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Haïku la poésie en moins

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    Haïku la poésie en moins

    Bonjour à tous,

    J'ouvre un fil où je souhaite déposer mes réflexions liées à la consommation d'alcool et à son arrêt (20 mois dans mon cas). Elles sont souvent brèves (d'où le titre), n'amènent pas de développement immédiiat - sauf grâce - j'espère - à vos réactions. Car le but est bien de partager ses ressentis.

    Je commence.

    Après 20 mois d'arrêt, je me sens physiquement capable de dégoupiller une bière à 10h du matin. En cela, je me dis que je ne serai jamais guéri de ma dépendance.

    #2
    Après le concert, dimanche, la pression me faisait de l'œil, avec sa buée sur les verres...
    Récompense interdite, qui me manquera longtemps.
    fred, pas d'avoine

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      #3
      Après quasi 5 mois, la perspective d’un verre de Bordeaux rouge à 19:00 sur une terrasse ensoleillée plein ouest avec des amis m’avait littéralement envahie...

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        #4
        Envoyé par J365 Voir le message

        Après 20 mois d'arrêt, je me sens physiquement capable de dégoupiller une bière à 10h du matin. En cela, je me dis que je ne serai jamais guéri de ma dépendance.
        Typique et normal.
        Normales pour beaucoup après 20 mois, cette idée et cette envie de vider un godet à 10h du mat et de se dire que ça ne tient à rien de passer à l'acte ou pas, effectivement, pendant un temps variable selon les alcooliques, ça ne tient qu'à pas grand chose et c'est salvateur de s'en rendre compte

        Typique aussi de croire ERRONEMENT que ça continuera comme ça.
        Tu te trompes.
        Je l'ai cru aussi et maintenant ça m'indiffère totalement, depuis longtemps, sans que je puisse chiffrer ou dater, m'en fiche, vraiment, intégralement, m'en fous, où que je sois, avec qui que ce soit, dans n'importe quel état d'esprit.

        Dans les périodes de creux dues à des facteurs de fatigue et de stress cumulés je peux avoir le bourdon, en avoir marre de la vie, des gens et surtout de moi, mais au pire, je pense à me flinguer, plus jamais à boire une bière ou un verre, plus jamais depuis, je crois que ça je peux dater à peu près, environ après 6 ans d'abstinence, un cas n'est pas l'autre, tout le monde le sait, néanmoins, pour les alcooliques sévères, c'est du long terme, ça c'est sûr.

        Pour être honnête, j'ai connu aussi des AA de dizaines d'années d'abstinence qui sont toujours dans le tenir via le catéchisme et les slogans. Mais c'est dû au fait que leurs racines de tendances actives sont très actives, profondément ancrées dans leurs vécus très anciens, et qu'ils ont toujours refusé de penser, d'effectuer un travail d'exploration de leurs abysses et d'excavation de leurs monstres internalisés, enfouis en eux et toujours bien vivants !

        Mais tu peux avoir confiance raisonnable : toi tu sortiras de cette sphère d'attraction, c'est certain si tu oses seulement penser ta pensée. Parfois ce sera dur, mais la tendance générale sera d'aller vers la clarté et le nettoyage des vieux fantasmes, des vieilles chimères, des vieilles illusions.

        Le pas d'une planète aliénante à ta planète perso et l'activation de ta force d'attraction propre, de celle qui émane seulement de ton noyau perso propre, ça ne se fait pas d'un coup.
        Le pas d'un système de fonctionnement aliéné à un autre, libre et propre, ne se fait pas d'un coup.

        Mais à un moment, tu te diras, tiens, qu'est-ce qui se passe, mais oui, je suis libre, glubs !
        Glubs car faut assumer aussi la liberté qu'on a jamais connue…

        PATIENCE : la force d'attraction s'affaiblit tendanciellement et peut finir par disparaître totalement.

        Ton pessimisme et ton découragement sont normaux mais ne les laisse pas t'emporter, tu finiras par te sentir, te savoir, ENFIN libéré de cette attirance malsaine, et libéré d'autres attraits toxiques aussi peut-être, en tout cas, chez moi, les autres attaches entravantes ou inutiles ont aussi lâché, une à une, naturellement, leurs amarres pour me laisser voguer désormais à mon seul gré.





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          #5
          Rur : je vois très bien ce dont tu parles. L'attrait gestuel/esthétique de certains moments de conso. Un peu comme la clope je suppose (que je n'ai pas arrêtée).

          Ronald : un grand merci pour ton message et je sais que ton optimisme n'est pas feint. Détail amusant si je puis dire : j'en suis aux mêmes conclusions que toi concernant une reprise d'alcool : je préfèrais encore me jeter d'un pont.

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            #6
            Envoyé par J365 Voir le message
            Rur : je vois très bien ce dont tu parles. L'attrait gestuel/esthétique de certains moments de conso. Un peu comme la clope je suppose (que je n'ai pas arrêtée).
            oui je vois ça très bien aussi
            ce fut d'ailleurs cette attraction on ne peut plus superficielle et banale qui a été à un poil de m'emporter dans une dernière replongée après… je crois au moins 5 ans d'abstinence : beau temps, je venais de laisser une amie aller à ses affaires, j'étais seul une après-midi sans rien à faire dans un beau parc bruxellois, avec petite fête et terrasse au soleil, je m'étais convaincu que ce ne serait qu'un merveilleux moment sans conséquence grave ni même négative si je m'installais avec une délicieuse Chimay bleue bien froide, mmmmmm,
            à l'appui de ma presque décision, je ne me souvenais que des moments dans mon long périple de vie d'alcoolique où j'avais rebu une ou deux bières sans conséquence grave IMMEDIATE ou même à moyen terme

            je n'ai résisté qu'en sortant ma pensée d'alerte urgence rouge :

            je me suis donné L'ORDRE de ne rien boire comme boisson alcoolisée jusque demain matin, quelle que soit la frustration, l'intensité de l'envie, la souffrance même, et je me suis donné en même temps l'autorisation SINCERE de boire tout ce que je voulais autant que je voulais demain matin

            avec le recul je pense que l'envie, l'attraction s'est affaiblie et a fini par se dissoudre à partir du moment où je me suis cru, c-à-d où j'ai su que j'étais sincère, dès l'instant où j'ai compris que ce n'était pas de l'auto-manipulation, que cette permission de boire n'était pas un de ces mensonges que j'ai tant subis de la part de mon entourage dans mon enfance et que je me suis aussi tant adressés à moi-même, non, cette fois, c'était bien vrai : j'avais vraiment l'autorisation et la possibilité de boire tout ce que je voulais pour demain matin

            l'envie a totalement disparu après une paire d'heures et je me suis retrouvé comme un con tout seul me disant "mais nom d'une pipe, mais qu'est-ce qui m'a pris ?"
            le fait que ça ne tenait à rien et la claire conscience de l'état dans lequel je serais en train de me mettre m'a alors scié les jambes !!!
            j'étais vraiment passé tout au bord du précipice … enfin dans mon cas à ce moment là, mais dans le doute, euh... les enjeux sont tels qu'un peu de rationalité ne fait plus hésiter quant au choix à faire il me semble

            je ne serais peut-être plus ici ni vivant si j'avais pris ce verre



            Envoyé par J365 Voir le message
            Ronald : un grand merci pour ton message et je sais que ton optimisme n'est pas feint. Détail amusant si je puis dire : j'en suis aux mêmes conclusions que toi concernant une reprise d'alcool : je préfèrais encore me jeter d'un pont.
            là pour continuer à être parfaitement honnête, je dois te dire que cette pensée m'est venue plusieurs fois dans mes périodes de lutte contre l'alcool, depuis ma première période d'abstinence volontariste vers 18 ans jusqu'à la cinquantaine
            je me rappelle bien avoir dit à un collègue, et j'étais sincère, que je préfèrerais me mettre une balle dans la tête que de reboire une gorgée de bière, et pourtant…

            maintenant pour moi c'est très différent qu'à ces époques : maintenant, contrairement à ces fois où je croyais préférer me mettre une balle dans la tête que de reboire un verre, je suis HORS du système solaire alcool, ça ne me concerne plus, je vois tout ça, toi, fred, les autres, de l'extérieur, je vous fais parfois part de mon expérience et de ce que j'en pense, mais je ne me sens plus impliqué dans tout ça, ça ne me concerne plus
            j'ai changé d'univers

            le noyau central de mon être propre est désormais ma principale source de chaleur et de référence et ce qui me maintient les pieds solides sur la petite planète que je suis

            je garde néanmoins, mon bip d'alerte en poche (en rouge au-dessus) , on ne sait jamais avec totale certitude ce qui peut s'amener dans notre ciboulot !!!


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              #7
              Hello J365, rur@lcoolique, Sabba et Ronald,
              Hello les petits scélérats conteurs de tous pays et les mordantes souris de toutes leurs dents,

              Du lait sur le feu
              Tout vite, si, si, ça se peut,
              J'tire mon haïku :

              "Graines d'Ulysse sans faim
              Écloront en nénuphars
              Dans l'œil du cyclone."

              Épuisante passion
              Bises sans tambour ni trompette
              Clefs de sol en herbe.

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                #8
                Ce qui me barbe de plus en plus dans la consommation festive d'alcool, c'est qu'elle entretient l'hystérie collective. Pour paraphraser Marx, l'alcool serait le soupir de la créature écrasée par un monde sans âme.

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                  #9
                  je suis d accord avec toi j365 en etant en dehors de l alcool je me rend compte a quel point la culture des bars comme on dit ici (aux US ou je vis) est un leurre. je sors un peu encore dans les bars et je m amuse plus qu avant mais quand le brouhaha prend le dessus c est saoulant idem avec les bbq et les potes maintenant je discute plus avec les femmes qui ne boivent pas vraiment. je me sens present dans toutes les situations. je discute vraiment et je rentre tot comme les gens que je trouvais barbant avant. je dormais avant je suis reveille maintenant. j ai hate d etre a 20 mois comme toi meme 20 ans et passer mon 1ere noel sans boire present une fois de plus dans toutes les conversations et deguster les plats pour leur gouts. merci pour ton poste mon pote. ca rime ou presque

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                    #10
                    Envoyé par J365 Voir le message
                    Ce qui me barbe de plus en plus dans la consommation festive d'alcool, c'est qu'elle entretient l'hystérie collective. Pour paraphraser Marx, l'alcool serait le soupir de la créature écrasée par un monde sans âme.
                    aïe aïe aïe
                    le monde sans âme, c'est encore un prétexte, un refus de voir le manque central en nous, que nous projetons
                    et attention aux conséquences désastreuses, le gars que tu mentionnes est à l'origine de la création de mondes eux vraiment dépourvus d'âme, les pires qui aient jamais été créés par les délires humains
                    et c'est pas fini !

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                      #11
                      Vidal : je n'ai jamais eu autant de succès avec les femmes (je suis divorcé) que depuis que j'ai arrêté de boire. Disponibilité, clairvoyance, zéro lourdeur. Moi qui croyais avoir besoin de 2-3 cartouches pour oser entreprendre quelqu'un... Que nenni !

                      C'est à la culture de bar, comme tu dis, et aux copieux after work (j'habite Paris) que je pensais : j'y vois parfois une forme d'abrutissement volontaire. D'où le parallèle avec Marx qui voyait dans la religion un bonheur illusoire (je n'ai rien contre les croyants, je me définis comme agnostique).

                      Ronald : Marx est-il moralement responsable de ce qui s'est passé ensuite en URSS et ailleurs ?, cela mériterait d'ouvrir un nouveau forum ! (selon moi, la réponse est non)

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                        #12
                        Envoyé par J365 Voir le message
                        Ronald : Marx est-il moralement responsable de ce qui s'est passé ensuite en URSS et ailleurs ?, cela mériterait d'ouvrir un nouveau forum ! (selon moi, la réponse est non)
                        Sa vision de l'Histoire est quasi l'exact inverse de l'évolution historique observable.
                        Sa vision de l'économie est simpliste et purement prédatrice.
                        Sa vision de la nature humaine est réductrice, monstrueuse, délirante, surréelle.

                        Toute application du marxisme sur le réel et sur l'humain n'a eu et ne peut avoir que des effets destructeurs, même sans l'utilisation (comme au Vénézuela) de la plus effroyable et de la plus totale machine de pouvoir jamais mise au point dans l'Histoire et qui est le Parti-Etat communiste tel que conçu par Lénine et appliqué, selon diverses déclinaisons, et avec des résultats diversement abominables, sur le plus vaste pays de la terre, la Russie, et le plus peuplé, la Chine, en passant par la Corée du Nord, l'est de l'Europe, Cuba et quelques tentatives désastreuses en Afrique (Ethiopie, Zimbawé… )

                        Tout cela avec la complicité d'intellectuels français dont certains continuent à sévir et à pontifier dans les médias en tant surtout que donneurs de leçons.

                        Car, oui, du fait qu'on continue à disculper le marxisme en soi, il reste à la mode dans maints milieux académiques européens, américains, asiatiques… le marxisme fait encore chic, même s'il ne fait plus référence autant que du temps de ma jeunesse.
                        Et il prend aussi de nouveaux habits (altermondialisme, écologisme extrême, indignés...) mais il se fonde toujours en dernière analyse sur la haine du réel et de l'humain tels qu'ils sont.

                        Si ce n'était qu'une façon de voir les choses, ok, pourquoi pas, j'aime aussi les jeux intellos mais c'est une PRAXIS, et sa pratique concrète a fait, et continue de faire, chaque jour, en temps de paix, plus de victimes et de dégâts physiques, intellectuels, moraux, psychiques, sur les peuples qui en furent et en sont les "cobayes", que l'addition des victimes et des dégâts causés par les deux guerres mondiales, le nazisme et la Shoah, le fascisme et les deux autres génocides officiels, réunis.

                        Ce sont des données qui, en sus, sont ignorées par l'immense majorité des gens, surtout parmi les peuples victimes et leurs descendants.

                        Parenthèse fermée si tu veux car c'est pas moi qui ai commencé !


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                          #13
                          Et maintenant la même analyse, par Ronald toujours, des bienfaits du capitalisme...

                          fred, pas d'avoine

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                            #14
                            "qui est le Parti-Etat communiste tel que conçu par Lénine" (je te cite). CQFD
                            Même les neo-libéraux le considèrent comme un éminent penseur une fois débarrassé de toute eschatologie.
                            Après, je comprends tes griefs contre le marxisme si tu as vécu les années 60/70 !
                            Dernière modification par J365, 19/06/2019, 12h25.

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                              #15
                              Envoyé par rur@lcoolique Voir le message
                              Et maintenant la même analyse, par Ronald toujours, des bienfaits du capitalisme...

                              Avec plaisir mais j'aurais du mal puisque le capitalisme, concept à l'acception éminemment péjorative n'existe pas. Sinon à travers les filtres idéologiques marxistes.
                              Lesquels font partie depuis longtemps du prêt-à-penser de quasi tout le monde du plus ignorant au plus instruit.
                              La démocratie dans toutes ses déclinaisons, l'autocratie dans toutes les siennes, le totalitarisme, dont la forme la plus achevée est le marxisme-léninisme, sont des systèmes de gouvernement et d'organisation de la société.

                              Le capitalisme non.
                              Ce n'est qu'une des nombreuses composantes de tout fonctionnement économique que ce soit celui d'un ménage ou d'un groupe plus important, de la tribu primitive au monde global en passant par tout Etat-nation, toute entreprise toute association, toute organisation y compris auto gérée.

                              Croire en l'existence du capitalisme en tant qu'idéologie et mode de fonctionnement collectif non naturel conduit tôt ou tard et plus ou moins tragiquement à l'élimination de l'humanité de l'homme. Pas seulement de ses pulsions de domination, de possession, de défense de ses intérêts propres et familiaux mais également dans ses composantes les plus nobles et les plus créatives ainsi que le démontrent sans aucune exception toutes les tentatives d'éradication du soi-disant disant capitalisme, fiction conceptuelle au succès néanmoins planétaire.

                              Le marxisme a au moins gagné la guerre des mots et altère ainsi toujours efficacement l'intelligence du monde et de l'Histoire ainsi que vous l'illustrez ici. Bof.


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