Annonce

Réduire
Aucune annonce.

Alcool, je t'aime trop ...

Réduire
X
  • Filtre
  • Heure
  • Afficher
Tout nettoyer
nouveaux messages

  • Eyota
    a crée une discussion Alcool, je t'aime trop ...

    Alcool, je t'aime trop ...

    Bonjour tout le monde,

    Je ne sais pas pourquoi mais aujourd’hui, j'ai envie d'écrire à propos de ma relation à l'alcool, cette relation si fidèle depuis tant d'années.

    Venant d'une famille d'alcooliques et ayant eu une enfance des plus traumatiques, j'ai découvert l'alcool dès mon plus jeune âge et autant le dire, j’ai tout de suite adoré. Ce fut un refuge immédiat de cette réalité si cruelle. Enfant, je buvais les fonds de verres que je pouvais trouver mais je n'ai pas eu besoin de ce stratagème très longtemps. Ma 1ère "vraie" cuite fut à l'âge de 10 ans et mon 1er coma éthylique à 12 ans. Et qui remplissait mon verre pour cette 1ère expérience du coma ? Mon père, tout fier d'avoir une fille qui savait vider son verre.

    La grande majorité de ma vie peut se résumer à ça, une alternance entre cuites, comas et quelques périodes d'abstinence. Mais où était le problème ? Je travaillais, j’étais une personne très responsable, je n’étais pas endettée, mes factures étaient toujours payées à temps et je ne buvais pas tous les jours. Franchement c'était rassurant. Et puis il y a 7 ans, ma consommation a changé. A une vie traumatique et de nombreux problèmes émotionnels et psychologiques graves est venu s’ajouter une année particulièrement difficile. Je suis passée d'une consommation régulière à une consommation quotidienne. Pour éviter des gueules de bois trop méchantes, je me suis mise à boire exclusivement de la bière. La journée je travaillais et dès que je rentrais je me mettais à boire des litres et des litres de bières jusqu'à ce que je m'écroule. Le week-end j'essayais de tenir jusqu'à midi avant de m'y mettre.

    Aujourd'hui, ça fait 70 jours que je n'ai pas touché une goutte d'alcool. C'est tout frais, je ne sais toujours pas ce que je vais faire de ça au final. Les envies physiques ne sont plus présentes mais émotionnellement, c'est une autre histoire bien sûr. Ca fait tellement d'années que je bois que mon cerveau devient de plus en plus imaginatif pour me démontrer qu'il est mieux de boire que de m'abstenir. Pourquoi choisir l’abstinence et la souffrance qui va avec ? Je ne sais même pas pourquoi j'ai arrêté je dois dire. J'ai fini les bières que j’avais un soir et je n'ai juste pas été en racheter depuis.

    J'ai arrêté seule mais pas vraiment. Ca fait tout de même 5 ans que je vais voir une psy mais on fait un travail de type analytique et elle ne peut pas traiter ma dépendance à l'alcool en parallèle, du moins pas directement et de façon ciblée. Néanmoins, elle m’a toujours soutenue et a continué le traitement malgré le fait que ma consommation est clairement un gros frein à mon traitement. Je pense néanmoins que cette thérapie sera la clé pour éventuellement m’en sortir un jour, me sortir de tous mes troubles, de tous mes mécanismes et schémas malsains. J’espère que c’est ce qui me permettra de me libérer de ce besoin d’anéantissement émotionnel et psychique et que je pourrais enfin avancer et construire quelque chose. Après tant d’années, après une vie gâchée avant même qu’elle n’ait pu commencer, je ne demande pas grand-chose dans le fond. Juste un petit équilibre.

    Il y a des jours où je vois clairement le bénéfice de ne pas boire et certains jours je ne le vois plus et d’autres je vois clairement le bénéfice de boire. Quand ça me prend de manière trop intense, je me dis « ok, tu veux boire ? Pas de problème mais tu boiras demain, pas aujourd’hui ». Je suis tellement persuadée que je vais recommencer à boire que je ne sais même pas si on peut tenir dans ces conditions. C’est peut-être le signe que dans le fond, je ne suis toujours pas prête à lâcher complètement l’alcool. Pourquoi le serais-je ? Ca fait 40 ans qu’on s’entend bien, qu’on forme le couple parfait comme un mariage si bien réussi. On peut vouloir un peu d’espace après tant d’années mais divorcer ? Vraiment ? Les séparations, ce n’est pas mon truc, je n’arrive pas à les gérer alors il est clair que celle-ci ne peut être différente.

  • louvaji
    a répondu
    Coucou, bravo déjà 70 jours c’est un bon début et bienvenue, j’avais 35 ans de maladie derrière moi quand enfin j’ai posé le verre, j’ai 54 ans je me sens enfin apaisé, bien dans ma peau, j’avais tout perdu.

    J’ai tout retrouvé et même plus, j’ai fait une formation passionnante, j’ai eu mon diplôme, mon estime est revenue, je peux être enfin « contente de moi », quand je me regarde le matin.

    Va falloir être très patiente, tu n’es qu’au tout début de la route.

    Fais toi aider par le CSAPA, ou un groupe de parole.

    Bonne journée

    Laisser un commentaire:


  • MPi
    a répondu
    bonjour Eyota
    tu ne sais pas pourquoi tu as arrêté, et tu le fais, tu fais ce qu'il faut pour sortir de la jungle, et tu ne sais pas ce que tu vas trouver quand tu seras à l'air libre

    quelque part, il y a l'amorce d'un changement, une volonté que tu ne maîtrises pas, avec des coups d'arrêt, des moments de doute, mais tu avances
    tu prends le risque ...de découvrir celle que tu es réellement, débarrassée de tous les oripeaux du passé
    c'est toujours une belle surprise, personne ne dira le contraire
    fais toi confiance, et regarde ces bières comme des amies dont tu ne veux plus avoir besoin, elles t'ont juste aidée à supporter la douleur


    Laisser un commentaire:


  • rur@lcoolique
    a répondu
    Bonjour et bienvenue.

    Au moins tu es au clair. Bravo pour ces plus de deux mois sans, c'est déjà une performance avec ce que tu dis de ton parcours.

    Tu as raison de venir papoter ici, c'est un outil supplémenraire, une autre façon de présenter les problèmes, d'en parler, de les voir sous un angle différent une fois que tu les a écrits pour les rendre compréhensibles à d'autres alcooliques. Donc sans avoir besoin d'expliquer certaines choses, pour aller à l'essentiel...


    Laisser un commentaire:


  • VincentB
    a répondu
    Envoyé par Eyota Voir le message
    Aujourd'hui, ça fait 70 jours que je n'ai pas touché une goutte d'alcool. C'est tout frais, je ne sais toujours pas ce que je vais faire de ça au final. Les envies physiques ne sont plus présentes mais émotionnellement, c'est une autre histoire bien sûr. Pourquoi choisir l’abstinence et la souffrance qui va avec ? Je ne sais même pas pourquoi j'ai arrêté je dois dire. J'ai fini les bières que j’avais un soir et je n'ai juste pas été en racheter depuis.
    Bravo pour tes 70 jours.

    70 jours: tu t'approches de la période des 3 mois. Ton corps est en train de re-fonctionner normalement en termes d'hormones. Certes, il ne réclame plus sa dose, mais, il y a tellement longtemps qu'il n'a pas fabriqué certaines hormones, qu'il ne sait plus sur quel pied danser.

    C'est tout à fait normal, mais c'est également une zone de turbulences qui peut parfois mener à la rechute si on y prend pas garde. Dès que tu auras passé ce cap, ça ira beaucoup mieux.



    Envoyé par Eyota Voir le message
    Pourquoi choisir l’abstinence et la souffrance qui va avec ?
    La souffrance est là au départ, mais après quelques mois, elle devient vite synonyme de liberté.
    Dernière modification par VincentB, 04/05/2020, 06h34.

    Laisser un commentaire:

Unconfigured Ad Widget

Réduire
Chargement...
X