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Progrès, Qualité et Santé

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    Re : Progrès, Qualité et Santé

    Envoyé par Randall

    Cette réflexion est d'autant plus intéressante que l'on se situe dans un soin de maladie chronique, où le rôle du patient est essentiel. Un chirurgien n'a que peu d'intérêt pour le patient, il se concentre sur l'organe, et je le comprends. En cas de maladie chronique, le climat relationnel mis en place par le soignant conditionne la suite et l'efficacité d'un éventuel traitement médical.

    Je trouve très intéressant que l'on s'intéresse au rôle médiateur joué par l'informatique dans ce cadre. On m'a dit qu'un curriculum vitae (CV) était un excellent isolant, notamment lors d'un entretien de recrutement. Le papier isole. Et l'écran d'ordinateur ? Peut-être encore plus. Par contre le papier comme l'écran ont leur utilité et je ne sais si des études psychosociales ont été faites sur leurs rôles respectifs : cela mériterait d'être investigué. Je ne partage pas tout à fait les analyses de Sibylle, il faudrait un travail plus exhaustif à mon sens : quelles régulations induit l'informatique dans la consultation ?
    Je me situais dans le cadre de la chronicité, qui est celui que je connais. Et y’avait pas d’analyses, juste une description. Plus ce sentiment (qui n’est pas une critique en soi) d’une tierce présence nouvelle dans la consultation – le papier et le crayon ne relevaient pas, me semble-t-il, de l’altérité. A priori, c’est le soignant qui gère ce tiers et, selon la place qu’il lui octroie dans sa pratique, décide de celle qu’il prend dans la consultation.
    Donc il y a bien mouvements des pièces avec l’introduction de l’informatique dans le « jeu » relationnel soignant/soigné. Pas forcément négatif, ni positif non plus.
    Disons bêtement que, lorsque le soignant converse avec son ordi, le patient n’a pas de place (de rôle, de fonction, d’interactivité à se mettre sous la dent). Si donc le dialogue soignant/ordi occupe les ¾ de la consultation (interrogatoire+conclusions/prescriptions), le dialogue soignant/soigné se rétrécit au temps de l’auscultation. Mais, à ce moment là (tout comme sur le pas de la porte), le soignant n’a pas la possibilité de retranscrire la parole. On peut se demander combien de temps il restera capable de mémoriser (ou même prendre en compte ou même d’entendre) ce qu’il ne peut engouffrer illico dans l’ordi. Je le vois dans mon boulot, il y a une liaison nerveuse cerveau/clavier qui s’établit exactement comme auparavant une liaison stylo/cerveau. Sans clavier, j’ai de plus en plus de mal à rédiger ou même ordonner mes pensées. Parce que j’ai pris l’habitude de penser en utilisant le clavier. Dans mon travail, ce n’est pas très grave. Mais dans un métier relationnel comme la médecine, ça pose problème, me semble-t-il.
    Pour le moment, les « régulations » introduites par l’informatique (gains de temps, efficacité de la surveillance et du suivi médicamenteux, etc.) me paraissent souvent imposer une logique technicienne à la consultation ; c’est l’outil qui détermine les règles.

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      Re : Progrès, Qualité et Santé

      ...
      Dernière modification par su(n), 07/10/2009, 18h58.

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