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Les vieux, les protéines et les généralistes incompétents

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    Les vieux, les protéines et les généralistes incompétents

    Je suis tombé sur un article de la revue consumériste Que Choisir qui m'a hérissé. En voici un extrait ci-dessous(un peu long à s'afficher) vous pouvez lire le texte de l'extrait ici http://www.atoute.org/divers/aliment...es%20vieux.pdf




    Mon but n'est pas tant de défendre les généralistes "incompétents" que de constater la dérive de la médecine. Certes, je sais que des journalistes peuvent déformer les propos de ceux qu'ils interviewent, mais je doute qu'ils aient tout inventé.

    Les deux gériatres donneurs de leçons sont des hospitaliers. Ils ne connaissent de la personne âgée que ce qu'ils voient en hôpital ou éventuellement en maison de retraite, ou ce qu'on leur raconte. Plus crûment, je dirais qu'ils ne connaissent pas grand chose aux conditions de vie de la personne âgée en ville. Je me souviens de ma vision de la personne âgée et de la compétence des généralistes quand j'étais interne à l'hôpital : j'ai beaucoup évolué au contact de la réalité...

    Une personne âgée est un être complexe qui interagit avec son milieu et dont l'appétit est fondamentalement lié à l'élan vital.
    Il faut bien sûr veiller à l'accès à des produits en phase avec ses besoins (mais surtout ses envies) mais le problème est souvent ailleurs.

    Le problème est dans l'isolement : manger seul n'est pas stimulant, même les jeunes adultes mangent n'importe quoi quand ils sont célibataires, et ce n'est pas parce qu'ils sont mal conseillés par leur médecin.

    Le problème est dans vieillissement parfois excessif
    : protégé des maladies les plus courantes par les progrès de la médecine, le vieillard s'ennuie et attend souvent la mort avec une impatience cachée pour éviter les débats avec son entourage qui ne comprend pas ou n'accepte pas cette perte d'élan vital. L'appétit en pâtit et l'antidépresseur est souvent un béquille intempestive face à une volonté légitime d'échapper à l'ennui, aux handicaps et aux tracas de la vie.

    Le problème est dans les régimes intempestifs en effet, réclamés par ces vieilles dames qui regardent beaucoup la télé et lisent les magazines où fleurissent les campagnes contre le cholestérol animées conjointement par les agences de l'industrie pharmaceutique et les "dealers d'opinion" qu'elle rémunère et qui oublient de préciser que les vieux ne sont pas concernés.
    Comme il est difficile de convaincre une vieille dame d'oublier son cholestérol quand le professeur Margatruc ou Bellastatina explique dans Paris-Match les progrès incroyable de la médecine, des régimes, des margarines anticholestérol ou des médicaments dernier cri !
    Comment convaincre un vieux diabétique de manger ce qu'il aime quand il lit partout des alertes sur les dangers du sucre du gras et du sel ?

    Le problème est dans ces médicaments de l'Alzheimer
    , sans intérêt clair, qui rendent les vieux malades et leur coupent l'appétit, prescrits en masse dans les services de gériatrie et les "consultations mémoire" souvent liées à l'industrie pharmaceutique.
    Et aussi tous ces autres médicaments dont les vieux n'ont pas besoin, et dont des médecins naïfs les abreuvent après avoir assisté à des kermesses appelées improprement congrès où des spécialistes éminents viennent vanter les bienfaits de la prévention de l'ostéoporose ou d'autres maladies qui auraient vivement intéressé le Dr Knock.

    Le problème est dans ces données présentées comme scientifiques : "les vieux ont besoin de plus de protéines" qui sont certes lisibles un peu partout, mais qui reposent sur des hypothèses, des généralisations audacieuses et des calculs au doigt mouillé. Dans de nombreux pays méditerranéens ou asiatiques, les vieux vivent longtemps et en bonne santé en mangeant trois fois rien, tandis que les nordiques mangeurs de viande, de produits laitiers et et de poissons sont morts de puis longtemps. Encore une fois les lobbies agricoles (lait, viande) font bien leur travail et financent souvent des recherches qui leurs sont rarement défavorables. Qui sait que l'eau du robinet apporte dans la majorité des cas le calcium qui nous est nécessaire ?

    Croire que l'on va résoudre tout cela en formant les médecins généralistes en une journée (former à quoi ?) est une insulte au bon sens et la preuve de la déconnexion de la médecine hospitalière des réalités du terrain.

    En fait, il faudrait organiser un formation d'une semaine pour les gérontologues et gériatres : ils suivraient un généraliste pendant sa tournée de visites à domicile et apprendraient beaucoup de choses. Peut-être diraient-ils alors moins de bêtises.

    Et quant aux vieux, il faudrait surtout stimuler tout ce qui peut leur donner envie de vivre plus longtemps : la joie, l'affection, le désir, le respect de leurs choix. Heureusement, ce rôle est tenu par les familles et/ou les voisins. Quant au généraliste, il fait partie du tissu social et s'il peut empêcher un vieux souvent têtu de suivre des régimes sans intérêt, de ne pas prendre de médicament inutile, et de manger ce qui lui plaît, il a déjà bien travaillé. L'arrivée à l'hôpital signifie la rupture de ce tissu social, et fonder son jugement uniquement sur les ruptures peut gravement le fausser.

    Les généralistes savent qu'il ne faut pas juger l'hôpital sur les catastrophes qui s'y produisent et ils savent aussi résister aux "yaka", si tentants pour ceux dont la vue est un peu courte.

    PS : A noter que cet article provient de la revue "Que Choisir" et non de "Que Choisir Santé", habituellement et logiquement mieux informée en matière de santé.
    Dernière modification par d_dupagne, 08/01/2008, 14h16.

    #2
    Re : Les vieux, les protéines et les généralistes incompétents

    Je dirai que le problème est plus globale....
    Comment un patient hospitalisé peut il avoir envie de manger quand on lui apporte le plateau repas de l'hopital qui deja en général ne sent pas très bon et peu souvent appetissant.
    Pour certains patients, le fait de manger correctement est une phase importante pour qu'ils reprennent des forces.....

    c'est peut etre aussi une façon de donner au patient l'envie de fuir au plus vite

    Pour résoudre ce problème, il ne faut surtout pas s'en prendre aux médecins qui sont pour la plupart obligés eux meme de manger aussi cette nourriture.

    il n'est pas si difficile de confectionner des plateaux repas équilibrés et appetissants et si cela n'est pas fait, ce n'est pas la faute aux médecins.

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      #3
      Re : Les vieux, les protéines et les généralistes incompétents

      Envoyé par d_dupagne
      Les deux gériatres donneurs de leçons sont des hospitaliers. Ils ne connaissent de la personne âgée que ce qu'ils voient en hôpital ou éventuellement en maison de retraite, ou ce qu'on leur raconte. Plus crûment, je dirais qu'ils ne connaissent pas grand chose aux conditions de vie de la personne âgée en ville. Je me souviens de ma vision de la personne âgée et de la compétence des généralistes quand j'étais interne à l'hôpital : j'ai beaucoup évolué au contact de la réalité...

      Croire que l'on va résoudre tout cela en formant les médecins généralistes en une journée (former à quoi ?) est une insulte au bon sens et la preuve de la déconnexion de la médecine hospitalière des réalités du terrain.

      En fait, il faudrait organiser un formation d'une semaine pour les gérontologues et gériatres : ils suivraient un généraliste pendant sa tournée de visites à domicile et apprendraient beaucoup de choses. Peut-être diraient-ils alors moins de bêtises.

      .
      les hospitaliers versus les libéraux, les grands pontes contre ces crétins de généralistes...
      Il est temps d'établir des passerelles entre ville et hopital car effectivement, il s'agit de 2 mondes qui ne se comprennent pas.
      L'article que vous présentez est effectivement très instructif, merci de rester en alerte !
      Cordialement

      Commentaire


        #4
        Re : Les vieux, les protéines et les généralistes incompétents

        Envoyé par doclili
        les hospitaliers versus les libéraux, les grands pontes contre ces crétins de généralistes...
        Il est temps d'établir des passerelles entre ville et hopital car effectivement, il s'agit de 2 mondes qui ne se comprennent pas.
        L'article que vous présentez est effectivement très instructif, merci de rester en alerte !
        Cordialement
        Bonjour,
        En matière d'incompétence c'est toujours "l'autre" qui est pointé et pour un hospitalier l'autre c'est le médecin traitant !
        Les patients serait donc mieux nourris et mieux soignés à l'hôpital que chez eux ? je m'interroge alors sur un problème récurrent: je ne comprends pas pourquoi je les récupère tous, après un séjour hospitalier, amaigris et avec des escarres qu'ils n'avaient pas chez eux !

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          #5
          Re : Les vieux, les protéines et les généralistes incompétents

          Envoyé par MGG
          Bonjour,
          En matière d'incompétence c'est toujours "l'autre" qui est pointé et pour un hospitalier l'autre c'est le médecin traitant !
          Les patients serait donc mieux nourris et mieux soignés à l'hôpital que chez eux ? je m'interroge alors sur un problème récurrent: je ne comprends pas pourquoi je les récupère tous, après un séjour hospitalier, amaigris et avec des escarres qu'ils n'avaient pas chez eux !
          et pan dans les dents
          je n'aurais pas dit mieux !

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            #6
            Re : Les vieux, les protéines et les généralistes incompétents

            Bonjour
            Franchement ça en arrange bien certains qu'on se repasse la balle entre hospitaliers ( dont je fais partie quoique non médecin) et libéraux...pendant ce temps là ça évite de se poser les bonnes questions:
            - pourquoi aussi peu d'AS , de diététiciennes dans les services pour des personnes agées souvent pluri-pathologiques et peu autonomes ?
            - pourquoi les administrateurs de hopitaux pour cause d'économie et de budjet catastrophique "rationnent" sur la qualité des repas? ( je mange les memes plateaux que mes patientes a chaque garde et si je devais manger ça plusieurs jours de suite je deviendrais malade si je ne l'étais pas a l'entrée!)
            - pourquoi les libéraux ne trouvent pas assez d'IDE, aides a domiciles, portage de repas ...etc etc pour permettre un maintien a domicile confortable? pourquoi autant de paperasses des que vous vous y atteller ?
            - comment un médecin libéral qui fait déja ses 60 heures par semaines peut il prendre en charge des patients a voir a domicile plusieurs fois par semaine...
            Bref on fonce dans un mur et on est bien près d'y arriver !
            En attendant arretons de nous battre entre nous on est dans la même galère chacun de notre coté...
            Notre vieille terre est une étoile ou toi aussi tu brilles un peu....

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              #7
              Re : Les vieux, les protéines et les généralistes incompétents

              Un auteur de l'article m'a demandé par mail de transmettre les commentaires suivants :

              Mon but n'est pas tant de défendre les généralistes "incompétents" que de constater la dérive de la médecine. Certes, je sais que des journalistes peuvent déformer les propos de ceux qu'ils interviewent, mais je doute qu'ils aient tout inventé. Les deux gériatres donneurs de leçons sont des hospitaliers. Ils ne connaissent de la personne âgée que ce qu'ils voient en hôpital ou éventuellement en maison de retraite, ou ce qu'on leur raconte. Plus crûment, je dirais qu'ils ne connaissent pas grand chose aux conditions de vie de la personne âgée en ville. Je me souviens de ma vision de la personne âgée et de la compétence des généralistes quand j'étais interne à l'hôpital : j'ai beaucoup évolué au contact de la réalité...


              Non seulement je n’ai pas tout inventé mais je n’ai rien inventé. Les citations ont été relues par leurs auteurs. Elles ne reflètent pas seulement leur point de vue mais aussi celui de toutes les personnes que j’ai pu interviewer, en particulier des diététiciennes, qu’elles soient installées en ville ou travaillent dans des structures de type ASSAD.

              Plus largement, pour travailler depuis de nombreuses années à Que choisir dans le domaine de la nutrition, je suis malheureusement obligée de constater que l’incompétence de la majorité des généralistes en la matière est incontestable (même si la situation a tendance à s’améliorer du fait de l’écho rencontré par les problématiques liées à la nutrition dans la société en général). Ce n’est pas très étonnant étant donné le nombre d’heures dérisoire consacré à cet enseignement au cours des études de médecine. La plupart des généralistes eux-mêmes le déplorent d’ailleurs lorsque la question leur est posée et sont demandeurs de formation.




              Le problème est dans ces données présentées comme scientifiques : "les vieux ont besoin de plus de protéines" qui sont certes lisibles un peu partout, mais qui reposent sur des hypothèses, des généralisations audacieuses et des calculs au doigt mouillé. Dans de nombreux pays méditerranéens ou asiatiques, les vieux vivent longtemps et en bonne santé en mangeant trois fois rien, tandis que les nordiques mangeurs de viande, de produits laitiers et et de poissons sont morts de puis longtemps. Encore une fois les lobbies agricoles (lait, viande) font bien leur travail et financent souvent des recherches qui leurs sont rarement défavorables. Qui sait que l'eau du robinet apporte dans la majorité des cas le calcium qui nous est nécessaire ?



              Parler d’hypothèses et de «calculs au doigt mouillé » ne correspond pas à la réalité et est assez méprisant vis-à-vis des chercheurs qui travaillent sur la question, dont aucun ne conteste l’intérêt des protéines pour les personnes âgées. Les comparaisons en la matière avec des populations qui n’ont pas grand-chose à voir avec nous –des facteurs génétiques au mode de vie en passant par le degré d’ensoleillement lié à l’apport en vitamine D notamment- souffrent d’une multitude de biais qui les rendent inopérantes.


              ●Le problème est dans l'isolement : manger seul n'est pas stimulant, même les jeunes adultes mangent n'importe quoi quand ils sont célibataires, et ce n'est pas parce qu'ils sont mal conseillés par leur médecin.



              Que le problème de la dénutrition ne soit pas d’origine uniquement médicale et nutritionnelle, et que la solitude soit un facteur clé, c’est précisément ce que j’expose dans la suite de l’article, que vous n’avez pas reproduit.



              Le problème est dans les régimes intempestifs en effet, réclamés par ces vieilles dames qui regardent beaucoup la télé et lisent les magazines où fleurissent les campagnes contre le cholestérol animées conjointement par les agences de l'industrie pharmaceutique et les "dealers d'opinion" qu'elle rémunère et qui oublient de préciser que les vieux ne sont pas concernés.
              Comme il est difficile de convaincre une vieille dame d'oublier son cholestérol quand le professeur Margatruc ou Bellastatina explique dans Paris-Match les progrès incroyable de la médecine, des régimes, des margarines anticholestérol ou des médicaments dernier cri !
              Comment convaincre un vieux diabétique de manger ce qu'il aime quand il lit partout des alertes sur les dangers du sucre du gras et du sel ?




              C’est aussi pour essayer de convaincre les personnes âgées de l’inutilité des régimes que j’ai écrit un encadré sur la question (pas reproduit non plus sur votre site). Malheureusement, je crains qu’une autre partie du défi soit d’en convaincre de nombreux médecins généralistes eux-mêmes. Etes-vous certains que ces derniers passent leur temps à essayer de lutter contre la passion pour les régimes de leurs patients âgés ? Nombre d’entre eux ne sont-ils pas tout aussi perméables aux discours des lobbies agroalimentaires ou pharmaceutiques ? J’aimerais en être sûre…


              Fabienne Maleysson

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                #8
                Re : Les vieux, les protéines et les généralistes incompétents

                Envoyé par MGG
                Bonjour,
                En matière d'incompétence c'est toujours "l'autre" qui est pointé et pour un hospitalier l'autre c'est le médecin traitant !
                Les patients serait donc mieux nourris et mieux soignés à l'hôpital que chez eux ? je m'interroge alors sur un problème récurrent: je ne comprends pas pourquoi je les récupère tous, après un séjour hospitalier, amaigris et avec des escarres qu'ils n'avaient pas chez eux !
                Bonjour

                Attention à ne pas me faire mentir quand j'écris

                Les généralistes savent qu'il ne faut pas juger l'hôpital sur les catastrophes qui s'y produisent

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                  #9
                  Re : Les vieux, les protéines et les généralistes incompétents

                  Madame Maleysson

                  une affirmation telle que "les bébés sont pesés à chaque consultation, les personnes âgées jamais" est d'une telle indigence intellectuelle que je ne sais comment la prendre. Si de plus cette phrase a été relue et n'est pas le fait d'une retranscription un peu hâtive, c'est confondant pour celui ou celle qui la profère, et pour celui ou celle qui la transcrit. le reste est du même acabit. comme le dit un confrère hospitalier ici, alors que le système s'écroule pour des raisons financières et structurelles, il est commode de pointer les travers supposés de l"Autre", hospitalier gavé de RTT, libéral avide de pognon, patient surconsommateur à responsabiliser par des franchises.
                  la grande différence entre le généraliste ignare et le patron plein de superbe, c'est que le généraliste ignare a travaillé à l'hôpital, lui, et en connaît les côtés positifs comme les côtés négatifs. le patron plein de superbe n'a dans l'immense majorité des cas pas idée de ce que vit ou fait au quotidien le généraliste. sur ces sujets de nutrition, je note qu'il y a un monde entre ce qui est édicté en milieu clos ( l'hôpital ) et ce qui existe ensuite in vivo, en ville. Idem pour les prescriptions, décidées sur un malade alité pendant la plus grande partie de son séjour, et qu'il faut bien évidemment adapter à sa sortie, où il reprend une activité. il ne me viendrait pas l'idée de parler d'incompétence de mes collègues hospitaliers parce qu'ils ne maîtrisent pas la suite de leurs prescriptions. Quand à la nourriture, vaste sujet, je ne parle même pas de ces veuves aux pensions de reversion misérables qui me confient devoir choisir entre leurs soins et la nourriture. Enfin, n'hésitez pas à interroger des généralistes, et pas seulement des gériatres, le jour où s'étalera enfin en place publique le scandale de la prescription des anticholinestérasiques en France.

                  Commentaire


                    #10
                    Re : Les vieux, les protéines et les généralistes incompétents

                    Petite question gratuite: est ce que madame Maleysson est médecin ?

                    Commentaire


                      #11
                      Re : Les vieux, les protéines et les généralistes incompétents

                      Bonsoir,

                      Envoyé par d_dupagne
                      Le problème est dans ces données présentées comme scientifiques : "les vieux ont besoin de plus de protéines" qui sont certes lisibles un peu partout, mais qui reposent sur des hypothèses, des généralisations audacieuses et des calculs au doigt mouillé. Dans de nombreux pays méditerranéens ou asiatiques, les vieux vivent longtemps et en bonne santé en mangeant trois fois rien, tandis que les nordiques mangeurs de viande, de produits laitiers et et de poissons sont morts de puis longtemps. Encore une fois les lobbies agricoles (lait, viande) font bien leur travail et financent souvent des recherches qui leurs sont rarement défavorables. Qui sait que l'eau du robinet apporte dans la majorité des cas le calcium qui nous est nécessaire ?
                      Pour avoir beaucoup fréquenté l'alimentation à domicile chez les personnes âgées, le problème m'a semblé davantage lié à une alimentation trop riche en sucres, en graisses et en protéines que l'inverse..
                      Le cas de la personne isolée, qui n'est plus motivée pour se préparer elle-même sa cuisine est d'un autre ordre, et l'attitude médicale de rigueur consiste à prescrire un antidépresseur..
                      Il faut reconnaître que ce problème, d'ordre humain et social plus que médical est difficile à résoudre, et que le portage de repas, quand il est possible, n'amènera souvent qu'une amélioration.
                      L'alimentation n'est pas toujours baclée et mauvaise en structure, mais plutôt grasse, avec beaucoup de protéines animales (viande et charcuterie), sucre (deux desserts plus confiture au petit dej.) et produits lactés.
                      Les produits frais (salade, fruits essentiellement) sont minoritaires et pas forcément de la meilleure qualité.

                      Croire que l'on va résoudre tout cela en formant les médecins généralistes en une journée (former à quoi ?) est une insulte au bon sens et la preuve de la déconnexion de la médecine hospitalière des réalités du terrain.
                      Une journée payée par l'Ania (association nationale des industries alimentaires), très mobilisée actuellement sur le maintien des pubs télévisées alimentaires dans les créneaux horaires des enfants ?
                      Mais c'est vrai qu'il y a une vraie indifférence de l'ensemble des professions de santé devant l'alimentation, même dans le cas des diabétiques insulino-dépendants.
                      Pourtant, vu l'évolution des pathologies liées à l'obésité et à la mal-bouffe, et le fait qu'il soit de plus en plus admis scientifiquement que l'excès de viande, de lait, de sucre et de sel de l'alimentation courante fait le lit des maladies cardio-vasculaires, du diabète mais aussi de certains cancers et de divers problèmes, il pourrait sembler urgent de s'intéresser à l'alimentation en général..


                      En fait, il faudrait organiser un formation d'une semaine pour les gérontologues et gériatres : ils suivraient un généraliste pendant sa tournée de visites à domicile et apprendraient beaucoup de choses. Peut-être diraient-ils alors moins de bêtises.
                      Je propose aussi au moins une journée d'infirmière en gériatrie, avec remplissage des piluliers (ça représente plus ou moins trois heures par jour) pour tous les prescripteurs...
                      cath

                      debout les crabes.. la mer monte !

                      Commentaire


                        #12
                        Re : Les vieux, les protéines et les généralistes incompétents

                        Envoyé par ImmerZone
                        Petite question gratuite: est ce que madame Maleysson est médecin ?
                        Bonsoir

                        Fabienne Maleysson n'est pas médecin, mais ce n'est pas un problème. Un journaliste n'a pas à être diplômée dans le domaine sur lequel il écrit.
                        En revanche, il lui appartient de confronter les points de vue pour étayer son article. Le seul reproche que l'on peut lui faire est d'avoir fait la part trop belle aux gériatres et et nutritionistes hospitaliers.
                        Ma réaction visait surtout mes deux confrères cités.

                        Commentaire


                          #13
                          Re : Les vieux, les protéines et les généralistes incompétents

                          Envoyé par Fabienne Maleysson
                          Non seulement je n’ai pas tout inventé mais je n’ai rien inventé. Les citations ont été relues par leurs auteurs. Elles ne reflètent pas seulement leur point de vue mais aussi celui de toutes les personnes que j’ai pu interviewer, en particulier des diététiciennes, qu’elles soient installées en ville ou travaillent dans des structures de type ASSAD.
                          Bonsoir,

                          Merci pour cette réponse détaillée.

                          Les diététiciennes de villes sont rares. Non remboursées par la sécurité sociale, elles n'interviennent en libéral que lorsqu'elles sont intégrées dans un réseau de soin. Où avez vous rencontré des diététiciennes s'occupant en libéral des personnes âgées ?

                          Plus largement, pour travailler depuis de nombreuses années à Que choisir dans le domaine de la nutrition, je suis malheureusement obligée de constater que l’incompétence de la majorité des généralistes en la matière est incontestable (même si la situation a tendance à s’améliorer du fait de l’écho rencontré par les problématiques liées à la nutrition dans la société en général). Ce n’est pas très étonnant étant donné le nombre d’heures dérisoire consacré à cet enseignement au cours des études de médecine. La plupart des généralistes eux-mêmes le déplorent d’ailleurs lorsque la question leur est posée et sont demandeurs de formation.
                          Il traîne surtout nombre d'idées fausses en nutrition, idées qui évoluent avec le temps et surtout en fonction des actions des différents lobbies. Ces idées fausses sont souvent relayées par des diététiciennes qui n'ont pas toujours une formation biochimique ou tout simplement critique assez solide pour résister aux modes ou aux discours des "dealers d'opinion". Ce que l'on considère comme de l'incompétence est parfois du bon sens.

                          Tantôt ce sont les laitiers qui agissent dès l'école pour convaincre que leurs produits sont indispensables.
                          Tantôt les éleveurs qui endoctrinent les étudiants dès la faculté sur les bienfaits des viandes.

                          Depuis 25 ans que je m'intéresse médicalement à la nutrition, j'ai vu les nutritionnistes et diététiciennes changer souvent d'opinion, et manquer parfois de bon sens. Pour autant, je ne me permettrais pas de généraliser, mais je refuse l'idée que vous puissiez vous appuyer sur cette profession pour affirmer que la majorité des généralistes sont incompétents en nutrition.
                          J'ai le souvenir d'avoir travaillé avec une de vos collègues de Que Choisir Santé il y a 15 ans pour un article sur les vitamines, et avoir eu bien des difficultés à lui faire prendre en compte quelques réalités scientifiques.

                          Parler d’hypothèses et de «calculs au doigt mouillé » ne correspond pas à la réalité et est assez méprisant vis-à-vis des chercheurs qui travaillent sur la question, dont aucun ne conteste l’intérêt des protéines pour les personnes âgées.
                          Je suis désolé, mais je n'ai trouvé aucun article montrant qu'une supplémentation spécifique en protéines versus une alimentation banale de la personne âgée améliorait son état de santé. Tout ce que je trouve ce sont des études d'observation, de l'épidémiologie qui ne permet pas de tirer des conclusions définitives.

                          Je me souviens, dans les années 70-80, des articles unanimes qui nous expliquaient que l'huile d'olive n'était pas bonne pour les cardiaques, car sur le papier, sa composition n'était pas adaptée...
                          Et les études d'intervention cardiovasculaires des années 80, dans lesquelles les patients sous régime s'obstinaient à mourir plus que ceux à qui l'on fichait la paix. Jusqu'à ce que l'on inverse le point de vue et que l'on regarde ce que mangeait ceux qui ne mourraient pas, et que l'on constate avec surprise qu'ils consommaient du fromage, de la charcuterie, peu de lait, pas de beurre mais de l'huile d'olive et des légumes. Et c'est ce régime qui a montré enfin une efficacité préventive.

                          Je suis désolé, mais je ne fais pas confiance par principe à des chercheurs (surtout ceux qui ne déclarent pas leurs conflits d'intérêts). Je demande des preuves. Et pour me convaincre que les vieux ont besoin de plus de protéines que les jeunes, il va me falloir des preuves solides que je n'ai pas. Un bilan azoté n'est pas un argument suffisant.


                          Les comparaisons en la matière avec des populations qui n’ont pas grand-chose à voir avec nous –des facteurs génétiques au mode de vie en passant par le degré d’ensoleillement lié à l’apport en vitamine D notamment- souffrent d’une multitude de biais qui les rendent inopérantes.
                          Va pour l'asiatique, mais la génétique du grec ou du corse n'est pas si différente de la nôtre. Je n'ai rien contre la supplémentation en vitamine D, qui est un problème à part.


                          Que le problème de la dénutrition ne soit pas d’origine uniquement médicale et nutritionnelle, et que la solitude soit un facteur clé, c’est précisément ce que j’expose dans la suite de l’article, que vous n’avez pas reproduit.
                          Je n'ai pas voulu le faire pour des raisons de copyright. Si votre rédaction nous y autorise, je serais heureux de pouvoir reproduire la suite de l'article.

                          C’est aussi pour essayer de convaincre les personnes âgées de l’inutilité des régimes que j’ai écrit un encadré sur la question (pas reproduit non plus sur votre site). Malheureusement, je crains qu’une autre partie du défi soit d’en convaincre de nombreux médecins généralistes eux-mêmes.


                          J'ai bien noté que nous nous rejoignons sur ce point, mais j'ai voulu rappeler que cette pression sur les régimes émane de spécialistes en cardiologie tout aussi peremptoires que vos deux gériatres, et que les généralistes qui persistent dans l'erreur ne le font pas spontanément, mais sous la pression de formations biaisées.
                          Lisez ceci ou cela , voyez-vous une indication d'âge limite pour s'inquiéter ?

                          Consultez cette plaquette http://www.sfcardio.fr/congres/journ...s-generalistes et regardez le sponsor en face des sessions.
                          Je doute que l'on y parle beaucoup de l'absence d'intérêt des régimes chez la personne âgée. En revanche, les facteurs de risque sont au coeur du débat et il est rare que l'on précise qu'il faut laisser les vieux tranquilles.

                          Etes-vous certains que ces derniers passent leur temps à essayer de lutter contre la passion pour les régimes de leurs patients âgés ? Nombre d’entre eux ne sont-ils pas tout aussi perméables aux discours des lobbies agroalimentaires ou pharmaceutiques ? J’aimerais en être sûre…
                          Je n'ai pas dit que tous luttent contre ces régimes, je dis simplement que cette lutte est difficile et qu'affirmer qu'ils sont tous incompétents est faux et insultant. Bien sûr qu'ils sont perméables aux lobbies, mais pas plus que les diététiciennes ou les gériatres. Ce sont vos deux donneurs de leçons qui m'irritent.
                          Dernière modification par d_dupagne, 09/01/2008, 07h15.

                          Commentaire


                            #14
                            Re : Les vieux, les protéines et les généralistes incompétents

                            C'est tout à fait ce à quoi je pensais en posant la question. Les journalistes ayant fait des études médicales ou ayant approché le milieu ont davantage de "métier" sur le sujet, mais il est vrai que déontologiquement cette personne aurait du confronter les points de vue et les situations contextualisées.
                            Ma question était dirigée en ce sens. Je m'étonne tout de même d'une attitude, qui en filigrane, traite le sujet par dessus la jambe avec une réaction un tantinet partisane...
                            Le débat semble intéressant de l'extérieur et à part une expérience personnelle d'accompagnant, je n'ai rien de général à dire sinon que les gens font ce qu'ils peuvent dans l'état actuel de leur science et le point de vue du Dr Lehmann est tout à fait dans la veine de ce qui me parait être une réalité pragmatique.
                            Pour avancer sur le sujet il faut que tout le monde se passe l'info, ce qui pêche le plus à mon avis; l'espoir étant que cet état de fait existe davantage par habitude que par réelle intention de cacher, ce qui est absurde de toute manière. C'est une manie qui est propre à tous le système, alors en gériatrie ou ailleurs, quelle différence ?
                            Par ailleurs je comprends bien qu'il y ait tant de questionnement autour de la gériatrie qui est un domaine d'avenir si j'en crois la statistique démographique prévisionnelle. Dans le lot du foisonnement, il faut bien qu'il existe quelques "perles"

                            Commentaire


                              #15
                              Re : Les vieux, les protéines et les généralistes incompétents

                              bonjour

                              Une bonne lecture sur le sujet




                              Le témoignage bouleversant d’un infirmier

                              Ce livre est un cri de colère et de révolte, le témoignage vivant d’un homme qui nous fait partager l’horreur, les souffrances et les émotions d’une maison de retraite banale. Jamais la vérité n’avait ainsi été dite.
                              Depuis plus de vingt-cinq ans, Jean-Charles Escribano est infirmier, au service des personnes âgées dépendantes. Sa compétence en organisation des soins est reconnue de tous. Un jour de 2000, il est recruté dans un nouvel établissement. Très vite, son travail devient un combat quotidien : obtenir qu’on respecte les pensionnaires en actes et en paroles (que le personnel les vouvoie, tout simplement !), qu’on tienne leurs chambres propres et eux avec, qu’on veille à ce qu’ils mangent chaud. Hygiène insuffisante, personnel peu nombreux et mal formé, manque de place… Jean-Charles Escribano et quelques autres s’organisent, dénoncent les maltraitances graves, l’inhumanité quotidienne. Mais ils dérangent. Cette fois, c’en est trop, Jean-Charles Escribano veut dire haut et fort ce qui se passe derrière les portes en verre et les halls fraîchement repeints de ces maisons qui coûtent cher aux familles.
                              En 2007, 1 million de personnes sont âgées de plus de 85 ans. En 2020, elles seront 2 millions. Un choc démographique sans précédent. Il est plus que temps d’ouvrir le débat. Et si c’était nous qui y résidions ?
                              Un document poignant.
                              Presse
                              Le Parisien daté du 5 mars 2007 :
                              « Un livre choc. »
                              Le Figaro daté du 5 mars 2007 :
                              « Son témoignage (...) est édifiant. Ce qu’il dénonce, c’est la maltraitance ordinaire. Une maltraitance faite de petites humiliations, de vexations, de privations ou de méchancetés qui souvent ne répondent à aucune qualification juridique. (...) Combien sont-ils ces vieillards qui chaque jour souffrent sans même pouvoir le dire ? »
                              L’Est Républicain, 14 mars 2007 :
                              « Un document édifiant. »
                              France Soir, 23 mars 2007 :
                              Jean-Charles Escribano lève le voile sur les horreurs dont sont victimes certaines personnes âgées dans ces maisons, plus proches d’un mouroir que d’un havre de paix idyllique et reposant. (...) Il livre un bouleversant témoignage.

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