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    Mon histoire

    Bonjour à tous,

    Je vous lis depuis des années, je n’ai jamais franchi le cap de l’écriture, pensant en avoir fini avec mes vieux démons. Mais ceux-ci remontent et me hantent. Je vous partage mon histoire. Elle ressemble à celle d’un membre du forum avec qui j’ai échangé par message privé il y a un an ou deux.

    Aujourd’hui, j’ai 30 ans. J’ai commencé l'alcool vers 14/15 ans, et très vite, je buvais plus que de raison. Malheureusement, j’étais ado, donc con (pléonasme); je ne me réalisais pas que ce début de consommation allait petit à petit me faire toucher le fond.

    Dès la classe de seconde, je faisais régulièrement des soirées binge-drinking. Le dernier qui vomissait avait gagné ! Super, non ? Dès le plus jeune âge, j’étais celui qui buvait le plus, celui « qui de toute façon allait rester debout le dernier ».
    J'étais très influençable et peu sûr de moi. Avec les filles, c’était TRES difficile (j’étais toujours le meilleur ami, jamais le petit copain. J’essayais de me faire « une place dans le groupe » en étant le trublion rigolo, qui se démolissait plus que de raison de surcroît !
    Mais ça restait finalement occasionnel, puisque je vivais chez mes parents.

    Ca, c'était pour le lycée.

    Puis viennent les études supérieures. Plus les années passaient, plus j'étais déprimé, mal dans ma peau. Pas à ma place dans mes études.
    Je faisais semblant d'être heureux. Ma béquille ? L’alcool, évidemment.
    Pour certains, c'était "un truc de jeunes"; pour moi c'était surtout le moyen de calmer mes angoisses. L'alcool est rapidement devenu pour moi un puissant anxiolytique. Malheureusement, et comme vous vous en doutez, ça a été de pire en pire. Je détestais mes études sans oser le dire à mes parents qui payaient une fortune pour ma scolarité. Je buvais de plus en plus, et je devenais incontrôlable quand j'étais saoul. Complètement incontrôlable.
    Trous noirs (qui devenaient de plus en plus fréquents), honte et culpabilité faisaient parti de ma vie. Ca a duré plusieurs années. Mes « amis » - je mets des guillemets car finalement, aucun d’entre eux ne m’alertait sur ma consommation, ils se marraient et étaient juste rassurés de voir que quelqu’un buvait plus qu’eux - n’osaient pas me dire ce que j’avais pu faire ou dire. C’était pas grave, hun. « C’est normal de se la coller quand on est jeune ! ». Sauf que moi, j’avais envie de crever à ce moment là. J’étais malade, j’avais besoin d’aide. Je souffrais le martyr.
    Bah oui, c’est PAS NORMAL de se faire virer de bars, d’insulter tout le monde, de se battre alors qu’on est doux comme un agneau sans alcool ou de se réveiller dans le lit d’une fille qu’on ne connait pas sans aucun souvenir, de s’endormir sur le trottoir devant son immeuble parce qu’on a pas su taper le code… (liste non exhaustive).

    Evidemment, j'ai ensuite commencé à boire seul, et à sortir seul dans des bars ou en boîte. Une soirée type ? Entre 6 et 10 unités d'alcool avant de sortir, et au moins autant après. Seul. Je finissais toujours par rentrer chez moi. Comment ? Bien souvent, je n'en avais aucune idée.
    Desfois, je me demande comment je suis encore en vie.

    Je me suis remis en cause tout seul, et petit à petit, malgré plusieurs rechutes, j’ai réduit ma consommation, avant d’arrêter définitivement. Décision radicale. Il y a plus de 4 ans maintenant. Je n’ai plus JAMAIS bu une goutte d’alcool. J'ai mis des années à accepter l'idée qu'en fait, je ne pouvais PAS boire 2 verres. Il m'en fallait toujours plus. Avec le recul, tout ça me fait peur, et j'ai encore des traumatismes de cette période. J'ai PEUR de l'alcool, PEUR de perdre le contrôle.

    J’ai rencontré une femme merveilleuse à qui j'ai raconté l’ensemble de mon parcours et qui m'a soutenu dans ce choix d'arrêter totalement de boire.
    Aujourd’hui, j’ai tout pour être heureux: un travail qui me plaît, une épouse aimante. Oui, mais voilà, mes vieux démons me hantent.
    Je suis un grand anxieux. J’ai peur de mourir prématurément à cause de mes excès passés et de laisser ma femme seule avec nos futurs enfants.
    Evidemment, mes excès passés sont dus à un état anxieux permanent et à une longue dépression non diagnostiquée. J’ai déjà vu un psychiatre, et j’ai fait une thérapie comportementale et cognitive. Je vais beaucoup mieux mais les angoisses restent là.

    Merci de m’avoir lu.

    Bien à vous.
    Dernière modification par Inspecteur-Maboulette, 14/08/2019, 15h02.

    #2
    Salut Inspecteur,

    Y-a-t'il du changement, en cours ou à venir, dans ta vie ? Ça pourrait intensifier tes angoisses et donc l'envie d'alcool-anxiolytique ? Ça fait clairement vases communicants chez moi. C'est peut-être le moment de voir à nouveau un pro.

    Tiens bon.

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      #3
      Bienvenue Inspecteur Maboulette !
      Ton pseudo prouve que tu as de l'humour et que tu es capable de ne pas te prendre trop au sérieux, et ça c'est une qualite dont je trouve l'importance sous-estimée.

      Merci pour ce récit, spécifique mais qui en rejoint bcp d'autres dont le mien par maints aspects.

      Pour moi c'est clair : tu dois faire une analyse de fond pour éclairer les racines de ton mal-être.

      Rassure-toi pour les effets de l'alcool sur ton physique : lors de ma dernière rechute, on m'a diagnostiqué une pancréatite, une cirrhose du foie et tous les voyants étaient rouge foncé.

      Maintenant j'ai une condition super et rare pour mon âge, je n'ai besoin d'aucun médicament ni thérapie et la vie n'a jamais été aussi belle !

      "What a Wonderful World" Louis Armstrong

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        #4
        J365,

        Pas de changement à venir dans ma vie. Le pire, c'est que tout va bien pour moi en ce moment. Mais ça ne va pas fort.
        Voir un professionnel ? Pourquoi pas, mais j'ai déjà vu un psychiatre et des psychologues. Et je suis sous traitement AD.
        Malheureusement, le trouble anxieux, c'est à vie. Il faut vivre avec.

        Ronald,

        J'ai fait des analyses de fond, des tableaux Excel à n'en plus finir pour me soigner (boulot demandé par un professionnel qui m'a suivi 1 an), j'ai des médocs comme je le signale ci-dessus.
        Mais j'ai toujours des angoisses qui me rongent de l'intérieur. En ce moment, c'est l'hypocondrie. J'ai peur de mourir à cause de mes excès. Boire des quantités d'alcool comme je l'ai fait pendant des années, c'est délirant. J'ai la trouille de faire des analyses. Je pense que 90% des personnes pensent que ce n'est même pas possible de boire autant.
        J'ai très envie d'être en état d'ébriété mais je suis tellement traumatisé par mon passé d'alcoolisme aigu et incontrôlable que j'ai peur de boire. Ce n'est pas plus mal.
        Ravi de constater que tu es abstinent et en bonne santé ! Quel âge as-tu ?

        Bonne soirée à tous.

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          #5
          Faux : le trouble anxieux ce n'est à vie que si on ne nettoie pas suffisamment son inconscient mais c'est un sacré boulot.
          Les médocs et thérapies superficielles ne suffiront pas dans ton cas.

          Faudra une psychanalyse API (fuis les lacaniens et évite les jungiens) avec un bon avec qui tu aies suffisamment d'affinités : 3-4 heures par semaine pendant des années.
          Et ne fais confiance absolue que si tu sens bien la personne lors des entretiens préalables

          Ce n'est que mon impression de fond qui se trompe néanmoins pas très souvent même après un bref contact.

          J'ai 70 ans.
          J'ai aussi été notamment hyper hypocondriaque.
          J'ai certainement bu bcp plus et bcp plus lgtps que toi.
          "What a Wonderful World" Louis Armstrong

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            #6
            Ronald,

            Tu contredis là donc mon médecin traitant et ma thérapeute ! Mais soit, peut-être as-tu raison. Qu'entends-tu par "psychanalyse API" ? Un psychanalyste agréé par l'API ? As-tu toi-même suivi une thérapie ?
            3-4 heures par semaine pendant des années: pour quel coût ? Je doute que j'en aie les moyens.
            Peut-être as-tu bu plus que moi, et tant mieux si tu es encore là ! Mais nous sommes inégaux face aux maladies.
            Certains alcooliques ont une cirrhose avant 30 ans, d'autres picolent toute une vie et meurent d'autre chose à 80 ans.
            A te lire.

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              #7
              'soir et bienvenue.

              Jolie (?) biographie, merci d'avoir pris la peine de l'écrire.

              @+
              fred, pas d'avoine

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                #8
                Envoyé par Inspecteur-Maboulette Voir le message
                Ronald,

                Tu contredis là donc mon médecin traitant et ma thérapeute ! Mais soit, peut-être as-tu raison. Qu'entends-tu par "psychanalyse API" ? Un psychanalyste agréé par l'API ? As-tu toi-même suivi une thérapie ?
                3-4 heures par semaine pendant des années: pour quel coût ? Je doute que j'en aie les moyens.
                Peut-être as-tu bu plus que moi, et tant mieux si tu es encore là ! Mais nous sommes inégaux face aux maladies.
                Certains alcooliques ont une cirrhose avant 30 ans, d'autres picolent toute une vie et meurent d'autre chose à 80 ans.
                A te lire.
                J'aurais mieux fait de contredire beaucoup plus tôt toubibs, psys et seconde analyste !!!

                Demain pour réponse à tes questions.
                Bonne soirée.


                "What a Wonderful World" Louis Armstrong

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                  #9
                  bonsoir Inspecteur

                  tu as deja fait un bon travail
                  si tu veux va lire mon temoignage en message privé
                  envoie moi un sms avec ton pseudo et prénom au 0677499068 et on pourra dialoguer
                  Amities sinceres
                  Jojo

                  Commentaire


                    #10
                    Finalement je ne vois pas l'intérêt de de nouveau essayer de résumer ici mon parcours et.. euh.. pas envie !
                    En tapant sur mon pseudo tu trouverais d'ailleurs l'essentiel.

                    Mais je suis révolté que des soignants puissent sortir une connerie pareille à un jeune de 30 ans : avalez ces médicaments à vie, vos troubles anxieux sont incurables !!!

                    Tes phobies et angoisses viennent avec une probabilité élevée d'une vision inconsciente du monde (toi, les autres etc.) erronée et mise en toi aux premiers temps de ta vie.

                    Si tu veux t'en libérer et te renforcer vraiment en devenant toi-même autonome, il te faut accomplir un travail qui éclaire et désactive les tréfonds falsifiés anxiogènes qui te surdéterminent.

                    Si j'avais ton âge j'opterais pour un spécialiste combinant l'approche analytique et la thérapie neurocognitive (très grands progrès ces dernières années) et comportementale.

                    Financièrement le remboursement par la sécurité sociale allègera la charge.
                    Mais l'enjeu est majeur, c'est la naissance de ton être propre au monde réel qui est en cause !!!

                    Je crois que ça vaut tous sacrifices temporaires, le gain à terme l'emportera de loin.

                    "What a Wonderful World" Louis Armstrong

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                      #11
                      Merci pour ta réponse Ronald.

                      Je vais me renseigner. J'ai tout de même peur qu'une éventuelle psychanalyse me fasse devenir complètement auto-centré sur ma personne. C'est le risque dans ce genre de thérapie. Devenir complètement obsédé par ses névroses et ne plus penser qu'à ça.
                      Pour l'instant, j'ai fait ça: https://fr.wikipedia.org/wiki/Thérap...omportementale
                      Une thérapie d'un an qui m'a beaucoup aidé.
                      Avant ça, j'ai été suivi par une psychiatre que j'ai trouvé encore plus dingue que moi. J'ai rapidement arrêté.

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                        #12
                        Envoyé par Inspecteur-Maboulette Voir le message
                        Merci pour ta réponse Ronald.

                        Je vais me renseigner. J'ai tout de même peur qu'une éventuelle psychanalyse me fasse devenir complètement auto-centré sur ma personne. C'est le risque dans ce genre de thérapie. Devenir complètement obsédé par ses névroses et ne plus penser qu'à ça.
                        Non, aucun danger tout le contraire, cette réflexion, courante, est déjà la manifestation d'une peur de savoir, ce qui est normal : en trouvant ton vrai toi propre, en désactivant ce qui l'empêche d'exister, en éliminant les peurs irrationnelles et les a priori erronés sur le monde et les autres, tu t'ouvriras sans peur et à bon escient.
                        Pas nécessairement une psychanalyse de longue durée mais, il me semble, dans ton cas, une approche analytique-cognitive qui complète la TCC et te donne ces soubassements propres qui ne sont pas chez toi, me semble-t-il, suffisamment activés.



                        "What a Wonderful World" Louis Armstrong

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                          #13
                          Coucou, mon frère de 50 ans c'est trouvé paralysé au volant, il pouvait plus respirer, avancer, il a commencé une psycho, c'est la peur de la mort pour lui aussi, il se soigne et pas à coup de medocs non plus, en creusant on a découvert qu'on avait un père PN, il a fait des ravages sur nous 3, mes frères se prennent régulièrement de bonnes cuites, un soigné ses angoisses, l'autre et devenu assez introverti sur ses émotions, moi je suis devenue alcoolique, mes oui je suis certaine que l'alcool et même les medocs peuvent maintenir celles-ci, j'ai trouvé ton parcours très touchant, j'espère que tu vas te sortir de tout ça , bonne journée
                          arrêt avec soins pour moi, le 18 février 2014

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                            #14
                            Hello Inspecteur-Maboulette
                            Hello les dur(e)s comme du chêne et les souples comme le roseau,

                            Comme à mon habitude, une contrib' bien léchée, trouve-je, qu'on peut aller ou non lire par ici .
                            Après on n'y répond ou pas, mais rien n'est obligé ni attendu.

                            Bises été indien et automne de Savoie.
                            Dernière modification par Indianamou, 17/08/2019, 01h13.

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