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    En difficulté

    Bonjour tout le monde,

    Il y a peu, je m'apprêtais à vous envoyer un message pour mes cinq ans depuis ma cure. C'est toujours vrai, je n'ai pas rebu depuis mon dérapage de l'automne 2016. Mais je suis en difficulté avec un autre produit : le tramadol. J'ai commencé en septembre, pour soulager mes douleurs de dos. Et puis aussi, pour soulager un trop plein, quand à la fin d'une semaine bien fatigante, je rentre à Paris pour aller voir mon père à l'hôpital, avant d'aller voir ma mère chez elle, en plein déclin cognitif et en plein déni de vieillesse, aussi.
    C'est compliqué, ça fait beaucoup à gérer.

    Je me retrouve un peu dans la même situation qu'en Guadeloupe, avant ma rechute d'alcool, quand je donnais le maximum pour me sentir irréprochable, et que j'encaissais avec des expédients (à l'époque, c'était la codéine, puis à nouveau l'alcool).

    Le tramadol, c'est une super drogue. Ca fait doucement planer, ça euphorise, ça empêche le découragement, ça te permet d'encaisser les emmerdes avec le sourire, et t'as même pas la gueule de bois le lendemain. Juste envie de continuer parce que c'est mieux avec que sans. Et que tu trouves toujours un toubib pour t'en prescrire. Il suffit de lui dire que t'as mal au dos.

    J'en ai parlé déjà au mois de décembre à mon généraliste. De ce mésusage, puisque je ne le prenais plus pour le dos (qui allait bien) mais pour me sentir bien. Lui, pas inquiet du tout, m'a donné l'absolution puisque je ne dépasse pas les doses thérapeutiques. Il sait, pourtant que je suis alcoolique. Il m'a juste encouragée à arrêter.

    Depuis, ben je galère dans ma tête. Je me dis "c'est pas grave" puis "c'est grave". Je gère. J'y pense beaucoup (comment m'en procurer, vais-je en prendre deux ou quatre comprimés aujourd'hui? m'en restera-t-il pour vendredi soir...). J'en pique à ma mère (qui ne s'en rend pas trop compte dans son état). Elle en rachète : elle est médecin et continue à 90 ans à se faire ses propres prescriptions avec la complicité de son pharmacien.

    Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que je suis dans une complicité malsaine avec mes parents pour l'usage d'un produit. C'était le toplexil qu'on m'accordait comme une récompense quand j'étais enfant, l'accès au bar que je partageais en douce avec mon père quand j'étais ado, et maintenant, c'est ma mère qui me fournit en tramadol.

    Ce soir, j'ai décidé d'arrêter les conneries. De mettre mon homme dans la confidence et de vous en parler. De mettre fin à ce dialogue entre moi et moi qui se termine toujours par "allez, c'est pas grave, j'arrêterai la prochaine fois".

    Je pense que ça ne devrait pas être trop difficile, je vais réactiver mes outils, mais je peux m'attendre à quelques jours de déprime, d'envie de rien, d'envie de tramadol et peut-être d'envie de boire. J'ai prévu de faire du sport, de la méditation, de causer, de me reposer si nécessaire.

    Addict un jour, addict toujours. Faites gaffe.

    La Mouette

    #2
    Bonjour.

    ​​​​​​Pas marrant, pour une situation pas marrante. Ton médecin est un âne (mais ne consommerait-il pas, lui aussi, pour tenir ? Ce n'est pas rare dans la profession). J'en toucherai un mot à ma "marraine", elle doit connaître le produit et peut-être les précautions à prendre pour le sevrage. Mais je ne peux rien promettre.

    En attendant, bravo d'en parler : c'est un premier pas indispensable. Je n'ai hélas pas de conseil à te donner quant à la manière de supporter l'inéluctable... Courage. Essaie de te préserver un peu, car la fatigue est traitresse.

    fred, pas d'avoine

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      #3
      Coucou, ton médecin savait pour l’alcool, le tramadol qu’elle m•••e ce truc, il distribue ça comme des bonbons à tour de bras c’es’y dingue.

      Tu es à combien par jour? Va falloir arrêter doucement sinon ça va l’horreur, ton doc aurait jamais du te prescrire ce genre de cachetons.

      Bonne journée
      arrêt avec soins pour moi, le 18 février 2014

      Commentaire


        #4
        Bonjour la Mouette.

        addic un jour
        addic toujours

        Je suis bien d’accord avec ça.
        Et y a tellement de possibilités!

        Les medoc c’est vicieux.
        Parce qu’en plus ils te sont fournis par (*2) des « aidants /soignants »...
        On y va en toute confiance...

        J’avais « gouté » à la codéine, pour un lumbago, il y a quelques années, j’avais vite compris comment on pouvait devenir accro.

        C’est super que tu en aies conscience.
        Et tes outils devraient fonctionner pour ça...
        Comment et combien de temps pour le sevrage?

        Et, au passage, un p’tit merci pour ton récit du calme (c’est bien toi?), fut une période, ça m’occupait bien, ‘fin je buvais moins vite quoi, un p’tit caillou sur mon chemin.

        Bon courage...
        Ca va le faire.

        Quand l’addiction est mise en schéma:
        Le cercle de Prochaska et Di Clémente

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          #5
          Bonjour la Mouette,

          intéressant ton partage et en même temps un signal d’alarme. Je ne connais pas le Tramadol, mais moi aussi, l’âge aIdant, je connais le mal de dos. En 2015, double hernie discale L4-L5, L5-S1. La douleur était telle que même la morphine n’agIssait pas. Alors, hydromorphone, oxycodone. Finalement la cortisone a fait un meilleur travail. Mais je me suis retrouvé avec plusieurs variétés d’opiacés dans l’armoire à médicaments. En bon alco, j’ai pensé les utiliser pour le plaisir de planer. J’aurais pu les vendre, mais moralement, c’était indéfendable. Dans un élan de bonne volonté, j’ai rapporté le tout au pharmacien.

          Le petit hamster mental s’était cependant mis en branle. Par chance, cela n’a pas duré. Curieusement, à l’automne suivant, je me suis inscrit au programme en toxicomanie à l’université de ma tribu.

          J’ai été chanceux. Aussi, je reçois ton message comme un rappel et un avertissement. Notre rétablissement dépend directement de l’investissement que nous y mettons. Et des pièges, on en compte plus qu’il n’en faut.

          Je ne peux que te donner qu’une tape dans le dos virtuelle et te dire « ça va aller ». Je sais ton courage et ton support. Et je salue ton humilité à te mettre à nu alors qu’il est si facile de laisser l’égo dominer.
          INUKSHUK

          Libéré

          Si tu ne changes rien, rien ne changera.
          https://www.youtube.com/watch?v=UyBd4Su1q_w

          Benjamin Franklin

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            #6
            https://youtu.be/-xMB45l3r3o

            J’ai toujours aimé l’art, La Mouette.
            Toujours.
            Et j’ai compris, que l’art est dans la façon de voir le monde.
            Dans la façon de regarder les gens.
            Et s’il faut changer son fusil d’épaule,
            Et bien, changeons le.

            Bises poivre et sel façon Indien qui somnole

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              #7
              Bonjour mes amis,

              Vos message me font du bien, comme m'a fait du bien mon "coming out", le fait de ne plus garder pour moi ce qui était en train de devenir une pratique secrète et honteuse.

              Alors, où j'en suis par rapport au produit? A vrai dire, je ne sais pas trop. Je n'en prends pas tous les jours, plutôt sous forme de "cuites", c'est-à-dire plusieurs comprimés dans la même journée ou soirée (tout en respectant la notice pour ne pas me mettre en danger physique), entrecoupées de jours sans. Un peu comme ma consommation d'alcool à l'époque où j'essayais de gérer. Je ne sais même pas si j'aurai un vrai sevrage à gérer : je verrai dans les prochains jours, ayant pris un comprimés hier et un ce matin pour amortir l'atterrissage. Après, je n'en ai plus.

              Mais, comme pour l'alcool que je pouvais arrêter sans effets de sevrage physiques, c'est surtout le hamster mental (merci Inuk pour cette image) que je surveille du coin de l'oeil. Il ne lui a pas fallu longtemps, à celui-là, pour se remettre à tourner à fond dans sa roue et finalement, c'est ma principale motivation pour arrêter les frais tant qu'il est temps. Il m'insupporte, ce hamster, il me pompe l'air, il ne me laisse pas en paix, il me bouffe. Or, la paix, c'est justement ce que j'ai obtenu au bout de mes cinq ans (presque) sans alcool. Il n'est pas question que je le laisse continuer à prendre le pouvoir sur mon mental.

              D'autant que ça entraîne d'autres concessions. Ca veut dire que j'accepte de ne pas me respecter. De ne pas me préserver. De mettre mes propres besoins au second plan, pour le bénéfice malsain de complaire aux autres (ma mère, surtout) et d'avoir une bonne excuse pour recourir à des expédients. Une pseudo-sainte défoncée. Voilà l'histoire que je suis en train d'écrire. C'est aussi une lâcheté : j'ai du mal à affronter mes peurs.

              Finalement, cette prise de conscience me donne l'occasion de me réaffirmer. De mettre au premier plan ce qui est important. De ne pas me laisser coloniser.
              Bref, de relever la tête et de continuer à avancer.

              Merci d'être là.

              La Mouette

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                #8
                Quand il y a prise de conscience, il y a avancement. Maintenant, selon une expression populaire dans ma tribu « les bottines doivent suivre les babines ». En français, l’action doit suivre l’idée.

                Parfois, ce qui retient l’action, c’est la peur d’avoir peur, l’anticipation de quelque chose d’imaginaire qui ne se produira probablement jamais.

                J’ai confiance en ta réussite. Crois en toi. La crainte et la peur n’auront plus de prise.

                Et, si je peux oser...... M A B
                INUKSHUK

                Libéré

                Si tu ne changes rien, rien ne changera.
                https://www.youtube.com/watch?v=UyBd4Su1q_w

                Benjamin Franklin

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                  #9
                  Envoyé par La Mouette Voir le message
                  Bonjour mes amis,


                  D'autant que ça entraîne d'autres concessions. Ca veut dire que j'accepte de ne pas me respecter. De ne pas me préserver. De mettre mes propres besoins au second plan, pour le bénéfice malsain de complaire aux autres (ma mère, surtout) et d'avoir une bonne excuse pour recourir à des expédients. Une pseudo-sainte défoncée. Voilà l'histoire que je suis en train d'écrire. C'est aussi une lâcheté : j'ai du mal à affronter mes
                  peurs.
                  Bonjour Mouette,

                  »pour le bénéfice malsain de complaire aux autres (ma mère surtout) «

                  cela m’a interpellé.
                  Pourquoi vouloir complaire aux autres ? Pour éviter de les faire souffrir ?
                  Cette phrase est riche de sens et pourtant je ne la comprends pas.

                  Quel bénéfice retires tu de complaire aux autres ?
                  Un bénéfice malsain ?

                  Je suis sans doute un brin autiste, La Mouette,
                  ne m’en tiens pas rigueur.

                  Courage, honnêteté, lucidité.

                  Bises

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                    #10
                    A Inuk : je viens de déchirer et jeter l'ordonnance qui me permet de me procurer ma drogue. Je n'en veux plus, même si je dois passer par quelques moments un peu compliqués. Pour l'instant, ça va.

                    A Theemin : c'est compliqué de t'expliquer ce que je veux dire. C'est mon fonctionnement, notamment dans mes relations avec ma mère, qui ressurgit à un moment très particulier de la vie, celui où elle est en train de perdre la tête et de me mettre le grappin dessus à sa manière de tyran. Je ne peux pas décemment la laisser tomber, elle refuse toute aide autre que moi, et je me laisse enfermer dans un système malsain (ma fille, toi seule peut me sauver, tu es "ma divinité" je cite) qui m'épuise. Avant, elle tyrannisait mon père et j'avais relativement la paix, mais à présent, il est atteint d'une démence grave, hospitalisé, et elle n'a plus prise sur lui.

                    Déchoir de ce statut de "divinité" m'est pénible, tout autant que de la supporter. Contradiction que j'ai eu tendance à résoudre en prenant des cachetons pour ne pas avoir envie de lui crier dessus ou de la taper. L'autre solution, plutôt que de la taper ou de prendre des cachetons, c'est de conserver la distance mentale (et au besoin physique) qui me permet de garder mon équilibre.

                    Bref, faire attention à moi.

                    Mais Inuk a raison : assez d'analyse, de l'action!

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                      #11
                      Salut La mouette.
                      Super que t’ai déchiré l’ordo.
                      Sans vouloir rentrer dans les détails privés, en effet une aide extérieure, éventuellement pas familiale ce serait bien.
                      C’est compliqué de devenir maman de sa maman.
                      Et la super triangulation
                      sauveur- victime- bourreau...

                      Bon courage.
                      et oui! Affirme-toi!
                      Quand l’addiction est mise en schéma:
                      Le cercle de Prochaska et Di Clémente

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                        #12
                        sauveur- victime- bourreau...

                        le fameux triangle de Karpmann.
                        INUKSHUK

                        Libéré

                        Si tu ne changes rien, rien ne changera.
                        https://www.youtube.com/watch?v=UyBd4Su1q_w

                        Benjamin Franklin

                        Commentaire


                          #13
                          Envoyé par Clairobscur Voir le message
                          Salut La mouette.
                          Super que t’ai déchiré l’ordo.
                          Sans vouloir rentrer dans les détails privés, en effet une aide extérieure, éventuellement pas familiale ce serait bien.
                          C’est compliqué de devenir maman de sa maman.
                          Et la super triangulation
                          sauveur- victime- bourreau...

                          Bon courage.
                          et oui! Affirme-toi!
                          Bonjour Clairobscur et les zautres!

                          Oui, j'ai pensé à une aide extérieure et je vais faire ça. Pas une thérapie classique, j'en ai fait plusieurs, ça a été utile, mais avec une certaine tendance à me conforter dans la position de victime et à ressasser mes malheurs. Je vais plutôt aller vers une TCC, il est temps de ressortir les adresses que m'avait filés mon toubib il y a un peu plus de deux ans, quand déjà j'avais du mal à gérer mes parents... Comme j'allais mieux, je n'avais pas donné suite, mais là il faut vraiment que j'entretienne le moteur avant que ça pète de partout!

                          Aujourd'hui, pas de cachetons. Pour l'instant, ça va.

                          Belle journée à tous!

                          La Mouette

                          Commentaire


                            #14
                            Bonjour. Excellent ! Une belle démonstration que l'on peut tirer de l'experience des enseignements utiles. Merci pour cet espoir que tu donnes, bravo pour ta démarche et courage !
                            fred, pas d'avoine

                            Commentaire


                              #15
                              Bonjour @ tous!

                              2e jour sans cacheton, difficile de faire la part des choses puisque j'ai la crève. Tête qui tourne et yeux qui pleurent peuvent être dus au sevrage comme à l'état grippal, qui s'est d'ailleurs annoncé fort opportunément et me permet de rester au chaud et de me reposer.

                              Pas de craving, juste une petite visite de mon pote Pavlov quand j'étais hier au téléphone avec ma soeur, en train de parler de notre mère. Découragée d'avance à l'idée d'aller la voir vendredi sans lui piquer de tramadol. Mais ça va le faire. Je devrai des comptes à mon homme, qui m'accompagnera, à atoute, et surtout, à moi-même.

                              Fonction du tramadol : arriver à faire même quand on n'en peut plus.
                              Solution : ne pas faire; et s'il faut faire tout de même, aller chercher la ressource en moi, je sais qu'elle existe. Et me congratuler.

                              Aujourd'hui : bossouiller tranquillement, prendre un contact psy, cocooner.

                              Demain et vendredi : RA-LEN-TIR.

                              Belle journée mes amis.

                              La Mouette

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