                -C'est quoi?
                -Un site médical avec une section pour arrêter l'alcool.
                -Je ne connais pas du tout.

                Je lui parle un peu d'Atoute et lui explique le concept d'arrêter l'alcool.

                -Alors comment comptez vous faire pour arrêter l'alcool?
                -Je veux mettre des mots sur mes souffrances trop longtemps enfouies au fond de moi au lieu de les masquer avec l'alcool.
                -Vous avez des angoisses?
                -Des grosses angoisses liées à une énorme nostalgie. La mort notamment.
                -Classique. Avez vous du mal à vous retenir de faire l'amour?
                -Pardon?
                -Quand vous avez envie de faire l'amour avec votre femme, est-ce que vous avez du mal à vous frustrer d'une envie?
                -Bah, quand j'ai envie de faire l'amour, je lui en parle. Si elle est open, c'est parti, sinon, je déplante la tente.
                -Je crois que vous êtes bi-polaire. Je vais vous donner un traitement.
                -Bi-polaire, non je ne crois pas.
                Je lui rétorque la question.
                -Nous ne sommes pas là pour parler de moi, mais de vous.
                -Oui, je suis bien d'accord, mais je trouve un peu léger de me diagnostiquer bipolaire parce que j'aime faire l'amour à ma femme!!!!
                Je ne veux pas de médicaments qui vont m'abrutir et m'empêcher de parler à coeur ouvert avec la psychologue de la clinique. Je veux être moi-même afin de pouvoir tout dire. Je ne suis pas venu lâcher une addiction pour en reprendre une autre. Dire des choses sous l'emprise d'un produit, je l'ai fait pendant des années. Je peux continuer et dans ce cas ma place n'est plus ici. Je veux pouvoir parler en étant pleinement conscient de ce que je dis afin de vraiment me libérer de l'alcool une bonne fois pour toutes.
                -Bon d'accord, mais si vous ressentez des angoisses, n'hésitez pas à demander quelque chose à l'infirmière.
                -D'accord docteur. Merci pour tout.(ce n'est qu'un résumé de tout ce qui s'est dit ce jour là).

                En fait, je prendrai un valium pendant toute la cure un soir où j'étais énervé. Ce sera le seul de ma vie entière.



                16h00

                Arrive le tour de la psychologie de groupe. Je suis enfin dans le vif du sujet. Véronique la psy ne me reconnaît pas, mais elle en voit passer tellement!!!!

                On se présente tour à tour. Les histoires sont terribles. Des parents sadiques, des viols, des décès, des condamnés pour violences conjugales des petits jeunes de 20 ans accrocs à tout ce qui peut leur brouiller l'esprit.
                Je suis à deux doigts de pleurer quand j'entends comment un jeune de 22 ans se faisait tabasser étant petit par sa mère.
                Arrive mon tour.

                -Bonjour je m'appelle Vincent. Je suis alcoolique depuis mes 23 ans, j'en ai 34 aujourd'hui. J'ai commencé à boire à 18 ans et avec le recul je sais que je suis alcoolique depuis que ce produit m'a permis de dire en pleurs à mes parents que je les aimais et que le Vincent immonde qu'ils avaient souvent en face d'eux n'était pas le vrai. J'avais un travail il y a encore peu, mais j'ai tout bousillé. Je veux m'en sortir à tout prix.

                Ca peut paraître bête, mais de mes souvenirs, je crois que suis le seul à avoir prononcé "je veux m'en sortir".

                - J'ai commencé à boire seul le soir vers 23 ans et ça s'est empiré très lentement jusqu'à ma première cure. Je suis resté abstinent pendant 18 mois(ridicule quand on sait qu'il y avait un gars qui avait rechuté après 18 ans d'abstinence....Luco, je pense à toi). J'ai rechuté le soir de la naissance de ma fille.
                -Pourquoi, me lance la psy?
                -Trop d'émotions, mes études que j'avais repris étaient un succès. Le sentiment du devoir accompli. Ca faisait quelques semaines que ça couvait. Ma rechute a été très longue à mettre en place. Je rebuvais normalement(je schématise) pendant des mois donc j'avais fini par croire que j'étais guéri. Puis le licenciement a tout accéléré. les deux dernières semaines, j'en étais à 1 litre de ricard par jour en deux fois. 1/2 litre à chaque fois. Midi et soir. Je n'ai rien bu depuis deux semaines.
                -Vous êtes sobre depuis deux semaines. pourquoi êtes vous venu quand même?
                -Parce que je sens que j'ai besoin de cette cure, sobre ou pas, j'ai besoin de réapprendre à vivre.
                -C'est une très bonne chose. Croyez vous à la psychologie?
                - J'ai longtemps cru que c'était une invention pour aider les faibles. Aujourd'hui, je sens que c'est ma planche de salut et je compte beaucoup sur vous pour commencer mon travail que je finirai à Besançon.
                -La psychothérapie ne dépendra pas de moi, mais de vous!!!! Je ne suis qu'une gare de triage. A vous de choisir votre destination: le voyage ou le hangar.
                Sachez Véro que je n'ai jamais oublié vos paroles.



                19h00

                Le soir, je me retrouve avec mes trois compagnons de tablée.

                Un petit jeune assis ma table, me dit qu'il n'est pas là pour se soigner, mais que c'est le tribunal qui l'a obligé. Dès la sortie de la cure il reboira. Malheureusement, il n'attendra pas la fin de la cure et partira malgré les avertissements judiciaires au bout de deux semaines.

                La petite dame me dit que son mari fait exprès de lui mettre une bière sous le nez dès qu'il veut avoir la paix et faire ce qu'il veut. Elle tient, elle tient, et pis elle craque. Hier, elle a bu quatre bouteilles de rosé d'où ses tremblements voire spasmes qui la secoue.

                Pfffff, que de malheurs, que de chagrins.........



                21h30

                La nuit est tombée, j'appelle Laurence.

                -Salut ma puce.
                -Salut mon amour.
                -Comment vas-tu?
                -Bien, la petite a été sage, mais je suis bien fatiguée. Et toi tout se passe bien?
                -Oui, l'accueil s'est bien fait et j'ai réussi à persuader le médecin de ne pas me filer de cachetons. Je n'aurai que du magnésium en piqûre. Il y a beaucoup de misère ici et je me reconnais dans beaucoup de témoignages. Il était vraiment temps que je me reprenne en main. J'ai beaucoup d'espoir.
                -.........Je t'aime.
                -Tu es ma perle, mon amour. Je t'aime très fort aussi.

                Laurence pleure un peu au téléphone. Je la rassure et lui dit que tout va bien se passer.
                -Ne pleure pas ma chérie. Je vais revivre et toi avec moi! Il me tarde d'être au 04 novembre pour te serrer dans mes bras.
                -Bonne nuit mon amour!
                -Bonne nuit à toi aussi....Ah, au fait, je peux en parler à mes parents?
                -Oui, bien sûr. Ils seront certainement soulagés. et dis leur que je vais bien m'occuper de leur fille dorénavant.
                -Gros bisous!
                -Gros bisous à toi aussi!

                A peine raccroché, je pleure à chaudes larmes. J'ai encore du travail à faire pour arriver à lâcher mes émotions devant mes proches. Ce sera bientôt le cas grâce à tout le travail effectué avec la psy du Csapa à mon retour à Besançon.

                Pour l'instant, je m'endors en pensant à ma petite famille avant que la mort ne vienne me parler comme d'habitude. Sauf qu'avant je me cachais dans l'alcool pour ne pas l'entendre. Plus maintenant!!!!

                Rideau!


                Le 04 novembre 2010 au prochain post.
                Dernière modification par Vincentb, 09/04/2012, 14h31.

                Commentaire


                  Re : T'as oublié mon pauvre Vincent

                  Bonjour Vincent,

                  Je lis ton récit avec beaucoup d'attention et d'intérêt.

                  Je suis IRL dans la situation de Laurence. Merci pour ce partage.

                  Commentaire


                    Re : T'as oublié mon pauvre Vincent

                    merci de partager ça avec nous

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                      Re : T'as oublié mon pauvre Vincent

                      Bonjour Vince,

                      Des différences, des points communs... mais tu viens de me faire émotionnellement revivre ma première journée de cure, ce 28 août 2010 après un mois de sobriété...

                      En tous les cas, la même détermination et le même besoin viscéral de commencer le chemin pour s'en sortir. Cette même démarche de tout prendre et de tout donner pour, enfin, être libre.

                      Merci à Toi

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                        Re : T'as oublié mon pauvre Vincent

                        Envoyé par Vincentb
                        -Bonjour; je suis Monsieur Vincent.
                        Ah, mais j'te connais!



                        Sans dec', que de points communs on a...

                        Le 7 octobre déjà.
                        Le fait qu'on soit 2 "teigneux/râpeux", "je sais tout"...
                        Tu racontes aussi les soutiens trouvés le long de ta route à partir du moment où tu as commencé à parler.
                        Ton empathie pour tes collègues de cure, tout en restant concentré sur toi.
                        Ton rejet des cachets pour rester clair dans ta tête.
                        Le soutien de ta Laurence comme j'avais celui de mon Anne.
                        Tsétéra...

                        Tu racontes ton histoire en détail, en disant que c'est pour expliquer que t'as "pas oublié".
                        Moi c'était parce que je "n'avais jamais connu la dépendance".

                        Mais tous les deux on ressent quelque chose de fort en analysant, décortiquant à la loupe, avec 2 ans de recul, cette démarche clé.
                        Me gourre-je?
                        Bonjour Le Truc L'article 518 L'article 412 Le post 5 Le combat Les cailloux L'hérédité Les 3 mois Le Rat de Cave

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                          Re : T'as oublié mon pauvre Vincent

                          Envoyé par Anthémis*
                          Bonjour Vincent,

                          Je lis ton récit avec beaucoup d'attention et d'intérêt.

                          Je suis IRL dans la situation de Laurence. Merci pour ce partage.
                          J'espère que ta situation va s'arranger comme ca a pu être le cas de Laurence.

                          Courage et merci de ton passage.

                          Je suis très content que mon témoignage puisse peut-être un jour servir les autres.

                          Bises.

                          Envoyé par p'tite maman 02
                          merci de partager ça avec nous
                          A ton service.

                          Le partage sert autant l'émetteur que le récepteur du témoignage.

                          Bises.

                          Envoyé par Smooth'

                          En tous les cas, la même détermination et le même besoin viscéral de commencer le chemin pour s'en sortir. Cette même démarche de tout prendre et de tout donner pour, enfin, être libre.

                          Merci à Toi
                          Oui, tu as bien décris l'état d'esprit dans lequel je me trouvais. Tout prendre, donner autant que je pouvais en ne perdant jamais de vue que c'est moi que je devais soigner; pas les autres.
                          Le partage a ceci de positif en cure: il n'appauvrit pas, il enrichit. C'est le but d'Atoute également.

                          Bises.

                          Envoyé par Smooth'
                          Bonjour Vince,

                          Des différences, des points communs... mais tu viens de me faire émotionnellement revivre ma première journée de cure, ce 28 août 2010 après un mois de sobriété...
                          Merci à toi d'être passée.

                          Nous sommes presque jumeaux d'arrêt d'ailleurs. Bon tu as deux mois d'avance mais ne fais pas la maline.
                          C'est un grand honneur que d'avoir marché dans tes pas. Aie aie, mon orgueil!!!!



                          Envoyé par Gwenlan
                          Ah, mais j'te connais!



                          Je suis où. Dans les bras ou bien portant le bébé.

                          Envoyé par Gwenlan
                          Sans dec', que de points communs on a...
                          C'est là, un bien grand honneur.

                          Aie aie, comme pour Smooth' mon égo et mon orgueil vont en prendre un coup.....Mais je prends quand même le compliment

                          Envoyé par Gwenlan
                          Le 7 octobre déjà.
                          Le fait qu'on soit 2 "teigneux/râpeux", "je sais tout"...
                          Oui toutafay!!!!


                          Envoyé par Gwenlan
                          Tu racontes aussi les soutiens trouvés le long de ta route à partir du moment où tu as commencé à parler.
                          Y a pas dire. Si tu veux sortir de là, il faut parler. Tu n'as pas le choix! Donc quand on se ferme, on boit. Et quand on boit, les gens n'ont pas envie de nous écouter, même si ce que l'on dit est réel. Quand on s'ouvre, on ne boit plus donc les gens nous écoutent sérieusement et posément.

                          Envoyé par Gwenlan
                          Ton empathie pour tes collègues de cure, tout en restant concentré sur toi.
                          Oui, j'étais triste pour tous ces gens, mais je n'ai jamais perdu de vue que j'étais venu me soigner moi.....Personne ne le ferait à ma place! Il en était donc ainsi pour mes collègues de cure également. Chacun son chemin.


                          Envoyé par Gwenlan
                          Ton rejet des cachets pour rester clair dans ta tête.
                          C'était hors de question que je ne sois pas clair pour faire mon travail de reconstruction. Ayant été élevé dans l'homéopathie, le moindre médicament conventionnel que je prends a un effet boeuf sur moi. Si j'avais voulu continuer à parler sous substances, je n'aurais carrément pas arrêté l'alcool.

                          Envoyé par Gwenlan
                          Le soutien de ta Laurence comme j'avais celui de mon Anne.
                          Tsétéra...
                          Oui elle a été importante pour moi.

                          Envoyé par Gwenlan
                          Mais tous les deux on ressent quelque chose de fort en analysant, décortiquant à la loupe, avec 2 ans de recul, cette démarche clé.
                          Me gourre-je?
                          Dans le mille.
                          Tout est dans la démarche et dans l'état d'esprit. Et ça, je le dois à ma première abstinence et à ma rechute. C'est en repensant à tout ça que j'ai pu comprendre pourquoi j'avais rechuté. Je ne voulais pas recommencer la même erreur. Encore une fois, Atoute m'a été d'un grand secours car c'est ici même que j'ai pu comprendre ce qui avait cloché dans ma première démarche. La cure n'était que le commencement.

                          Bises.
                          Dernière modification par Vincentb, 09/04/2012, 12h11.

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                            Re : T'as oublié mon pauvre Vincent

                            Bonsoir Vincent,

                            Même si ça ne plait a tout le monde, je trouve que c'est bien de prendre son temps pour raconter notre vécu en détail, pour partager aussi.
                            Ce n'est pas un exercice simple, j'ai souvent essayé d'écrire ma vie de sdf/alcoolique, ce que je ressentais, comment j'y étais arrivée et sortie, mais je n'ai pas réussi a mettre des mots sur mon passé.

                            Je vais mettre dans ma sélection la suite
                            Un bout de vie

                            L'alcool c'est pas un problème

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                              Re : T'as oublié mon pauvre Vincent

                              Envoyé par iseulta
                              Bonsoir Vincent,
                              Salut Nadine,



                              Même si ça ne plait a tout le monde, je trouve que c'est bien de prendre son temps pour raconter notre vécu en détail, pour partager aussi.
                              Oui, le partage est important sur un site comme Atoute. Il permet réellement de s'enrichir et de voir que certain(e)s ont eu un parcours similaire. Ca aide au début quand on débarque.



                              Ce n'est pas un exercice simple, j'ai souvent essayé d'écrire ma vie de sdf/alcoolique, ce que je ressentais, comment j'y étais arrivée et sortie, mais je n'ai pas réussi a mettre des mots sur mon passé.
                              Ce serait vraiment intéressant de voir un peu plus ton parcours. J'en avais lu un bout dans la sélection témoignages(me semble t-il).
                              Se sortir de l'engrenage de la rue ne doit pas être chose évidente.




                              Je vais mettre dans ma sélection la suite
                              Merci à toi.



                              Bonne soirée.

                              Commentaire


                                Re : T'as oublié mon pauvre Vincent

                                J'ai beaucoup de plaisir à te lire. Merci.
                                "La patience est un art qui s'apprend patiemment" (Grand Corps Malade)

                                Commentaire

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