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Auto-sabotage et procrastination

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  • mowe
    a crée une discussion Auto-sabotage et procrastination

    Auto-sabotage et procrastination

    Bonjour,
    Je viens de découvrir ce forum que j'ai trouvé en cherchant un endroit où vider mon sac de manière anonyme. Je ne suis pas fière de ce que je vais décrire et j'ai vraiment besoin de parler... En ce moment, je suis dans une impasse dans laquelle je me suis flanquée toute seule, et je me sens paralysée à un moment crucial de de ma vie, où je devrais au contraire tout donner. Je m'explique :
    J'ai 26 ans, j'ai eu une belle enfance, des parents bienveillants et hormis quelques difficultés dans mon adolescence, je considère que j'ai toujours été assez protégée, à la fois émotionnellement et matériellement. J'ai toujours été bonne élève sans avoir à beaucoup travailler, ce qui m'a permis de naviguer durant ma scolarité sans trop de soucis. Mes proches m'ont toujours prédit un avenir brillant, et j'ai aussi embrassé cette vision.
    Après le lycée, j'ai fait des études intéressantes, qui m'ont amenée à vivre à l'étranger. Jusqu'ici, tout semble aller à merveille ! Mais voilà, j'ai fait un master qui laisse une grande liberté dans la manière de travailler, notamment concernant les délais pour rendre mon mémoire de fin d'étude (on peut le faire en un an voire deux si on négocie !). Depuis le début de mes études supérieures, ce mémoire m'apparaît comme une montagne infranchissable et je ne voyais pas du tout comment j'allais m'y prendre. A cause de la souplesse du délai, j'ai continuellement remis à plus tard, en faisant des recherches ponctuelles pour me donner bonne conscience mais rarement de manière assidue. Entre temps, j'ai fais deux stages, puis j'ai trouvé un job à temps partiel pour "me laisser le temps de bûcher à côté" (ce que je n'ai pas beaucoup fait). Puis j'ai ouvert ma micro-entreprise et j'ai commencé à réaliser des contrats freelance. Ca fait maintenant un an que je n'ai plus de cours, et j'ai écrit la moitié de ce mémoire.

    J'alterne entre des périodes de motivation et des périodes de profonde apathie, et j'avance donc par saccades. Ces périodes d'apathie sont de plus en plus longues et de plus en plus handicapantes, surtout concernant l'estime de soi. J'arrive à vivoter avec mes maigres revenus et mes économies, ce qui m'enlève l'impératif de survie. Pendant ces périodes, je fuis absolument tout ce qui me rattache au réel. Je vis avec mon copain, qui est absent une semaine sur deux à cause de son travail. Quand il n'est pas là, il m'arrive de ne pas quitter l'appartement, de ne presque rien manger et de passer des heures à faire TOUT ce qui m'empêche de réfléchir. Réseaux sociaux, jeux vidéo, séries, vidéos Youtube... J'occupe mon esprit jusqu'à tomber d'épuisement. Une fois, j'ai passé 24h sur un jeu vidéo... Quand je me réveille de ces états de transe, je me sens affreusement mal mentalement comme physiquement. Mes yeux brûlent, j'ai des spasmes, et surtout je me méprise au point de vouloir me blesser. Il m'est de plus en plus difficile de rebondir. J'ai essayé d'en parler à mes proches, et même s'ils essaient de se montrer compréhensifs, ils ne savent pas comment m'aider. Pour eux, il faut "juste" que je me mette au travail et que j'arrête de me trouver des excuses. Et je sais qu'ils ont raison, mais le fait de savoir "qu'il suffit de s'y mettre" me paralyse encore plus car ça a l'air si simple pour tout le monde... Je me incapable et idiote, une petite conne privilégiée qui abandonne à la première difficulté. Et si parfois cette prise de conscience me donne un coup de fouet, souvent elle me donne encore plus envie de fuir. Je me sens comme une alcoolique qui a trouvé un échappatoire un peu moins délétère... Je suis très forte pour masquer tout ça et donner l'impression d'avoir le contrôle, mais plus le temps passe et plus c'est difficile.
    Je sais que de l'extérieur ça a l'air ridicule, que je me noie dans un verre d'eau mais ça n'en est pas moins douloureux. D'autant plus qu'il y a une ouverture de poste chez mon employeur de rêve (ce qui n'arrive pas souvent), et j'ai passé la première phase de candidature, mais j'ai peur qu'avec ce mémoire j'ai gâché ma chance et qu'il soit maintenant trop tard.

    Je ne sais pas bien ce que j'attends de ce pavé, j'ai honte de cette face pas très reluisante de ma personnalité, mais j'espère que que le fait d'écrire tout ça va m'aider à prendre un peu de recul et peut être à me débarrasser d'un poids.

    Bien sûr, si vous avez des conseils je suis preneuse.
    Merci de m'avoir lue
    Dernière modification par mowe, 04/10/2019, 10h17.

  • fumerolle
    a répondu
    Envoyé par mowe Voir le message
    Depuis le début de mes études supérieures, ce mémoire m'apparaît comme une montagne infranchissable et je ne voyais pas du tout comment j'allais m'y prendre. A cause de la souplesse du délai, j'ai continuellement remis à plus tard, en faisant des recherches ponctuelles pour me donner bonne conscience mais rarement de manière assidue. Entre temps, j'ai fais deux stages, puis j'ai trouvé un job à temps partiel pour "me laisser le temps de bûcher à côté" (….)Ca fait maintenant un an que je n'ai plus de cours, et j'ai écrit la moitié de ce mémoire.

    J'alterne entre des périodes de motivation et des périodes de profonde apathie, et j'avance donc par saccades. Ces périodes d'apathie sont de plus en plus longues et de plus en plus handicapantes, surtout concernant l'estime de soi. (…) . Pendant ces périodes, je fuis absolument tout ce qui me rattache au réel. (…) il m'arrive de ne pas quitter l'appartement, de ne presque rien manger et de passer des heures à faire TOUT ce qui m'empêche de réfléchir. Réseaux sociaux, jeux vidéo, séries, vidéos Youtube... J'occupe mon esprit jusqu'à tomber d'épuisement. Une fois, j'ai passé 24h sur un jeu vidéo... Quand je me réveille de ces états de transe, je me sens affreusement mal mentalement comme physiquement. Mes yeux brûlent, j'ai des spasmes, et surtout je me méprise au point de vouloir me blesser. Il m'est de plus en plus difficile de rebondir. J'ai essayé d'en parler à mes proches, et même s'ils essaient de se montrer compréhensifs, ils ne savent pas comment m'aider. Pour eux, il faut "juste" que je me mette au travail et que j'arrête de me trouver des excuses. Et je sais qu'ils ont raison, mais le fait de savoir "qu'il suffit de s'y mettre" me paralyse encore plus car ça a l'air si simple pour tout le monde... Je me incapable et idiote, une petite conne privilégiée qui abandonne à la première difficulté. Et si parfois cette prise de conscience me donne un coup de fouet, souvent elle me donne encore plus envie de fuir. Je me sens comme une alcoolique qui a trouvé un échappatoire un peu moins délétère... Je suis très forte pour masquer tout ça et donner l'impression d'avoir le contrôle, mais plus le temps passe et plus c'est difficile.
    J'interviens car j'ai vécu un peu la même chose.
    Je n'ai pu franchir cette montagne infranchissable qu'avec l'aide d'un psychologue et aussi de médicaments temporaires. Sans ce soutien je n'aurais jamais été jusqu'au bout. Mais j'ai quand même relativement bâclé ce mémoire par rapport à ce que j'aurais pu faire.
    La première chose c'est de ne plus te donner trop d'exigences, de les revoir à la baisse, d'écrire phrase par phrase selon un canevas général.
    Sois aussi davantage bienveillante et compréhensive à ton propre égard ! Tu ne sembles ne pas l'être normalement. N'attends pas trop de toi-même.

    Nous avons tous nos peurs infondées, nos blocages et inhibitions.
    Ici c'est peut-être une indication pour ensuite entreprendre un travail de fond, pour dégager des murs intérieurs dont tu n'as en général pas conscience ?



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