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    #46
    Envoyé par Arboles Voir le message
    Disons qu'à 0 degré celsius, nous sommes au point de congélation : à un état d'absence de sociabilité, à un état d'indifférence absolue pour les gens qui nous entoure. Entre 20 et 30 degrés, nous avons droit à la sociabilité, l'enthousiasme, l'empathie, la chaleur humaine. Vers 40 degrés, ce sont le stress, l'anxiété, la peur de ne pas plaire, d'être un imposteur, d'être jugé, l'impression que les autres sont quasiment tout-puissants, que soi-même on est nu, que les autres lisent littéralement à travers nous et que s'ils nous fixent du regard, c'est bien pour se nous approprier... Ce qui paraît bien effrayant !! Donc, bien souvent, en situations sociales, ça devient du "Sauve qui peut !!", du "Je pars maintenant ?", "Je reste et je tente de combattre mes inconforts?", "En suis-je vraiment capable?". Dans le tumulte affectif des 40 degrés, on finit presque toujours par se replier sur soi-même, par se couper des autres, jusqu'à ce que les mécanismes affectifs en place surchauffent, explosent et deviennent caduques : advient alors un désert glacial, un vide impénétrable.
    Ces 40 degrés ne marquent pas de l'indifférence, bien au contraire.

    Ce n'est que faute d'un autre possible. Faute de pouvoir exercer une mainmise sur son thermomètre affectif.
    J'aime ton image mais je me méfie de ces catégorisations réductrices. Ce qui importe d'abord c'est le ressenti donc les émotions effectivement. Quand le ressenti est irrationnel et handicapant, il faut aller voir dans le passé d'où il provient.
    Quand j'étais gamin et adolescent, en classe, j'étais presque toujours complètement bloqué. Quand je devais prendre la parole, mon thermomètre sautait en même temps que tous mes plombs intérieurs. A l'université, je brossais tous les cours puisqu'il était inutile que j'y assiste sauf caché dans un coin et encore.
    J'ai pris le taureau par les cornes et entrepris une analyse avec un analyste sérieux et réputé, décédé maintenant mais ayant lutté, vainement, pour faire interdire la "psychanalyse" lacanienne. Mais peu importe cela. Le résultat est là. Je ne plane pas, j'ai encore des dysfonctionnements sociaux mais j'ai cessé de projeter sur les gens qui me voient et m'écoutent les démons que j'ai intériorisés à partir des vécus de mon enfance.
    Et surtout chose incroyable : moi qui ne pouvais que balbutier en tremblant devant une classe, je suis devenu un bon prof, apprécié par (presque) tous, je me sens en empathie avec mes élèves, j'adore transmettre mon savoir et je fais aimer l'effort d'apprendre et de comprendre à ceux qui y sont disposés.
    Vécu inimaginable avant mon analyse.

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      #47
      Merci pour ta réponse. Je te réponds un peu plus tard.

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        #48
        Envoyé par fumerolle Voir le message

        J'aime ton image mais je me méfie de ces catégorisations réductrices. Ce qui importe d'abord c'est le ressenti donc les émotions effectivement. Quand le ressenti est irrationnel et handicapant, il faut aller voir dans le passé d'où il provient.
        Quand j'étais gamin et adolescent, en classe, j'étais presque toujours complètement bloqué. Quand je devais prendre la parole, mon thermomètre sautait en même temps que tous mes plombs intérieurs. A l'université, je brossais tous les cours puisqu'il était inutile que j'y assiste sauf caché dans un coin et encore.
        J'ai pris le taureau par les cornes et entrepris une analyse avec un analyste sérieux et réputé, décédé maintenant mais ayant lutté, vainement, pour faire interdire la "psychanalyse" lacanienne. Mais peu importe cela. Le résultat est là. Je ne plane pas, j'ai encore des dysfonctionnements sociaux mais j'ai cessé de projeter sur les gens qui me voient et m'écoutent les démons que j'ai intériorisés à partir des vécus de mon enfance.
        Et surtout chose incroyable : moi qui ne pouvais que balbutier en tremblant devant une classe, je suis devenu un bon prof, apprécié par (presque) tous, je me sens en empathie avec mes élèves, j'adore transmettre mon savoir et je fais aimer l'effort d'apprendre et de comprendre à ceux qui y sont disposés.
        Vécu inimaginable avant mon analyse.
        Rebonjour Fumerolle,

        C'est un beau parcours que tu le tien, joliment résumé ici, au niveau thérapeutique et au niveau professionnel. Merci pour ça...

        Mon image du thermomètre, ce n'est pas une catégorisation. C'est une description métaphorique, basée directement sur mon vécu (en fait sur toute ma vie), non tirée de modèles théoriques, et que j'ai embauchée récemment. J'apporte cette petite précision, mais je ne me suis pas senti attaqué ou blessé par ton idée. Pour rester avec l'image du thermomètre, je ne pense pas que ce soit figé, je veux dire cela ne m'empêche pas de continuer, encore et encore, à chercher des moyens d'enrayer la montée thermique.

        Entre ton parcours et le mien, c'est sûr qu'y a des différences importantes... J'ai l'impression que tu souffrais de phobie sociale. Ceci étant dit, désolé si je me trompe. C'est un trouble anxieux qui débute durant l'adolescence ou aux environs de l'adolescence (parfois un peu avant, bien que le diagnostic soit rarement posé aussi tôt, aussi parfois ce trouble apparaît au début de l'âge adulte). Le trouble du spectre de l'autisme (TSA) est considéré comme un trouble développemental (TED) et débute très très tôt, vers l'âge de 2 ans. La phobie sociale se traite plutôt bien en thérapie; il existe des thérapies vues comme étant très efficaces, notamment celles de type cognitivo-comportemental. Concernant l'autisme, c'est malheureusement plus compliqué, probablement parce que ce trouble débute tellement tôt. Ceci dit, les recherches progressent de plus en plus, différentes pistes sont explorées, et certaines avec plus de succès que d'autres. On peut garder espoir...

        Mes symptômes, ou plutôt une partie d'entre eux, ressemblent beaucoup à ceux de la phobie sociale. Le parallèle entre les deux troubles est loin d'être bête ! J'ai reçu le diagnostic de TSA à plus de 30 ans (32, je crois). Mais il ne m'a pas fallu attendre aussi longtemps pour être victime de la fameuse stigmatisation !! On sait que les jeunes se jugent tout le temps, et c'est d'autant plus marqué si on est différent des normes. Durant toute mon enfance, j'étais victime de "bullying" (intimidation constante). Bien sûr je ne me disais jamais "Je souhaiterais tant ne plus avoir mon trouble autistique !", mais je me disais si souvent "Je souhaiterais tant être normal, être comme tout le monde !" Ce qui n'est guère mieux, je crois.

        J'ai essayé la psychothérapie, mais des faux diagnostics étaient toujours abordés, et les psys me menaient si souvent vers une fausse piste. Quand j'en prenais conscience, cela me choquait parfois... ou, d'autres fois, je me disais "Les psys sont humains; tout le monde peut se tromper".
        À vrai dire, j'ai souvent tenté de vaincre mes troubles socioaffectifs (symptômes), et jusqu'ici ce fut toujours en vain, en pure perte. Aujourd'hui, à 37 ans, donc près de 40 ans, je me demande si je devrais abandonner, renoncer, me résigner "pour de bon". Vivre c'est lutter (à mon avis), c'est continuer à essayer; par contre mes tentatives ainsi que leurs résultats, ils deviennent fort répétitifs, forcément, et au final j'ai souvent l'impression de juste brasser du vent !
        ... Enfin il me reste un peu d'espoir. Notamment je n'ai pas encore tenté une thérapie de groupe pour les individus ayant un TSA. Je suis en train de chercher ça...
        Dernière modification par Arboles, 10/10/2019, 08h18.

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          #49
          Envoyé par Arboles Voir le message
          J'ai l'impression que tu souffrais de phobie sociale. Ceci étant dit, désolé si je me trompe. C'est un trouble anxieux qui débute durant l'adolescence ou aux environs de l'adolescence (parfois un peu avant, bien que le diagnostic soit rarement posé aussi tôt, aussi parfois ce trouble apparaît au début de l'âge adulte).

          Non c'est beaucoup plus compliqué que cela et je ne vais pas m'y étaler. Les racines sont très lointaines, dans la tête des parents. Les premiers germes ont été déposés dans mes cellules et neurones dès avant ma naissance. Et ont été entretenus et développés par moi à partir de ce que j'ai perçu de mon entourage jusqu'à l'adolescence.

          Envoyé par Arboles Voir le message
          Le trouble du spectre de l'autisme (TSA) est considéré comme un trouble développemental (TED) et débute très très tôt, vers l'âge de 2 ans. La phobie sociale se traite plutôt bien en thérapie; il existe des thérapies vues comme étant très efficaces, notamment celles de type cognitivo-comportemental.


          Trop superficielle. Isolée, sans analyse, éclairage et désactivation de fond des croyances eronées, la TCC est parfaitement inefficace dans les cas comme le mien. Trop de résistances, trop de murailles, pas de participation profondément acceptée. Au contraire sabotage trop facile de la thérapie qu'on en vient à utiliser contre elle-même. La TCC est une fléchette qui a l'ambition de percer un blindage de plusieurs mètres d'épaisseur. Par contre la TCC peut apporter secondairement un complément adaptatif utile.


          Envoyé par Arboles Voir le message
          je me disais si souvent "Je souhaiterais tant être normal, être comme tout le monde !"


          Je me suis très souvent répété ça, mais je prenais grand soin à cacher, autant que faire se pouvait, mes symptômes. C'était mon premier objectif de tous les instants : cacher que j'étais malade, détraqué, faible, dépendant, mal à l'aise, et surtout peureux.
          Et, généralement, plus je voulais cacher mes symptômes, plus je les exacerbais. La vie était un enfer, surtout en société.
          Pire peut-être qu'ici dit :
          Envoyé par Arboles Voir le message
          À vrai dire, j'ai souvent tenté de vaincre mes troubles socioaffectifs (symptômes), et jusqu'ici ce fut toujours en vain, en pure perte
          Je crois que seule une analyse de fond te libèrera définitivement. Le problème, c'est de trouver un bon analyste. Si tu habites une très grande ville c'est très difficile. Ailleurs impossible.
          Mais te battre contre ces fantômes intouchables directement ne revient qu'à les exciter et à les pousser à te gâcher encore davantage la vie.
          A défaut de pouvoir les désintégrer par la lumière du savoir de tes tréfonds, vis avec eux, laisse les tranquilles dans leur coin, regarde ailleurs. Quand ils t'ennuient trop, attends que ça se passe, que ça devienne plus calme. Et vis dans le réel, le seul vrai.
          J'avoue que si qqn m'avait dit ça avant mon analyse, j'aurais pensé que ce type ne savait pas de quoi il parlait, n'avait aucune idée de ce que je vivais, et j'aurais eu raison.

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